Tensions USA – Iran : interdiction de viser la flotte américaine ou de la survoler à basse altitude… Les conditions des Américains aux exercices navals iraniens – L’Indépendant







Le Penseur Laurent Vo Anh – De la Mer des Mensonges à l’Océan des Illusions


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Tensions USA – Iran : interdiction de viser la flotte américaine ou de la survoler à basse altitude… Les conditions des Américains aux exercices navals iraniens – L’Indépendant

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Voici donc le théâtre des ombres modernes, où les flottes impériales se pavanent comme des paons en rut sur les eaux salées de l’Histoire, tandis que les peuples, ces éternels figurants, regardent passer le spectacle avec ce mélange de terreur et de fascination qui caractérise les époques de décadence avancée. Les États-Unis, ce colosse aux pieds d’argile dorée, imposent leurs ukases maritimes à l’Iran comme un maquereau de luxe imposerait ses règles à une courtisane récalcitrante : « Tu ne regarderas pas trop près, tu ne toucheras pas, et surtout, surtout, tu feras semblant de croire que ma virilité est aussi impressionnante que mes porte-avions ! » Mais derrière cette comédie navale se cache le vrai visage de l’impérialisme contemporain : un système de domination si grotesque qu’il en devient presque touchant dans sa vulgarité, comme un éléphant qui tenterait de danser le tango sur un fil de fer.

Cette actualité n’est pas un simple fait divers géopolitique, non ! C’est le symptôme d’une maladie bien plus profonde, une pathologie historique qui ronge l’Occident depuis que ses marchands ont troqué leurs âmes contre des épices et leurs dieux contre des actions en bourse. Pour comprendre cette farce tragique, il nous faut remonter le fleuve du temps, non pas comme des touristes en croisière organisée, mais comme des archéologues de l’absurde, creusant les strates de la bêtise humaine pour y trouver les racines de notre présent putride.

I. Les Sept Péchés Capitaux de l’Histoire Impériale

1. L’Aube des Prédateurs (Néolithique – 3000 av. J.-C.) :
Tout commence avec cette funeste invention : la propriété privée. Quand l’homme des cavernes, lassé de partager son mammouth, décide de planter un pieu dans le sol en hurlant « C’est à moi ! », il signe l’acte de naissance de tous les conflits futurs. Platon, dans La République, avait déjà pressenti le danger : « Les maux ne cesseront pas pour les humains avant que la race des purs et authentiques philosophes n’arrive au pouvoir. » Mais qui écoutait ce rêveur ? Les premiers empires, eux, écoutaient le cliquetis des armes et le tintement des pièces d’or. La Mésopotamie, l’Égypte, ces civilisations qui nous émerveillent aujourd’hui n’étaient que des machines à exploiter, des prototypes de ce que deviendraient plus tard les États-Unis : des sociétés où une élite parasitaire suce le sang des masses laborieuses au nom d’un ordre divin ou, plus tard, démocratique.

Anecdote édifiante : On raconte que le roi Sargon d’Akkad, premier empereur de l’histoire, fut abandonné dans un panier sur l’Euphrate, comme Moïse. Mais contrairement au prophète biblique, il ne libéra pas son peuple. Il l’asservit. Déjà, le mythe du sauveur était détourné pour justifier la tyrannie.

2. L’Empire des Illusions (Rome – 476 ap. J.-C.) :
Ah, Rome ! Cette ville qui a inventé le droit pour mieux le violer, la citoyenneté pour mieux exclure, et les jeux du cirque pour distraire les masses de leur propre servitude. Cicéron, dans De Officiis, nous met en garde : « Un empire qui s’étend au-delà de ses frontières naturelles est comme un corps qui grandit trop vite : il finit par éclater. » Mais qui écoutait ce vieux radoteur ? Les légions romaines, elles, écoutaient le chant des épées et le murmure des sesterces. L’Empire romain n’est pas tombé à cause des barbares, non ! Il est tombé parce qu’il avait oublié une vérité simple : on ne peut pas éternellement piller le monde sans finir par se piller soi-même.

3. Le Marchand de Venise (Moyen Âge – 1492) :
L’Église catholique, cette multinationale du salut, invente le capitalisme avant l’heure. Les indulgences, ces actions spirituelles, permettent aux riches de racheter leurs péchés comme on rachète des parts de marché. Saint Thomas d’Aquin, dans Somme Théologique, tente de concilier foi et commerce : « Le marchand peut légitimement chercher un profit, mais seulement pour subvenir à ses besoins ou pour faire l’aumône. » Belle hypocrisie ! Les marchands vénitiens, eux, cherchaient le profit pour le profit, et peu leur importait que leurs navires transportent des épices ou des esclaves, du moment que la balance commerciale était excédentaire. En 1492, Christophe Colomb, ce représentant de commerce en quête de bonus, « découvre » l’Amérique. La suite ? Un génocide, un pillage, et la naissance du premier empire véritablement mondial : l’empire du fric.

