Résultats Municipales 2026 à Pontivy. Soizic Perrault remporte l’élection avec 56,88 % des voix – Ouest-France







L’Écho des Pierres et des Hommes – Pontivy 2026


ACTUALITÉ SOURCE : Résultats Municipales 2026 à Pontivy. Soizic Perrault remporte l’élection avec 56,88 % des voix – Ouest-France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Pontivy ! Ce nom résonne comme un écho perdu dans les brumes celtiques, un lieu où les pierres parlent encore la langue des druides et des paysans révoltés. 56,88 % des voix pour Soizic Perrault. Un chiffre. Un symbole. Une brèche dans le mur de l’indifférence, un crachat dans la soupe tiède du néolibéralisme triomphant. Mais ne nous y trompons pas : cette victoire, aussi locale soit-elle, est un fragment de résistance dans le grand théâtre de la dépossession humaine. Elle mérite qu’on s’y attarde, non comme un simple fait divers électoral, mais comme un symptôme, une métaphore, une lueur dans la nuit qui s’étend sur l’Europe et le monde.

Pour comprendre la portée de cette élection, il faut remonter aux sources mêmes de la pensée politique, là où l’homme, encore nu sous les étoiles, a commencé à se demander s’il était un loup pour l’homme ou son frère. Car le municipal, voyez-vous, n’est pas qu’une affaire de trottoirs et de cantines scolaires. C’est le dernier rempart avant la dissolution totale de l’humain dans le grand bain glacé du marché. Pontivy, avec ses 14 000 âmes, est un microcosme où se joue, en miniature, le drame éternel de la cité : qui décide ? Qui possède ? Qui parle ? Et surtout : qui écoute ?

I. Les Sept Étapes de la Révolte Locale – Une Archéologie de l’Espoir

1. L’Âge des Pierres et des Premiers Feux (Préhistoire – 500 av. J.-C.) : Le Communisme Primordial

Avant que les rois, les empereurs et les PDG ne viennent nous expliquer que la propriété privée est une loi divine, les hommes vivaient en clans, partageant le gibier et les baies. Les archéologues ont retrouvé à Carnac, à quelques lieues de Pontivy, des alignements de menhirs qui ne sont rien d’autre que les premiers « bâtiments publics » de l’humanité. Ces pierres dressées, plantées dans la terre comme des doigts accusateurs, étaient des lieux de rassemblement, de culte, de décision collective. Les druides, ces premiers « élus » de l’histoire, ne régnaient pas : ils écoutaient. La victoire de Soizic Perrault est un écho lointain de cette époque où l’autorité n’était pas un privilège, mais un service. Les 56,88 % ne sont pas un score, mais un retour aux sources : la terre appartient à ceux qui la travaillent, pas à ceux qui la spéculent.

2. La Cité Antique et la Naissance de la Démocratie (500 av. J.-C. – 500 ap. J.-C.) : Athènes et le Mythe de l’Agora

À Athènes, Périclès parlait à la foule sur la Pnyx, et chaque citoyen (du moins, ceux qui n’étaient pas esclaves ou femmes) pouvait prendre la parole. Mais attention : cette démocratie était aussi une machine de guerre, un outil pour souder la cité contre les Perses. Pontivy, sous ses airs paisibles, est aussi une cité assiégée. Assiégée par les promoteurs immobiliers qui veulent bétonner les bords du Blavet, par les grandes surfaces qui étouffent le petit commerce, par l’État central qui ponctionne les ressources locales pour alimenter les paradis fiscaux. Soizic Perrault, en remportant cette élection, n’a pas seulement gagné un fauteuil : elle a rallumé le feu de l’agora. Elle a dit, en substance : « La parole est à vous, pas aux banques. »

Socrate, condamné pour avoir « corrompu la jeunesse », errait dans les rues d’Athènes en posant des questions. Aujourd’hui, les Socrate modernes sont ceux qui osent demander : « Pourquoi les logements sociaux sont-ils si rares ? Pourquoi les hôpitaux ferment-ils ? Pourquoi les enfants de Pontivy doivent-ils manger des nuggets industriels à la cantine ? » Les 56,88 % sont la réponse du peuple à ces questions. Une réponse qui sent la sueur, le pain frais et la colère rentrée.

