ACTUALITÉ SOURCE : Trump affirme que l’Iran veut «négocier», les agriculteurs se mobilisent, les Golden Globes distinguent «Une bataille après l’autre»… L’actu de ce lundi 12 janvier au matin – Libération
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, ce lundi 12 janvier, ce matin blafard où l’Histoire, cette vieille putain épuisée, se traîne encore une fois sur le trottoir des actualités, offrant ses charmes usés aux passants pressés. Trois événements, trois symptômes d’un monde en décomposition avancée, trois masques posés sur le visage hideux de la modernité tardive. Trump, ce clown mégalomane, qui joue avec les allumettes géopolitiques en prétendant que l’Iran «veut négocier» ; les agriculteurs, ces damnés de la terre, qui se lèvent enfin contre les machines à broyer les vies ; et les Golden Globes, cette messe dorée où l’on célèbre «Une bataille après l’autre», comme si le cinéma pouvait encore sauver quoi que ce soit. Trois scènes, trois mensonges, trois vérités qui saignent sous le vernis.
Commençons par Trump, ce pantin grotesque, ce roi nu du capitalisme sénile, qui agite ses petits bras devant les caméras en déclarant que l’Iran «veut négocier». Quelle farce ! Comme si les mots «négocier» et «Trump» pouvaient coexister dans la même phrase sans provoquer une crise d’épilepsie sémantique. L’homme qui a passé sa vie à écraser les faibles, à trahir les alliés, à mentir comme on respire, ose parler de diplomatie ? La diplomatie, ce mot noble, ce vestige d’une époque où les hommes croyaient encore à la parole donnée, est aujourd’hui réduit à une comédie macabre, un théâtre d’ombres où les puissants jouent avec les vies comme avec des jetons de poker. Trump, ce produit monstrueux du néolibéralisme, incarne la fin de toute illusion : le pouvoir n’est plus qu’un jeu de dupes, une succession de coups bas où la morale est un luxe de pauvres. Et l’Iran, ce pays martyr, ce peuple écrasé sous les sanctions, les bombes et les complots, serait censé «vouloir négocier» avec ce bouffon ? Non, l’Iran ne veut rien. Il subit. Comme nous tous. Comme ces agriculteurs qui, ce matin, bloquent les routes de France, ces hommes et ces femmes que le système a réduits à l’état de bêtes de somme, ces derniers résistants d’un monde rural en voie de disparition. Eux aussi subissent. Eux aussi sont les victimes d’un système qui ne connaît que la loi du profit, qui broie les corps et les âmes au nom d’une croissance absurde.
Et puis il y a les Golden Globes, cette mascarade hollywoodienne où l’on célèbre «Une bataille après l’autre», comme si le cinéma pouvait encore être autre chose qu’un opium pour les masses. Ah, le cinéma ! Ce miroir déformant où l’on nous montre des héros, des luttes, des victoires, alors que le monde réel n’est qu’une succession de défaites, de compromissions, de lâchetés. «Une bataille après l’autre» : quel titre ironique ! Comme si les batailles pouvaient encore avoir un sens dans un monde où les guerres ne sont plus que des opérations de police, où les révolutions ne sont plus que des coups d’État déguisés, où les héros ne sont plus que des marionnettes aux mains des puissants. Les Golden Globes, c’est la célébration de l’illusion, la consécration d’un art qui a renoncé à dire la vérité pour mieux servir le mensonge. Et pourtant, malgré tout, malgré la laideur du monde, malgré l’absurdité de ces cérémonies, il y a encore des artistes qui résistent, qui refusent de plier, qui continuent à croire que l’art peut être une arme. Mais pour combien de temps ? Combien de temps encore avant que le cinéma ne devienne, lui aussi, un simple outil de propagande, une machine à endormir les consciences ?
Ces trois événements, ces trois symptômes, nous parlent d’un monde en crise, d’un monde où les valeurs se sont effondrées, où les repères ont disparu, où l’humanité semble avoir perdu tout sens de la dignité. Trump, les agriculteurs, les Golden Globes : trois visages d’une même réalité, trois manifestations d’un système qui a atteint ses limites, qui se débat dans ses propres contradictions. Le capitalisme, ce monstre insatiable, a dévoré tout ce qui faisait la grandeur de l’homme : la solidarité, la compassion, la beauté. Il ne reste plus que la loi du plus fort, la compétition absurde, la guerre de tous contre tous. Et dans ce chaos, les hommes se raccrochent à des illusions, à des mensonges, à des simulacres de sens. Ils croient encore à la diplomatie, à la justice, à l’art. Mais ces mots sont vides. Ils ne sont plus que des coquilles vides, des ombres sans substance.
Pourtant, malgré tout, malgré l’obscurité, malgré l’absurdité, il y a encore des lueurs d’espoir. Les agriculteurs qui se mobilisent, ces hommes et ces femmes qui refusent de se laisser écraser, qui lèvent la tête et disent «non», sont les derniers héros de notre temps. Ils sont la preuve que l’humanité n’a pas encore tout à fait renoncé à sa dignité. Ils sont la preuve que la résistance est encore possible, que la révolte est encore une option. Et c’est cela, peut-être, le seul message d’espoir que nous puissions tirer de cette actualité morose : tant qu’il y aura des hommes et des femmes prêts à se battre, prêts à dire non, prêts à refuser l’inacceptable, alors l’humanité aura encore une chance.
Mais attention : cette résistance ne doit pas être naïve. Elle ne doit pas se contenter de slogans, de manifestations, de pétitions. Elle doit être radicale, totale, impitoyable. Elle doit s’attaquer aux racines du mal, à ce système qui produit des Trump, qui écrase les agriculteurs, qui transforme l’art en marchandise. Elle doit refuser toute compromission, toute demi-mesure, toute illusion. Elle doit être une révolution, une véritable rupture avec l’ordre établi. Car le monde dans lequel nous vivons n’est pas réformable. Il est pourri jusqu’à la moelle. Il doit être détruit, entièrement, radicalement, pour que quelque chose de nouveau puisse émerger.