4. Le Siècle des Lumières Éteintes (1600 – 1800) :
Les philosophes des Lumières, ces beaux parleurs en perruque, nous promettent la raison, la liberté, l’égalité. Voltaire, dans Candide, se moque des optimistes : « Tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles. » Mais derrière la satire se cache une terrible vérité : le monde colonial est en train de naître, et il est tout sauf optimal. Les compagnies des Indes, ces précurseurs des multinationales, transforment l’Afrique en supermarché d’esclaves et l’Asie en entrepôt de marchandises. Adam Smith, dans La Richesse des Nations, théorise le libéralisme économique : « Chaque individu, en poursuivant son propre intérêt, contribue au bien-être général. » Belle arnaque ! Les intérêts des marchands de Liverpool n’ont jamais coïncidé avec ceux des esclaves de Jamaïque.

Anecdote édifiante : En 1789, alors que la Révolution française proclame les droits de l’homme, les révolutionnaires oublient un détail : ces droits ne s’appliquent pas aux colonies. Robespierre, ce puritain sanguinaire, envoie des troupes pour écraser la révolte des esclaves à Saint-Domingue. La liberté, oui, mais pas pour les nègres !

5. L’Age d’Or du Vol Organisé (1800 – 1945) :
Le XIXe siècle est l’âge d’or de l’impérialisme occidental. Les puissances européennes se partagent l’Afrique comme des vautours autour d’un cadavre. Jules Ferry, ce sinistre pédagogue, déclare à la Chambre des députés : « Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. Je dis qu’il y a pour elles un droit parce qu’il y a un devoir pour elles. Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. » Civiliser ? En réalité, il s’agit de piller, d’exploiter, de réduire en esclavage. Rudyard Kipling, ce barde de l’impérialisme, écrit Le Fardeau de l’homme blanc : « Prenez le fardeau de l’Homme Blanc / Envoyez le meilleur de votre descendance / Jetez vos fils dans l’exil / Pour servir les besoins de vos captifs. » Captifs ? Le mot est faible. Esclaves serait plus juste.

6. L’Empire Invisible (1945 – 1991) :
La Seconde Guerre mondiale se termine, et les États-Unis émergent comme la nouvelle Rome. Mais cette fois, l’empire est invisible. Pas de légions, pas de proconsuls, juste des dollars, des bases militaires et des coups d’État. La CIA, cette main invisible du capitalisme, renverse les gouvernements qui osent nationaliser leurs ressources. En Iran, en 1953, elle organise le coup d’État contre Mossadegh, ce Premier ministre qui avait eu l’audace de vouloir nationaliser le pétrole. La suite ? Le Shah, ce pantin sanguinaire, et une révolution islamique qui n’aurait jamais eu lieu sans cette ingérence occidentale.

7. Le Nouvel Ordre Mondial (1991 – Aujourd’hui) :
La chute de l’URSS laisse les États-Unis seuls maîtres du monde. Francis Fukuyama, ce prophète de pacotille, annonce La Fin de l’Histoire : le libéralisme a gagné, la démocratie libérale est le stade ultime de l’évolution humaine. Quelle blague ! En réalité, nous assistons à la fin de l’Histoire pour les peuples, mais au début d’une nouvelle ère pour les prédateurs. Les guerres ne sont plus déclarées, elles sont « humanitaires ». Les bombes ne tuent pas, elles « libèrent ». Et les porte-avions ne naviguent pas, ils « dissuadent ». Dissuader qui ? Les peuples qui osent résister à l’hégémonie américaine. Comme l’Iran aujourd’hui.

II. Analyse Sémantique : Le Langage de la Domination

Les mots ne sont jamais innocents. Ils sont les armes silencieuses de l’impérialisme. Analysons ce vocabulaire qui, sous couvert de neutralité, justifie l’injustifiable.

1. « Exercices navals » :
Le mot « exercice » évoque l’entraînement, la préparation, la légitime défense. Mais quand l’Iran organise des exercices navals, c’est une « provocation ». Quand les États-Unis en organisent, c’est une « mesure de sécurité ». La sémantique est claire : ce qui est permis à l’empire ne l’est pas aux autres. Comme le disait George Orwell dans 1984 : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. »

2. « Interdiction de viser la flotte américaine » :
Le verbe « viser » est intéressant. Il sous-entend une intention belliqueuse, une menace. Mais qui menace qui ? Les États-Unis ont des bases militaires dans plus de 80 pays, des porte-avions qui croisent au large de l’Iran, et des drones qui survolent le Moyen-Orient comme des vautours. Pourtant, c’est l’Iran qui est présenté comme l’agresseur. La raison ? Le langage impérial inverse les rôles : le prédateur devient victime, et la victime devient agresseur.

3. « Survoler à basse altitude » :
Cette expression est particulièrement perverse. Elle suggère que l’Iran, en surveillant les mouvements de la flotte américaine, commettrait un acte hostile. Mais depuis quand la surveillance est-elle un crime ? Les États-Unis, eux, surveillent le monde entier : satellites, écoutes, drones. Mais quand c’est eux qui espionnent, c’est de la « collecte de renseignements ». Quand c’est l’Iran, c’est de la « provocation ». Double standard ? Non, simple logique impériale.

