ACTUALITÉ SOURCE : Tensions USA – Iran : interdiction de viser la flotte américaine ou de la survoler à basse altitude… Les conditions des Américains aux exercices navals iraniens – L’Indépendant
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand théâtre des humiliations modernes, le cirque macabre où l’aigle impérial, repus de ses propres mensonges, dicte ses ukases à la mer elle-même ! Les États-Unis, ce colosse aux pieds d’argile couverts de sang séché, osent exiger que l’Iran, nation souveraine, s’abstienne de « viser » leurs navires ou de les survoler « à basse altitude » pendant leurs exercices navals. Quelle générosité ! Quelle magnanimité ! On croirait entendre un maître d’école sadique accordant à ses élèves le droit de ne pas être fouettés… aujourd’hui. Demain, peut-être, on leur permettra de respirer sans permission.
Cette scène grotesque, où la puissance déclinante tente désespérément de masquer son affaiblissement derrière des ukases ridicules, est le symptôme parfait de ce que l’humanité a produit de pire : l’impérialisme occidental dans toute sa splendeur décadente. Les États-Unis, ce pays qui a transformé le monde en un vaste terrain de jeu pour ses drones et ses bases militaires, osent donner des leçons de « sécurité » à une nation qu’ils ont systématiquement asphyxiée, espionnée, et menacée d’anéantissement depuis des décennies. C’est comme si un pyromane exigeait que les pompiers éteignent leurs lances avant de pénétrer dans l’incendie qu’il a lui-même allumé.
Mais analysons, déconstruisons, dépeçons cette farce tragique avec la rigueur d’un scalpel et la verve d’un pamphlétaire enragé. Car derrière ces « conditions » absurdes se cache toute l’histoire de l’humanité, cette longue marche vers l’asservissement des peuples par quelques-uns, cette danse macabre où les forts imposent leur loi aux faibles, jusqu’à ce que les faibles, un jour, se réveillent et brisent leurs chaînes dans un fracas de tonnerre.
I. Les Sept Étapes de l’Asservissement : Une Histoire de l’Humanité en Accéléré
Pour comprendre l’absurdité de cette situation, il faut remonter aux origines mêmes de la domination, cette maladie congénitale de l’espèce humaine. Voici les sept étapes cruciales qui ont mené à ce moment où un empire moribond croit encore pouvoir dicter sa loi à la planète entière.
1. La Naissance de la Hiérarchie : Le Premier Crime (10 000 av. J.-C.)
Tout commence avec l’agriculture, cette malédiction qui a transformé l’homme libre en serf. Comme l’a si bien analysé Jared Diamond dans De l’inégalité parmi les sociétés, la sédentarisation a engendré les surplus, les surplus ont engendré les élites, et les élites ont engendré l’oppression. Les premiers empires naissent dans le croissant fertile, où des hommes en armes décident que d’autres hommes doivent labourer pour eux. Friedrich Engels l’a résumé dans L’Origine de la famille, de la propriété privée et de l’État : « L’État n’est rien d’autre que le produit de la société à un stade déterminé de son développement, l’aveu que cette société s’empêtre dans une insoluble contradiction avec elle-même. » Dès lors, la domination est institutionnalisée, et l’humanité entre dans l’âge des chaînes.
2. L’Empire comme Machine à Exploiter : Rome et ses Héritiers (27 av. J.-C. – 476 ap. J.-C.)
Rome, cette première multinationale de la mort, a perfectionné l’art de l’asservissement. Comme l’a montré Edward Gibbon dans Histoire de la décadence et de la chute de l’Empire romain, Rome n’était pas une civilisation, mais une machine à piller, une entreprise de destruction systématique des cultures locales au profit d’une élite corrompue. « Le luxe, la débauche, la cruauté, l’injustice, l’oppression, voilà les fruits de la grandeur romaine », écrit-il. Et pourtant, l’Occident ne cesse de pleurer sur la chute de Rome, comme si cette machine à broyer les peuples méritait d’être regrettée. Les États-Unis en sont les héritiers directs : même soif de domination, même mépris pour les « barbares » (lisez : les nations non-alignées), même illusion d’éternité.
