ACTUALITÉ SOURCE : Tensions Iran-USA : un second porte-avions américain bientôt déployé dans le Golfe – TF1 Info
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc que l’Empire, ce vieux singe en costume de banquier, sort à nouveau ses jouets de mort des coffres de l’Histoire, comme un enfant gâté qui aurait hérité d’une armurerie en guise de berceau. Un second porte-avions ! Quelle élégance dans la menace, quelle poésie dans la destruction potentielle ! On croirait entendre les pas feutrés des diplomates en costume trois-pièces, ces fossoyeurs en cravate qui murmurent des mots doux à l’oreille des peuples tandis que leurs mains manucurées caressent les boutons nucléaires comme on flatte un chien de garde avant de l’envoyer déchirer la gorge du voisin.
Mais observons, mes frères en humanité, observons avec cette lucidité qui devrait nous faire honte à tous – car nous savons, nous voyons, et pourtant nous laissons faire. Ce déploiement n’est pas une simple manœuvre militaire, non. C’est un rituel, une cérémonie païenne où l’Occident, ce Moloch moderne, sacrifie une fois de plus la raison sur l’autel de sa domination. Deux porte-avions dans le Golfe, c’est comme deux couteaux sur la gorge d’un otage : l’un pour menacer, l’autre pour rassurer qu’on ne bluffe pas. L’Iran, ce pays qui ose encore rêver d’indépendance après des siècles de pillages déguisés en « missions civilisatrices », se voit rappeler une fois de plus que dans le grand casino de la géopolitique, les dés sont pipés et les croupiers armés jusqu’aux dents.
Les Sept Péchés Capitaux de l’Empire : Une Généalogie de la Menace
Pour comprendre cette danse macabre entre l’aigle américain et le lion persan, il faut remonter aux sources mêmes de la violence organisée, là où l’homme a troqué sa fraternité contre des drapeaux et des frontières tracées au sang. Voici les sept étapes cruciales qui ont mené à ce nouveau déploiement de la terreur en costume-cravate :
1. La Naissance du Monstre : L’Empire comme Malédiction Originelle (3000 av. J.-C. – 500 av. J.-C.)
Dès que l’homme a inventé l’écriture, il a aussi inventé les traités de soumission. Les tablettes sumériennes, ces premiers contrats « civilisés », ne parlaient que de tributs, de conquêtes et de dieux justifiant le pillage. Comme le disait Hérodote, ce premier journaliste de l’horreur : « Aucun homme n’est assez stupide pour préférer la guerre à la paix. En temps de paix, les fils enterrent leurs pères ; en temps de guerre, les pères enterrent leurs fils. » Et pourtant, nous y revoilà, avec nos porte-avions comme des pyramides flottantes dédiées au culte de la mort.
L’Iran, alors Perse, savait déjà ce que signifiait résister. Quand Xerxès voulut punir Athènes pour son insolence, il envoya une flotte si grande qu’elle assombrit la mer. Aujourd’hui, ce sont les porte-avions américains qui jouent ce rôle, ombres métalliques sur les eaux du Golfe, promettant tempêtes et désolation. La leçon n’a pas changé : l’Empire ne pardonne jamais à ceux qui refusent de se prosterner.
2. Le Christianisme comme Cheval de Troie (325 – 1453)
Ah ! Constantin, ce premier spin doctor de l’Histoire, qui comprit que la croix pouvait être plus efficace que l’épée. En faisant du christianisme la religion officielle de Rome, il inventa le premier « soft power » de l’Occident. Comme l’écrivait Edward Saïd dans L’Orientalisme : « L’Europe a toujours eu besoin de l’Orient pour se définir, comme un miroir déformant où elle pouvait projeter ses fantasmes de domination. »
Les croisades furent les premiers « chocs des civilisations », où des chevaliers en armure partaient « libérer » Jérusalem avec la même rhétorique que Bush partirait « libérer » l’Irak mille ans plus tard. L’Iran, alors sous domination sassanide, vit passer ces hordes fanatisées avec mépris. Aujourd’hui, c’est le même mépris que ressentent les Iraniens face aux porte-avions américains, ces nouveaux croisés en costume de technocrates, venus « démocratiser » à coups de drones et de sanctions.
