Tensions entre les États-Unis et l’Iran: et la Chine dans tout ça? – Slate.fr







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Échiquier Sanglant : USA, Iran, Chine et le Spectre de l’Empire Déclinant

ACTUALITÉ SOURCE : Tensions entre les États-Unis et l’Iran: et la Chine dans tout ça? – Slate.fr

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, les tensions ! Ce mot délicat, ce euphémisme de boucherie géopolitique, ce parfum de poudre et de dollars qui flotte au-dessus du Golfe Persique comme un nuage de gaz moutarde après un bombardement « démocratique ». Slate.fr nous offre un titre bien sage, presque poli, pour décrire ce qui n’est autre que la danse macabre des empires en putréfaction et des nations qui refusent de se laisser digérer. Les États-Unis, l’Iran, et cette petite question en coin : « et la Chine dans tout ça ? ». Comme si la Chine était un invité surprise à une fête où les bombes servent d’amuse-gueules et les sanctions de digestifs. Mais non, mes chers lecteurs égarés dans le labyrinthe de la propagande occidentale, la Chine n’est pas un acteur secondaire dans cette tragédie. Elle en est le metteur en scène, le décor, et bientôt, peut-être, le fossoyeur.

Permettez-moi, avant de plonger dans les entrailles de cette question, de vous offrir une vision. Imaginez un échiquier. Non, pas celui, lisse et poli, des tournois mondains, mais un échiquier fait de chair et d’os, où chaque pièce est un peuple, chaque case un champ de bataille, chaque mouvement une trahison ou une résistance. Les États-Unis y jouent les rois fous, se croyant invincibles, se déplaçant en diagonale avec la grâce d’un éléphant dans un magasin de porcelaine, écrasant tout sur leur passage au nom de la « liberté », ce mot-valise qui contient tout et son contraire, sauf la liberté, justement. L’Iran, lui, est ce fou obstiné, ce derviche tourneur qui refuse de tomber, qui danse sur les cases noires et blanches, moquant les règles imposées par les puissants. Et la Chine ? Ah, la Chine… Elle observe, patiente, calculant chaque coup avec la précision d’un horloger suisse, attendant que les deux autres s’épuisent, que l’échiquier se couvre de cadavres et de dettes, pour avancer ses pions, silencieux et inexorables, comme la marée.

Les Sept Étapes du Délire Impérial : Une Histoire de Sang, de Pétrole et de Mensonges

Pour comprendre cette tragédie, il faut remonter aux origines, non pas de l’humanité – cela serait trop simple –, mais de la folie qui pousse les hommes à s’entretuer pour des idées qui ne sont jamais les leurs. Voici sept moments clés, sept stations sur le chemin de croix de l’humanité, où se dessine déjà le visage hideux de notre présent.

1. La Chute de Babylone : Le Premier Empire et l’Illusion du Contrôle (600 av. J.-C.)

Babylone, cette putain de Mésopotamie, ce berceau de la civilisation qui n’a jamais cessé de saigner. Les empires naissent dans le sang et meurent dans l’oubli, mais avant de disparaître, ils laissent derrière eux des ruines et des mythes. Nabuchodonosor II, ce roi fou qui a détruit Jérusalem, qui a déporté les Hébreux, qui a bâti des jardins suspendus pour une épouse nostalgique, croyait dominer le monde. Il ne dominait que des ombres. Comme les États-Unis aujourd’hui, qui croient tenir le Moyen-Orient avec leurs bases militaires et leurs drones, alors qu’ils ne tiennent que des fantômes. Les Perses, sous Cyrus le Grand, ont balayé Babylone en une nuit. La leçon ? Aucun empire ne dure, mais tous laissent des cicatrices. L’Iran, héritier de la Perse, se souvient. Les États-Unis, eux, croient encore à leur éternité.