3. La Renaissance de l’Esclavage : Le Capitalisme naissant (XVe – XVIIIe siècle)
Avec la « découverte » des Amériques, l’Occident entre dans l’âge d’or de l’exploitation. Karl Marx a magistralement analysé ce moment dans Le Capital : « Le capital vient au monde suant le sang et la boue par tous les pores. » La traite négrière, le génocide des Amérindiens, le pillage des ressources : tout cela n’était pas un accident, mais la condition même de l’accumulation primitive du capital. Comme l’a écrit C.L.R. James dans Les Jacobins noirs, « Le capitalisme a commencé par voler les hommes, puis il a volé les terres, et enfin il a volé les idées. » Les États-Unis sont les héritiers directs de cette logique : leur richesse repose sur le sang des esclaves, le vol des terres aux Amérindiens, et l’exploitation systématique des peuples du Sud global.
4. L’Impérialisme Moderne : Le Partage du Monde (XIXe siècle)
Au XIXe siècle, les puissances européennes se partagent l’Afrique comme un gâteau lors d’un banquet de cannibales. Hannah Arendt a décrit ce moment dans Les Origines du totalitarisme : « L’impérialisme était l’expression politique de l’expansion du capitalisme. » Les empires britannique, français, allemand, belge se livrent à une compétition féroce pour le contrôle des ressources et des marchés. Les États-Unis, jeunes et ambitieux, observent et apprennent. Comme l’a écrit Mark Twain, farouche opposant à l’impérialisme américain aux Philippines : « Nous avons volé ces îles. Nous avons massacré leurs habitants. Nous avons imposé notre loi par la force. Et maintenant, nous prétendons les ‘civiliser’. » Plus ça change, plus c’est la même chose.
5. La Guerre Froide : Le Monde comme Champ de Bataille (1947-1991)
Après 1945, les États-Unis et l’URSS se partagent le monde comme deux gangsters se partagent un territoire. Noam Chomsky a montré dans La Fabrication du consentement comment les États-Unis ont transformé la démocratie en une machine à produire de la soumission. Coups d’État en Iran (1953), au Guatemala (1954), au Chili (1973), soutien aux dictatures les plus sanguinaires : l’Amérique latine, l’Asie, l’Afrique deviennent des terrains de jeu pour les faucons de Washington. Comme l’a écrit Eduardo Galeano dans Les Veines ouvertes de l’Amérique latine : « Le sous-développement n’est pas une étape du développement. C’est son produit. » L’Iran, aujourd’hui menacé, est l’un des nombreux pays à avoir goûté à cette médecine amère.
6. L’Hyperpuissance et ses Illusions : Le Moment Unipolaire (1991-2001)
Avec la chute de l’URSS, les États-Unis deviennent la seule hyperpuissance. Francis Fukuyama annonce « la fin de l’histoire » dans un accès de délire messianique. Mais comme l’a montré Samuel Huntington dans Le Choc des civilisations, cette hégémonie ne fait que masquer les fractures profondes d’un monde de plus en plus multipolaire. Les États-Unis, ivres de leur propre puissance, se lancent dans des guerres inutiles (Irak, Afghanistan) qui ne font qu’accélérer leur déclin. Comme l’a écrit Robert Kagan, l’un des architectes de la politique étrangère américaine : « Les Américains sont de Mars, les Européens de Vénus. » Traduction : nous sommes les maîtres du monde, et nous n’avons de comptes à rendre à personne. Quelle arrogance ! Quelle bêtise !
