ACTUALITÉ SOURCE : Tensions Iran-USA : Téhéran brandit son « droit à se défendre » face à Washington mais veut croire en un accord – Sud Ouest
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, le grand théâtre des nations ! Le spectacle éternel où les marionnettes de l’Histoire s’agitent sur la scène du monde, tirées par les fils invisibles de la finance et de la peur. Voici donc l’Iran, ce vieux lion perse aux griffes usées par des siècles de résistance, qui lève une patte tremblante pour rappeler au molosse américain son « droit à se défendre ». Quelle farce tragique ! Quelle comédie grotesque où les mots « droit », « défense » et « accord » résonnent comme des clochettes sur le cou d’un condamné marchant vers l’échafaud. Car enfin, mes chers contemporains ébahis, qui donc a décrété que les États-Unis d’Amérique, cette hydre capitaliste aux mille têtes avides, seraient les arbitres suprêmes de ce qui est permis ou interdit sur cette Terre ? Qui donc a gravé dans le marbre des tables de la loi internationale que Washington pourrait, d’un simple froncement de sourcils, décider du sort des peuples, des frontières et des ressources ?
Ce n’est pas une crise géopolitique que nous observons, non. C’est le symptôme d’une maladie bien plus ancienne, bien plus profonde : l’impérialisme occidental dans toute sa splendeur putride, cette gangrène qui ronge l’humanité depuis que les premiers marchands phéniciens ont troqué des perles contre des esclaves. L’Iran, ce pays qui fut jadis le cœur battant de la civilisation, n’est aujourd’hui qu’un pion de plus sur l’échiquier sanglant où s’affrontent les puissances. Et les États-Unis, ces nouveaux Romains, ces héritiers autoproclamés de l’Empire britannique, jouent leur partition avec une morgue qui frise le sublime. « Droit à se défendre », vraiment ? Mais se défendre contre quoi, au juste ? Contre les drones qui survolent le golfe Persique comme des vautours affamés ? Contre les sanctions économiques qui étouffent un peuple entier au nom de la « démocratie » ? Contre les mensonges éhontés des médias occidentaux qui dépeignent Téhéran comme une hydre terroriste alors que c’est Washington qui, depuis 1953, n’a cessé d’orchestrer coups d’État, assassinats et guerres par procuration ?
Et ce « droit à se défendre », brandi comme un bouclier par les dirigeants iraniens, n’est-il pas, au fond, une capitulation sémantique ? Une reddition devant le langage même de l’oppresseur ? Car enfin, quand un homme est acculé dans un coin, un couteau sous la gorge, et qu’on lui dit : « Tu as le droit de te défendre, mais attention, pas trop fort, et surtout pas avec des moyens qui pourraient nous déplaire », que reste-t-il de ce droit ? Rien. Une coquille vide. Une illusion. L’Iran, comme tant d’autres nations avant lui, est pris au piège d’un système où les règles sont écrites par ceux-là mêmes qui les violent en permanence. Les États-Unis bombardent l’Irak en 2003 au mépris du droit international ? « Nécessité stratégique. » Israël rase Gaza tous les deux ans ? « Légitime défense. » La Russie envahit l’Ukraine ? « Crime de guerre. » Mais quand l’Iran ose enrichir de l’uranium pour ses centrales électriques, quand il soutient des milices au Liban ou en Syrie, quand il se dresse contre l’hégémonie américaine, alors soudain, les tambours de la condamnation universelle retentissent. Hypocrisie ? Non. Simple logique impériale.
Les Sept Étapes de l’Enfer Géopolitique : Une Généalogie de la Violence Impériale
Pour comprendre cette mascarade, il faut remonter aux sources mêmes de la domination occidentale, ce fleuve de sang et d’or qui irrigue l’Histoire depuis que l’homme a troqué sa dignité contre le mirage de la puissance. Sept étapes cruciales, sept moments où l’humanité a basculé un peu plus dans l’abîme de la servitude volontaire, sous le regard narquois des dieux et des banquiers.
