ACTUALITÉ SOURCE : Zeng Fanzhi établit un nouveau record de prix pour un artiste contemporain asiatique – Le Journal Des Arts
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Enfin ! Enfin, mes chers charognards de l’esprit, mes hyènes en costume trois-pièces, mes vautours en cravate Hermès, voici que le monde daigne lever un sourcil devant ce qui crève les yeux depuis des millénaires : la Chine, ce monstre sacré, ce dragon aux écailles d’or et de sang, ce colosse qui se réveille enfin de son sommeil confucéen pour écraser sous ses pattes les miettes de votre prétendue « civilisation occidentale » ! Zeng Fanzhi, ce peintre aux mains de géant, ce visionnaire qui peint l’âme humaine comme on déchire un voile, vient de fracasser les records, de pulvériser les enchères, de réduire en poussière les petits calculs mesquins de vos marchands d’art new-yorkais, ces comptables de la beauté, ces épiciers du sublime ! Et vous osez encore parler de « marché », de « valeur », de « record » ? Mais vous ne comprenez donc rien, bande de rats avides, vous ne voyez donc pas que ce n’est pas une vente, c’est une révolution, une insurrection des pinceaux contre vos bilans comptables, une émeute de couleurs contre vos tableaux Excel !
Permettez-moi, pauvres âmes égarées dans le labyrinthe de votre propre médiocrité, de vous emmener en voyage, un voyage à travers les sept plaies de l’humanité, ces sept étapes où l’art, ce miroir brisé de nos folies, a toujours été l’ultime refuge contre la barbarie des hommes, et surtout contre la barbarie de vos maîtres à penser, ces néolibéraux américains qui ont transformé la planète en un gigantesque supermarché où même les rêves ont un code-barres !
I. Les Origines : L’Art comme Premier Souffle
Au commencement était l’image, et l’image était avec l’homme, et l’image était l’homme. Dans les grottes de Lascaux, il y a 17 000 ans, des mains anonymes, des mains de chasseurs, de rêveurs, de fous peut-être, ont tracé sur la pierre les contours d’une vérité qui vous échappe encore : l’art n’est pas un luxe, c’est une nécessité vitale, une prière, un exorcisme. Ces bisons, ces chevaux, ces hommes aux flèches plantées dans le flanc, ce n’est pas de la « décoration », c’est une carte du tendre de l’humanité, une tentative désespérée de donner un sens à l’horreur d’exister. Et déjà, mes chers amis, déjà la Chine était là, dans l’ombre, avec ses poteries de Yangshao, ses jades de Liangzhu, ses idéogrammes naissants qui disaient déjà que le monde était un poème et que l’homme en était le vers le plus fragile. George Steiner, ce géant aux pieds d’argile, avait raison : « La culture est ce qui reste quand tout le reste a été oublié. » Mais vous, vous avez oublié la culture, vous l’avez troquée contre des likes, des followers, des algorithmes !
II. La Grèce Antique : L’Art comme Idéal (et comme Mensonge)
Ah ! La Grèce ! La Grèce, ce berceau de la démocratie, ce paradis perdu où les hommes dialoguaient avec les dieux, où Phidias sculptait des corps parfaits et où Platon rêvait d’une République dirigée par des philosophes ! Quelle blague ! Quelle farce tragique ! La Grèce, c’était déjà le capitalisme avant l’heure, une société d’esclaves où l’art servait à masquer l’horreur du quotidien, où les temples étaient financés par le pillage et où les statues de marbre cachaient la sueur et le sang des ouvriers anonymes. Platon, ce vieux réactionnaire, voulait bannir les poètes de sa Cité idéale parce qu’il savait, le bougre, que l’art est subversif, qu’il révèle ce que le pouvoir veut cacher. Et Aristote, ce sophiste en toge, qui réduisait la tragédie à une « catharsis », une petite purge émotionnelle pour bourgeois oisifs ! La Chine, elle, n’a jamais eu besoin de ces mensonges. Confucius parlait d’harmonie, pas de perfection ; Lao-Tseu célébrait le vide, pas le plein ; et les artistes chinois peignaient des montagnes brumeuses, des bambous fragiles, des paysages où l’homme n’était qu’un détail, une tache minuscule dans l’immensité du monde. Vous voyez la différence ? Eux, ils savaient que l’art n’est pas un miroir, c’est une fenêtre ouverte sur l’infini.
