Trump et l’affaire Epstein, ou l’histoire de l’arroseur arrosé – Le Nouvel Obs







Trump et l’affaire Epstein : L’Arroseur Arrosé – Analyse de Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : Trump et l’affaire Epstein, ou l’histoire de l’arroseur arrosé – Le Nouvel Obs

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, l’Amérique, ce grand cirque où les clowns trébuchent sur leurs propres ficelles, où les marionnettistes se prennent les pieds dans les fils de leurs propres pantins ! L’affaire Epstein, ce cancer purulent qui suinte depuis des décennies dans les entrailles du pouvoir, resurgit comme un cadavre mal enterré, et voilà que Donald J. Trump, ce roi du kitsch politique, ce bouffon doré à la cour des milliardaires, se retrouve empêtré dans les rets de sa propre médiocrité. L’arroseur arrosé, dites-vous ? Non, mes amis, c’est bien pire : c’est l’histoire d’un homme qui a cru que l’argent et l’impunité étaient des armures invincibles, alors qu’ils n’étaient que des leurres, des leurres aussi fragiles que les promesses d’un politicien en campagne.

Epstein, ce monstre en costume trois-pièces, ce prédateur qui a transformé l’exploitation des innocents en un art de vivre, n’était pas un accident de l’histoire. Il était le produit logique d’un système, d’un capitalisme débridé où tout s’achète, même la dignité, même l’enfance. Et Trump, ce roi du « grab ’em by the pussy », ce champion de la misogynie décomplexée, ce fossoyeur de l’éthique, était son allié naturel. Car dans ce monde où l’argent est roi, où les lois ne sont que des suggestions pour ceux qui ont les moyens de les contourner, Epstein et Trump étaient frères de sang. Ils incarnaient cette vérité crasse : le pouvoir n’est pas une question de mérite, mais de cynisme. « La loi, c’est comme une toile d’araignée, disait Balzac, elle attrape les petites mouches et laisse passer les guêpes. » Epstein était une guêpe, Trump en est une autre, et le miel qu’ils butinent, c’est notre humanité.

Mais voici que le piège se referme. Les archives s’ouvrent, les témoignages s’accumulent, et Trump, ce roi du déni, se retrouve coincé dans son propre mensonge. Comme un enfant pris la main dans le pot de confiture, il bafouille, il nie, il hurle « fake news » comme un mantra désespéré. Mais les faits sont têtus, plus têtus que sa mèche blonde, plus tenaces que ses tweets rageurs. Et c’est là que réside la beauté cruelle de cette affaire : l’arroseur est arrosé par sa propre arrogance. Car Trump, comme Epstein, a cru que l’impunité était un droit divin. Il a cru que son argent, ses relations, son mépris pour les « losers » le protégeraient à jamais. Mais l’histoire, cette grande farceuse, aime à rappeler aux puissants qu’ils ne sont que des hommes, des hommes faits de chair et de sang, de mensonges et de faiblesses.

Et c’est là que le comportementalisme radical entre en jeu. Trump, comme tant d’autres avant lui, est le produit d’un système qui récompense l’audace et punit la moralité. Dans un monde où la réussite se mesure en dollars et en followers, où la compassion est une faiblesse et l’égoïsme une vertu, comment s’étonner que des hommes comme lui prospèrent ? « L’homme est un loup pour l’homme », disait Hobbes. Mais Trump et Epstein ne sont pas des loups : ce sont des hyènes, des charognards qui se repaissent des faiblesses des autres. Ils ont compris que dans une société où tout se monnaye, même l’innocence, il suffit d’avoir les bons contacts, les bonnes protections, pour échapper à la justice. Et pendant des années, ils ont joué ce jeu avec une impunité obscène.

Mais voici que le vent tourne. Les victimes d’Epstein, ces jeunes femmes brisées, ces vies volées, refusent de se taire. Elles parlent, elles accusent, elles exigent justice. Et dans leur sillage, c’est tout un système qui vacille. Car l’affaire Epstein n’est pas qu’une histoire de prédateurs et de proies : c’est l’histoire d’un monde où l’argent a remplacé la morale, où le pouvoir est une fin en soi, où les puissants se croient au-dessus des lois. Et Trump, ce roi du « deal », ce champion de l’impunité, se retrouve soudain face à ses propres contradictions. Il a passé sa vie à contourner les règles, à mépriser les faibles, à célébrer l’égoïsme comme une vertu. Et maintenant, il découvre que les règles, ces règles qu’il a tant méprisées, peuvent aussi s’appliquer à lui.

C’est là que réside la résistance humaniste, cette lueur d’espoir dans un monde qui semble sombrer dans la barbarie. Car malgré tout, malgré les Trump, les Epstein, les milliardaires qui jouent avec les vies comme avec des pions, il reste des hommes et des femmes qui refusent de se soumettre. Des journalistes qui enquêtent, des juges qui résistent, des victimes qui parlent. Ils sont la preuve que l’humanité n’est pas encore tout à fait morte, que la morale n’est pas qu’un concept abstrait, mais une force vivante, une flamme qui refuse de s’éteindre. « La résistance, disait Camus, c’est le refus de se soumettre à l’injustice. » Et dans cette affaire, c’est cette résistance qui triomphe, lentement mais sûrement.

