ACTUALITÉ SOURCE : Résultats élections municipales 2026 : «Le PS nous a entraînés dans sa chute», grince Jean-Luc Mélenchon, revivez la soirée électorale de dimanche – Le Figaro
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand théâtre des illusions perdues qui se joue à nouveau sur la scène politique française, ce vieux manège où les socialistes, ces funambules fatigués, entraînent dans leur vertige ceux qui croyaient encore à la possibilité d’une gauche debout. « Le PS nous a entraînés dans sa chute », grince Mélenchon, et cette phrase, mes amis, est bien plus qu’un simple constat électoral – c’est le cri d’un homme qui voit s’effondrer, une fois encore, les espoirs de ceux qui rêvaient d’une République sociale, écologique et fraternelle. Mais au-delà de l’anecdote politique, ce qui se joue ici, c’est la fin d’un cycle historique, la faillite d’une certaine idée de la gauche, et l’émergence douloureuse d’une nouvelle conscience collective.
Pour comprendre cette chute, il faut remonter aux sources mêmes de la pensée politique occidentale, à ce moment fondateur où l’homme, sortant à peine des ténèbres médiévales, a cru pouvoir dompter l’histoire par la raison. Souvenons-nous de ces premiers socialistes utopiques, ces rêveurs du XIXe siècle qui, comme Fourier ou Saint-Simon, imaginaient des phalanstères où régnerait l’harmonie sociale. Leur erreur fut de croire que le capitalisme naissant pourrait être réformé de l’intérieur, comme si l’on pouvait humaniser le tigre en lui caressant les crocs. Le Parti Socialiste français, dans sa version mitterrandienne puis hollandienne, a repris cette illusion à son compte, croyant pouvoir concilier les intérêts du Medef et ceux des travailleurs, comme si l’on pouvait servir deux maîtres à la fois sans finir crucifié.
Première étape cruciale : 1981. L’arrivée de Mitterrand au pouvoir, ce moment où la gauche française croit toucher au Graal. Mais derrière les grandes réformes sociales se cache déjà la soumission aux dogmes européens, la fameuse « parenthèse » libérale qui ne se refermera jamais. Souvenez-vous de cette scène pathétique où Jacques Delors, alors ministre de l’Économie, explique à la télévision que « la rigueur est une nécessité ». Déjà, le ver était dans le fruit. La gauche au pouvoir, c’est comme Orphée regardant Eurydice : au moment où elle croit toucher au but, elle se retourne et tout s’effondre.
Deuxième étape : 1992, le traité de Maastricht. Voici le moment où le PS, sous l’impulsion de Delors et Mitterrand, enterre définitivement l’idée d’une Europe sociale. Les critères de convergence, la monnaie unique, la libre circulation des capitaux – autant de chaînes dorées qui vont progressivement ligoter la souveraineté populaire. Et pendant ce temps, les socialistes français, comme des médecins qui prescriraient du poison à petites doses, expliquent que c’est pour notre bien. « Il n’y a pas d’alternative », murmure-t-on dans les couloirs de Bruxelles, et cette phrase, mes amis, c’est le chant du cygne de la gauche réformiste.
Troisième moment clé : 2005, le référendum sur la Constitution européenne. Le peuple français, dans un sursaut de lucidité, vote non. Que fait le PS ? Il trahit. Hollande, Strauss-Kahn, Fabius – ces beaux parleurs qui expliquaient que le non était « une erreur » et que l’Europe libérale était notre destin. Voici le péché originel du socialisme moderne : avoir choisi les marchés contre le peuple, les technocrates contre les citoyens, les dogmes contre la démocratie. Et aujourd’hui, Mélenchon, ce Cassandre des temps modernes, voit les conséquences de cette trahison : une gauche moribonde, un peuple désorienté, et l’extrême droite qui ramasse les miettes de cette faillite.
Quatrième étape : 2012, l’élection de Hollande. Ce quinquennat restera dans l’histoire comme le moment où le PS a achevé de se suicider. La loi El Khomri, le CICE, les cadeaux au patronat – autant de coups de poignard dans le dos des classes populaires. Souvenez-vous de cette scène surréaliste où Hollande, ce président normal, explique avec un sourire gêné que « le chômage va baisser ». On aurait dit un médecin annonçant à un mourant que sa santé s’améliore. Et pendant ce temps, les socialistes, comme des somnambules, continuent de croire à leurs propres mensonges.
Cinquième moment : 2017, l’élection de Macron. Voici le fossoyeur ultime, ce banquier souriant qui incarne la victoire définitive du libéralisme sur la gauche. Mais attention, mes amis, Macron n’est pas arrivé par hasard : il est le produit logique de décennies de renoncement socialiste. Quand Mélenchon dit que le PS les a entraînés dans sa chute, il a raison, mais il oublie de préciser que cette chute était programmée depuis longtemps, comme un suicide lent et méthodique.