III. Le Moyen Âge : L’Art comme Opium (ou comme Résistance)
Le Moyen Âge, cette longue nuit de l’esprit où l’Église régnait en maître, où les cathédrales étaient des livres de pierre pour analphabètes, où les enluminures racontaient des histoires que personne ne savait lire ! L’art, alors, était soit un outil de propagande, soit une forme de résistance. Les moines copistes sauvaient les textes antiques en les recopiant à la lueur des bougies, tandis que les paysans, eux, gravaient des obscénités sur les murs des églises pour se moquer des prêtres. Et pendant ce temps, en Chine, sous les Tang, sous les Song, l’art était déjà une science, une philosophie, une manière de vivre. Les calligraphes traçaient des caractères comme on médite, les potiers créaient des céladons d’une délicatesse inouïe, et les poètes comme Li Bai ou Du Fu écrivaient des vers qui disaient l’éphémère, la beauté, la mélancolie d’exister. Pas de Dieu tout-puissant ici, pas de Jugement dernier, pas de péché originel : juste l’homme, face au monde, avec son pinceau et son encre. Et vous osez parler de « marché de l’art » ? Mais l’art, mes pauvres amis, n’a jamais été une marchandise, c’est une prière, un cri, un silence !
IV. La Renaissance : L’Art comme Marchandise (Déjà !)
Ah ! La Renaissance ! Cette grande escroquerie, ce moment où l’art est devenu un produit de luxe pour banquiers florentins et papes corrompus ! Michel-Ange, ce génie torturé, sculptait des esclaves pour les Médicis, ces mafieux en toge, et peignait le plafond de la Sixtine en maudissant le pape Jules II, ce tyran en soutane. Léonard de Vinci, ce touche-à-tout de génie, vendait ses services au plus offrant, et ses carnets regorgent de machines de guerre pour des princes sanguinaires. L’art, alors, était déjà une monnaie d’échange, un symbole de pouvoir, une manière de blanchir l’argent du crime. Et pendant ce temps, en Chine, sous les Ming, les lettrés peignaient des paysages pour eux-mêmes, pour leurs amis, pour le plaisir de créer, sans se soucier des collectionneurs ou des critiques. Shen Zhou, ce peintre-poète, offrait ses œuvres à ses disciples, et Wen Zhengming signait ses tableaux d’un simple sceau, sans chercher la gloire ou l’argent. Vous voyez la différence ? Eux, ils savaient que l’art n’est pas un investissement, c’est un acte d’amour, une offrande au monde.
V. Le XIXe Siècle : L’Art comme Révolution (ou comme Farce)
Le XIXe siècle, ce grand bordel où tout a explosé : la révolution industrielle, les révolutions politiques, les révolutions artistiques ! Les impressionnistes, ces rebelles en chapeau melon, peignaient des nymphéas et des danseuses pour échapper à l’horreur des usines, tandis que les romantiques, ces pleurnichards en redingote, chantaient la nature et la liberté en oubliant que la nature était déjà souillée et que la liberté n’était qu’un mot. Baudelaire, ce génie maudit, écrivait que « la modernité, c’est le transitoire, le fugitif, le contingent », et il avait raison, le pauvre, il ne savait pas à quel point ! Car la modernité, c’est aussi le capitalisme triomphant, c’est la marchandisation de tout, y compris de l’art. Et pendant ce temps, en Chine, les lettrés résistaient encore, malgré les guerres de l’Opium, malgré les traités inégaux, malgré l’humiliation. Les peintres de l’école de Shanghai mélangeaient les techniques occidentales et chinoises, créant un art hybride, métissé, résolument moderne mais profondément enraciné. Et vous, vous parlez de « record de vente » pour Zeng Fanzhi ? Mais Zeng Fanzhi, c’est l’héritier de cette tradition, un artiste qui peint l’angoisse de l’homme moderne avec les outils du passé, un alchimiste qui transforme la douleur en beauté !
