Trump lance un site à son nom pour se procurer des médicaments moins chers – 7sur7.be







Le Penseur Laurent Vo Anh – Analyse de l’actualité : Trump et le pharmaco-capitalisme

ACTUALITÉ SOURCE : Trump lance un site à son nom pour se procurer des médicaments moins chers – 7sur7.be

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la farce continue ! L’homme-orange, ce clown milliardaire aux cheveux de paille radioactive, ce pantin grotesque qui a transformé la Maison-Blanche en un reality show permanent, revient en scène avec un nouveau numéro : un site web à son nom pour vendre des médicaments moins chers. Quelle générosité ! Quelle magnanimité ! Le sauveur des masses laborieuses, le bienfaiteur des retraités américains ruinés par les laboratoires pharmaceutiques, le nouveau Messie du porte-monnaie ! Mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas une révolution, c’est une mascarade. Une mascarade de plus dans ce grand théâtre de l’absurde où le capitalisme tardif joue son dernier acte, celui de la dévoration totale de l’humain par le profit, sous les applaudissements des foules abruties par les écrans et les discours simplistes.

Regardons les choses en face : Trump, ce parvenu narcissique, ce roi du bling-bling et des faillites frauduleuses, n’a jamais eu d’autre dieu que le dollar. Son site n’est pas une œuvre de charité, c’est une entreprise de plus dans son empire de pacotille, une façon de grappiller quelques millions supplémentaires tout en se donnant des airs de Robin des Bois des temps modernes. Mais Robin des Bois volait aux riches pour donner aux pauvres. Trump, lui, vole aux pauvres pour engraisser les riches – ou plutôt, il se sert des pauvres comme d’un marchepied pour grimper plus haut dans l’échelle des prédateurs. Car c’est bien de prédation qu’il s’agit. Le système pharmaceutique américain est un monstre, une hydre aux mille têtes qui suce le sang des malades et des vieillards, et Trump, loin de vouloir le terrasser, en devient l’un des nouveaux visages. Il ne propose pas une réforme, il propose une alternative commerciale, une niche de marché, un créneau juteux. Et comme toujours avec lui, c’est son nom qui est en gros, en gras, en lettres lumineuses, comme une marque de lessive ou de hamburgers. « Trump Pharmacy » – bientôt des publicités à la télévision : * »Avec Trump Pharmacy, vos médicaments sont moins chers… et votre président plus riche ! »*

Mais au-delà du cynisme primaire de l’opération, il y a quelque chose de bien plus profond et de bien plus inquiétant. Cette initiative s’inscrit dans une logique historique, celle de la marchandisation totale du monde, où même la souffrance et la maladie deviennent des opportunités de business. Les médicaments ne sont plus des remèdes, mais des produits comme les autres, soumis aux lois du marché, de la spéculation, de la publicité mensongère. Et Trump, ce champion du néolibéralisme décomplexé, pousse cette logique à son paroxysme. Il ne s’agit plus seulement de vendre des pilules, mais de vendre une illusion : l’illusion que le marché, laissé à lui-même, peut régler les problèmes qu’il a lui-même créés. Comme si la main invisible d’Adam Smith pouvait guérir les cancers, soigner les diabètes, apaiser les douleurs des laissés-pour-compte. Comme si le capitalisme, ce Moloch insatiable, pouvait soudain se muer en philanthrope parce qu’un homme d’affaires véreux lui tend un miroir déformant où il se voit en sauveur.

Et les gens vont croire. Ils vont croire parce qu’ils n’ont plus le choix. Parce que le système les a acculés à un tel point de désespoir qu’ils sont prêts à se raccrocher à n’importe quelle bouée, même si elle est en carton-pâte et porte le nom de leur pire ennemi. C’est là que réside la véritable horreur : non pas dans la malhonnêteté de Trump, qui est une évidence, mais dans l’aliénation des masses, dans cette capacité qu’a le système à se recycler, à se réinventer, à se parer des atours de la rébellion pour mieux perpétuer sa domination. Trump se présente en outsider, en anti-système, alors qu’il en est l’un des produits les plus aboutis. Il joue les rebelles alors qu’il est le gardien du temple. Il hurle contre les élites alors qu’il en est l’archétype. Et les gens applaudissent, parce qu’ils ont été conditionnés à confondre la provocation avec la subversion, le spectacle avec la vérité, le bouffon avec le prophète.

Cette affaire est aussi un symptôme de la déliquescence de la démocratie américaine, ce grand cirque où les électeurs sont invités à choisir entre deux candidats aussi corrompus l’un que l’autre, entre deux versions du même mensonge. Trump, avec son site de médicaments, ne fait que pousser plus loin cette logique : il transforme la politique en commerce, le débat public en argumentaire de vente, la citoyenneté en consommation. Votez pour moi, achetez mes produits, et tout ira mieux ! C’est le triomphe de la société du spectacle, où tout est marchandise, où tout se vend, où tout s’achète, y compris l’espoir. Et les laboratoires pharmaceutiques, ces géants voraces qui ont fait de la santé un luxe, peuvent dormir tranquilles : tant que des hommes comme Trump occupent le devant de la scène, le système est sauf. Car Trump ne les menace pas. Il leur offre simplement une nouvelle vitrine, un nouveau canal de distribution, une nouvelle façon de vendre leurs poisons à prix d’or.