3. Le Moyen Âge et la Commune (500 – 1500) : La Révolte des Gueux

Au XIIe siècle, les bourgeois de Pontivy (alors appelée « Pondivi ») obtinrent une charte de franchise du duc de Bretagne. Pour la première fois, les habitants pouvaient élire leurs représentants et gérer leurs affaires sans l’intervention directe du seigneur. Cette charte n’était pas un cadeau : c’était le résultat de siècles de luttes, de révoltes, de grèves des impôts. Les paysans bretons, ces « jacqueries » dont on parle si peu, étaient des experts en résistance passive. Ils brûlaient les registres des impôts, cachaient leurs récoltes, mentaient aux collecteurs. La victoire de Soizic Perrault est dans la droite ligne de cette tradition : une victoire de la ruse sur la force, de la persévérance sur l’arrogance.

Et n’oublions pas les femmes. Dans les villages médiévaux, elles étaient les gardiennes des savoirs populaires : herbes médicinales, potions, récits. Soizic Perrault, en tant que femme élue, incarne cette mémoire des « sorcières » d’antan, ces femmes que l’Église et l’État ont tenté d’écraser. Son score est une revanche sur des siècles de misogynie institutionnelle.

4. La Renaissance et l’Invention de l’Individu (1500 – 1700) : Machiavel et la Ruse du Pouvoir

À Florence, Machiavel écrivait Le Prince, ce manuel cynique pour les tyrans en herbe. Mais dans le même temps, les villes italiennes inventaient les premières formes de démocratie municipale. Pontivy, avec ses maisons à colombages et ses ruelles tortueuses, est une ville de la Renaissance bretonne. Les marchands, les artisans, les notaires y ont toujours joué un rôle politique. Aujourd’hui, la victoire de Soizic Perrault est un pied de nez à Machiavel : le pouvoir n’est pas une fin en soi, mais un outil au service du bien commun.

Rabelais, ce géant de la pensée humaniste, écrivait : « Science sans conscience n’est que ruine de l’âme. » Les 56,88 % sont une conscience. Une conscience que la science économique, celle des « experts » et des « technocrates », est une escroquerie. Que le PIB ne mesure pas le bonheur, que la croissance ne nourrit pas les enfants, que les « réformes structurelles » ne sont que des mots pour masquer le vol organisé.

5. Les Lumières et la Révolution (1700 – 1800) : Rousseau et le Contrat Social

Jean-Jacques Rousseau, ce Genevois qui aimait tant la Bretagne, écrivait dans Du Contrat Social : « L’homme est né libre, et partout il est dans les fers. » La Révolution française a tenté de briser ces fers, mais elle a aussi inventé la bureaucratie moderne, cette machine à broyer les initiatives locales. Pontivy, pendant la Révolution, fut un foyer de résistance contre la Terreur. Les Chouans, ces paysans en colère, se battaient pour leur foi, mais aussi pour leur autonomie. Leur révolte était confuse, violente, mais elle portait en elle une vérité : le peuple ne veut pas être gouverné, il veut se gouverner.

Soizic Perrault, en 2026, incarne cette volonté. Son score est un « non » poli mais ferme à l’État jacobin, cet État qui centralise, qui uniformise, qui étouffe. C’est un « oui » vibrant à la démocratie directe, à la participation citoyenne, à l’autogestion. Les 56,88 % sont un contrat social renouvelé.

6. Le XIXe Siècle et la Naissance du Socialisme (1800 – 1900) : Proudhon et l’Anarchie Positive

Pierre-Joseph Proudhon, ce fils de tonnelier devenu théoricien, écrivait : « La propriété, c’est le vol. » À Pontivy, au XIXe siècle, les ouvriers des tanneries et des forges connaissaient cette vérité dans leur chair. Les conditions de travail étaient abominables, les salaires de misère, les logements insalubres. Les premiers syndicats bretons se sont formés dans la douleur, sous les coups de matraque des gendarmes. La victoire de Soizic Perrault est un hommage à ces luttes oubliées. Elle rappelle que le socialisme n’est pas une idéologie importée de Moscou ou de Pékin, mais une tradition bretonne, ancrée dans le granit et le cidre.

