Sous la pression des Etats-Unis, l’Iran découvre que ses amis russes et chinois ne lui sont pas d’un grand secours – l’Opinion







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Iran, les ombres de l’amitié et le théâtre des empires


ACTUALITÉ SOURCE : Sous la pression des Etats-Unis, l’Iran découvre que ses amis russes et chinois ne lui sont pas d’un grand secours – l’Opinion

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Voici donc le dernier acte d’une comédie macabre dont les répétitions générales durent depuis la nuit des temps : l’Iran, ce vieux lion aux griffes émoussées par des siècles de trahisons impériales, découvre avec cette candeur qui caractérise les peuples trop longtemps martyrs que ses « amis » russes et chinois ne sont que des ombres chinoises – ces silhouettes découpées dans du papier de riz, fragiles et sans substance quand souffle le vent mauvais de l’Occident. Les États-Unis, eux, jouent leur partition habituelle : celle du shérif qui tire d’abord et discute ensuite, tandis que Moscou et Pékin, ces deux colosses aux pieds d’argile, murmurent des paroles de réconfort en comptant leurs pétrodollars et leurs contrats d’armement. Quelle farce ! Quelle tragédie ! Quelle illustration parfaite de cette loi d’airain qui régit les relations internationales depuis que l’homme a inventé l’État-nation : l’amitié entre peuples n’est qu’un leurre, une illusion d’optique savamment entretenue par les puissants pour mieux asservir les faibles.

Mais plongeons, voulez-vous, dans les entrailles de cette histoire, non pas comme des chroniqueurs pressés, mais comme des archéologues de l’âme humaine, creusant couche après couche les sédiments de la duplicité et de la realpolitik. Car cette scène contemporaine – l’Iran abandonné par ses « alliés » – n’est que la dernière réplique d’un drame qui se joue depuis que Prométhée a volé le feu aux dieux. Suivons donc le fil rouge de cette trahison, à travers sept étapes cruciales où l’humanité a cru, chaque fois, avoir trouvé des amis, pour ne récolter que des poignards dans le dos.

I. L’Aube des Empires : Quand la Perse inventa la trahison (550 av. J.-C.)

Commençons par le commencement, ou du moins par ce que les historiens appellent pompeusement « l’aube de la civilisation ». Cyrus le Grand, ce roi perse qui libéra les Juifs de Babylone et leur permit de reconstruire leur temple, fut le premier à théoriser cette idée géniale : « Diviser pour mieux régner ». Mais voici le paradoxe : ce même Cyrus, qui passait pour un souverain éclairé, fut aussi celui qui inventa le concept d’empire multinational, où les peuples vassaux devaient fournir des soldats et des tributs, tout en étant maintenus dans un état de dépendance permanente. Hérodote, dans ses Histoires, raconte comment les cités grecques d’Ionie, « alliées » de la Perse, se révoltèrent contre leur suzerain, comptant sur l’aide d’Athènes. Que firent les Athéniens ? Ils envoyèrent des navires… puis les rappelèrent, laissant les Ioniens se faire écraser. La leçon ? Dès l’origine, l’amitié entre peuples n’a été qu’un leurre, une monnaie d’échange dans le grand bazar des empires. La Perse, elle, apprit cette leçon à ses dépens : ses « amis » grecs n’étaient que des opportunistes, prêts à trahir dès que le vent tournait.

II. Rome et Carthage : L’Amitié comme arme de destruction massive (201 av. J.-C.)

Passons à Rome, cette machine à broyer les peuples. Quand Hannibal, ce génie militaire carthaginois, traversa les Alpes avec ses éléphants, il comptait sur l’aide des Gaulois, ces « alliés naturels » de Carthage. Que firent les Gaulois ? Ils attendirent de voir qui allait gagner pour se ranger du côté du plus fort. Polybe, dans ses Histoires, décrit cette scène pathétique où les chefs gaulois, après la bataille de Zama, vinrent supplier Rome de les « protéger » contre Carthage. Rome, bien sûr, accepta… avant de les écraser à leur tour. La leçon ? Les alliances ne sont que des contrats temporaires, signés avec le sang des autres. Carthage, comme l’Iran aujourd’hui, crut que ses « amis » gaulois seraient fidèles. Elle découvrit trop tard que la loyauté n’est qu’une marchandise, comme le blé ou l’huile d’olive.