2. La Bataille de Qadisiyya : L’Islam contre l’Empire (636 ap. J.-C.)

Ah, Qadisiyya ! Cette bataille où les Arabes, portés par la flamme de l’Islam naissant, ont écrasé les Sassanides, ces Perses décadents qui croyaient encore à leur gloire passée. Le choc des civilisations, déjà. Les Arabes, pauvres et fanatiques, contre les Perses, riches et corrompus. La victoire des premiers a redessiné la carte du monde, a propagé une nouvelle religion, une nouvelle langue, une nouvelle façon de voir le monde. Aujourd’hui, les États-Unis jouent les Sassanides : un empire vieillissant, obèse, qui croit encore à sa supériorité morale, alors que ses ennemis, ces « terroristes » d’un nouveau genre, sont portés par une foi inébranlable. L’Iran, chiite, se souvient de Qadisiyya. Il sait que les empires tombent quand ils oublient qu’ils sont mortels.

3. Les Croisades : La Première Guerre du Pétrole (1095-1291)

Les Croisades ! Ce grand malentendu historique, cette première tentative de l’Occident chrétien de mettre la main sur les richesses de l’Orient. Pétrole ? Non, pas encore. Mais épices, soie, or, et surtout, cette terre sainte qui n’a jamais été que le prétexte à une entreprise de pillage. Les croisés, ces mercenaires de Dieu, ont saccagé, violé, massacré, au nom d’un Christ qu’ils auraient été bien en peine de reconnaître. Les musulmans, eux, ont résisté, ont appris, ont attendu. Saladin, ce Kurde génial, a repris Jérusalem sans verser une goutte de sang. Aujourd’hui, les États-Unis jouent les croisés, débarquant en Irak avec la bénédiction des télévangélistes, semant la mort au nom d’une « mission civilisatrice ». L’Iran, lui, joue Saladin. Il attend son heure.

4. La Découverte du Pétrole en Perse : Le Début de la Malédiction (1908)

1908. William Knox D’Arcy, ce Britannique avide, découvre du pétrole en Perse. La malédiction commence. Le pétrole, ce sang noir qui coule sous les sables, ce fluide maudit qui a transformé des nations en prostitutes et des empires en proxénètes. Les Britanniques, puis les Américains, ont mis la main sur cette richesse, ont corrompu les dirigeants, ont divisé les peuples. Mossadegh, ce Premier ministre iranien qui a osé nationaliser le pétrole en 1951, a été renversé par un coup d’État orchestré par la CIA et le MI6. La leçon ? Le pétrole est une malédiction, et ceux qui le contrôlent sont condamnés à devenir des monstres. Les États-Unis, aujourd’hui, sont ce monstre. L’Iran, lui, se bat pour reprendre ce qui lui appartient. La Chine, discrète, achète, stocke, attend.

5. La Révolution Iranienne : Le Réveil du Derviche (1979)

1979. L’année où l’Iran a dit « non ». Non au Shah, ce pantin des Américains. Non à l’Occident, ce prédateur. Non à la modernité imposée, cette camisole de force. Khomeini, ce vieux fou génial, a renversé le cours de l’histoire. Il a montré au monde qu’un peuple pouvait se libérer, même si la liberté qu’il choisissait était une prison d’un autre genre. Les États-Unis, humiliés, ont juré vengeance. Ils ont soutenu Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran, ont armé les deux camps, ont regardé les enfants iraniens marcher sur les champs de mines en chantant des hymnes à la gloire de Dieu. Aujourd’hui, les États-Unis jouent les victimes, parlent de « menace iranienne », alors qu’ils sont les seuls à avoir jamais utilisé l’arme nucléaire. L’Iran, lui, résiste. La Chine, elle, vend des armes et construit des ports.

6. La Guerre en Irak : Le Piège (2003)

2003. George W. Bush, ce cow-boy analphabète, lance l’invasion de l’Irak sous de faux prétextes. Les armes de destruction massive ? Une invention. Le lien entre Saddam et Al-Qaïda ? Une fable. La démocratie ? Une blague. Les États-Unis ont détruit un pays, ont tué des centaines de milliers de personnes, ont créé un chaos dont le monde ne se remettra jamais. L’Iran, lui, a regardé, a souri, a attendu. Il a vu les Américains s’enliser, s’épuiser, se discréditer. Aujourd’hui, l’Irak est un État failli, un terrain de jeu pour les milices pro-iraniennes. La Chine, elle, signe des contrats, construit des routes, tisse sa toile.

