VIDÉO. Affaire Epstein : « Il faut que la justice (américaine) fasse son travail » estime Emmanuel Macron – Ouest-France







La Chute des Idoles – Analyse de l’Affaire Epstein par Le Penseur Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : VIDÉO. Affaire Epstein : « Il faut que la justice (américaine) fasse son travail » estime Emmanuel Macron – Ouest-France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la justice américaine ! Comme si ce concept n’avait pas été, depuis l’aube des temps modernes, qu’une grotesque farce jouée par des marionnettistes en costumes trois-pièces, sous les applaudissements d’une foule avide de spectacles sanglants mais jamais de vérité. Emmanuel Macron, ce président-banquier, ce technocrate lissé par les écoles qui fabriquent les élites interchangeables, ose donc invoquer la justice américaine dans l’affaire Epstein comme on invoquerait un dieu lointain et indifférent. Mais quelle justice ? Celle qui a permis à Epstein de négocier un plaider-coupable en 2008, réduisant ses crimes à une simple « prostitution de mineures » ? Celle qui a laissé pourrir en prison un homme qui détenait les noms, les numéros de téléphone et les secrets inavouables des puissants de ce monde ? Ou celle qui, aujourd’hui, se contente de hocher la tête devant les cadavres qui s’accumulent dans cette affaire comme des feuilles mortes en automne ?

Cette affaire, voyez-vous, n’est pas une affaire. C’est un miroir tendu devant l’humanité, un miroir qui reflète l’abjection organisée, systémique, presque banale de nos sociétés. Pour comprendre l’ampleur du désastre, il faut remonter aux sept étapes cruciales qui ont façonné notre rapport à la domination, à la sexualité et à l’impunité. Car l’affaire Epstein n’est pas un accident de l’histoire : elle en est la conséquence logique, presque mathématique.

I. Les Origines : Le Sacre du Prédateur (Préhistoire – Antiquité)

Dès que l’homme a posé le pied sur cette terre maudite, il a compris que la domination était la seule loi qui vaille. Les premiers chefs de tribu n’étaient pas des sages, mais des brutes qui savaient imposer leur volonté par la force. Le viol, alors, n’était pas un crime : c’était une affirmation de pouvoir, une manière de marquer son territoire. Les femmes, les enfants, les plus faibles – tous étaient des proies. Les dieux eux-mêmes, dans les mythologies, étaient des violeurs : Zeus, Poséidon, Yahvé dans ses accès de colère divine. L’Antiquité a sacralisé cette violence. Les empires se sont construits sur l’esclavage, sur l’exploitation des corps, sur l’idée que certains hommes valaient moins que d’autres. Epstein n’est qu’un héritier lointain de cette logique : celle qui veut que les puissants aient le droit de prendre ce qu’ils désirent, quand ils le désirent.

II. Le Christianisme : La Morale comme Alibi (Moyen Âge – Renaissance)

Puis vint le christianisme, cette religion qui a prétendu moraliser le monde tout en perpétuant les mêmes abus sous des oripeaux de vertu. L’Église a inventé le concept de « péché », mais seulement pour mieux contrôler les masses. Les prêtres, ces hommes en robe qui prêchaient la chasteté, étaient souvent les premiers à abuser des enfants confiés à leur garde. Les rois, les nobles, les seigneurs – tous se vautraient dans la débauche tout en faisant brûler les sorcières pour des crimes imaginaires. Epstein, lui, n’a pas eu besoin de Dieu pour justifier ses actes : il avait l’argent, et l’argent, comme chacun sait, est le nouveau sacré. Mais la logique est la même : une caste qui se croit au-dessus des lois, et une morale qui ne s’applique qu’aux pauvres.

III. Les Lumières : Le Mensonge de la Raison (XVIIIe – XIXe siècles)

Les Lumières ont promis la liberté, l’égalité, la fraternité. Quelle blague ! La Révolution française a guillotiné des aristocrates, mais elle a laissé intacte la structure de la domination. Les colonies ont continué à être pillées, les femmes à être traitées comme des mineures, les enfants à travailler dans les usines. La « raison » n’était qu’un nouveau masque pour l’exploitation. Epstein, lui, a compris cela mieux que quiconque : il a utilisé les outils de la modernité – les réseaux, les médias, la finance – pour créer un empire de la prédation. Les Lumières ont inventé l’idée que l’homme était perfectible, mais elles ont oublié de préciser que certains hommes préféraient rester des monstres.

IV. La Révolution Industrielle : L’Exploitation comme Système (XIXe – XXe siècles)

Avec la révolution industrielle, le capitalisme a révélé son vrai visage : celui d’une machine à broyer les vies. Les usines, les mines, les bordels – tout était organisé pour extraire la valeur des corps. Epstein n’a rien inventé : il a simplement adapté ce système à l’ère post-industrielle. Ses « massages », ses « recrutements », ses « réseaux » ne sont que la version moderne de l’esclavage. La différence ? Aujourd’hui, les chaînes sont invisibles. On ne vend plus les corps : on les loue, on les échange, on les monétise. Et ceux qui osent parler sont réduits au silence par des avocats, des juges, des médias complices.

