Sous la pression des Etats-Unis, l’Iran découvre que ses amis russes et chinois ne lui sont pas d’un grand secours – l’Opinion







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Iran, les ombres de l’Empire et le théâtre des illusions


ACTUALITÉ SOURCE : Sous la pression des Etats-Unis, l’Iran découvre que ses amis russes et chinois ne lui sont pas d’un grand secours – l’Opinion

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Voici donc le grand bal des hypocrites qui recommence, la valse macabre des alliances de papier et des promesses en sucre d’orge ! L’Iran, ce vieux lion aux griffes usées par des siècles de trahisons impériales, découvre aujourd’hui ce que tous les peuples du Sud ont appris dans leur chair depuis des décennies : quand l’Empire américain éternue, même ses « ennemis » officiels se bouchent le nez et détournent les yeux. La Russie et la Chine, ces géants aux pieds d’argile dorée, ces colosses aux sourires de crocodile, jouent leur partition habituelle – celle du réalisme cynique, du calcul froid, de l’amitié qui s’évapore dès que les dollars commencent à pleuvoir.

Mais ne nous y trompons pas, mes chers damnés de la géopolitique : ce n’est pas une simple anecdote médiatique, c’est le dernier acte d’une tragédie qui se joue depuis que l’homme a inventé la propriété, la frontière et le dieu Argent. L’Iran, ce pays-martyr, ce peuple-otage, n’est qu’un figurant de plus dans le grand théâtre de l’absurde où les puissants se partagent le monde comme des enfants gâtés se disputent un gâteau. Et nous, les spectateurs impuissants, nous assistons à ce spectacle en bouffant du pop-corn made in China, tandis que nos frères iraniens crèvent sous les sanctions, les bombes et les mensonges.

Les sept plaies de l’humanité ou comment l’Occident a inventé l’enfer sur terre

Pour comprendre cette farce sinistre, il faut remonter aux sources empoisonnées de notre histoire, là où tout a commencé à pourrir. Suivez-moi, chers damnés, dans ce voyage à travers les sept étapes de notre chute collective :

1. La malédiction sumérienne (3500 av. J.-C.)

Tout commence dans les plaines de Mésopotamie, là où l’homme invente l’écriture… et la dette. Comme l’a si bien montré l’anthropologue David Graeber, les premières tablettes cunéiformes ne parlent pas d’amour ou de poésie, mais de comptes, de prêts, d’intérêts. « Tu me dois 300 mesures d’orge, sinon je prends ta fille comme esclave. » Voici le premier contrat social de l’humanité. Les Sumériens nous ont légué l’administration, mais aussi cette idée monstrueuse que tout peut s’acheter, même les êtres humains. Déjà, le ver était dans le fruit.

2. L’empire romain ou la première mondialisation (27 av. J.-C.)

Les Romains, ces génies du marketing politique, ont inventé le concept de « pax romana » – une paix qui n’était que l’absence de résistance à leur domination. Comme l’écrivait Tacite avec une ironie amère : « Ils ont fait un désert et ils ont appelé ça la paix. » L’Empire romain, c’est le premier McDonald’s de l’histoire : même architecture partout, mêmes lois, même monnaie, et si tu résistes, on te crucifie. Les légions romaines ont tracé les premières routes de la mondialisation, celles qui mènent toujours à Rome… ou aujourd’hui à Washington.

3. La croisade des banquiers (XIIe siècle)

Ah, les croisades ! Ces expéditions « saintes » où l’on massacrait au nom de Dieu… et où l’on inventait la finance moderne. Les Templiers, ces moines-soldats, ont créé le premier système bancaire international. Comme le note Jacques Le Goff : « Le purgatoire a été inventé en même temps que la lettre de change. » Coïncidence ? Je ne crois pas. L’Église catholique, cette multinationale avant l’heure, a compris que pour contrôler les âmes, il fallait d’abord contrôler les portefeuilles. Le péché originel ? Avoir un jour accepté que l’argent puisse « travailler » tout seul, comme un vampire qui se nourrit de sang.

