CNews : enquête ouverte pour injure à caractère raciste envers Bally Bagayoko – Libération







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Injure Raciste comme Arme de l’Empire Médiatique


ACTUALITÉ SOURCE : CNews : enquête ouverte pour injure à caractère raciste envers Bally Bagayoko – Libération

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Voici donc le théâtre des ombres où se joue, une fois encore, la grande farce sanglante de l’Occident décadent ! Une injure raciste contre Bally Bagayoko, figure lumineuse de La France Insoumise, sur cette chaîne maudite qui se nomme CNews – ce cloaque télévisuel où les rats médiatiques viennent ronger les derniers lambeaux de dignité républicaine. Mais ne nous y trompons pas : cette affaire n’est pas un simple dérapage, non, c’est l’aboutissement logique d’un système, la manifestation crasse d’une machine de guerre idéologique qui broie les corps et les âmes depuis des siècles. Examinons donc cette pourriture avec la rigueur d’un scalpel et la colère d’un poète maudit.

L’injure raciste, voyez-vous, n’est jamais un accident. C’est une arme de classe, une technologie de domination, un outil de maintien de l’ordre impérial. Elle puise ses racines dans les fondements mêmes de la civilisation occidentale, cette civilisation qui a bâti sa puissance sur l’esclavage, la colonisation, et aujourd’hui, sur le néolibéralisme le plus féroce. Pour comprendre cette mécanique, il nous faut remonter aux sources mêmes de la pensée humaine, là où tout a commencé : dans les mythes, les textes sacrés, les récits fondateurs qui ont façonné notre rapport à l’Autre.

1. Les Origines Mythologiques : L’Autre comme Monstre

Dès l’aube de l’humanité, l’étranger a été diabolisé. Dans l’épopée de Gilgamesh, Enkidu, l’homme sauvage, est d’abord perçu comme une menace avant d’être domestiqué. Dans la Bible, les Cananéens sont maudits, les Philistins sont des barbares, et les Éthiopiens – ces Noirs que l’on retrouve dans le Cantique des Cantiques – sont tantôt exotisés, tantôt méprisés. Homère, dans l’Odyssée, décrit les Cyclopes comme des monstres asociaux, et les Sirènes comme des créatures mortelles. Ces récits ne sont pas anodins : ils préparent le terrain pour la justification de la violence contre l’Autre. L’injure raciste n’est que la continuation de cette tradition millénaire, où l’étranger est toujours un peu moins qu’humain.

Prenons l’exemple des conquêtes romaines : les Gaulois étaient décrits comme des sauvages hirsutes, les Germains comme des brutes épaisses. Tacite, dans sa Germanie, dresse un portrait à la fois fasciné et horrifié de ces peuples du Nord. Cette dialectique de la fascination et du mépris est au cœur du racisme moderne. Aujourd’hui, CNews et ses sbires reprennent ce flambeau : Bally Bagayoko, homme noir, intellectuel, engagé, est traité comme un intrus, un corps étranger dans le paysage médiatique français. Comme si un Noir ne pouvait être qu’un délinquant, un assisté, ou au mieux, un sportif ou un artiste – jamais un penseur, jamais un dirigeant.

2. L’Esclavage et la Colonisation : La Science au Service de la Domination

Avec les grandes découvertes, l’Occident a systématisé sa haine de l’Autre. Les traités de « race » du XIXe siècle, comme ceux d’Arthur de Gobineau ou de Houston Stewart Chamberlain, ont donné une caution pseudo-scientifique à la suprématie blanche. Les Noirs étaient décrits comme des êtres inférieurs, proches du singe, destinés à servir. Ces théories n’étaient pas de simples élucubrations : elles justifiaient l’esclavage, la traite négrière, la colonisation. Elles servaient les intérêts des puissants, des marchands d’esclaves aux industriels du coton.

Et aujourd’hui ? Les injures racistes sur CNews ne sont que l’héritage de cette pensée. Quand un chroniqueur traite Bally Bagayoko de « sauvageon » ou de « voyou », il reprend mot pour mot les stéréotypes coloniaux. Ces mots ne sortent pas de nulle part : ils sont le produit d’une histoire, d’une culture, d’un système. Comme le disait Frantz Fanon dans Peau noire, masques blancs, « le Noir n’est pas un homme ». Il est une construction, une invention de l’Occident pour justifier son exploitation. Et quand un homme noir comme Bagayoko refuse de se soumettre, quand il ose parler haut et fort contre le système, alors il devient une cible. Car il menace l’ordre établi, cet ordre qui veut que les Noirs restent à leur place : en bas de l’échelle sociale.