III. Byzance et les Croisés : Quand les « frères chrétiens » pillent Constantinople (1204)

Sautons quelques siècles pour arriver à ce moment où l’Occident « chrétien » montra son vrai visage. Les Byzantins, ces Grecs orthodoxes qui avaient résisté aux Arabes, aux Perses, aux Turcs, crurent que leurs « frères » catholiques viendraient à leur secours contre les musulmans. Que firent les Croisés ? Ils pillèrent Constantinople, violèrent les nonnes, fondirent les icônes en or, et installèrent un empire latin fantoche. Nicétas Choniatès, ce chroniqueur byzantin, décrit dans ses Annales l’horreur de ces « alliés » qui mirent la ville à sac : « Ils déchiraient les vierges, même celles qui étaient consacrées à Dieu, et les souillaient dans les églises. » La leçon ? Quand l’Occident parle de « solidarité », il faut se méfier. Les Byzantins, comme l’Iran aujourd’hui, découvrirent que les promesses des puissants ne valent pas le parchemin sur lequel elles sont écrites.

IV. La Perse et l’Angleterre : Le Grand Jeu et la trahison des « protecteurs » (1857)

Arrivons à l’époque moderne, où les empires européens jouèrent leur partition avec une hypocrisie consommée. La Perse des Qajars, affaiblie par des siècles de déclin, crut trouver en l’Angleterre un « protecteur » contre la Russie tsariste. Que fit l’Angleterre ? Elle signa le traité de Paris en 1857, par lequel la Perse renonçait à ses prétentions sur Hérat (aujourd’hui en Afghanistan), tout en promettant de « protéger » le pays. Quelques années plus tard, les Britanniques installaient leur contrôle sur le golfe Persique, s’emparant des richesses pétrolières naissantes. Lord Curzon, ce vice-roi des Indes, écrivait sans vergogne : « La Perse est un État tampon, et nous devons nous assurer qu’elle reste faible. » La leçon ? Les « protecteurs » ne protègent jamais ceux qu’ils prétendent défendre. Ils ne font que préparer le terrain pour leur propre domination. L’Iran, hier comme aujourd’hui, n’est qu’un pion dans le Grand Jeu des empires.

V. L’URSS et ses « alliés » : Quand Staline vendait la révolution au plus offrant (1939)

Passons à l’époque contemporaine, où l’URSS joua le rôle du « grand frère » des peuples opprimés. En 1939, Staline signa le pacte germano-soviétique avec Hitler, par lequel les deux dictateurs se partageaient la Pologne et les pays baltes. Que firent les communistes du monde entier ? Ils applaudirent, bien sûr, car Moscou avait parlé. Mais quand Hitler envahit l’URSS en 1941, ces mêmes communistes se retrouvèrent du jour au lendemain « alliés » des démocraties occidentales. La leçon ? L’amitié entre États n’est qu’un leurre, une mascarade où les idéologies ne servent qu’à justifier les rapports de force. L’Iran, dans les années 1980, crut que l’URSS serait un allié contre les États-Unis. Moscou, bien sûr, vendit des armes à Téhéran… tout en soutenant discrètement Saddam Hussein. La realpolitik, toujours la realpolitik.