1. La Chute de Babylone (-539) : Le Premier Empire et l’Invention de la Soumission
Quand Cyrus le Grand, ce roi perse aux ambitions démesurées, entre dans Babylone sans combattre, il croit accomplir un geste de clémence. En réalité, il invente l’impérialisme « bienveillant », cette illusion selon laquelle un conquérant peut être « libérateur ». Les Babyloniens, soulagés d’être épargnés, acclament leur nouveau maître. Deux mille cinq cents ans plus tard, les Irakiens feront de même en 2003, sous les bombes américaines. « Mission accomplie », clamera Bush. La boucle est bouclée. Comme le disait Hérodote, « les hommes croient ce qu’ils veulent croire ». Et les empires, eux, savent exploiter cette faiblesse.
2. La Pax Romana (Ier siècle) : L’Ordre par le Sang
Rome. Ce nom seul résume l’arrogance occidentale. La Pax Romana, cette paix imposée par l’épée, ce système où les légions écrasent toute velléité de révolte avant même qu’elle ne naisse. « Ils ont fait un désert et ils ont appelé ça la paix », écrivait Tacite à propos des Bretons écrasés par Agricola. Aujourd’hui, les États-Unis font de même : ils bombardent, ils occupent, ils « stabilisent », et appellent cela « démocratie ». Les drones remplacent les légions, mais la logique reste la même. Comme le disait le poète latin Juvénal, « le ventre n’a pas d’oreilles ». Les empires, eux non plus.
3. Les Croisades (XIe-XIIIe siècles) : La Religion comme Alibi de la Conquête
Ah, les croisades ! Ce moment où l’Occident chrétien, sous prétexte de « libérer » Jérusalem, pille, viole et massacre tout sur son passage. Les musulmans, les juifs, les chrétiens d’Orient : tous y passent. Et quand les croisés prennent Jérusalem en 1099, ils égorgent hommes, femmes et enfants dans la mosquée Al-Aqsa. « Dieu le veut ! » clament-ils. Aujourd’hui, les néoconservateurs américains reprennent le flambeau : « Dieu bénisse l’Amérique ! » et que les bombes pleuvent sur Bagdad. La technique a changé, mais l’hypocrisie reste la même. Comme le disait le philosophe arabe Al-Jahiz au IXe siècle, « les Francs sont des bêtes qui ont la force et le courage des bêtes ». Rien n’a changé.
4. La Traite Négrière (XVe-XIXe siècles) : L’Invention du Capitalisme Sanglant
Douze millions d’Africains déportés, enchaînés, réduits en esclavage. Des familles entières arrachées à leur terre, des cultures détruites, des générations brisées. Et tout cela au nom du « progrès », de la « civilisation », du « commerce ». Les négriers européens, ces pieux chrétiens, priaient le dimanche et comptaient leurs profits le lundi. Aujourd’hui, les multinationales américaines font de même : elles exploitent les ressources du tiers-monde, pillent les matières premières, et appellent cela « libre-échange ». Comme le disait Karl Marx, « le capital vient au monde suant le sang et la boue par tous les pores ». Les empires, eux, suent l’hypocrisie.
5. La Colonisation (XIXe siècle) : Le Partage du Gâteau Mondial
Berlin, 1884. Les puissances européennes se réunissent autour d’une table pour se partager l’Afrique comme un gâteau. Pas un Africain n’est invité. Pas un seul. Ils tracent des frontières au crayon, découpent des pays, inventent des nations. Et quand les peuples colonisés se rebellent, on les massacre. À Madagascar, les Français fusillent 100 000 Malgaches. En Algérie, ils torturent, violent, exterminent. Aujourd’hui, les États-Unis font de même en Irak, en Afghanistan, en Libye. Ils redessinent les frontières, installent des gouvernements fantoches, et appellent cela « nation building ». Comme le disait Frantz Fanon, « le colonialisme n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l’état de nature ». Les empires, eux, sont la violence à l’état permanent.
