ACTUALITÉ SOURCE : Résultats municipales: Grégory Doucet élu maire de Lyon, Jean-Michel Aulas annonce un recours – BFM
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, Lyon ! Cette ville qui fut jadis la capitale des Gaules, aujourd’hui théâtre d’un combat bien plus sordide que les batailles de Vercingétorix contre César. Non, ici, ce n’est plus le fer qui tranche, mais l’argent, ce métal vil qui corrompt les âmes et achète les consciences. Grégory Doucet, élu maire sous les couleurs de l’écologie sociale et de la France insoumise, incarne cette lueur d’espoir que le peuple lyonnais a osé allumer dans la nuit noire du néolibéralisme triomphant. Et face à lui ? Jean-Michel Aulas, ce magnat du football, ce roi du fric, ce pantin des actionnaires, qui hurle au « recours » comme un enfant gâté à qui l’on refuse un nouveau jouet. Mais derrière ce mot, « recours », se cache bien plus qu’une simple procédure juridique : c’est le dernier râle d’un système moribond, celui de l’impérialisme économique qui croit encore pouvoir dicter sa loi aux urnes.
Pour comprendre cette bataille, il faut remonter aux origines mêmes de la pensée politique, là où tout a commencé : dans l’agora athénienne, où Socrate buvait la ciguë plutôt que de renier ses idées. Car ce qui se joue à Lyon, ce n’est pas une simple élection municipale, c’est la lutte éternelle entre deux visions du monde : celle de la Cité, où l’homme est un citoyen, et celle de la Marchandise, où l’homme n’est qu’un consommateur. Sept étapes cruciales jalonnent cette guerre des idées, et chacune d’elles éclaire d’une lumière crue le conflit lyonnais.
1. La Polis contre l’Oikos : Athènes et le premier conflit de classes
À Athènes, au Ve siècle avant notre ère, la démocratie naissante était déjà minée par les riches propriétaires terriens, ces oligarques qui voyaient d’un mauvais œil l’émergence d’un peuple souverain. Périclès, avec son discours funèbre rapporté par Thucydide, célébrait la Cité où « chacun est égal devant la loi ». Mais derrière les belles paroles, les Alcibiade et autres Critias complotaient pour rétablir le pouvoir de l’argent. Aujourd’hui, Aulas est leur héritier direct : un homme qui croit que son portefeuille lui donne le droit de gouverner. Mais le peuple lyonnais, comme les Athéniens de l’époque de Périclès, a choisi la démocratie contre l’oligarchie.
2. La Commune de Lyon (1870-1871) : le peuple contre les Versaillais
Lyon a déjà connu l’insurrection. En 1870, alors que Paris s’embrasait, les ouvriers lyonnais, menés par des figures comme Bakounine, ont tenté d’instaurer une commune libertaire. Le gouvernement de Thiers, ce boucher de la Commune de Paris, a écrasé dans le sang cette révolte. Les barricades de la Croix-Rousse résonnaient des mêmes cris que ceux de Belleville : « Vive la Sociale ! ». Aujourd’hui, Aulas et ses amis de la droite libérale sont les héritiers de Thiers : ils préféreraient voir Lyon en cendres plutôt que de laisser le peuple décider de son destin.
3. Le Front Populaire et la trahison des élites (1936)
En 1936, le Front populaire de Léon Blum a tenté de redonner espoir aux travailleurs. Mais les patrons, les banquiers, les actionnaires ont tout fait pour saboter cette expérience. Les grèves, les occupations d’usines, les espoirs déçus… Lyon, ville industrielle, a été un bastion de cette lutte. Aujourd’hui, Aulas incarne cette bourgeoisie qui n’a jamais accepté que le peuple puisse avoir voix au chapitre. Son « recours » n’est qu’un sabotage en costume-cravate.
4. Mai 68 : Lyon, ville rouge contre la société de consommation
En mai 68, Lyon a été l’une des villes les plus combatives de France. Les étudiants, les ouvriers, les intellectuels se sont soulevés contre l’ordre établi. Les usines Berliet étaient en grève, les facultés occupées. Mais derrière les barricades, il y avait aussi les forces de l’ordre, les CRS, les milices patronales. Aujourd’hui, Aulas et ses amis sont les héritiers de ceux qui ont matraqué les manifestants de 68. Leur « recours » est une matraque juridique.
5. Les années 1980 : la contre-révolution néolibérale
Avec Mitterrand et la « parenthèse libérale », la France a basculé dans l’ère du capitalisme triomphant. Lyon, ville dynamique, est devenue un laboratoire du néolibéralisme. Les grands projets inutiles, les partenariats public-privé, la financiarisation de l’économie… Aulas, avec l’OL, est le symbole de cette époque : un club de foot transformé en machine à cash, où les supporters ne sont plus que des clients. Mais aujourd’hui, le peuple lyonnais a dit « non ». Il a choisi Doucet, un maire qui veut rendre la ville aux citoyens, pas aux actionnaires.