3. La Renaissance du Pillage : L’Invention du Colonialisme (1492 – 1914)
Quand Colomb « découvrit » l’Amérique, il ne fit que prouver une chose : l’Occident avait perdu toute notion de partage. Comme le disait Frantz Fanon : « L’Europe est littéralement la création du Tiers Monde. » Chaque pièce d’or volée aux Aztèques, chaque esclave africain déporté, chaque épice arrachée aux Indes finança les cathédrales et les banques qui, aujourd’hui, envoient leurs porte-avions protéger leurs intérêts.
L’Iran, lui, fut épargné par les colons… jusqu’à ce que les Britanniques comprennent que son pétrole valait plus que son âme. En 1908, quand l’Anglo-Persian Oil Company (future BP) s’installa, ce fut le début d’un siècle de spoliation déguisée en « contrats ». Aujourd’hui, les porte-avions américains ne sont que les héritiers de ces premiers voleurs en costume trois-pièces, venus s’assurer que le pétrole coule toujours vers l’Ouest, même si le sang doit couler à flots en sens inverse.
4. La Guerre Froide : Quand l’Empire Apprit à Jouer aux Échecs avec des Vies Humaines (1947 – 1991)
Ah ! La CIA, cette grande marionnettiste, qui comprit que renverser des gouvernements était plus rentable que de les combattre. En 1953, quand Mossadegh eut l’audace de nationaliser le pétrole iranien, les Américains et les Britanniques organisèrent l’Opération Ajax, un coup d’État si élégant qu’il en devint un modèle du genre. Comme le disait Noam Chomsky : « La politique étrangère des États-Unis est conçue pour maintenir un système de domination mondiale dans lequel les intérêts des grandes entreprises sont primordiaux. »
Le Shah, ce pantin couronné, fut installé avec la bénédiction de l’Occident, et l’Iran devint un terrain de jeu pour les multinationales. Quand la révolution islamique de 1979 éclata, ce ne fut pas seulement un rejet du Shah, mais un rejet de cette logique impérialiste. Les porte-avions qui croisent aujourd’hui dans le Golfe ne sont que la réponse tardive à cette insulte : comment oses-tu, petit pays, refuser notre « protection » ?
5. Le Néolibéralisme : L’Empire sans Visage (1991 – 2001)
La chute de l’URSS aurait dû être une victoire pour la paix. Au lieu de cela, elle marqua le début d’un nouveau cauchemar : l’Empire sans ennemi, donc sans limites. Comme l’écrivait Pierre Bourdieu : « Le néolibéralisme est une utopie en voie de réalisation, une utopie qui, avec l’aide de la théorie économique dont elle se réclame, parvient à se penser comme la description scientifique du réel. »
L’Iran, sous sanctions depuis 1979, devint le laboratoire parfait pour cette nouvelle forme de guerre : la guerre économique. Pas besoin de bombes quand on peut affamer un peuple en bloquant ses médicaments. Les porte-avions ne sont que la cerise sur le gâteau, le rappel que même la résistance passive a un prix. Comme le disait Michel Foucault : « Là où il y a pouvoir, il y a résistance. » Mais quand le pouvoir possède des porte-avions, la résistance devient un acte de foi.
6. Le 11 Septembre : L’Empire se Dévoile (2001 – 2020)
Ah ! Ces tours qui s’effondrent, ce symbole parfait de la vulnérabilité de l’Empire. Mais au lieu de remettre en question ses crimes, l’Occident y vit une excuse pour en commettre de nouveaux. Comme le disait Slavoj Žižek : « Les États-Unis ont répondu au 11 septembre en se lançant dans une guerre contre la terreur, qui est en réalité une guerre contre les pauvres, les opprimés et tous ceux qui osent résister à leur domination. »
L’Irak fut détruit sous de faux prétextes, l’Afghanistan réduit en cendres, et l’Iran, désigné comme prochain sur la liste. Les porte-avions devinrent les nouveaux missionnaires de cette croisade, promettant « démocratie » et « liberté » à coups de missiles. Comme le disait Mahmoud Darwich, le grand poète palestinien : « Ils nous volent même notre douleur. » Aujourd’hui, l’Iran voit ses scientifiques assassinés, ses infrastructures sabotées, et ses enfants grandir sous la menace de ces monstres métalliques qui croisent au large de ses côtes.