7. L’Accord sur le Nucléaire et sa Rupture : Le Dernier Acte (2015-2018)

2015. Obama, ce Nobel de la paix qui a bombardé sept pays, signe l’accord sur le nucléaire iranien. Un moment d’espoir, une lueur dans la nuit. Trois ans plus tard, Trump, ce clown maléfique, déchire l’accord. Pourquoi ? Parce que Netanyahu, ce criminel de guerre, a soufflé à son oreille. Parce que les Saoudiens, ces barbares en costume, ont acheté des pages de publicité dans les journaux américains. Parce que l’empire ne peut tolérer qu’un pays comme l’Iran lui tienne tête. Aujourd’hui, les États-Unis imposent des sanctions, étranglent l’économie iranienne, poussent le peuple à la révolte. L’Iran, lui, résiste, enrichit de l’uranium, se prépare. La Chine, elle, achète du pétrole iranien en contournant les sanctions, montre au monde que l’empire n’est plus invincible.

Analyse Sémantique : Le Langage de l’Empire et les Mots qui Tuent

Parlons des mots, ces armes subtiles, ces couteaux qui saignent sans laisser de traces. Les États-Unis ont un lexique bien à eux, une novlangue orwellienne qui transforme les victimes en coupables et les bourreaux en héros. « Démocratie » : ce mot magique qui justifie les invasions, les coups d’État, les assassinats. « Terrorisme » : ce fourre-tout commode qui permet d’éliminer toute opposition. « Axe du mal » : cette formule grotesque qui désigne les ennemis de l’empire, ces nations qui refusent de se soumettre. L’Iran, bien sûr, en fait partie. Comme la Corée du Nord, comme l’Irak de Saddam, comme la Libye de Kadhafi. Tous ont été détruits, ou presque.

L’Iran, lui, a son propre langage. « Résistance » : ce mot qui résonne comme un cri de guerre, qui rappelle aux peuples opprimés qu’ils ne sont pas seuls. « Martyre » : cette notion qui transforme la mort en victoire, qui donne un sens au sacrifice. « Umma » : cette communauté des croyants qui transcende les frontières, qui unit les chiites du Liban aux sunnites d’Indonésie. La Chine, elle, parle peu. Elle agit. Son langage est celui des contrats, des investissements, des routes de la soie. Elle ne menace pas, elle avance. Elle ne promet pas la démocratie, elle promet la prospérité. Et le monde, las des guerres, écoute.

Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : Le Corps et l’Esprit contre l’Empire

L’empire ne se contente pas de contrôler les territoires. Il veut contrôler les corps et les esprits. Il veut que les peuples obéissent sans réfléchir, consomment sans penser, meurent sans se rebeller. Pour cela, il utilise les outils les plus subtils : la publicité, les médias, les réseaux sociaux, l’éducation. Il crée des besoins artificiels, des désirs factices, des peurs irrationnelles. Il transforme les hommes en zombies, en consommateurs dociles, en électeurs crédules.

Mais l’homme n’est pas un animal domestique. Il résiste. L’Iran résiste. Depuis quarante ans, malgré les sanctions, malgré les menaces, malgré les assassinats, il tient. Il a développé une économie de résistance, une culture de la débrouille, une foi inébranlable. Les femmes iraniennes, voilées ou non, se battent pour leurs droits. Les artistes iraniens, malgré la censure, créent des œuvres subversives. Les jeunes iraniens, malgré la répression, rêvent de liberté. La Chine, elle, résiste autrement. Elle construit, innove, avance. Elle montre au monde qu’on peut être puissant sans être un empire, qu’on peut être riche sans être un prédateur.

La résistance humaniste, c’est cela : refuser de se soumettre, refuser de devenir un rouage de la machine impériale. C’est choisir la vie, même dans la mort. C’est dire « non » à la guerre, « non » à l’exploitation, « non » à l’humiliation. C’est se souvenir que les empires passent, mais que les peuples restent.

L’Art, la Mythologie et la Culture : Les Miroirs Brisés de Notre Temps

L’art, la littérature, le cinéma, la mythologie : autant de miroirs tendus à notre époque, autant de reflets déformés de nos peurs et de nos espoirs.

