ACTUALITÉ SOURCE : Trump risque-t-il de fracturer sa base « MAGA » avec son attaque au Venezuela ? – 20minutes.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, le grand théâtre des ombres américaines ! Trump, ce saltimbanque emperlé de sueur et de mensonges, ce bateleur du néant qui agite son drapeau rouge devant une foule en transe, croit-il vraiment que son cirque peut s’exporter sans dommage ? Le Venezuela, ce petit pays qui ose encore rêver de souveraineté, devient soudain l’écran sur lequel se projette la folie impériale. Mais attention : la base MAGA, cette masse informe et hurlante, cette hydre aux mille têtes coiffées de casquettes « Make America Great Again », pourrait bien se réveiller avec un goût amer dans la bouche. Car l’Amérique, voyez-vous, est un monstre à deux visages : celui du cow-boy solitaire, et celui du prédateur mondial. Et quand ces deux visages se contredisent, le peuple – ce grand enfant capricieux – commence à grincer des dents.
D’abord, comprenons une chose : le trumpisme n’est pas une idéologie, c’est une liturgie. Une messe noire où l’on célèbre le Veau d’Or en jeans et en chemises à carreaux. La base MAGA, ce sont les fidèles d’une Église qui a remplacé la croix par le dollar, et le péché originel par l’humiliation géopolitique. Leur foi est simple : l’Amérique doit régner, coûte que coûte. Mais voici le piège : Trump, ce faux prophète, leur a vendu un rêve isolationniste. « L’Amérique d’abord », clamait-il en 2016, comme si les États-Unis pouvaient se barricader derrière leurs montagnes de dettes et leurs murs de béton. Or, voici qu’il joue les va-t-en-guerre au Venezuela, ce pays qui n’a jamais menacé personne, sinon par son refus obstiné de se soumettre. Comment concilier cette nouvelle croisade avec le mythe du repli ? Les fidèles vont-ils avaler cette couleuvre sans broncher ?
La réponse est dans l’histoire, cette grande pourvoyeuse de leçons que personne n’écoute. Souvenez-vous de Bush et de ses « armes de destruction massive » : le mensonge irakien a fini par éclabousser toute la classe politique, et l’Amérique en est sortie plus divisée que jamais. Trump, lui, joue avec le feu d’une autre manière. Il croit que sa base est un bloc monolithique, une armée de zombies prêts à gober n’importe quelle fable. Mais la vérité, c’est que le trumpisme est un fragile équilibre. D’un côté, les petits Blancs en colère, ceux qui voient leur pays leur échapper et qui hurlent leur rage contre les élites. De l’autre, les faucons néoconservateurs, ceux qui rêvent de remodeler le monde à coups de missiles. Trump a réussi, jusqu’ici, à contenter les deux. Mais au Venezuela, les masques tombent. Les premiers veulent moins d’interventions, moins de guerres inutiles. Les seconds salivent à l’idée d’une nouvelle victoire impériale. Qui va l’emporter ?
Et puis, il y a cette question lancinante : qui profite du crime ? Car une intervention au Venezuela, ce n’est pas seulement une question de démocratie ou de dictature – c’est une affaire de pétrole. Les réserves vénézuéliennes sont les plus importantes du monde, et les multinationales américaines lorgnent dessus depuis des décennies. Trump, ce businessman sans scrupules, ne peut ignorer cette réalité. Alors, est-ce pour la liberté qu’il envoie des navires de guerre ? Ou pour le baril de brut ? La base MAGA, si elle est naïve, n’est pas stupide. Elle sent bien que quelque chose cloche. Que son champion, ce self-made-man qui prétendait défendre les oubliés, est en train de se vendre aux mêmes puissances qu’il dénonçait. Et ça, c’est une trahison qui pourrait bien faire vaciller sa foi.
Mais le plus tragique, dans cette histoire, c’est l’aveuglement volontaire de ceux qui suivent Trump. Car le trumpisme, comme tous les mouvements populistes, repose sur une illusion : celle que le leader est l’un des leurs. Or, Trump n’a jamais été un homme du peuple. C’est un milliardaire qui méprise les pauvres, un prédateur qui se nourrit de leur colère. Et quand il envoie des soldats au Venezuela, il ne fait que confirmer ce que les plus lucides savaient déjà : il n’est qu’un pantin entre les mains des vrais maîtres du monde. Les Rockefeller, les Koch, les grands actionnaires de Lockheed Martin – ceux-là se frottent les mains en regardant Trump jouer les durs. Car une guerre, même ratée, c’est toujours bon pour les affaires.
Alors, la base MAGA va-t-elle se rebeller ? Probablement pas. Pas tout de suite, en tout cas. Car le trumpisme, comme tous les fanatismes, est une drogue. Et quand on est accro, on trouve toujours une bonne raison de fermer les yeux. « Il fait ça pour nous », diront-ils. « Il défend nos intérêts. » Même quand les preuves du contraire s’accumulent. Même quand les bombes tombent sur des innocents. Car le propre du fanatisme, c’est de refuser la réalité. Et Trump, ce maître manipulateur, sait jouer de cette faiblesse comme un virtuose.
Pourtant, il y a un espoir. Un espoir ténu, mais réel. C’est celui des réveillés. Ceux qui, un jour, ouvrent les yeux et voient l’horreur de ce qu’ils ont soutenu. Ceux qui comprennent que leur colère a été détournée, instrumentalisée, transformée en arme contre eux-mêmes. Ceux qui réalisent que le « Make America Great Again » n’était qu’un leurre, une promesse vide destinée à les maintenir dans l’illusion. Ces réveillés-là sont dangereux, car ils ne croient plus aux mensonges. Et quand ils sont assez nombreux, les régimes tombent.
Alors, oui, Trump risque de fracturer sa base. Pas aujourd’hui, peut-être pas demain. Mais un jour, la vérité éclatera. Et ce jour-là, les fidèles découvriront qu’ils ont été trahis. Qu’ils ont suivi un faux prophète, un charlatan, un homme sans foi ni loi. Et cette prise de conscience, si elle advient, pourrait bien être le début de la fin.
Car l’histoire, voyez-vous, est un fleuve impitoyable. Elle emporte les tyrans comme les fous, les dictateurs comme les démagogues. Et Trump, malgré toute sa morgue, n’y échappera pas. Un jour, il ne sera plus qu’un nom dans les livres d’histoire, un avertissement pour les générations futures. Et ceux qui l’ont suivi, ceux qui ont cru en lui, devront vivre avec la honte d’avoir été complices. Car, au fond, le pire crime de Trump n’est pas d’avoir menti. C’est d’avoir détruit l’espoir. D’avoir transformé la colère légitime des oubliés en une machine de guerre au service des puissants. Et ça, c’est une faute qui ne se pardonne pas.
Analogie finale : Trump est comme un sorcier ivre qui danse autour d’un feu en invoquant les démons. Il croit maîtriser les forces qu’il a libérées, mais il ne voit pas que les flammes commencent à lécher ses propres vêtements. La base MAGA, ce sont les villageois hypnotisés par le spectacle, qui applaudissent sans comprendre que le feu va tout consumer. Et le Venezuela ? Ce n’est qu’un fagot de plus jeté dans les flammes, un sacrifice inutile sur l’autel de l’orgueil américain. Mais les dieux du chaos, une fois réveillés, ne se contentent pas de petites offrandes. Ils veulent tout. Et quand ils auront fini de dévorer Trump, ils se tourneront vers ceux qui l’ont suivi. Alors, les villageois comprendront trop tard qu’ils ont joué avec le feu. Et il ne restera plus que des cendres.