VI. La Chine et l’Afrique : Le néo-colonialisme à visage « ami » (2000-2020)

Arrivons à notre époque, où la Chine joue les « amis des peuples du Sud ». Depuis vingt ans, Pékin investit massivement en Afrique, construisant des routes, des barrages, des stades. Mais que font les Chinois ? Ils exploitent les ressources naturelles, en échange d’une dette que les pays africains ne pourront jamais rembourser. Le président du Zimbabwe, Robert Mugabe, déclara un jour : « La Chine est notre ami. » Quelques années plus tard, son pays était exsangue, et la Chine récupérait ses mines de platine. La leçon ? Les « amis » chinois ne sont que des prêteurs sur gages, qui attendent patiemment que leurs débiteurs fassent défaut pour s’emparer de leurs actifs. L’Iran, aujourd’hui, découvre cette vérité amère : la Chine ne viendra pas à son secours, car elle a trop à perdre avec les États-Unis. Les contrats pétroliers, les investissements, les routes de la soie… tout cela vaut bien plus qu’une amitié de façade.

VII. La Russie et l’Iran : Le dernier acte de la trahison (2024)

Et nous voici donc à aujourd’hui, où l’Iran, acculé par les sanctions américaines, découvre que ses « amis » russes et chinois ne sont que des ombres. Poutine, ce maître de la realpolitik, joue un double jeu : il vend des armes à l’Iran, tout en négociant en sous-main avec les États-Unis sur le dossier syrien. La Chine, elle, fait mine de soutenir Téhéran, tout en signant des contrats mirifiques avec l’Arabie saoudite, l’ennemi juré de l’Iran. Que reste-t-il à l’Iran ? Rien, sinon cette amère leçon : dans le grand théâtre des nations, il n’y a pas d’amis, seulement des intérêts. Les Russes et les Chinois ne sont pas des alliés, mais des partenaires de circonstance, prêts à trahir dès que le vent tournera.

Analyse sémantique : Le langage de la trahison

Mais plongeons plus profond, voulez-vous, dans les méandres du langage, car c’est là que se niche la duplicité des puissants. Observez comme les mots sont détournés, vidés de leur sens, pour mieux servir les intérêts des empires. « Amitié » devient « partenariat stratégique », « solidarité » se transforme en « coopération économique », et « protection » n’est qu’un euphémisme pour « domination ». Les Russes parlent de « monde multipolaire », mais ce qu’ils veulent dire, c’est : « Nous aussi, nous voulons notre part du gâteau. » Les Chinois évoquent la « communauté de destin partagé », mais ce qu’ils entendent, c’est : « Vous nous vendez vos ressources, et nous vous vendons nos produits. » Quant aux Américains, ils parlent de « démocratie » et de « liberté », mais ce qu’ils défendent, c’est leur hégémonie sur le monde.

Prenez le mot « allié ». Dans le langage diplomatique, un allié n’est pas un ami. C’est un pays qui accepte de se soumettre à vos intérêts, en échange d’une protection illusoire. L’Iran, aujourd’hui, découvre que ses « alliés » russes et chinois ne sont que des partenaires de circonstance, prêts à le lâcher dès que les États-Unis feront pression. Le langage, ici, est révélateur : on ne parle pas d’ »amitié », mais de « coopération ». On ne dit pas « nous vous défendrons », mais « nous comprenons vos préoccupations ». Les mots sont des leurres, des pièges tendus aux naïfs.

Comportementalisme radical : La résistance humaniste

Face à cette machine à broyer les peuples, que reste-t-il ? La résistance, bien sûr, mais une résistance intelligente, qui ne se contente pas de slogans creux. L’Iran, aujourd’hui, doit comprendre une vérité fondamentale : aucun empire ne vous sauvera. Ni les États-Unis, ni la Russie, ni la Chine. La seule force qui vaille, c’est celle des peuples, unis par une conscience commune de leur dignité.

Prenons l’exemple de la Palestine. Depuis soixante-quinze ans, ce peuple est trahi par tous : par les Arabes, qui parlent de solidarité mais vendent leur pétrole à l’Occident ; par les Russes, qui soutiennent Israël quand cela les arrange ; par les Chinois, qui font des affaires avec Tel-Aviv. Et pourtant, les Palestiniens résistent. Pourquoi ? Parce qu’ils savent une chose : la dignité ne se négocie pas. Elle se conquiert, jour après jour, dans le sang et les larmes.