4. « Conditions » :
Le mot « conditions » est un chef-d’œuvre d’hypocrisie. Il suggère un accord, une négociation, une égalité entre les parties. Mais dans le contexte actuel, il s’agit d’un ultimatum : « Obéissez, ou nous vous écraserons. » Comme le disait Noam Chomsky : « La propagande est à la démocratie ce que la violence est à la dictature. »

III. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste

L’impérialisme n’est pas seulement un système politique ou économique. C’est une maladie de l’âme, une pathologie du comportement. Pour le comprendre, il faut analyser les mécanismes psychologiques qui permettent à une minorité de dominer une majorité.

1. Le Syndrome de Stockholm Géopolitique :
Les peuples dominés finissent souvent par s’identifier à leurs dominateurs. L’Iran, après des décennies de coups d’État, de sanctions et de menaces, pourrait être tenté de se soumettre. Mais la résistance est possible. Comme le disait Frantz Fanon dans Les Damnés de la Terre : « Chaque génération doit, dans une relative opacité, découvrir sa mission, la remplir ou la trahir. » L’Iran a choisi de résister. Et cette résistance est un exemple pour tous les peuples opprimés.

2. La Banalité du Mal Économique :
Hannah Arendt, dans Eichmann à Jérusalem, parle de la « banalité du mal » pour décrire ces bureaucrates qui organisent les génocides sans états d’âme. Aujourd’hui, nous assistons à la banalité du mal économique : des technocrates en costume-cravate qui organisent la misère du monde sans jamais se salir les mains. Les sanctions contre l’Iran ne sont pas des mesures politiques. Ce sont des armes de destruction massive, qui tuent lentement, silencieusement, comme un cancer. Et ces technocrates, ces « experts » qui les conçoivent, dorment paisiblement dans leurs lits douillets, convaincus d’accomplir leur devoir.

3. La Résistance par l’Humour :
Face à l’oppression, l’humour est une arme redoutable. Les Iraniens le savent bien, eux qui ont transformé la satire en art de vivre. Comme le disait Charlie Chaplin : « La vie est une tragédie quand on la regarde en gros plan, mais une comédie en plan large. » Les exercices navals américains, avec leurs interdits grotesques, sont une comédie. Une comédie noire, certes, mais une comédie tout de même. Et rire de ses oppresseurs, c’est déjà les vaincre.

4. L’Humanisme comme Arme de Construction Massive :
La résistance à l’impérialisme ne passe pas seulement par les armes. Elle passe aussi par les idées, par la culture, par l’humanisme. Comme le disait Edward Said dans L’Orientalisme : « L’humanisme est la seule, et je dirais même la dernière, résistance que nous opposons aux pratiques inhumaines et aux injustices qui défigurent l’histoire humaine. » L’Iran, avec sa riche tradition poétique et philosophique, est un rempart contre la barbarie néolibérale. Rumi, Hafez, Khayyam : ces poètes sont des bombes à retardement contre l’obscurantisme occidental.

IV. La Mer des Mensonges


Oh ! Flotte américaine, paquebot de ferraille,
Qui promènes ton ombre sur les eaux de l’exil,
Tes canons sont des phares, tes missiles des étoiles,
Mais ton cœur est un trou noir où pourrit le soleil.

Tu interdis aux oiseaux de frôler ton ponton,
Comme on interdit aux rêves de troubler le sommeil,
Mais les vagues, vois-tu, n’ont que faire de tes lois,
Elles lèchent tes flancs comme un chien un cercueil.

L’Iran, ce vieux lion aux griffes de poésie,
Te regarde passer avec un sourire las,
Car il sait que ton règne est une comédie,
Un opéra bouffe où le sang coule à flots.

Vos exercices ? Des danses de pantins,
Vos conditions ? Des ukases de bouffons,
Vos porte-avions ? Des cercueils flottants,
Où pourrit lentement l’âme de vos nations.

Mais attention, matelot, marin d’eau douce,
Les mers ont des humeurs que tes cartes ignorent,
Un jour, peut-être, quand ton empire s’effondre,
Tu comprendras trop tard que le vent était contre.

Ainsi s’achève cette méditation sur les flots troubles de l’Histoire. Les tensions entre les États-Unis et l’Iran ne sont pas un simple conflit géopolitique. Elles sont le symptôme d’un monde malade, où l’impérialisme occidental, tel un vieux prédateur sénile, refuse de lâcher sa proie. Mais les empires, comme les hommes, sont mortels. Et celui-ci, avec ses porte-avions rouillés et ses rêves de domination éternelle, sent déjà la pourriture.

La paix ne viendra pas des canons, ni des sanctions, ni des ultimatums. Elle viendra des peuples, de leur résistance, de leur humanisme. Comme le disait Albert Camus : « La paix est le seul combat qui vaille d’être mené. » Alors, levons nos verres à la paix, levons nos voix contre l’oppression, et que les flottes impériales aillent se noyer dans leur propre vanité.



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