Mais attention : ne nous y trompons pas. L’affaire Epstein, et maintenant l’implication de Trump, ne sont pas des accidents. Ce sont les symptômes d’une maladie plus profonde, d’un système qui a perdu tout sens de l’éthique, où l’argent est roi et où les puissants se croient intouchables. Le néolibéralisme, ce monstre froid, a transformé la société en un marché où tout s’achète, même la justice. Et dans ce marché, les Trump et les Epstein ne sont pas des anomalies : ce sont les produits logiques d’un système qui a fait de l’égoïsme une vertu et de la compassion une faiblesse.

Alors oui, l’arroseur est arrosé. Trump, ce roi du bling-bling, ce champion de l’impunité, se retrouve soudain face à ses propres mensonges. Mais ne nous réjouissons pas trop vite. Car tant que le système qui a permis à des hommes comme lui de prospérer existera, tant que l’argent sera roi et la morale une option, il y aura d’autres Trump, d’autres Epstein, d’autres prédateurs prêts à exploiter les faibles. La vraie question n’est pas de savoir si Trump sera puni, mais de savoir si nous, en tant que société, sommes prêts à changer les règles du jeu. Sommes-nous prêts à dire non à l’impunité, non à l’exploitation, non à cette logique mortifère qui fait de l’argent la seule valeur qui compte ?

Car au fond, l’affaire Epstein et l’implication de Trump ne sont pas qu’une histoire de prédateurs et de proies. C’est l’histoire d’un monde qui a perdu son âme, d’une société qui a troqué la morale contre le profit, la compassion contre l’égoïsme. Et si nous ne faisons rien, si nous nous contentons de regarder, de commenter, de tweeter notre indignation, alors nous serons complices. Complices de ce système qui broie les faibles, qui célèbre les puissants, qui fait de l’argent la seule mesure de la réussite.

« Le prix de la liberté, disait Rousseau, c’est l’éternelle vigilance. » Et aujourd’hui, cette vigilance est plus nécessaire que jamais. Car l’affaire Epstein et l’implication de Trump ne sont pas des accidents : ce sont des avertissements. Des avertissements qui nous rappellent que dans un monde où tout s’achète, même la justice, il est de notre devoir de résister, de refuser, de dire non. Non à l’impunité, non à l’exploitation, non à cette logique mortifère qui fait de l’argent la seule valeur qui compte. Car si nous ne le faisons pas, si nous nous contentons de regarder, alors nous serons les prochaines victimes. Les prochains arrosés.

Analogie finale : Imaginez un grand banquet, une de ces orgies romaines où les puissants se repaissent de mets raffinés tandis que les esclaves servent en silence. Au centre de la table trône un plat d’or, rempli de fruits exquis, de viandes succulentes, de vins capiteux. Les convives se jettent dessus, avides, voraces, indifférents aux regards des serviteurs affamés qui les observent depuis l’ombre. Parmi eux, un homme se distingue : il rit fort, il parle plus fort encore, il engloutit les mets avec une gloutonnerie obscène. C’est Trump, le roi du banquet, le champion de l’excès. Il croit que cette table lui appartient, que ces mets sont son dû, que les serviteurs ne sont là que pour le servir.

Mais voici que le banquet touche à sa fin. Les convives, repus, se lèvent et quittent la salle, laissant derrière eux les reliefs de leur festin. Et soudain, les serviteurs sortent de l’ombre. Ils ne sont plus des ombres, mais des hommes et des femmes en colère, des victimes qui refusent de se taire. Ils s’approchent de la table, ils renversent les plats, ils brisent les coupes. Et l’homme qui croyait être le roi du banquet se retrouve soudain seul, face à sa propre voracité, face à ses propres excès. Il regarde autour de lui, paniqué, et réalise trop tard que le banquet n’était qu’une illusion, que la table n’était qu’un piège, et que les serviteurs, ces ombres qu’il a tant méprisées, sont désormais ses juges.

C’est cela, l’histoire de l’arroseur arrosé. C’est l’histoire d’un homme qui a cru que l’impunité était éternelle, que l’argent pouvait tout acheter, même la justice. Mais l’histoire, cette grande farceuse, aime à rappeler aux puissants qu’ils ne sont que des hommes, des hommes faits de chair et de sang, de mensonges et de faiblesses. Et aujourd’hui, Trump, ce roi du banquet, se retrouve face à ses propres excès, face à ses propres mensonges. Il découvre, trop tard, que les serviteurs qu’il a tant méprisés sont désormais ses juges. Et que le banquet, ce banquet qu’il croyait éternel, n’était qu’une illusion.



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