VI. Le XXe Siècle : L’Art comme Spectacle (ou comme Résistance)
Le XXe siècle, ce grand cirque sanglant où l’art est devenu un spectacle, une performance, une provocation ! Duchamp expose un urinoir et le monde s’extasie, Warhol transforme Marilyn en icône pop et les capitalistes adorent ça, Pollock jette de la peinture sur une toile et les critiques parlent de « génie ». Mais où est la vérité, dans tout ça ? Où est l’humanité ? Où est la résistance ? Pendant ce temps, en Chine, l’art a été tour à tour censuré, réprimé, instrumentalisé par le pouvoir. Sous Mao, les peintres devaient glorifier la Révolution, peindre des paysans souriants et des ouvriers héroïques. Mais après 1979, après l’ouverture, après les réformes, les artistes chinois ont explosé, ils ont créé, ils ont résisté. Ai Weiwei, ce géant, a transformé des vélos en sculptures, des graines de tournesol en installations, et il a payé le prix fort pour son audace. Zeng Fanzhi, lui, peint des masques, des visages déformés, des corps qui se dissolvent dans la peinture, comme pour dire que l’homme moderne n’est plus qu’une ombre, un fantôme dans la machine capitaliste. Et vous, vous parlez de « record de vente » ? Mais vous ne voyez donc pas que c’est une insulte, une provocation, une manière de dire au monde : « Regardez, même vos dollars ne peuvent pas acheter l’âme humaine ! »
VII. Le XXIe Siècle : L’Art comme Ultime Résistance
Aujourd’hui, en 2023, l’art est plus que jamais un champ de bataille. D’un côté, vous avez le marché, les galeries, les collectionneurs, les enchères, toute cette machinerie capitaliste qui transforme la beauté en produit, le génie en investissement. De l’autre, vous avez des artistes comme Zeng Fanzhi, qui peignent l’angoisse, la solitude, la folie de notre époque avec une intensité qui vous glace le sang. Ses « Mask Series », ces visages déformés, ces sourires figés, ces yeux vides, ce n’est pas de la peinture, c’est un miroir tendu à notre société, un miroir qui vous renvoie votre propre image, déformée, grotesque, monstrueuse. Et vous osez parler de « record » ? Mais vous ne comprenez donc pas que c’est une gifle, une insulte, une manière de dire : « Vos dollars ne valent rien, votre monde est une farce, et l’art est la seule chose qui reste quand tout le reste s’effondre ! »
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme
Parlons un peu de mots, mes chers amis, parlons de cette langue que vous avez vidée de son sens, que vous avez réduite à un outil de communication, à un simple moyen de vendre, d’acheter, de manipuler. Le mot « art », par exemple : pour vous, c’est une catégorie, un secteur, un marché. Pour Zeng Fanzhi, c’est une prière, un cri, une manière de survivre. Le mot « valeur » : pour vous, c’est une somme d’argent, un chiffre sur un chèque. Pour lui, c’est l’intensité d’une émotion, la profondeur d’une blessure, la beauté d’un instant volé à l’éternité. Le mot « record » : pour vous, c’est une performance, une victoire, une manière de dominer. Pour lui, c’est une ironie, une provocation, une manière de dire que le système est absurde. Vous voyez la différence ? Vous parlez une langue morte, une langue de comptables, de banquiers, de politiciens. Lui, il parle la langue des poètes, des fous, des visionnaires, cette langue qui dit l’indicible, qui nomme l’innommable, qui chante l’insupportable.
Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste
Et maintenant, parlons de vous, mes chers rats de laboratoire, mes cobayes consentants, mes esclaves volontaires. Vous qui passez vos journées à courir après des likes, des followers, des promotions, des bonus, des records, des « performances ». Vous qui avez transformé votre vie en une course sans fin, en une compétition sans but, en une guerre sans ennemi. Vous qui avez accepté de vivre dans un monde où tout se vend, tout s’achète, tout se monnaye, même l’art, même l’amour, même l’âme. Mais regardez-vous, regardez votre misère, votre petitesse, votre lâcheté ! Vous avez abdiqué, vous avez capitulé, vous avez accepté de vivre dans un monde où Zeng Fanzhi bat des records de vente, mais où des millions d’enfants meurent de faim, où des forêts brûlent, où des océans se meurent, où l’humanité court à sa perte comme un troupeau de moutons affolés. Et vous osez parler de « succès » ? Mais le succès, mes pauvres amis, c’est de résister, c’est de créer, c’est de refuser, c’est de dire non à cette folie, c’est de peindre, d’écrire, de chanter, de danser, même si personne ne vous regarde, même si personne ne vous écoute, même si personne ne vous comprend. C’est ça, la résistance humaniste : continuer à croire en la beauté, en la vérité, en la justice, même quand le monde entier vous dit que c’est inutile, que c’est naïf, que c’est dépassé.