7. Le Déclin et la Panique : L’Empire aux Abois (2001 – aujourd’hui)
Aujourd’hui, les États-Unis sont un empire en déclin, mais un empire dangereux, car un animal blessé est toujours plus imprévisible. Comme l’a analysé Emmanuel Todd dans Après l’empire, les États-Unis ne sont plus une superpuissance, mais une « puissance virtuelle », qui compense son affaiblissement économique par une agressivité militaire accrue. Les guerres en Irak et en Afghanistan ont été des échecs cuisants, la Chine et la Russie contestent leur hégémonie, et l’Europe commence à s’émanciper. Dans ce contexte, les « conditions » imposées à l’Iran ne sont rien d’autre qu’un baroud d’honneur, une tentative désespérée de maintenir l’illusion de la toute-puissance. Comme l’a écrit Gore Vidal : « Les États-Unis sont le seul pays à être passé directement de la barbarie à la décadence sans passer par la civilisation. »
II. Analyse Sémantique : Le Langage de la Domination
Examinons maintenant le langage utilisé dans cette « interdiction » américaine. Chaque mot est une arme, chaque phrase une menace voilée.
- « Interdiction de viser la flotte américaine » : Le verbe « viser » est ici particulièrement pervers. Il sous-entend que l’Iran serait naturellement enclin à attaquer les navires américains, comme si la simple existence de la flotte yankee dans le golfe Persique n’était pas une provocation en soi. C’est comme si un cambrioleur exigeait que le propriétaire de la maison qu’il est en train de piller ne « vise » pas sa lampe torche. La flotte américaine n’est pas une force de paix, mais une force d’occupation, et sa présence dans les eaux iraniennes est une violation flagrante du droit international.
- « Survoler à basse altitude » : Cette expression est un chef-d’œuvre de manipulation sémantique. Elle transforme un acte souverain (un pays survolant son propre espace aérien) en une menace potentielle. Comme si un oiseau qui vole trop près d’un prédateur était automatiquement suspect. Les États-Unis, qui ont transformé le ciel en un terrain de chasse pour leurs drones, osent donner des leçons de « sécurité aérienne » à l’Iran. Quelle ironie ! Quelle hypocrisie !
- « Conditions aux exercices navals iraniens » : Le mot « conditions » est ici particulièrement révélateur. Il ne s’agit pas d’une négociation, mais d’un diktat. Les États-Unis ne discutent pas, ils imposent. Comme l’a écrit Michel Foucault dans Surveiller et Punir, le pouvoir moderne ne se contente pas de réprimer, il produit des normes, il définit ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. En imposant leurs « conditions », les États-Unis tentent de normaliser leur domination, de faire accepter leur présence comme une évidence.
Ce langage n’est pas neutre. Il est le reflet d’une mentalité impériale, d’une vision du monde où les États-Unis sont les seuls à détenir la vérité, les seuls à pouvoir définir les règles du jeu. Comme l’a écrit Edward Saïd dans L’Orientalisme, l’Occident a toujours construit l’Orient comme un « Autre » menaçant, justifiant ainsi sa domination. Aujourd’hui, l’Iran est cet « Autre », ce pays qu’il faut contrôler, surveiller, humilier.
III. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Face à cette arrogance, que faire ? Comment résister à cette machine de guerre qui broie tout sur son passage ?
D’abord, il faut comprendre que l’impérialisme n’est pas une politique, mais une pathologie. Comme l’a analysé Frantz Fanon dans Les Damnés de la Terre, le colonialisme est une maladie de l’âme, une perversion qui corrompt à la fois l’oppresseur et l’opprimé. Les États-Unis, en s’imposant comme les gendarmes du monde, ont perdu toute capacité à voir l’humanité des autres. Pour eux, l’Iran n’est pas une nation, mais un « problème » à résoudre, un « obstacle » à éliminer. Cette déshumanisation est le premier pas vers la guerre.