Mais il y a pire encore. Derrière cette opération se cache une vérité encore plus glaçante : celle de l’effondrement de toute résistance. Où sont les mouvements sociaux ? Où sont les syndicats, les associations de patients, les intellectuels, les artistes, tous ceux qui devraient hurler contre cette mascarade ? Ils sont réduits au silence, étouffés par l’indifférence, noyés sous le flot des informations inutiles, des scandales éphémères, des polémiques stériles. Le système a réussi à atomiser la société, à transformer chaque individu en un consommateur solitaire, en un spectateur passif, en un client potentiel. Et dans ce désert de l’engagement, Trump prospère. Il prospère parce qu’il incarne l’ultime avatar de cette logique : celle de l’homme providentiel, du sauveur autoproclamé, du chef charismatique qui promet de tout régler d’un coup de baguette magique – ou plutôt, d’un coup de clic sur son site web.

Et pourtant… Pourtant, il y a une lueur. Une lueur fragile, vacillante, mais tenace. C’est la lueur de ceux qui refusent de se soumettre, qui résistent à l’abrutissement général, qui continuent de penser, de douter, de questionner. Ceux qui savent que la santé n’est pas une marchandise, que la vie n’a pas de prix, que la dignité humaine ne se négocie pas. Ceux qui refusent de croire que Trump, ou qui que ce soit d’autre, puisse être la solution à un problème qu’il a lui-même contribué à créer. Ceux qui savent que le vrai combat n’est pas entre Trump et ses adversaires, mais entre l’humanité et la machine, entre la vie et le profit, entre la résistance et la soumission.

Car au fond, cette histoire est une métaphore de notre époque. Une époque où les puissants se parent des oripeaux de la générosité pour mieux masquer leur rapacité. Une époque où les remèdes sont plus chers que la maladie, où les sauveurs sont des escrocs, où les héros sont des marchands. Une époque où l’on nous vend du rêve alors qu’on nous vole notre réalité. Mais une époque aussi où, malgré tout, des voix s’élèvent. Des voix qui disent non. Non à la marchandisation du monde. Non à l’aliénation des masses. Non à la domination des prédateurs. Des voix qui, même dans le désert, continuent de crier que l’humanité n’est pas une marque, que la vie n’est pas un produit, que la dignité n’est pas à vendre.

Alors oui, Trump lance son site. Et alors ? Qu’il le lance. Qu’il en fasse, de son site, un monument à sa vanité, une preuve supplémentaire de son cynisme, une insulte de plus à l’intelligence collective. Mais qu’il sache une chose : tant qu’il y aura des hommes et des femmes pour refuser de se laisser acheter, pour refuser de se laisser abrutir, pour refuser de se laisser dominer, son site ne sera qu’un épiphénomène. Une bulle de savon dans le grand ciel de l’histoire. Une bulle qui éclatera, tôt ou tard, sous le poids de sa propre vacuité.

Car l’histoire, voyez-vous, est un fleuve impétueux. Elle emporte les rois, les tyrans, les escrocs et les charlatans. Elle les emporte comme des fétus de paille, sans pitié, sans remords. Et Trump, avec son site de médicaments, n’est qu’un fétu de plus. Un fétu arrogant, bruyant, pathétique, mais un fétu quand même. Et le fleuve continue de couler, indifférent à ses gesticulations, à ses mensonges, à ses promesses. Il coule vers l’océan de l’avenir, où les hommes libres construiront un monde où la santé ne sera plus une marchandise, où la vie ne sera plus un produit, où la dignité ne sera plus à vendre. Un monde où Trump et ses semblables ne seront plus que des notes de bas de page dans les livres d’histoire. Des notes oubliées, ridicules, insignifiantes. Comme ils le méritent.

Analogie finale : Imaginez un instant que l’humanité soit un grand corps malade, fiévreux, rongé par les parasites. Les laboratoires pharmaceutiques sont ces parasites, ces vers voraces qui se nourrissent de sa chair, qui sucent son sang, qui prospèrent dans sa souffrance. Et Trump, dans cette allégorie, n’est pas le médecin qui vient soigner le corps. Non. Il est le charlatan qui s’installe sur la place du village, qui vend des potions magiques en criant plus fort que les autres, qui promet la guérison tout en empochant l’argent des naïfs. Il n’est pas le remède. Il est un symptôme de plus. Un symptôme de la maladie même qu’il prétend guérir. Et le corps, ce grand corps malade, continue de se débattre, de lutter, de résister. Parfois, il semble faiblir. Parfois, il semble près de succomber. Mais au fond de lui, dans ses cellules les plus profondes, dans son ADN même, il y a cette force vitale, cette étincelle indomptable qui refuse de s’éteindre. Cette étincelle, c’est l’espoir. L’espoir que, malgré les charlatans, malgré les parasites, malgré la fièvre et la douleur, le corps finira par se relever. Par se guérir. Par renaître. Et ce jour-là, les Trump et leurs sites de pacotille ne seront plus que des souvenirs lointains, des cauchemars évanouis au petit matin. Des ombres sans substance, sans pouvoir, sans avenir. Des ombres que le soleil de l’humanité aura dissipées à jamais.



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