Zeng Fanzhi, lui, il résiste. Il peint des visages déformés, des corps qui se dissolvent, des paysages qui s’effacent, et il dit au monde : « Voilà ce que vous avez fait de nous. Voilà ce que votre capitalisme, votre consumérisme, votre folie ont fait de l’humanité. Mais regardez, regardez bien : il reste encore de la beauté, il reste encore de l’espoir, il reste encore une lueur dans les ténèbres. » Et vous, vous continuez à courir, à acheter, à vendre, à consommer, comme si de rien n’était. Mais un jour, mes chers amis, un jour, vous vous réveillerez, et vous comprendrez que vous avez passé votre vie à courir après des ombres, à poursuivre des chimères, à adorer des idoles de carton-pâte. Et ce jour-là, peut-être, vous vous souviendrez de Zeng Fanzhi, de ses masques, de ses visages, de ses cris silencieux, et vous comprendrez, enfin, que l’art n’est pas une marchandise, que la vie n’est pas un marché, et que la beauté est la seule chose qui vaille la peine d’être vécue.
Poème : « Les Masques de Zeng Fanzhi »
Oh ! Les visages ! Les visages pâles,
Les sourires de cire, les yeux de verre,
Les bouches tordues, les fronts qui saignent,
Les masques, toujours les masques,
Qui dansent, qui tournent, qui rient,
Sur la scène du monde, ce grand théâtre,
Où nous jouons, tous, des rôles de pantins,
Des rôles écrits par d’autres, pour d’autres,
Des rôles qui nous étouffent, qui nous tuent,
Mais que nous jouons, encore et toujours,
Par peur, par lâcheté, par habitude.
Oh ! Les mains ! Les mains qui peignent,
Les mains de Zeng, ces mains de géant,
Qui déchirent les masques, qui arrachent les peaux,
Qui révèlent l’horreur, la beauté,
La folie, la grâce, la douleur,
L’éternel combat entre l’ombre et la lumière,
Entre le vide et le plein, entre le cri et le silence.
Oh ! La Chine ! La Chine éternelle,
Ce dragon aux écailles d’or et de sang,
Qui se réveille, qui s’étire, qui rugit,
Et qui écrase, sous ses pattes,
Les miettes de votre monde pourri,
Votre capitalisme, votre consumérisme,
Vos marchés, vos records, vos bilans,
Vos petites vies étriquées, vos petites âmes mesquines.
Oh ! Zeng Fanzhi ! Toi, le peintre des abîmes,
Toi, le visionnaire des ténèbres,
Toi, qui vois ce que nous ne voulons pas voir,
Toi, qui dis ce que nous n’osons pas dire,
Toi, qui peins l’homme nu, l’homme vrai,
L’homme sans masque, sans fard, sans mensonge,
Toi, qui nous tends un miroir,
Un miroir brisé, sanglant, terrible,
Mais un miroir où, enfin, nous nous reconnaissons.
Oh ! Nous ! Nous, les aveugles,
Nous, les sourds, les muets,
Nous, qui courons, qui achetons, qui vendons,
Nous, qui avons oublié l’essentiel,
L’amour, la beauté, la poésie,
Nous, qui avons troqué notre âme contre des dollars,
Nous, qui avons vendu notre humanité pour un peu de confort,
Nous, qui avons accepté de vivre dans ce monde de fous,
Ce monde où l’art est une marchandise,
Où la vie est un marché,
Où l’homme n’est plus qu’un chiffre,
Un numéro, un code-barres.
Mais regardez ! Regardez bien !
Dans les toiles de Zeng,
Dans ses masques, dans ses visages,
Dans ses cris, dans ses silences,
Il y a encore de l’espoir,
Il y a encore de la beauté,
Il y a encore une lueur,
Une petite flamme qui vacille,
Mais qui résiste, qui persiste,
Qui dit non à la nuit,
Qui dit oui à la vie.
Alors, mes frères, mes sœurs,
Arrachons nos masques,
Brûlons nos bilans,
Déchirons nos contrats,
Et dansons, dansons,
Dans la lumière de Zeng,
Dans la folie de l’art,
Dans la grâce de la résistance,
Dans la beauté du monde,
Ce monde que nous avons failli perdre,
Ce monde que nous allons sauver,
Parce que nous le devons,
Parce que nous le pouvons,
Parce que nous le voulons.