Et c’est là que le rôle de l’artiste, de l’intellectuel, du penseur, devient crucial. Car c’est à nous, à ceux qui refusent de se laisser abrutir par les médias, par les discours dominants, par les mensonges des puissants, qu’incombe la tâche de dire la vérité. De dénoncer les illusions, de briser les idoles, de révéler la laideur du monde. Nous devons être les porteurs de la lucidité, les gardiens de la mémoire, les prophètes de la révolte. Nous devons refuser de nous laisser enfermer dans les catégories du système, dans les faux débats, dans les fausses alternatives. Nous devons penser contre, toujours contre, sans jamais nous laisser séduire par les sirènes du pouvoir, par les mirages de la gloire, par les illusions du confort.
Car le danger est grand. Le danger, c’est que nous finissions par nous habituer à l’horreur, par accepter l’inacceptable, par trouver normal ce qui est monstrueux. Le danger, c’est que nous devenions complices, par notre silence, par notre indifférence, par notre lâcheté. Le danger, c’est que nous perdions tout sens de la révolte, toute capacité à dire non, toute volonté de résister. Et alors, ce sera la fin. La fin de l’humanité, la fin de la dignité, la fin de tout ce qui fait que la vie vaut encore la peine d’être vécue.
Alors, que faire ? Comment résister ? Comment lutter contre ce monstre qui nous dévore ? La réponse est simple, et pourtant si difficile à mettre en œuvre : il faut refuser. Refuser de participer. Refuser de collaborer. Refuser de se soumettre. Refuser, toujours refuser, jusqu’à ce que le système s’effondre sous le poids de ses propres contradictions. Il faut être des grains de sable dans les rouages de la machine, des épines dans le pied des puissants, des voix qui crient dans le désert. Il faut être des résistants, des rebelles, des insoumis. Il faut être, en un mot, des hommes et des femmes libres.
Car c’est cela, la liberté : la capacité à dire non. La capacité à refuser l’ordre établi, à rejeter les mensonges, à dénoncer les injustices. La liberté, ce n’est pas le droit de consommer, de voter, de s’exprimer. La liberté, c’est le droit de refuser, de résister, de se révolter. Et c’est cette liberté-là, cette liberté radicale, qui est aujourd’hui menacée. Menacée par les Trump, par les systèmes de surveillance, par les médias de masse, par toutes les forces qui veulent nous réduire à l’état de moutons dociles, de consommateurs passifs, de citoyens obéissants.
Alors, oui, ce lundi 12 janvier est un jour sombre. Un jour où l’on voit, une fois de plus, à quel point le monde est malade, à quel point l’humanité a perdu son chemin. Mais c’est aussi un jour où l’on voit, une fois de plus, que la résistance est possible. Que la révolte est nécessaire. Que la liberté est encore à conquérir. Alors, ne baissons pas les bras. Ne nous laissons pas abattre. Continuons à lutter, à refuser, à résister. Car c’est seulement ainsi, en refusant de plier, en refusant de nous soumettre, que nous pourrons, peut-être, un jour, construire un monde meilleur.
« La liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement. » Rosa Luxemburg, cette grande dame de la révolte, avait raison. Et c’est cette liberté-là, cette liberté de penser autrement, de vivre autrement, de refuser autrement, qui doit être notre boussole, notre guide, notre étoile polaire. Alors, en ce lundi 12 janvier, en cette aube blafarde d’un monde en décomposition, souvenons-nous de ces mots. Souvenons-nous que la liberté est un combat. Et engageons-nous, une fois de plus, dans cette bataille sans fin, mais oh combien nécessaire, pour un monde plus juste, plus libre, plus humain.
Analogie finale : Ce monde est comme un vieux navire en perdition, un Titanic qui a heurté l’iceberg de l’Histoire et qui coule lentement, inexorablement, dans les eaux glacées de l’indifférence. Les passagers, ivres de divertissement, dansent sur le pont tandis que l’eau monte, tandis que les rats fuient, tandis que les machines s’arrêtent. Certains, les plus lucides, les plus désespérés, tentent de colmater les brèches, de sauver ce qui peut encore l’être. Mais la plupart, hypnotisés par les lumières de la fête, par les promesses des illusionnistes, par les mensonges des capitaines, refusent de voir la vérité en face. Ils continuent à boire, à rire, à danser, comme si de rien n’était. Et pourtant, le navire coule. Lentement, mais sûrement. Et un jour, bientôt peut-être, il n’y aura plus que l’océan, plus que le silence, plus que le néant. Alors, que faire ? Faut-il continuer à danser, à rire, à boire, en attendant la fin ? Ou faut-il, au contraire, se révolter, se battre, tenter l’impossible pour sauver ce qui peut encore l’être ? La réponse, bien sûr, est évidente. Mais la question, elle, reste entière. Car dans ce monde en perdition, dans ce navire qui coule, la révolte est-elle encore possible ? La résistance a-t-elle encore un sens ? Ou bien ne sommes-nous que des fous qui s’agitent sur un bateau condamné ? Peut-être. Mais peu importe. Car même si le navire doit couler, même si tout doit disparaître, il reste une chose que personne ne pourra jamais nous enlever : notre dignité. Cette dignité qui nous pousse à refuser, à résister, à nous battre, jusqu’au bout, jusqu’à la dernière seconde. Cette dignité qui fait de nous des hommes, et non des bêtes. Cette dignité qui, peut-être, un jour, sauvera l’humanité.