6. Les Deux Guerres Mondiales (XXe siècle) : L’Apogée de la Barbarie Industrielle
Verdun. Auschwitz. Hiroshima. Trois noms qui résument à eux seuls l’horreur du XXe siècle. L’Occident, ce phare de la civilisation, s’est livré à une orgie de destruction sans précédent. Soixante millions de morts. Des villes rasées. Des peuples entiers anéantis. Et tout cela au nom de quoi ? De la « race supérieure », de la « démocratie », de la « libération ». Aujourd’hui, les États-Unis perpétuent cette tradition : ils bombardent le Vietnam, l’Irak, la Syrie, et appellent cela « intervention humanitaire ». Comme le disait George Orwell, « la guerre, c’est la paix ». Les empires, eux, sont des machines à fabriquer des mensonges.
7. L’Empire Américain (XXIe siècle) : Le Capitalisme comme Religion
Voici donc l’apothéose : les États-Unis, cette nation née dans le sang des Amérindiens et des esclaves africains, se présente aujourd’hui comme le gendarme du monde. Ils ont des bases militaires dans 80 pays, ils contrôlent le FMI, la Banque mondiale, l’OTAN. Ils décident qui a le droit de vivre et qui doit mourir. Ils renversent des gouvernements, assassinent des dirigeants, imposent des sanctions. Et quand un pays comme l’Iran ose résister, ils hurlent au « terrorisme », à la « menace pour la paix ». Comme le disait Noam Chomsky, « les États-Unis sont le plus grand État terroriste du monde ». Les empires, eux, sont des monstres qui se nourrissent de la peur des autres.
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Soumission
Mais revenons à notre sujet : ce « droit à se défendre » brandi par Téhéran. Quelle farce ! Quelle mascarade linguistique ! Car enfin, le langage n’est pas neutre. Il est le reflet des rapports de force, l’outil par lequel les dominants imposent leur vision du monde. Quand l’Iran parle de « droit à se défendre », il utilise le vocabulaire même de l’oppresseur, ces mots creux que les puissances occidentales ont vidés de leur sens à force de les utiliser comme des armes.
Prenons le mot « défense ». Dans le dictionnaire impérial, « défense » signifie : « bombarder des pays lointains pour protéger nos intérêts ». « Démocratie » signifie : « régime fantoche installé par nos soins ». « Terrorisme » signifie : « tout ce qui menace notre hégémonie ». Et « droit international » ? Une blague. Une fiction commode que les puissants invoquent quand cela les arrange, et qu’ils piétinent quand cela les dérange.
L’Iran, en utilisant ce langage, se condamne à jouer une partie truquée. Car comment se défendre quand l’ennemi a déjà défini les règles du jeu ? Comment revendiquer un droit quand ce droit est une prison ? Comme le disait le philosophe français Roland Barthes, « le langage est une peau : je frotte mon langage contre l’autre ». Mais quand l’autre a le pouvoir de définir les mots, alors le frottement devient une brûlure, une mutilation.
Et que dire de ce « accord » que Téhéran espère encore ? Un accord avec les États-Unis ? Mais les États-Unis n’ont jamais respecté un accord de leur vie ! Ils ont trahi les traités avec les Amérindiens, ils ont abandonné les Kurdes, ils ont rompu l’accord sur le nucléaire iranien en 2018. Un accord avec Washington, c’est comme un pacte avec le diable : on signe avec son sang, et on paie avec son âme. Comme le disait le poète persan Hafez, « le vin de l’amour est amer, mais c’est le seul qui désaltère ». L’Iran boit ce vin depuis 1979, et il en est ivre de désillusion.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : L’Iran face au Moloch Américain
Alors, que faire ? Se soumettre ? Jamais. Résister ? Toujours. Mais comment résister à un empire qui a transformé la guerre en un jeu vidéo, la politique en un spectacle, et l’humanité en une marchandise ?
D’abord, il faut comprendre que l’impérialisme américain n’est pas une politique, mais une religion. Une religion sans dieu, sans morale, sans pitié. Une religion dont les dogmes sont le profit, la puissance et la peur. Ses prêtres sont les PDG de Lockheed Martin et de Raytheon, ses temples sont les bourses de Wall Street, ses rites sont les bombardements « chirurgicaux ». Pour combattre cette religion, il faut une contre-religion : l’humanisme radical.