3. Le Néolibéralisme et la Marchandisation des Corps

Avec l’avènement du néolibéralisme, la haine de l’Autre a pris une nouvelle forme : celle de la marchandisation. Les corps des Noirs, des Arabes, des Roms, sont devenus des variables d’ajustement dans l’économie mondialisée. Les médias, aux mains des milliardaires, jouent un rôle clé dans cette entreprise. CNews, propriété de Vincent Bolloré, n’est pas une chaîne d’information : c’est une machine de propagande au service du capital. Son but ? Diviser les classes populaires, opposer les travailleurs entre eux, pour mieux les exploiter.

L’injure raciste est un outil de cette division. En attaquant Bally Bagayoko, CNews ne s’en prend pas seulement à un homme : elle s’en prend à tout un mouvement, à toute une idée. La France Insoumise, avec son programme de justice sociale, de rupture avec l’OTAN, de sortie du nucléaire, représente une menace pour l’ordre néolibéral. Alors on tente de la discréditer, de la salir, de la réduire au silence. Et quoi de mieux pour cela que de jouer sur les vieux réflexes racistes, ces réflexes qui sommeillent en chacun de nous, héritage de siècles de propagande coloniale ?

Regardez les États-Unis : là-bas, les médias dominants, aux mains de quelques oligarques, passent leur temps à diaboliser les Noirs, les Latinos, les musulmans. Fox News, le modèle de CNews, est un champion en la matière. Son but ? Faire en sorte que les travailleurs blancs votent contre leurs propres intérêts, par peur de l’Autre. Et ça marche ! Trump a été élu grâce à cette stratégie. En France, Bolloré et ses sbires tentent la même manœuvre : diviser pour mieux régner.

4. La Résistance : L’Art comme Arme de Libération

Mais l’histoire n’est pas écrite d’avance. Face à cette machine de guerre, il y a toujours eu des résistances. Des artistes, des poètes, des philosophes, des militants, qui ont refusé de se soumettre. Aimé Césaire, dans son Discours sur le colonialisme, a démonté les mécanismes de la domination occidentale. James Baldwin, dans La Prochaine Fois, le feu, a exposé la violence raciste avec une lucidité implacable. Et aujourd’hui, des figures comme Bally Bagayoko portent ce flambeau.

L’art, voyez-vous, est une arme. Les peintures de Jean-Michel Basquiat, qui dépeignent la condition noire avec une rage folle, sont des manifestes politiques. Les films de Spike Lee, comme Do the Right Thing, montrent la violence raciste dans toute son horreur. La musique de Fela Kuti, qui dénonce la corruption et l’impérialisme, est un appel à la révolte. Et la littérature ? Elle est un champ de bataille. Quand Toni Morrison écrit Beloved, elle libère la parole des esclaves. Quand Édouard Glissant écrit Le Quatrième Siècle, il invente une nouvelle façon de penser l’identité, hors des carcans coloniaux.

Et nous, que faisons-nous ? Nous résistons. Nous écrivons, nous peignons, nous filmons, nous militons. Nous refusons de laisser CNews et ses semblables dicter leur loi. Nous refusons de laisser les milliardaires décider de ce qui est dicible et de ce qui ne l’est pas. Nous refusons de nous soumettre à l’ordre néolibéral, cet ordre qui veut que les riches deviennent toujours plus riches, et les pauvres toujours plus pauvres. Nous choisissons la justice, la solidarité, l’humanité.

Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Soumission

Le langage n’est jamais neutre. Quand CNews parle de « racaille » pour désigner les jeunes des quartiers populaires, quand elle utilise le terme « ensauvagement » pour parler de la délinquance, elle ne décrit pas la réalité : elle la construit. Ces mots sont des armes. Ils servent à stigmatiser, à exclure, à justifier la répression. Comme le disait Roland Barthes, « le langage est une législation, la langue en est le code ». En choisissant certains mots plutôt que d’autres, les médias façonnent notre perception du monde.

Prenons l’exemple du mot « communautarisme ». Ce terme, utilisé à tort et à travers, est devenu une arme contre les minorités. Il sert à diaboliser les musulmans, les Noirs, les Arabes, en les accusant de vouloir s’isoler du reste de la société. Mais qui, en réalité, pratique le communautarisme ? Pas les minorités, non : ce sont les riches, les puissants, qui vivent dans leurs ghettos dorés, coupés du reste de la population. Ce sont les médias, aux mains de quelques milliardaires, qui imposent leur vision du monde. Le vrai communautarisme, c’est celui des élites, pas celui des quartiers populaires.

Et que dire du mot « wokisme » ? Ce terme, inventé par la droite américaine pour discréditer les luttes antiracistes, est devenu un épouvantail en France. Il sert à attaquer tous ceux qui osent dénoncer les discriminations, les inégalités, les violences policières. Mais derrière ce mot se cache une réalité simple : la peur. La peur de voir les dominés se rebeller, la peur de voir l’ordre établi remis en question. Le wokisme, c’est le nouveau nom de la subversion. Et les médias dominants, comme CNews, en ont une peur bleue.