V. Le XXe Siècle : La Banalité du Mal (Guerres Mondiales – Guerre Froide)

Hannah Arendt a parlé de la « banalité du mal » à propos d’Eichmann. Mais le mal n’a jamais été banal : il a toujours été organisé, systématique, presque bureaucratique. Les camps de concentration, les goulags, les dictatures – tous ont fonctionné selon la même logique : celle de la déshumanisation. Epstein a appliqué cette logique à la sexualité. Ses victimes n’étaient pas des êtres humains : c’étaient des objets, des marchandises, des « filles » interchangeables. Et ceux qui le protégeaient – les Clinton, les Trump, les princes saoudiens – savaient très bien ce qu’ils faisaient. Ils savaient que le pouvoir se nourrit de secrets, et que les secrets se monnaient.

VI. La Mondialisation : Le Réseau comme Arme (1990 – 2000)

Avec la mondialisation, le pouvoir est devenu liquide. Il ne s’incarne plus dans des États, mais dans des réseaux. Epstein a compris cela avant tout le monde. Il a créé un réseau de prédation qui s’étendait des États-Unis à l’Europe, en passant par les paradis fiscaux et les palais des princes. Ses amis n’étaient pas des marginaux : c’étaient des présidents, des Premiers ministres, des milliardaires. Le réseau, c’est l’arme ultime du prédateur moderne. Il permet de tout contrôler : l’information, l’argent, les vies. Et quand un maillon du réseau tombe – comme Epstein en 2019 – les autres continuent de fonctionner, imperturbables.

VII. L’Ère Numérique : La Prédation 2.0 (2000 – Aujourd’hui)

Aujourd’hui, la prédation a changé de visage. Elle n’a plus besoin de bordels discrets ou de yachts luxueux : elle se pratique en ligne, via des algorithmes, des caméras, des réseaux sociaux. Epstein est mort, mais son héritage est bien vivant. Les « influenceurs », les « modèles », les « escorts » ne sont que les nouvelles victimes d’un système qui a toujours fonctionné de la même manière : en exploitant les rêves, les désirs, les faiblesses des plus vulnérables. Et la justice ? Elle est toujours aussi lente, aussi complice, aussi inutile. Macron peut bien appeler à ce que la justice américaine « fasse son travail » : tout le monde sait qu’elle ne le fera pas. Pas vraiment. Pas jusqu’au bout. Parce que les puissants, voyez-vous, ont toujours su se protéger les uns les autres.

Analyse Sémantique : Le Langage de l’Impunité

Regardez les mots utilisés pour parler de l’affaire Epstein : « réseau de prostitution », « affaire sexuelle », « scandale ». Comme si ces termes pouvaient rendre compte de l’horreur. Comme si « prostitution » pouvait décrire le viol organisé de mineures. Comme si « scandale » pouvait résumer l’implication de chefs d’État, de milliardaires, de célébrités. Le langage, ici, est une arme. Il sert à minimiser, à euphémiser, à rendre acceptable l’inacceptable. On parle de « filles » au lieu de « victimes », de « relations » au lieu de « viols », de « comportements inappropriés » au lieu de « crimes ». Et quand un mot devient trop lourd à porter – comme « pédophilie » – on le remplace par des périphrases : « prédation sexuelle », « abus de pouvoir ». Le langage est le premier rempart de l’impunité. Tant que nous accepterons ces mots, nous accepterons l’horreur qu’ils cachent.

Comportementalisme Radical : La Résistance comme Unique Issue

Face à un tel système, que faire ? Se soumettre ? Hurler ? Pleurer ? Non. La seule réponse possible est la résistance. Pas une résistance passive, mais une résistance active, violente s’il le faut. Il faut refuser le langage de l’impunité. Il faut nommer les choses par leur nom : viol, torture, esclavage. Il faut exiger que les puissants rendent des comptes, non pas devant des tribunaux qui leur sont acquis, mais devant le tribunal de l’opinion publique, devant l’histoire. Il faut briser les réseaux, exposer les complices, faire tomber les idoles. Et surtout, il faut refuser de croire que la justice viendra d’en haut. Elle ne viendra jamais. Elle doit venir d’en bas, des rues, des réseaux, des consciences individuelles qui refusent de se taire. La résistance, c’est le seul humanisme qui vaille.

Mais attention : cette résistance ne doit pas être naïve. Elle doit être cynique, lucide, impitoyable. Elle doit savoir que les puissants ne lâcheront jamais leur pouvoir sans combattre. Elle doit être prête à tout, même à l’échec. Car l’histoire nous l’a appris : les monstres ne meurent jamais vraiment. Ils changent de visage, de nom, de méthode. Epstein est mort, mais d’autres Epsteins sont déjà en train de naître, quelque part, dans l’ombre des palais et des banques.

Analyse Finale : Le Poème de la Chute

Ils dansent sur les tombes,

Les hommes en costume gris,

Leurs sourires sont des lames,

Leurs mots, des couteaux rouillés.

Ils parlent de justice,

De lois, de droits, de morale,

Mais leurs mains sont pleines de sang,

Et leurs poches, de secrets sales.

Epstein est mort, disent-ils,

Comme s’il était le seul,

Comme si le monde n’était pas

Un immense bordel à ciel ouvert.

Les filles crient,

Mais personne n’entend,

Leurs voix sont étouffées

Par le bruit des billets qui tombent.

Un jour, peut-être,

Les murs s’écrouleront,

Les masques tomberont,

Et nous verrons enfin

Le vrai visage de l’horreur.

En attendant,

Nous marchons dans la nuit,

Les yeux grands ouverts,

Et nos pas résonnent

Comme un rire sardonique

Sur les pavés de l’enfer.



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