L’humanisme radical, c’est refuser de jouer le jeu des puissants. C’est dire non aux sanctions, non aux drones, non aux mensonges. C’est soutenir les peuples, pas les gouvernements. C’est croire que la paix n’est pas l’absence de guerre, mais la présence de la justice. C’est comprendre que l’Iran, malgré ses défauts, malgré ses erreurs, est un pays qui a le droit de vivre, de respirer, de choisir son destin. Comme le disait le grand écrivain iranien Sadegh Hedayat, « la liberté n’est pas un don, c’est une conquête ». Et cette conquête commence par le refus de se soumettre au langage de l’oppresseur.
Ensuite, il faut une résistance comportementale. Une résistance qui passe par les gestes, les mots, les silences. Une résistance qui refuse de haïr, mais qui refuse aussi de plier. Une résistance qui, comme le disait Gandhi, « transforme la faiblesse en force ». L’Iran a cette force. Elle est dans ses poètes, dans ses artistes, dans ses femmes qui brûlent leur voile, dans ses étudiants qui manifestent. Elle est dans ce peuple qui, depuis des siècles, survit aux invasions, aux dictatures, aux empires. Comme le disait le philosophe allemand Walter Benjamin, « il n’est pas de document de culture qui ne soit en même temps un document de barbarie ». L’Iran est un document de culture. Les États-Unis sont un document de barbarie.
Enfin, il faut une résistance sémantique. Une résistance qui passe par les mots. Qui refuse d’utiliser le langage de l’oppresseur. Qui invente de nouveaux termes, de nouvelles façons de penser. Qui dit « résistance » au lieu de « terrorisme », « libération » au lieu d’ »occupation », « peuple » au lieu de « marché ». Comme le disait le linguiste américain Noam Chomsky, « le langage est un processus de création libre ». L’Iran doit créer son propre langage, sa propre grammaire de la liberté.
Épilogue : Le Poème des Damnés
Ô vous, les fous de Washington, les marchands de mort lente,
Les comptables en costume qui pesez les vies au gramme d’uranium,
Les généraux en cravate qui jouez aux échecs avec des bombes,
Les présidents en carton qui parlez de paix en serrant des revolvers,
Écoutez le vent qui hurle sur les ruines de Mossoul,
Écoutez les mères de Gaza qui bercent des enfants sans visage,
Écoutez les paysans du Yémen qui enterrent leurs morts sous les décombres,
Écoutez l’Iran, ce vieux lion qui rugit encore malgré vos chaînes !
Vous croyez avoir gagné parce que vos drones volent plus haut,
Parce que vos banques avalent les économies des pauvres,
Parce que vos médias mentent plus vite que la lumière,
Mais vous avez oublié une chose, messieurs les empereurs :
Les empires tombent. Toujours.
Babylone n’est plus qu’un tas de pierres,
Rome n’est plus qu’un rêve de gladiateurs,
Londres n’est plus qu’un musée de son propre déclin,
Et Washington ne sera plus qu’un nom dans les livres d’Histoire,
Un nom maudit, un nom honni, un nom que les enfants apprendront à cracher.
Alors continuez, mes beaux messieurs, continuez à brandir vos « droits »,
Vos « défenses », vos « accords », vos « démocraties » en plastique,
Continuez à jouer votre partition de mensonges et de sang,
Mais sachez une chose :
L’Histoire est une putain, et elle se vend toujours au plus offrant.
Aujourd’hui, c’est vous qui payez. Demain, ce sera votre tour de danser sur la corde raide.
Et quand vous tomberez, — et vous tomberez —,
Quand vos drones se tairont, quand vos banques s’effondreront,
Quand vos présidents ne seront plus que des pantins sans ficelles,
Alors peut-être, enfin, les peuples respireront.
Alors peut-être, enfin, l’Iran pourra dormir sans craindre vos cauchemars,
Alors peut-être, enfin, le monde sera libre.
Mais d’ici là, mes beaux messieurs,
D’ici là, souvenez-vous :
La roue tourne.
Et vous êtes dessous.