La Mythologie : Prométhée et le Feu Volé

Prométhée, ce titan qui a volé le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Zeus, furieux, l’a enchaîné à un rocher, où un aigle lui dévorait le foie chaque jour. Aujourd’hui, les États-Unis jouent Zeus. Ils veulent garder le feu – le pétrole, la technologie, la puissance – pour eux seuls. L’Iran joue Prométhée. Il veut partager le feu, le distribuer aux peuples opprimés. La Chine, elle, joue un autre jeu. Elle ne vole pas le feu, elle le vend. Elle propose un nouveau pacte : la prospérité contre la soumission.

La Littérature : 1984 et la Novlangue Impériale

Orwell, ce prophète maudit, a tout compris. Dans 1984, le Parti contrôle les esprits en contrôlant le langage. « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. » Aujourd’hui, les États-Unis ont perfectionné la novlangue. « Opération Liberté Irakienne » pour une invasion. « Guerre contre la terreur » pour une campagne d’assassinats. « Démocratie » pour un coup d’État. L’Iran, lui, a son propre langage. « Résistance » pour la survie. « Martyre » pour la victoire. La Chine, elle, n’a pas besoin de novlangue. Elle parle en chiffres, en contrats, en projets pharaoniques.

Le Cinéma : Syriana et le Pétrole comme Malédiction

Syriana, ce film génial de Stephen Gaghan, montre comment le pétrole corrompt tout : les gouvernements, les entreprises, les individus. Les États-Unis y sont dépeints comme une hydre à mille têtes, un monstre sans visage qui dévore tout sur son passage. L’Iran n’apparaît pas directement, mais son ombre plane sur le film. La Chine, elle, est déjà là, discrète, patiente, prête à ramasser les morceaux.

La Peinture : Guernica et les Bombes « Intelligentes »

Picasso a peint Guernica en 1937, après le bombardement de la ville basque par les avions allemands et italiens. Aujourd’hui, les bombes « intelligentes » des États-Unis font des milliers de Guernica chaque année. En Irak, en Afghanistan, en Syrie, au Yémen. Les médias occidentaux appellent cela des « dommages collatéraux ». Les victimes, elles, appellent cela des crimes de guerre. L’Iran, qui a connu la guerre avec l’Irak, sait ce que signifie être bombardé. La Chine, elle, ne bombarde pas. Elle construit.

Poème : L’Échiquier des Ombres


Ô toi, spectre aux yeux de dollar,
Roi fou aux doigts tachés de sang,
Qui danses sur les ruines de Babylone,
Qui ris sur les cadavres de Mossoul,
Écoute le vent qui murmure,
Écoute les pierres qui pleurent,
Écoute les enfants qui chantent
Leur hymne de haine et d’espoir.

Tu crois tenir le monde,
Mais le monde n’est qu’un leurre,
Un miroir brisé où se reflète
Ton visage de cauchemar.

L’Iran, ce derviche obstiné,
Tourne, tourne, tourne encore,
Et dans sa danse, il te défie,
Et dans sa foi, il te nie,
Et dans son rire, il te moque,
Toi, l’empire aux pieds d’argile.

La Chine, elle, avance,
Silencieuse comme la marée,
Elle construit, elle achète, elle vend,
Elle tisse sa toile d’acier,
Et quand tu comprendras,
Il sera trop tard,
Trop tard pour pleurer,
Trop tard pour prier,
Trop tard pour fuir.

Le pétrole brûle,
Les bombes tombent,
Les peuples meurent,
Mais l’histoire continue,
Indifférente à tes crimes,
Insensible à tes mensonges.

Un jour, peut-être,
Quand les derniers soldats américains
Auront quitté le Moyen-Orient,
Quand les derniers dollars
Auront été dépensés en vain,
Quand les derniers empires
Auront disparu dans la nuit,
Les peuples se souviendront,
Et ils riront,
Ils riront de ta folie,
De ton arrogance,
De ta chute.

Alors, roi fou,
Danse, danse encore,
Danse sur les ruines de ton empire,
Danse jusqu’à ce que mort s’ensuive,
Jusqu’à ce que le dernier dollar
Ait été brûlé en enfer.



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