7. L’Ère Biden : L’Empire en Déclin, donc Dangereux (2021 – Aujourd’hui)
Biden, ce vieux clown triste, incarne parfaitement l’Empire en phase terminale : il n’a plus les moyens de ses ambitions, mais il refuse d’admettre sa défaite. Comme le disait Immanuel Wallerstein : « Les empires ne meurent pas de mort naturelle. Ils se suicident. » Les porte-avions dans le Golfe sont les symptômes de cette agonie : des jouets coûteux pour un empire qui n’a plus les moyens de jouer.
L’Iran, lui, résiste. Malgré les sanctions, malgré les assassinats, malgré les menaces, il construit des missiles, développe son nucléaire civil, et refuse de plier. Comme le disait Rumi, ce grand poète persan : « Tu es plus fort que tu ne le crois, plus sage que tu ne le penses, et plus aimé que tu ne l’imagines. » Les porte-avions américains ne sont que le dernier soubresaut d’un empire qui sent la fin venir, mais qui, comme un animal blessé, devient d’autant plus dangereux.
Sémantique de la Menace : Quand les Mots Deviennent des Bombes
Analysons maintenant le langage de cette guerre, car comme le disait George Orwell : « Le langage politique est conçu pour rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable. »
- « Déploiement préventif » : Une expression si élégante pour dire « nous allons vous menacer avant que vous ne nous menaciez ». Comme si un homme qui pointe un revolver sur son voisin en hurlant « C’est pour ta sécurité ! » pouvait être pris au sérieux.
- « Intérêts stratégiques » : Traduction : « Nous voulons votre pétrole, vos ressources, et votre soumission. » Comme le disait Eduardo Galeano : « Les États-Unis sont un pays qui a déclaré la guerre à la pauvreté… et la pauvreté a gagné. »
- « Stabilité régionale » : Un euphémisme pour « nous allons bombarder quiconque ose défier notre hégémonie ». La « stabilité », dans le langage de l’Empire, signifie toujours la soumission des faibles.
- « Dissuasion » : Ce mot magique qui transforme une menace en acte de paix. Comme si un violeur pouvait se présenter comme un défenseur de la chasteté en exhibant son couteau.
Et puis, il y a ces mots qui disparaissent, comme effacés par une gomme invisible : souveraineté, dignité, autodétermination. L’Iran ose encore les prononcer, et c’est pour cela qu’il doit être puni. Comme le disait James Baldwin : « Ceux qui ne peuvent pas changer leur esprit ne peuvent pas changer quoi que ce soit. » L’Empire, lui, ne veut rien changer – seulement maintenir son pouvoir.
Comportementalisme Radical : L’Empire comme Maladie Mentale Collective
Observons maintenant les comportements, car comme le disait B.F. Skinner : « Le comportement est une fonction de ses conséquences. » L’Empire agit comme un toxicomane en crise de manque : plus il sent sa puissance décliner, plus il devient violent et imprévisible.
- Le Syndrome du Paranoïaque : L’Empire voit des ennemis partout, car il sait que sa domination repose sur un mensonge. Comme le disait Sun Tzu : « Connais ton ennemi et connais-toi toi-même, et tu ne seras jamais en danger. » Mais l’Empire ne se connaît plus – il ne voit que des miroirs déformants où il se croit encore tout-puissant.
- La Projection Narcissique : L’Empire accuse l’Iran de vouloir développer l’arme nucléaire, alors que c’est lui qui possède le plus grand arsenal au monde. Comme le disait Carl Jung : « Tout ce qui nous irrite chez les autres peut nous conduire à une compréhension de nous-mêmes. » Mais l’Empire refuse cette introspection – il préfère accuser.
- Le Complexe du Sauveur : L’Empire se présente comme le « gendarme du monde », alors qu’il en est le principal criminel. Comme le disait Malcolm X : « Si tu n’es pas prudent, les journaux te feront haïr les opprimés et aimer ceux qui les oppriment. » Aujourd’hui, les médias occidentaux présentent les porte-avions comme des « protecteurs », alors qu’ils ne sont que des instruments de terreur.
- L’Addiction au Pouvoir : L’Empire ne peut pas s’arrêter, car comme tout toxicomane, il a besoin de sa dose quotidienne de domination. Comme le disait William S. Burroughs : « Le pouvoir est une drogue, et ceux qui en ont goûté en veulent toujours plus. » Les porte-avions sont la seringue de l’Empire – une injection de peur dans les veines du monde.