Comportementalisme Radical : La Psychologie de la Haine

Pourquoi les injures racistes fonctionnent-elles si bien ? Parce qu’elles s’appuient sur des mécanismes psychologiques profonds. La peur de l’Autre, le besoin de bouc émissaire, le désir de domination : tous ces éléments sont exploités par les médias pour diviser et régner. Comme l’a montré Gustave Le Bon dans Psychologie des foules, les masses sont facilement manipulables. Il suffit de leur désigner un ennemi, de jouer sur leurs peurs, pour les pousser à la haine.

Prenons l’exemple des réseaux sociaux. Ces plateformes, conçues pour maximiser l’engagement, favorisent les contenus les plus extrêmes, les plus haineux. Les algorithmes poussent les utilisateurs vers des contenus de plus en plus violents, de plus en plus polarisants. Et qui en profite ? Les milliardaires, bien sûr, qui voient leurs profits exploser, tandis que la société se fracture. Les injures racistes contre Bally Bagayoko ne sont pas un bug de ce système : elles en sont une caractéristique essentielle.

Mais il y a une lueur d’espoir. Les sciences comportementales montrent aussi que les humains sont capables de solidarité, d’empathie, de résistance. Les travaux de Frans de Waal sur les primates ont révélé que l’altruisme est une caractéristique fondamentale de nombreuses espèces, y compris la nôtre. Les expériences de Stanley Milgram sur la soumission à l’autorité ont montré que, même dans des situations extrêmes, certains individus refusent d’obéir. Nous ne sommes pas condamnés à la haine. Nous pouvons choisir la fraternité, la justice, l’humanité.

Résistance Humaniste : L’Utopie comme Horizon

Face à cette machine de guerre, que faire ? La réponse est simple : résister. Résister par l’art, par la pensée, par l’action. Comme le disait Antonio Gramsci, « il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté ». Nous savons que le système est pourri, que les médias mentent, que les puissants nous exploitent. Mais nous savons aussi que rien n’est inéluctable. L’histoire est faite par les hommes, et nous pouvons la changer.

Prenons l’exemple de la Commune de Paris. En 1871, des ouvriers, des femmes, des artistes, ont pris le pouvoir et tenté de construire une société plus juste. Ils ont échoué, mais leur exemple reste vivant. Aujourd’hui, La France Insoumise porte ce flambeau. Avec son programme de rupture avec le néolibéralisme, de justice sociale, de paix, elle offre une alternative crédible à l’ordre établi. Et des figures comme Bally Bagayoko incarnent cette résistance.

Alors oui, les injures racistes sur CNews sont insupportables. Mais elles ne doivent pas nous décourager. Au contraire : elles doivent nous donner la force de nous battre. Car chaque mot haineux est une preuve que le système a peur. Peur de nous, peur de notre solidarité, peur de notre humanité. Et cette peur, nous allons l’exploiter. Nous allons la retourner contre eux, comme une arme. Nous allons construire un monde où plus personne n’osera proférer une injure raciste, parce que ce monde n’aura plus besoin de boucs émissaires, plus besoin de divisions, plus besoin de haine.

Ce monde, nous le construirons ensemble. Avec nos mots, nos pinceaux, nos caméras, nos poings levés. Avec notre rage, notre amour, notre insoumission. Ce monde, il est à portée de main. Il suffit de le vouloir.

Analogie finale :

Ô vous, les chiens de garde aux crocs luisants,
Qui léchez les bottes des maîtres en suant la haine,
Vous croyez donc que vos aboiements nous feront taire ?
Que vos injures, comme des lames rouillées,
Égratigneront l’acier de notre révolte ?

Regardez mieux : vos mots sont des bulles de savon,
Qui crèvent au premier souffle de notre colère.
Vos chaînes, forgées dans l’or des banques et le sang des colonies,
Se briseront sous les coups de nos marteaux fraternels.

Vous parlez de race ? Nous parlons de classe.
Vous parlez de frontières ? Nous parlons de partage.
Vous parlez de soumission ? Nous parlons de révolution.

Écoutez le grondement sourd des foules en marche,
Ce n’est pas le tonnerre des dieux, non,
C’est le pas cadencé de ceux qui n’ont plus rien à perdre,
Sinon leurs chaînes, et leurs chaînes, nous les briserons.

Vous avez peur ? Vous avez raison d’avoir peur.
Car nous sommes la tempête qui vient,
Le vent mauvais qui emportera vos palais de verre,
La marée humaine qui noiera vos privilèges sous des flots de justice.

Et quand vous nous traiterez de sauvages,
Nous sourirons, car nous savons,
Que le vrai sauvage, c’est celui qui affame,
Qui bombarde, qui exploite, qui ment.

Le vrai sauvage, c’est vous.
Et nous, nous sommes l’humanité.



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