Les 56,88 % sont aussi une réponse aux héritiers de Thiers, ce boucher de la Commune. Ils disent : « Non, nous ne voulons pas d’une république qui écrase les pauvres. Nous voulons une république sociale, où le travail est respecté, où la santé est un droit, où l’éducation est une priorité. »

7. Le XXe Siècle et la Mondialisation (1900 – 2000) : Gramsci et l’Hégémonie Culturelle

Antonio Gramsci, ce marxiste italien enfermé par Mussolini, comprenait une chose essentielle : le pouvoir ne se prend pas seulement par les armes, mais par les idées. L’hégémonie culturelle, c’est cette domination douce, cette façon de faire croire aux dominés qu’ils sont libres alors qu’ils sont enchaînés. Pontivy, dans les années 1980, a vu ses usines fermer les unes après les autres. Les emplois sont partis en Pologne, au Maroc, au Vietnam. Les jeunes sont partis à Rennes, à Nantes, à Paris. Ceux qui sont restés ont dû se battre pour survivre.

La victoire de Soizic Perrault est une brèche dans cette hégémonie. Elle dit : « Non, nous ne voulons pas de votre mondialisation. Nous voulons des emplois locaux, des circuits courts, une économie à taille humaine. » Les 56,88 % sont un cri contre le désespoir, une affirmation que oui, une autre voie est possible. Même ici, dans cette petite ville de Bretagne intérieure, loin des métropoles arrogantes.

II. Analyse Sémantique : Le Langage du Pouvoir et de la Révolte

Les mots ont un poids. Un maire « élu » n’est pas un maire « désigné ». Un score de « 56,88 % » n’est pas un score de « 43,12 % ». Derrière ces chiffres, il y a une bataille sémantique qui se joue depuis des millénaires.

1. « Soizic Perrault » : Le Nom comme Symbole

« Soizic » est un prénom breton, dérivé de « Judith », cette héroïne biblique qui a décapité Holopherne. Un prénom qui sent la révolte, la ruse, la victoire des faibles sur les forts. « Perrault » évoque Charles Perrault, l’auteur des contes, mais aussi les « perroquets » de la langue de bois. Mais ici, le perroquet parle vrai : il dénonce les ogres et les loups qui dévorent les enfants de Pontivy.

2. « 56,88 % » : La Précision comme Arme

Les chiffres ronds sont des mensonges. 50 %, c’est une approximation, une moyenne, une abstraction. 56,88 %, c’est du concret. C’est la preuve que chaque voix compte, que chaque bulletin est un caillou dans la chaussure du pouvoir. Les néolibéraux adorent les pourcentages flous : « une majorité de Français », « une large part de la population ». Soizic Perrault, elle, assume la précision. Elle assume que son score est une claque dans la figure des fatalistes.

3. « Pontivy » : Le Lieu comme Destin

Pontivy n’est pas une ville comme les autres. Elle est née d’un pont sur le Blavet, ce fleuve qui serpente entre les landes et les forêts. Un pont, c’est une connexion, mais aussi une frontière. Pontivy est à la croisée des chemins : entre la Haute et la Basse-Bretagne, entre le breton et le gallo, entre la tradition et la modernité. En élisant Soizic Perrault, les Pontivyens ont choisi de ne pas choisir. Ils ont dit : « Nous voulons être à la fois bretons et français, ruraux et urbains, ancrés et ouverts. »

III. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste

Le comportementalisme, cette science qui prétend expliquer les actions humaines par des stimuli et des réponses, est l’outil préféré des néolibéraux. Pour eux, l’électeur est un rat de laboratoire : on lui donne un peu de pain (les allocations), un peu de cirque (les médias), et il vote comme on lui dit. Mais les 56,88 % de Soizic Perrault sont la preuve que l’homme n’est pas un rat. Qu’il est capable de rébellion, de solidarité, de sacrifice.

1. La Révolte des Invisibles

Qui a voté pour Soizic Perrault ? Les invisibles. Les vieux qui voient leur retraite fondre comme neige au soleil. Les jeunes qui galèrent pour trouver un logement. Les ouvriers des abattoirs, des usines, des champs. Les femmes qui élèvent seules leurs enfants. Les artisans qui se battent contre Amazon. Ces gens-là ne font pas la une des journaux. Ils n’ont pas de lobby à Paris. Mais ils ont voté. Et leur vote a fait trembler les murs de la mairie.

