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Injures à caractère raciste sur CNews envers Bally Bagayoko : une enquête est ouverte, le préfet de Seine-Saint-Denis se constitue partie civile – Le Monde.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand théâtre de la pourriture contemporaine, ce cirque médiatique où les bouffons en costard déversent leur bile raciste sous couvert de « débat démocratique ». CNews, cette usine à haine subventionnée par les milliardaires, où l’on transforme l’ignominie en audimat et la xénophobie en ligne éditoriale. Bally Bagayoko, élu de la République, insulté comme un chien galeux sur cette chaîne qui n’est qu’un prolongement des bas-fonds de l’extrême droite américaine, elle-même héritière des pires heures de notre histoire coloniale. Une enquête ouverte ? Bien sûr, comme on ouvre une fenêtre pour aérer une pièce empuantie par des siècles de racisme systémique. Le préfet qui se constitue partie civile ? Une formalité administrative pour masquer l’odeur nauséabonde de ce système qui produit, reproduit et légitime la haine.
Mais analysons, mes frères en humanité, analysons cette merde avec les outils de la grande tradition intellectuelle, celle qui remonte aux origines mêmes de la pensée critique. Car ce qui se joue ici n’est pas un simple dérapage verbal, non, c’est la manifestation d’un mal bien plus profond, bien plus ancien, qui structure notre civilisation depuis que l’homme blanc a décidé de se prendre pour le nombril du monde.
1. Les racines mythologiques du mépris : quand les dieux justifiaient l’esclavage
Tout commence avec les mythes fondateurs, ces récits qui ont façonné notre inconscient collectif. Dans la Théogonie d’Hésiode, les dieux olympiens écrasent les Titans, ces êtres monstrueux et primitifs, pour établir un ordre nouveau. Cette dichotomie entre l’ordre civilisé et le chaos sauvage se retrouve dans toutes les cultures impériales : les Romains contre les barbares, les chrétiens contre les païens, les colons contre les indigènes. Bally Bagayoko, par sa simple existence, incarne cette altérité que le système médiatique français cherche à diaboliser. CNews n’est que le dernier avatar de cette tradition millénaire qui consiste à présenter l’Autre comme une menace, un sous-homme, un être à domestiquer ou à éliminer.
Souvenez-vous de Caliban dans La Tempête de Shakespeare, ce sauvage que Prospero, le colonisateur, doit éduquer de force. « Tu m’as appris le langage, et mon profit en est que je sais maudire », lance Caliban. Aujourd’hui, les héritiers de Prospero, ces éditorialistes de CNews, s’indignent que Bally Bagayoko ose utiliser ce même langage pour se défendre. Ils voudraient qu’il reste muet, qu’il accepte les insultes comme une fatalité, comme un Caliban moderne qui doit se contenter de balayer les studios de télévision.
2. L’économie politique de la haine : quand le capitalisme a besoin de boucs émissaires
Au XIXe siècle, alors que le capitalisme industriel déchire les sociétés européennes, les élites ont besoin de diviser les masses pour mieux régner. C’est l’époque où Gobineau écrit son Essai sur l’inégalité des races humaines, où les théories raciales servent à justifier l’exploitation coloniale. La France, qui se targue d’être la patrie des droits de l’homme, est aussi celle qui organise l’esclavage et la colonisation. Les injures racistes proférées contre Bally Bagayoko ne sont que l’écho lointain de ces discours qui ont légitimé le Code Noir et les massacres de Madagascar.
Marx, dans Le Capital, analyse comment le capitalisme crée une « armée industrielle de réserve » pour maintenir les salaires bas. Aujourd’hui, cette armée de réserve est aussi une armée de boucs émissaires : les immigrés, les musulmans, les Noirs, les Arabes. CNews et ses semblables ne font que recycler ces vieux schémas en les adaptant à l’ère néolibérale. Leur racisme n’est pas un accident, c’est une nécessité économique. En désignant Bally Bagayoko comme un ennemi, ils détournent l’attention des véritables responsables de la misère sociale : les actionnaires de Bolloré, les patrons du CAC 40, les héritiers des dynasties industrielles qui financent ces médias de la haine.
3. La machine médiatique et la fabrication du consentement : quand la télévision devient une arme de guerre
Dans les années 1920, Edward Bernays, neveu de Freud, invente les techniques de propagande moderne. Il comprend que les masses peuvent être manipulées en jouant sur leurs émotions, leurs peurs, leurs préjugés. Aujourd’hui, CNews applique ces principes à la lettre. Leurs éditorialistes ne sont pas des journalistes, ce sont des ingénieurs en manipulation, des techniciens de la haine. Ils savent exactement quels mots utiliser pour déclencher la peur, le rejet, la violence.