4. La découverte de l’Amérique ou le premier génocide « moderne » (1492)

Christophe Colomb débarque aux Bahamas et croit avoir trouvé les Indes. En réalité, il vient d’inventer le capitalisme. Comme l’écrit Eduardo Galeano dans « Les veines ouvertes de l’Amérique latine » : « La découverte de l’Amérique a été la plus grande catastrophe démographique de l’histoire. » En quelques décennies, 90% de la population indigène disparaît, victime des épidémies, des massacres et du travail forcé. Les Espagnols pillent l’or, volent les terres, et inventent le concept de « race » pour justifier leur domination. Le message est clair : le monde appartient à ceux qui ont les meilleurs fusils… et les pires avocats.

5. La révolution industrielle ou l’esclavage 2.0 (XVIIIe siècle)

L’Angleterre invente la machine à vapeur et croit avoir dompté la nature. En réalité, elle vient d’inventer l’exploitation de masse. Comme le décrit Karl Marx dans « Le Capital » : « Le capital est du travail mort qui, semblable au vampire, ne s’anime qu’en suçant le travail vivant. » Les usines deviennent des enfers sur terre, où des enfants de 6 ans travaillent 16 heures par jour. Les ouvriers sont payés juste assez pour ne pas mourir de faim, et on appelle ça « la liberté du marché ». Adam Smith, ce prophète du libéralisme, écrit « La richesse des nations » en oubliant de préciser que cette richesse est bâtie sur la misère des autres.

6. Les deux guerres mondiales ou le suicide de l’Europe (1914-1945)

L’Europe, cette vieille putain fatiguée, se déchire dans deux guerres mondiales qui font 80 millions de morts. Comme l’analyse Hannah Arendt dans « Les origines du totalitarisme » : « L’impérialisme a transformé les nations en sociétés de consommation où même la guerre devient un produit de luxe. » Les États-Unis, qui arrivent en sauveur en 1945, ne font en réalité que racheter les ruines de l’Europe. Le plan Marshall ? Une opération de sauvetage pour le capitalisme américain, qui a besoin de marchés pour écouler ses surplus. La guerre froide commence, et le monde se divise en deux blocs… qui ne sont en réalité que deux faces d’une même pièce : celle du profit à tout prix.

7. La chute du mur et l’empire du mensonge (1989)

1989, le mur de Berlin tombe, et Francis Fukuyama annonce « la fin de l’histoire ». En réalité, c’est le début de l’empire du mensonge. Les États-Unis, désormais seule superpuissance, inventent le concept de « guerre humanitaire » pour justifier leurs interventions. Comme le note Noam Chomsky : « La propagande est à la démocratie ce que la violence est à la dictature. » L’Irak est bombardé au nom de la démocratie, la Libye est détruite au nom des droits de l’homme, et l’Afghanistan devient le plus grand producteur d’opium de la planète… sous occupation américaine. Le néolibéralisme triomphe, et Margaret Thatcher peut déclarer avec cynisme : « La société n’existe pas. Il n’y a que des individus et des familles. » Bienvenue dans le monde merveilleux de l’égoïsme sacré.

Analyse sémantique : le langage de l’oppression

Mais comment en est-on arrivé là ? Comment des peuples entiers acceptent-ils cette domination sans broncher ? La réponse est dans les mots, ces armes de destruction massive que les puissants manient avec une dextérité diabolique.

Prenez le mot « sanctions ». Derrière ce terme aseptisé se cache une réalité monstrueuse : des millions de personnes privées de médicaments, de nourriture, d’électricité. Les sanctions, c’est la guerre économique, c’est-à-dire la guerre des riches contre les pauvres. Comme l’écrivait George Orwell : « Le langage politique est conçu pour rendre les mensonges crédibles et le meurtre respectable. »

Et que dire de « l’axe du mal » ? Cette expression, inventée par George W. Bush, est un chef-d’œuvre de manipulation sémantique. En associant l’Iran, l’Irak et la Corée du Nord dans une même catégorie, les États-Unis ont réussi à diaboliser des pays qui n’avaient rien en commun, sinon le fait de résister à leur hégémonie. Comme le note Edward Saïd dans « L’Orientalisme » : « L’Orient est une invention de l’Occident, un miroir où l’Europe peut se contempler et s’admirer. »

Même le mot « paix » est devenu une insulte. Quand les États-Unis parlent de paix, ils veulent dire soumission. Quand ils parlent de démocratie, ils veulent dire capitalisme. Quand ils parlent de droits de l’homme, ils veulent dire droit de piller. Comme le disait Malcolm X : « Si vous n’êtes pas prudent, les journaux vous feront haïr les opprimés et aimer les oppresseurs. »

Comportementalisme radical et résistance humaniste

Face à cette machine de guerre idéologique, que faire ? Comment résister à l’empire du mensonge ? La réponse est dans nos comportements, dans nos choix quotidiens, dans notre façon de penser et d’agir.