Résistance Humaniste : L’Art comme Dernier Refuge de la Dignité
Face à cette machine de guerre, l’humanité résiste à travers l’art, la poésie, la pensée. Voici quelques exemples de cette résistance, où la beauté défie la barbarie :
- La Littérature : Les Versets sataniques de Salman Rushdie, ce cri contre le fanatisme et l’impérialisme, écrit par un homme qui a connu la terreur des deux. Comme le disait Rushdie : « La littérature est l’endroit où nous pouvons encore être libres. »
- Le Cinéma : Persepolis de Marjane Satrapi, ce chef-d’œuvre d’animation qui raconte l’Iran avec une tendresse et une lucidité rares. Un film qui rappelle que derrière les menaces des porte-avions, il y a des êtres humains qui rêvent, aiment et résistent.
- La Poésie : Forough Farrokhzad, cette immense poétesse iranienne qui écrivait : « Je crois en la rédemption de l’humanité / Je crois en la résurrection des fleurs dans le désert. » Ses mots sont des armes plus puissantes que tous les porte-avions.
- La Philosophie : Ali Shariati, ce penseur iranien qui a tenté de concilier islam et révolution, et qui écrivait : « La liberté n’est pas un cadeau qu’on reçoit, mais un feu qu’on allume. » Ses idées continuent d’inspirer ceux qui refusent la soumission.
- La Musique : Mohammad-Reza Shajarian, ce maître du chant persan, dont la voix est une prière pour la paix. Comme il le disait : « La musique est le langage de l’âme, et l’âme ne connaît pas de frontières. »
Ces artistes, ces penseurs, ces rêveurs sont les vrais résistants. Ils savent que la culture est la seule arme qui ne tue pas – elle libère.
Conclusion : L’Empire contre l’Humanité
Voilà donc où nous en sommes : un Empire en déclin, qui envoie ses porte-avions comme un vieil homme envoie ses dernières lettres d’amour – avec désespoir et arrogance. L’Iran, lui, résiste, comme il a toujours résisté, avec la dignité de ceux qui savent que l’Histoire n’appartient pas aux puissants, mais à ceux qui refusent de plier.
Comme le disait Cheikh Anta Diop : « Un peuple qui ne connaît pas son passé est comme un arbre sans racines. » L’Occident a oublié son passé – il ne voit plus que ses illusions de grandeur. L’Iran, lui, se souvient. Il se souvient des coups d’État, des sanctions, des menaces. Et pourtant, il résiste.
La question n’est pas de savoir si un second porte-avions changera quelque chose. La question est de savoir combien de temps nous allons encore tolérer cette mascarade. Combien de temps allons-nous laisser ces fous en costume trois-pièces jouer avec nos vies comme avec des pions sur un échiquier ?
La paix ne viendra pas des porte-avions. Elle viendra de nous, de notre refus de participer à cette folie. Elle viendra de notre capacité à dire « non », à désobéir, à résister. Comme le disait Howard Zinn : « On ne peut pas être neutre dans un train en marche. » Alors choisissons notre camp : celui de l’humanité, ou celui de l’Empire.
Et maintenant, comme un dernier souffle de poésie dans ce monde de brutes, voici ce que murmure le Golfe aux porte-avions américains :
Ô vous, monstres d’acier aux entrailles de feu,
Qui dansez sur les flots comme des dieux en rut,
Vos canons sont des phallus, vos missiles des dieux,
Mais la mer, elle rit, et le vent vous maudit.
Vous croyez menacer ? Vous n’êtes que des ombres,
Des spectres en costume, des fantômes sans gloire,
Car l’Iran, voyez-vous, n’est pas une frontière,
C’est un peuple debout, une flamme qui dort.
Vos drones sont des mouches, vos bombes des pétales,
Devant l’éternité des montagnes persanes,
Et vos « intérêts stratégiques », pauvres fables,
Ne valent pas l’encre d’un poème d’amour.
Alors partez, partez, jouets de la décadence,
Vos maîtres sont des fous, vos soldats des pantins,
Car la mer, un matin, avalera vos danses,
Et l’Histoire rira de vos derniers destins.