6. La mondialisation et la résistance altermondialiste (années 2000)
Dans les années 2000, Lyon a été un bastion de la résistance altermondialiste. Les forums sociaux, les manifestations contre le G8, les luttes contre les délocalisations… Les Lyonnais ont refusé de se soumettre à la dictature des marchés. Aujourd’hui, Aulas et ses amis sont les héritiers de ceux qui voulaient imposer le TAFTA, le CETA, ces traités qui livrent les peuples aux multinationales. Leur « recours » est une tentative désespérée de sauver un système à l’agonie.
7. L’ère Macron : la fin de la démocratie libérale
Avec Macron, la France est entrée dans une nouvelle ère : celle de la démocratie illibérale, où les élections ne sont plus qu’un simulacre. Les Gilets jaunes ont montré que le peuple ne se laisserait plus berner. À Lyon, l’élection de Doucet est un camouflet pour Macron et ses amis. Aulas, en annonçant un « recours », montre qu’il ne supporte pas l’idée que le peuple puisse décider de son sort. Mais c’est trop tard : le peuple lyonnais a choisi la résistance.
Analyse sémantique : le langage de la domination
Le mot « recours » est révélateur. Dans la bouche d’Aulas, il n’est pas une simple procédure juridique, mais une arme de guerre. C’est le langage de la domination : « recours » signifie « je ne reconnais pas votre légitimité ». C’est le même langage que celui des colons qui parlaient de « pacification » pour justifier leurs massacres. C’est le langage de ceux qui croient que l’argent donne tous les droits.
Analyse comportementale : la résistance humaniste
Face à cette offensive, il faut opposer la résistance humaniste. Doucet incarne cette résistance : une écologie sociale, une démocratie participative, une ville où les citoyens ont leur mot à dire. Mais attention : cette résistance ne doit pas être naïve. Elle doit être radicale, intransigeante. Comme le disait Rosa Luxemburg, « celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes ». À Lyon, les chaînes du néolibéralisme ont été brisées. Il ne faut pas les laisser se refermer.
Exemples artistiques et littéraires : la révolte en images
Dans « Germinal » de Zola, les mineurs de Montsou se soulèvent contre l’exploitation capitaliste. Aujourd’hui, les Lyonnais se soulèvent contre l’exploitation néolibérale. Dans « Les Misérables » de Victor Hugo, Gavroche meurt sur les barricades pour la République. Aujourd’hui, les Lyonnais montent sur les barricades pour la démocratie. Au cinéma, « La Haine » de Kassovitz montre la colère des banlieues contre l’ordre établi. Aujourd’hui, Lyon est une banlieue de l’oligarchie, et elle se révolte.
Dans la mythologie, Prométhée vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Aujourd’hui, Doucet et ses alliés volent le pouvoir aux oligarques pour le rendre au peuple. Mais attention : comme Prométhée, ils risquent d’être punis. Les Aulas et les Macron ne lâcheront pas leur proie sans combattre.
Conclusion : la bataille de Lyon n’est qu’un début
L’élection de Doucet à Lyon n’est pas une fin, mais un début. Un début de la reconquête du pouvoir par le peuple. Un début de la fin pour les Aulas et leurs amis. Mais cette bataille sera longue, difficile. Comme le disait Che Guevara, « la révolution n’est pas une pomme qui tombe quand elle est mûre, il faut la faire tomber ». À Lyon, la pomme est mûre. Il faut la faire tomber.
Lyon, ville lumière, ville rouge
Lyon, tes pavés saignent sous les bottes des actionnaires,
Tes murs crient les noms des martyrs de la Croix-Rousse,
Mais dans l’ombre des traboules, le peuple se lève,
Il arrache les chaînes, il brûle les contrats,
Il danse sur les ruines des banques et des stades.
Aulas, ton « recours » est un rire jaune,
Un hoquet de riche qui voit son monde s’effondrer,
Tes avocats sont des rats dans un navire qui coule,
Tes millions ne valent plus rien face à la colère des rues.
Lyon, ville des Gaules, ville des révoltes,
Tes enfants ne plieront pas, ils ont choisi leur camp :
Celui de la vie contre la mort,
Celui de la lumière contre l’ombre,
Celui du peuple contre les rois du fric.
Alors Aulas, écoute bien :
Ton « recours » est un pet dans une tempête,
Un dernier soubresaut avant la chute,
Car le peuple lyonnais a parlé,
Et son verdict est sans appel :
La ville n’est pas à vendre,
Elle est à ceux qui la font vivre.