L’Iran doit faire de même. Au lieu de compter sur des « alliés » qui ne viendront jamais à son secours, il doit construire une résistance populaire, une économie autonome, une culture de la dignité. Les sanctions américaines ? Elles ne sont qu’un prétexte pour justifier l’échec. La vraie force d’un peuple, c’est sa capacité à se suffire à lui-même, à refuser la logique des empires.

Regardez le Vietnam. Ce petit pays, écrasé par les bombes américaines, humilié par les Chinois, trahi par les Soviétiques, a pourtant vaincu. Comment ? En refusant de jouer le jeu des grandes puissances. En construisant une économie locale, en développant une culture de la résistance, en refusant de se soumettre. L’Iran peut faire de même. Il a les ressources, il a le peuple, il a l’histoire. Il lui manque seulement la volonté.

L’Art comme miroir de la trahison

Mais ne nous y trompons pas : cette tragédie de la trahison n’est pas seulement politique. Elle est aussi artistique, littéraire, mythologique. Prenez la Divine Comédie de Dante. Dans le neuvième cercle de l’Enfer, le poète place les traîtres, ceux qui ont vendu leurs amis. Judas, bien sûr, mais aussi Brutus, qui poignarda César dans le dos. La trahison, pour Dante, est le pire des péchés, car elle brise le lien sacré de la confiance.

Ou encore Le Parrain de Coppola. Michael Corleone, ce héros tragique, découvre que ses « amis » ne sont que des opportunistes, prêts à le trahir pour un peu d’argent ou de pouvoir. « Rien de personnel, juste les affaires », dit le parrain. Mais les affaires, justement, sont toujours personnelles. Elles détruisent les âmes, corrompent les cœurs, transforment les hommes en monstres.

Et que dire de la mythologie perse ? Dans le Livre des Rois de Ferdowsi, le héros Rostam est trahi par son propre fils, Sohrab, qui ne le reconnaît pas sur le champ de bataille. La scène est d’une cruauté inouïe : le père tue le fils, sans savoir qui il est. La leçon ? La trahison est une malédiction qui frappe même les plus grands. L’Iran, aujourd’hui, revit cette tragédie : ses « amis » ne le reconnaissent plus, ils ne voient en lui qu’un pion à sacrifier.

Conclusion : Le réveil des peuples

Alors, que faire ? Se résigner ? Jamais. La seule réponse à la trahison des empires, c’est la résistance des peuples. L’Iran doit cesser de croire aux « alliés » et commencer à croire en lui-même. Il doit construire une économie autonome, une culture forte, une société unie. Les Russes et les Chinois ne viendront pas à son secours ? Qu’importe. La vraie force d’un peuple, c’est sa capacité à se tenir debout, même quand le monde entier lui tourne le dos.

Les empires passeront, comme sont passés ceux de Rome, de Byzance, de la Perse elle-même. Mais les peuples, eux, resteront. Et c’est à eux, et à eux seuls, qu’appartient l’avenir.

Ô toi, l’Iran aux mille nuits de trahison,

Aux roses fanées sous les bottes des empires,

Tes amis ne sont que des ombres chinoises,

Des spectres russes aux sourires de vampire.

Ils t’ont vendu des armes, des promesses, des rêves,

Mais quand l’aigle américain a déployé ses ailes,

Ils ont couru se cacher comme des rats peureux,

Te laissant seul face à la meute qui gronde.

Pourtant, dans tes montagnes, dans tes déserts ardents,

Un peuple se lève, fier et indomptable,

Il n’a plus besoin de protecteurs ni de maîtres,

Car il sait que la dignité ne se mendie pas.

Alors, lève-toi, Iran, et brise tes chaînes,

Celles des empires, celles des faux amis,

Car la vraie force est dans ton cœur battant,

Dans ce feu sacré qui jamais ne s’éteint.



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