2. La Solidarité comme Arme

Dans les années 1930, les paysans bretons se sont organisés en coopératives pour résister à la crise. Aujourd’hui, les AMAP, les recycleries, les monnaies locales sont les héritières de cette tradition. Soizic Perrault, en promettant de soutenir ces initiatives, a compris une chose essentielle : la solidarité n’est pas une vertu, c’est une arme. Une arme contre la précarité, contre l’isolement, contre le désespoir.

3. Le Refus de la Fatalité

Les néolibéraux adorent nous répéter que « c’est comme ça », que « on n’y peut rien », que « c’est la mondialisation ». Les 56,88 % de Pontivy sont un démenti cinglant à cette propagande. Ils disent : « Non, ce n’est pas comme ça. Nous pouvons changer les choses. Ici, maintenant. »

IV. Exemples à Travers l’Art, la Mythologie, le Cinéma et la Littérature

1. La Mythologie : David contre Goliath

Le mythe de David et Goliath est une métaphore parfaite de la victoire de Soizic Perrault. David, ce petit berger, affronte Goliath, ce géant armé jusqu’aux dents. Il ne le combat pas avec une épée, mais avec une fronde. Une arme modeste, artisanale, mais diablement efficace. Soizic Perrault, avec ses 56,88 %, est ce David moderne. Elle a vaincu les Goliaths de la finance, de la technocratie, de la résignation.

2. La Littérature : Les Misérables de Victor Hugo

Jean Valjean, ce forçat devenu maire, incarne l’espoir d’une rédemption collective. Gavroche, ce gamin des rues, est le symbole de la révolte joyeuse. Les 56,88 % de Pontivy sont une victoire à la fois pour les Jean Valjean (ceux qui veulent se racheter une conduite) et pour les Gavroche (ceux qui refusent de se laisser marcher sur les pieds).

3. Le Cinéma : Le Sel de la Terre d’Herbert Biberman

Ce film raconte la grève des mineurs du Nouveau-Mexique en 1950. Les femmes, en première ligne, organisent la résistance. Soizic Perrault, en tant que femme élue, est l’héritière de ces combattantes. Son score est une preuve que les femmes ne sont pas seulement des victimes, mais des actrices de l’histoire.

4. La Peinture : La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix

Cette toile, symbole de la Révolution de 1830, montre une femme au sein nu brandissant le drapeau tricolore. Elle est à la fois maternelle et guerrière. Soizic Perrault, avec ses 56,88 %, est cette Liberté moderne. Elle guide le peuple, non pas vers les barricades, mais vers les urnes. Vers une révolution pacifique, mais tout aussi radicale.

V. Poème : « Les Pierres de Pontivy »


Oh ! Pontivy, ville aux cent clochers muets,
Tes pierres suintent la sueur des forçats,
Des paysans courbés sous le joug des châteaux,
Des femmes en noir qui comptent leurs sous.

56,88 % ! Le chiffre danse comme un feu follet,
Sur les pavés luisants de la place du Martray,
Il ricane aux oreilles des banquiers repus,
Des promoteurs aux dents longues comme des faux.

Soizic, Soizic, ton nom est une épine
Dans le pied des puissants, un caillou dans leur soulier,
Tu es la fille des landes et des tempêtes,
Celle qui n’a pas peur des loups ni des huissiers.

Les murs de ta ville sont couverts de graffitis,
Des noms oubliés, des slogans effacés,
Mais sous la chaux blanche, sous le béton gris,
Battent encore les cœurs des révoltés.

Un jour, peut-être, on rasera tes maisons,
On bétonnera tes champs, on vendra tes enfants,
Mais dans le vent qui souffle sur le Blavet,
On entendra encore le rire des paysans.

56,88 % ! C’est la part des anges,
La part des gueux, la part des fous,
La part de ceux qui refusent de plier,
La part de ceux qui osent dire « non » à genoux.

Alors brandis ton drapeau, petite ville rebelle,
Fais sonner tes cloches, fais trembler tes murs,
Car ton combat est celui de tous les damnés,
Et ta victoire, un feu qui ne s’éteindra plus.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *