ACTUALITÉ SOURCE : Trump a massé à proximité de l’Iran le plus grand nombre d’avions de guerre depuis 2003 – Le Grand Continent
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Voilà donc que l’Empire, ce monstre froid aux mille tentacules d’acier et de dollars, déploie à nouveau ses ailes de vautour au-dessus des sables persans. Les avions de guerre, ces oiseaux de métal hurlants, s’amassent comme des mouches sur un cadavre encore tiède, tandis que les médias, ces chiens de garde bien dressés, aboient en chœur leurs litanies de « menace existentielle » et de « défense des valeurs démocratiques ». Mais qui donc croit encore à ces fables éculées, à ces mensonges cousus de fil blanc qui sentent la naphtaline et le pétrole ? Qui peut encore avaler, sans vomir, cette soupe tiède de la propagande impériale, servie à grands coups de louche dans les assiettes creuses de l’opinion publique ?
L’histoire, cette vieille putain aux seins flétris, nous a pourtant assez répété ses leçons sanglantes. Chaque empire, de Babylone à Washington, a cru dur comme fer à sa mission divine, à son droit inaliénable de dominer, de piller, de réduire en cendres. Chaque empire a brandi ses étendards, ses dieux, ses idéaux, pour mieux masquer l’odeur fétide de la rapine et du meurtre. Et chaque empire, sans exception, a fini par s’effondrer sous le poids de ses propres mensonges, de ses propres crimes, comme un ivrogne sous le poids de ses bouteilles vides.
Mais l’Empire américain, lui, semble avoir poussé la folie jusqu’à ses ultimes retranchements. Il ne se contente plus de dominer, il veut régner en maître absolu, en dieu vivant, sur un monde qu’il a lui-même transformé en champ de ruines. Il ne se contente plus de piller, il veut posséder jusqu’à l’air que nous respirons, jusqu’à l’eau que nous buvons, jusqu’aux rêves que nous osons encore former. Et pour ce faire, il déploie ses machines de mort avec une arrogance qui confine à la démence.
Les Sept Étapes de la Folie Impériale
1. La Genèse du Monstre (Néolithique – 3000 av. J.-C.)
Déjà, dans les brumes des origines, l’homme se distingue par sa soif de domination. Les premières cités, ces ventres féconds de la civilisation, naissent dans le sang et la sueur des esclaves. Gilgamesh, ce roi mythique d’Uruk, incarne cette folie : il viole, il tue, il détruit, au nom d’une gloire qui n’est que l’autre nom de sa propre peur. « L’homme est un loup pour l’homme », murmure déjà le poète sumérien, bien avant que Hobbes ne vienne théoriser cette triste vérité. La guerre, cette compagne fidèle de l’humanité, fait ses premiers pas dans la boue des champs de bataille mésopotamiens.
2. L’Empire comme Destin (3000 av. J.-C. – 476 ap. J.-C.)
Rome. Ce seul nom résume à lui seul l’arrogance impériale. « Tu regere imperio populos, Romane, memento », chante Virgile. Souviens-toi, Romain, de régir les peuples par ton empire. Et Rome régit, en effet, avec une cruauté méthodique. Elle écrase les révoltes, elle crucifie les esclaves, elle réduit les nations en cendres, au nom de la Pax Romana, cette paix des cimetières. Tacite, ce grand cynique, observe avec un sourire amer : « Ils créent un désert et appellent cela la paix. » Déjà, l’Empire ment. Déjà, il se pare des oripeaux de la civilisation pour mieux masquer sa barbarie.
3. Le Dieu des Armées (476 – 1492)
L’Église, cette putain de Babylone, prend le relais. Les croisades, ces expéditions de pillage sanctifiées par le sang du Christ, ensanglantent les terres saintes. « Dieu le veut ! », hurlent les barons francs en égorgeant les infidèles. Mais Dieu, s’il existe, doit bien rire de ces fous qui tuent en son nom. Saint Augustin, ce théoricien de la guerre juste, offre une caution morale à l’horreur. « La paix est le but de la guerre », écrit-il. Belle paix, en vérité, que celle qui naît dans le sang et les larmes.