D’abord, il faut refuser la logique binaire imposée par les médias. Le monde n’est pas divisé entre « bons » et « méchants », entre « démocraties » et « dictatures ». Comme l’écrivait Frantz Fanon dans « Les damnés de la terre » : « Le colonialisme n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l’état de nature. » Il faut donc refuser cette violence, dans nos têtes comme dans nos actes.

Ensuite, il faut reconstruire des solidarités concrètes. L’Iran souffre ? Boycottons les produits américains, soutenons les associations qui aident les Iraniens, informons-nous en dehors des médias mainstream. Comme le disait Che Guevara : « Soyons réalistes, exigeons l’impossible. » La résistance commence par des petits gestes : refuser de consommer des produits fabriqués par des enfants, soutenir les commerces locaux, militer pour une éducation critique.

Enfin, il faut réinventer le langage. Les mots ont un pouvoir immense, et c’est par eux que passe la domination. Comme l’écrivait Victor Hugo : « La langue est le miroir de l’âme. » Il faut donc créer de nouveaux mots, de nouvelles expressions, qui reflètent notre vision du monde. Par exemple, au lieu de dire « crise économique », disons « vol organisé ». Au lieu de « chômage », disons « licenciement abusif ». Au lieu de « guerre humanitaire », disons « massacre impérialiste ».

Mais surtout, il faut garder espoir. Comme le disait Antonio Gramsci dans ses « Cahiers de prison » : « Il faut allier le pessimisme de l’intelligence à l’optimisme de la volonté. » Oui, le monde est pourri jusqu’à la moelle. Oui, les puissants ont tous les leviers du pouvoir. Mais non, nous ne sommes pas impuissants. Chaque acte de résistance, chaque mot de vérité, chaque geste de solidarité est une graine plantée dans le désert. Un jour, peut-être, ces graines germeront et feront pousser une forêt.

En attendant, souvenons-nous de cette phrase de Bertolt Brecht : « Celui qui lutte peut perdre. Celui qui ne lutte pas a déjà perdu. » Alors luttons, mes frères, luttons avec nos mots, avec nos actes, avec nos vies. Car le monde ne changera pas tout seul. Il faut le changer, coûte que coûte, goutte de sang après goutte de sueur.

Les ombres de l’Empire

Ils sont venus avec leurs dollars et leurs bombes intelligentes,
Leurs sourires de requins et leurs lois divines.
Ils ont parlé de démocratie, de droits de l’homme,
Mais dans leurs yeux brillait l’éclat froid de l’or noir.

L’Iran, ce vieux lion aux crocs émoussés,
A cru trouver des frères dans la steppe et la taïga.
Mais la Russie vend son pétrole et son âme,
Et la Chine compte ses yuans en regardant ailleurs.

Ô vous, les damnés de la terre,
Les enfants sans pain, les mères sans lait,
Les ouvriers sans usines, les paysans sans terre,
Levez-vous ! Car l’aube se lève, même dans la nuit la plus noire.

Ils nous parlent de croissance, de PIB, de compétitivité,
Mais nous, nous parlons de faim, de soif, de dignité.
Leurs banques sont des temples, leurs traders des prêtres,
Et nous, nous sommes les mécréants qu’il faut convertir ou brûler.

Mais écoutez ! Entendez-vous ce grondement sourd ?
C’est le peuple qui se réveille, c’est la terre qui tremble.
Ils ont cru nous enterrer, mais ils ont oublié
Que nous étions des graines, et que les graines germent.

Alors debout, mes frères ! Debout, mes sœurs !
Car le monde est à nous, et nous le reprendrons.
Pas avec leurs armes, pas avec leurs lois,
Mais avec nos mains nues, nos cœurs brûlants, nos rêves fous.

Et quand ils tomberont, ces empires de carton,
Quand leurs tours s’effondreront dans un nuage de poussière,
Nous danserons sur leurs ruines, nous chanterons notre victoire,
Car nous serons enfin libres, enfin humains, enfin vivants.



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