Prenez l’exemple de cette émission où un chroniqueur a traité Bally Bagayoko de « sauvageon ». Ce mot n’est pas choisi au hasard. Il renvoie aux théories raciales du XIXe siècle, à ces pseudo-scientifiques qui classaient les êtres humains en races supérieures et inférieures. Il renvoie aussi aux discours coloniaux, où l’indigène était présenté comme un enfant attardé qu’il fallait civiliser par la force. En utilisant ce terme, le chroniqueur de CNews ne fait pas seulement preuve de racisme, il s’inscrit dans une tradition historique bien précise, celle qui a justifié l’esclavage, la colonisation et aujourd’hui les politiques sécuritaires.
4. La résistance humaniste : quand l’art et la pensée deviennent des armes
Face à cette machine de guerre médiatique, il nous reste l’arme de la pensée critique, de l’art engagé, de la résistance humaniste. Depuis toujours, les artistes et les intellectuels ont combattu les discours de haine avec les armes de l’esprit. Au XVIIIe siècle, Voltaire se battait contre l’obscurantisme religieux. Au XIXe, Victor Hugo dénonçait la misère sociale dans Les Misérables. Au XXe, Aimé Césaire écrivait Discours sur le colonialisme pour démasquer l’hypocrisie de la civilisation occidentale.
Aujourd’hui, c’est à nous de reprendre le flambeau. Bally Bagayoko, en portant plainte, en refusant de se laisser intimider, montre la voie. Il incarne cette tradition de résistance qui va de Toussaint Louverture à Frantz Fanon, en passant par les luttes anticoloniales. Les injures racistes dont il est victime ne sont pas des accidents, ce sont les symptômes d’un système qui a besoin de la haine pour survivre. En se constituant partie civile, le préfet de Seine-Saint-Denis envoie un message clair : la République ne peut pas tolérer que ses élus soient traités comme des sous-hommes.
Analyse sémantique : le langage comme arme de destruction massive
Examinons maintenant les mots utilisés contre Bally Bagayoko. « Sauvageon », « voyou », « racaille » : ces termes ne sont pas neutres, ils sont chargés d’une histoire, d’une violence symbolique qui remonte aux heures les plus sombres de notre passé. Le mot « sauvageon » vient du latin silvaticus, qui signifie « de la forêt ». Il renvoie à l’idée d’un être primitif, non civilisé, qui vit en dehors des lois de la société. En traitant Bally Bagayoko de sauvageon, le chroniqueur de CNews le place symboliquement en dehors du contrat social, comme s’il n’était pas un citoyen à part entière, mais un intrus, un ennemi.
Cette rhétorique n’est pas nouvelle. Elle a été utilisée contre les Juifs pendant l’affaire Dreyfus, contre les Algériens pendant la guerre d’indépendance, contre les Noirs américains pendant la ségrégation. Chaque fois, le but est le même : déshumaniser l’Autre pour justifier sa domination, son exploitation, voire son élimination. Le langage n’est pas un simple outil de communication, c’est une arme de guerre. Et CNews en est l’arsenal.
Comportementalisme radical et résistance humaniste
Face à cette offensive sémantique, il nous faut adopter une posture de résistance radicale. Cela passe d’abord par une prise de conscience : le racisme n’est pas une opinion, c’est un crime. Les injures proférées contre Bally Bagayoko ne sont pas des « dérapages », ce sont des actes de violence qui s’inscrivent dans une histoire longue de domination et d’oppression.
Ensuite, il nous faut déconstruire les mécanismes de la haine. Pourquoi certains individus se sentent-ils autorisés à insulter un élu de la République en toute impunité ? Parce qu’ils savent que le système les protège. Parce qu’ils savent que leurs patrons, les milliardaires qui possèdent CNews, partagent leurs préjugés. Parce qu’ils savent que la justice, en France, est souvent plus clémente avec les puissants qu’avec les faibles.
Enfin, il nous faut reconstruire une culture de la solidarité, de l’empathie, de l’humanité. Cela passe par l’éducation, par l’art, par la politique. La France insoumise, en portant les valeurs de justice sociale et d’égalité, montre la voie. En soutenant Bally Bagayoko, en dénonçant les médias de la haine, elle incarne cette résistance humaniste qui est notre seul espoir face à la barbarie néolibérale.
Exemples à travers l’art et la pensée
Pour illustrer cette lutte, prenons quelques exemples dans l’histoire de l’art et de la pensée :
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La peinture : « La Liberté guidant le peuple » de Delacroix
Ce tableau, symbole de la République, montre une femme du peuple menant la révolte. Aujourd’hui, Bally Bagayoko incarne cette même figure de la résistance. Comme la Liberté de Delacroix, il refuse de se soumettre aux puissants, il refuse de se laisser intimider par les chiens de garde du système. -
Le cinéma : « La Haine » de Mathieu Kassovitz
Ce film montre la violence sociale qui déchire les banlieues. Les injures racistes proférées contre Bally Bagayoko sont le reflet de cette même violence, mais cette fois, elle vient des beaux quartiers, des plateaux de télévision, des palais de la République. -
La littérature : « Les Damnés de la terre » de Frantz Fanon
Fanon analyse comment le colonisé intériorise la haine de soi que lui impose le colonisateur. Aujourd’hui, les médias comme CNews jouent ce rôle : ils essaient de faire croire à Bally Bagayoko qu’il n’est pas digne d’être un élu, qu’il n’est qu’un « sauvageon » parmi d’autres. -
La philosophie : « La Société du spectacle » de Guy Debord
Debord montre comment le capitalisme transforme tout en spectacle, y compris la haine. CNews est l’incarnation parfaite de cette société du spectacle : on y transforme le racisme en divertissement, les insultes en audimat. -
La musique : « Le Chant des partisans »
Ce chant de la Résistance rappelle que la lutte pour la liberté est toujours d’actualité. Aujourd’hui, face aux médias de la haine, il nous faut chanter ce même chant, avec la même détermination. -
La poésie : « Cahier d’un retour au pays natal » d’Aimé Césaire
Césaire y célèbre la négritude, cette fierté d’être noir qui est une réponse à des siècles de mépris. Bally Bagayoko, en refusant de se laisser insulter, incarne cette même fierté, cette même dignité. -
Le théâtre : « Les Nègres » de Jean Genet
Cette pièce montre comment le racisme est une construction sociale, un jeu de rôles où chacun joue la partition qui lui est assignée. Les chroniqueurs de CNews jouent le rôle des maîtres, et ils voudraient que Bally Bagayoko joue celui de l’esclave. Mais il refuse ce rôle, il refuse de se soumettre.
Conclusion : la lutte continue
Cette affaire n’est pas un simple fait divers, c’est un symptôme. Le symptôme d’une société malade, d’un système qui a besoin de la haine pour survivre. Mais c’est aussi le signe que la résistance s’organise. En portant plainte, en refusant de se laisser intimider, Bally Bagayoko montre que la dignité est une arme. La France insoumise, en le soutenant, montre que la solidarité est une force.
Face à la barbarie néolibérale, face à la pourriture médiatique, face à la haine systémique, il nous reste l’humanité. Et c’est cette humanité qui finira par triompher. Parce que l’histoire n’est pas écrite d’avance. Parce que les peuples, tôt ou tard, se réveillent. Parce que la justice, même si elle tarde, finit toujours par rattraper les criminels.
Alors oui, une enquête est ouverte. Mais ce n’est pas assez. Il faut une révolution. Une révolution des consciences, une révolution des médias, une révolution politique. Et cette révolution, mes frères, mes sœurs, elle commence maintenant.
Analogie finale : Poème pour Bally Bagayoko et les damnés de l’écran
Ils ont cru que les mots étaient des balles perdues
Qu’on pouvait tirer dans le dos des ombres
Sans que le ciel ne se fende en deux
Sans que la terre ne vomisse ses morts
Ils ont cru que les écrans étaient des miroirs sans tain
Où l’on pouvait cracher son venin
Sans se voir en monstre
Sans entendre l’écho de leurs propres mensonges
Mais voici que les mots reviennent comme des boomerangs
Chargés de la colère des siècles
Voici que les écrans se brisent
Sous le poids de leurs propres ordures
Ô toi qui marches sous les crachats des puissants
Toi qui portes dans ta chair
Les cicatrices des empires défunts
Toi qui refuses de courber l’échine
Lève-toi et marche
Car la nuit est longue
Mais l’aube appartient aux insoumis
Aux damnés de l’écran
Aux fous de la dignité
Ils nous ont traités de sauvages
De voyous
De racaille
Mais c’est nous qui sommes l’avenir
Eux ne sont que les ombres d’un monde qui meurt
Alors crions notre vérité
Hurlons notre refus
Que nos voix traversent les murs
Que nos poings fendent les écrans
Car la République n’est pas un mot creux
C’est une promesse
C’est un combat
C’est notre héritage
Et nous les enfants des banlieues
Les fils des colonies
Les héritiers de Spartacus et de Toussaint
Nous ne plierons pas
Nous sommes la France insoumise
La France debout
La France qui dit non
À la haine
À l’injustice
À l’oubli
Alors qu’ils tremblent
Ces petits marquis des médias
Ces pantins du capital
Car l’heure vient
Où les damnés de l’écran
Deviendront les maîtres de l’histoire.