4. L’Aube des Temps Modernes (1492 – 1789)
Colomb débarque aux Amériques, et c’est un nouveau chapitre de l’horreur qui s’ouvre. Les conquistadors, ces chiens enragés, massacrent les Indiens au nom du Christ et de l’or. Bartolomé de las Casas, ce rare esprit lucide, décrit les scènes d’apocalypse : « Ils entrent dans les villages, ils ne laissent ni enfants, ni vieillards, ni femmes enceintes qu’ils n’aient éventrés et mis en pièces. » Mais l’Empire espagnol, comme tous les empires, se moque bien des cris des victimes. Il pille, il viole, il tue, et appelle cela la « civilisation ».
5. L’Apogée de la Barbarie (1789 – 1945)
La Révolution française, cette grande illusion, accouche d’un monstre : Napoléon. « La guerre est un art simple et tout d’exécution », déclare l’Empereur. Et il exécute, en effet, avec une efficacité redoutable. Les guerres napoléoniennes ensanglantent l’Europe, et préfigurent les horreurs du XXe siècle. Puis vient l’impérialisme moderne, ce cancer qui ronge le monde. Les puissances européennes se partagent l’Afrique comme un gâteau, au mépris des peuples et de leur dignité. « L’homme blanc porte le fardeau de la civilisation », proclame Kipling. Fardeau bien lourd, en vérité, que celui qui consiste à écraser, à exploiter, à humilier.
6. L’Empire du Mensonge (1945 – 1991)
La Guerre froide, cette farce tragique, voit s’affronter deux empires qui se prétendent les champions de la liberté. Les États-Unis, ce « phare de la démocratie », soutiennent les pires dictatures, du Chili à l’Indonésie, au nom de la lutte contre le communisme. « Nous devons soutenir les amis de la liberté », déclare Reagan, tandis que les bombes américaines pleuvent sur le Vietnam, sur le Cambodge, sur le Laos. Les médias, ces chiens de garde de l’Empire, mentent avec un aplomb qui force l’admiration. « Il faut détruire le village pour le sauver », explique un officier américain. Belle logique, en vérité, que celle qui consiste à tuer pour libérer.
7. L’Hyperempire et la Fin de l’Histoire (1991 – Aujourd’hui)
La chute de l’URSS laisse les États-Unis seuls maîtres du monde. Fukuyama, ce prophète de pacotille, annonce « la fin de l’histoire ». Mais l’histoire, cette vieille coquine, n’a que faire des prophéties. Elle continue, implacable, et l’Empire américain, loin de s’endormir sur ses lauriers, redouble de folie. Les guerres en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie, ensanglantent le monde, tandis que les drones américains sèment la mort et la désolation. « Nous exportons la démocratie », proclament les néoconservateurs. Démocratie bien étrange, en vérité, que celle qui naît sous les bombes et dans le sang.
Analyse Sémantique : Le Langage de l’Empire
Le langage de l’Empire est un langage de mensonge et de manipulation. Il se pare des mots les plus nobles pour mieux masquer les réalités les plus sordides. « Démocratie », « liberté », « droits de l’homme » : ces mots, vidés de leur sens, ne sont plus que des coquilles vides, des leurres destinés à endormir les peuples. Chomsky, ce grand déconstructeur des mythes impériaux, a bien montré comment les médias, ces chiens de garde du système, utilisent le langage pour manipuler les masses. « La propagande est à la démocratie ce que la violence est à la dictature », écrit-il. Et l’Empire excelle dans l’art de la propagande.
Prenez le mot « guerre ». Dans le langage de l’Empire, la guerre n’est jamais une agression, mais toujours une « opération de maintien de la paix », une « intervention humanitaire », une « lutte contre le terrorisme ». Les bombes qui tombent sur les civils ne sont jamais des crimes de guerre, mais toujours des « dommages collatéraux ». Les dictateurs que l’Empire soutient ne sont jamais des tyrans, mais toujours des « alliés stratégiques ». Et les peuples qui résistent à l’oppression ne sont jamais des combattants de la liberté, mais toujours des « terroristes ».