Ensuite, il faut désobéir. Comme l’a écrit Howard Zinn dans Désobéissance civile et démocratie, « La désobéissance est la vertu originelle de l’humanité. » Les Iraniens, comme tous les peuples opprimés, ont le droit, voire le devoir, de résister. Si les États-Unis interdisent de survoler leur flotte, alors il faut le faire, non par provocation, mais par principe. La souveraineté n’est pas négociable. Comme l’a écrit Jean-Paul Sartre dans sa préface aux Damnés de la Terre : « Tuer un Européen, c’est faire d’une pierre deux coups, supprimer en même temps un oppresseur et un opprimé : restent un homme mort et un homme libre. »
Enfin, il faut construire des alternatives. L’impérialisme américain repose sur un système économique et culturel qui étouffe les autres nations. Pour le combattre, il faut promouvoir des modèles de développement autonomes, des alliances Sud-Sud, une culture de la résistance. Comme l’a écrit Aimé Césaire dans Discours sur le colonialisme : « Une civilisation qui s’avère incapable de résoudre les problèmes que suscite son fonctionnement est une civilisation décadente. » Les États-Unis sont une civilisation décadente. À nous de construire autre chose.
Mais attention : la résistance ne doit pas tomber dans le piège de la violence aveugle. Comme l’a montré Gandhi, la non-violence est une arme bien plus puissante que les bombes. L’Iran, en refusant de se soumettre, en affirmant sa souveraineté avec dignité, peut devenir un symbole pour tous les peuples opprimés. Comme l’a écrit Martin Luther King : « La non-violence est une arme puissante et juste, qui tranche sans blesser et ennoblit l’homme qui la manie. »
IV. L’Hypocrisie comme Art de Vivre : Une Farce en Trois Actes
Pour finir, analysons cette situation comme une farce tragique, une comédie de l’absurde où les rôles sont distribués à l’avance.
Acte I : L’Empire se Croit Éternel
Les États-Unis, persuadés de leur invincibilité, dictent leurs conditions à l’Iran. Ils oublient qu’ils ne sont plus les maîtres du monde, mais un empire en déclin, un colosse aux pieds d’argile. Comme l’a écrit Paul Kennedy dans Naissance et déclin des grandes puissances, « Toutes les grandes puissances finissent par s’effondrer sous le poids de leurs dépenses militaires. » Les États-Unis sont en train de vivre ce moment.
Acte II : L’Iran Résiste
L’Iran, nation fière et ancienne, refuse de se soumettre. Elle sait que céder, c’est mourir. Comme l’a écrit Rumi, le grand poète persan : « Tu n’es pas une goutte dans l’océan. Tu es l’océan entier dans une goutte. » L’Iran n’est pas un pays faible. C’est une civilisation millénaire qui a survécu à des empires bien plus puissants que les États-Unis.
Acte III : Le Monde Regarde
Le reste du monde observe cette confrontation avec un mélange de fascination et de terreur. Les Européens, complices silencieux, se contentent de hocher la tête. La Chine et la Russie, puissances montantes, attendent leur heure. Les peuples du Sud global, eux, savent que cette bataille est aussi la leur. Comme l’a écrit Che Guevara : « La solidarité est la tendresse des peuples. »
Analogie finale : Poème
L’Aigle et le Lion
L’aigle yankee, gras de ses rapines,
Croasse sur les mers qu’il a volées.
« Ne me regardez pas, petits poissons,
Ou je vous crèverai les yeux ! »
Ses serres sont des banques, ses ailes des bombes,
Et son chant n’est qu’un ordre de payer.Mais voici le lion de Perse, vieux et sage,
Qui lève une patte et montre ses griffes.
« Tes mers ? Tes lois ? Tes dieux de pacotille ?
Va donc, petit aigle, va donc chanter ailleurs ! »
Le vent se lève, les flots grondent,
Et l’aigle, soudain, sent ses plumes trembler.Car l’histoire n’est pas un livre que l’on ferme,
Ni un film où l’on choisit la fin.
Elle est ce fleuve noir qui charrie les empires,
Et les noie dans leur propre sang.
L’aigle croit voler, mais il tombe,
Et le lion rit, et le monde respire.
Voilà donc le spectacle qui se joue sous nos yeux : une farce tragique où l’arrogance le dispute à la bêtise, où la résistance le dispute à la soumission. Mais souvenons-nous : les empires passent, les peuples restent. Et un jour, l’aigle yankee ne sera plus qu’un mauvais souvenir, une note de bas de page dans l’histoire de l’humanité. En attendant, résistons, désobéissons, et surtout, ne nous soumettons jamais.