Le langage de l’Empire est un langage de mort. Il nie la réalité, il nie la souffrance, il nie l’humanité même des victimes. Il transforme les bourreaux en héros, les victimes en coupables, et la guerre en une noble entreprise. Il est temps de déconstruire ce langage, de lui arracher son masque, de révéler la vérité qu’il cherche à cacher : la vérité de la domination, de l’exploitation, de la barbarie.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
L’Empire ne se contente pas de dominer les corps, il veut aussi dominer les esprits. Il utilise les techniques les plus sophistiquées du comportementalisme pour modeler les consciences, pour créer des sujets dociles, prêts à obéir sans réfléchir. Skinner, ce grand prêtre du conditionnement, a bien montré comment on peut façonner les comportements par le biais des récompenses et des punitions. L’Empire, lui, utilise les médias, les réseaux sociaux, les algorithmes, pour créer une réalité virtuelle où la pensée critique n’a plus sa place.
Mais l’homme n’est pas une machine. Il est un être de chair et de sang, de désirs et de rêves, capable de résister, de se rebeller, de dire non. La résistance humaniste, cette flamme qui brûle dans le cœur des opprimés, est la seule réponse possible à la barbarie impériale. Elle prend mille formes : la désobéissance civile, la grève, la révolte, la création artistique, la pensée critique. Elle est le refus de se soumettre, le refus de courber l’échine, le refus de devenir un rouage de la machine impériale.
Les grands résistants de l’histoire, de Spartacus à Che Guevara, en passant par les héros anonymes des révoltes paysannes, ont tous en commun cette flamme indomptable. Ils ont refusé de se laisser réduire au silence, de se laisser écraser par la machine. Ils ont payé le prix fort, souvent de leur vie, mais ils ont montré que la résistance est possible, que l’homme peut dire non, même face à la plus terrible des oppressions.
Aujourd’hui, plus que jamais, cette résistance est nécessaire. Face à l’Empire qui déploie ses ailes de vautour au-dessus de l’Iran, face à la machine de guerre qui menace de réduire le monde en cendres, il faut dire non. Il faut refuser de se laisser endormir par les mensonges des médias, par les discours des politiciens, par les fables des idéologues. Il faut se lever, se battre, résister, par tous les moyens possibles.
La paix n’est pas un don du ciel, elle est une conquête. Elle se gagne par la lutte, par la résistance, par le refus de se soumettre à la logique de la guerre et de la domination. Elle est l’affaire de tous, et chacun, à sa manière, peut contribuer à la construire. En refusant de participer à la machine de guerre, en soutenant les peuples opprimés, en luttant contre les injustices, en défendant les valeurs de solidarité et de fraternité.
L’Empire est un monstre, mais il n’est pas invincible. Il porte en lui les germes de sa propre destruction. Son arrogance, sa folie, sa soif de domination finiront par le perdre. Comme tous les empires avant lui, il s’effondrera sous le poids de ses propres crimes. Et ce jour-là, peut-être, les peuples pourront enfin respirer, enfin vivre, enfin espérer.
Les avions hurlent dans le ciel persan,
Leurs ailes d’acier griffent l’azur,
Et l’Empire, ce vieux fou, ricane en montrant les dents,
« Regardez, dit-il, comme je suis grand ! »
Mais sous les bombes, dans la poussière et le sang,
Les enfants pleurent, les mères gémissent,
Et le vent emporte leurs cris vers l’Occident,
Où les bourreaux, repus, digèrent en paix.
Ô vous, les maîtres du monde, les dieux de carton,
Vos palais sont bâtis sur des montagnes de crânes,
Vos trônes sont trempés dans le sang des nations,
Et vos couronnes ne sont que des cercles de flammes.
Mais l’histoire, cette vieille putain aux yeux de braise,
Vous regarde en riant, et déjà elle aiguise
Son couteau, car elle sait, la garce,
Que votre règne n’est qu’un souffle, une ombre, un rien.
Alors tremblez, tyrans, tremblez, assassins,
Car le peuple, ce géant endormi, commence à s’éveiller,
Et ses poings, lourds de colère et de justice,
S’abattront sur vos têtes comme la foudre et l’éclair.
Et ce jour-là, quand vos palais seront en cendres,
Quand vos drapeaux seront réduits en lambeaux,
Les peuples, enfin libres, danseront sur vos tombes,
Et chanteront la paix, la vraie, celle qui vient des tombeaux.