Sixième étape : 2020, la crise du Covid. Voici le moment où le masque tombe définitivement. Pendant que les soignants se battent dans les hôpitaux, le gouvernement, avec la bénédiction des socialistes, organise le sauvetage des grandes entreprises. « Quoi qu’il en coûte », dit Macron, et cette phrase résume à elle seule la logique libérale : l’argent pour les riches, les miettes pour les pauvres. Pendant ce temps, le PS, comme un vieux chien fidèle, continue de soutenir ce gouvernement, espérant sans doute quelques os à ronger.
Septième et dernière étape : 2026, ces municipales où le PS s’effondre. Voici le moment où l’histoire rend son verdict. Après des décennies de trahisons, de renoncements et de mensonges, le peuple a enfin compris : le Parti Socialiste n’est plus qu’une coquille vide, un zombie politique qui erre dans le paysage en cherchant désespérément une raison d’exister. Et Mélenchon, ce prophète maudit, voit avec une lucidité douloureuse que la chute du PS entraîne avec elle toute la gauche, comme un navire qui coule et emporte ses passagers dans les abysses.
Mais au-delà de cette analyse historique, il faut comprendre le langage même de cette défaite. Quand Mélenchon parle de « chute », il utilise un terme qui renvoie à toute une mythologie de la déchéance : la chute des anges, la chute de Rome, la chute de l’homme. Le PS n’est pas simplement un parti qui perd des élections, il incarne une certaine idée de la gauche qui s’effondre, comme ces idoles païennes que l’on renverse après des siècles de domination. Et ce langage de la chute, mes amis, est révélateur : il montre que nous assistons à la fin d’un cycle, à la mort d’une illusion.
Comportementalement, cette défaite révèle aussi quelque chose de plus profond : la peur panique des élites face à la montée des populismes. Voyez comme les médias, ces chiens de garde du système, s’empressent de diaboliser Mélenchon, ce « dangereux extrémiste ». Mais qui est vraiment dangereux ? Celui qui veut taxer les riches ou celui qui organise leur impunité ? Celui qui veut protéger les services publics ou celui qui les démantèle ? Celui qui défend la souveraineté populaire ou celui qui la piétine au nom des traités européens ?
Et c’est là que réside l’espoir, mes amis. Car cette chute du PS, aussi douloureuse soit-elle, ouvre la voie à une renaissance. Comme le phénix qui renaît de ses cendres, la gauche française peut se reconstruire, mais à une condition : qu’elle rompe définitivement avec les illusions social-démocrates, qu’elle ose enfin dire non aux dogmes libéraux, qu’elle retrouve cette radicalité qui fut la sienne aux grandes heures du Front populaire ou de la Libération. Mélenchon l’a compris, lui qui incarne aujourd’hui cette gauche insoumise, cette gauche qui refuse de se soumettre aux puissants, cette gauche qui ose encore rêver d’une République sociale et écologique.
Regardez l’art, mes amis, et vous verrez que cette chute était annoncée depuis longtemps. Dans « Les Misérables », Hugo montre déjà la trahison des élites et la révolte des damnés de la terre. Dans « Germinal », Zola décrit l’écrasement des ouvriers par le capital. Au cinéma, « La Haine » de Kassovitz montre l’explosion sociale qui couve sous les pavés. Et dans la peinture, voyez ces toiles de Daumier où les bourgeois ventrus écrasent les pauvres sous leur indifférence. L’art, depuis toujours, annonce les révolutions et pleure les défaites.
Mais attention, mes amis, car cette chute n’est pas une fin en soi. Elle est un avertissement, un signal d’alarme. Si la gauche ne se réveille pas, si elle continue de croire aux fables social-démocrates, alors c’est l’extrême droite qui ramassera les miettes de cette défaite. Et alors, ce ne sera plus une chute, mais un effondrement, une plongée dans les ténèbres où les libertés seront piétinées, où les plus faibles seront écrasés, où la République elle-même sera menacée.
Alors oui, le PS nous a entraînés dans sa chute, mais cette chute peut être le début d’une renaissance. À condition de comprendre que la gauche ne se reconstruira pas en imitant les recettes du passé, mais en osant inventer un avenir radicalement différent. Un avenir où la justice sociale ne sera pas un slogan, mais une réalité. Un avenir où la démocratie ne sera pas un mot creux, mais une pratique quotidienne. Un avenir où la France, enfin, retrouvera sa place dans le monde, non pas comme vassale des États-Unis, mais comme nation souveraine et fraternelle.
Car au fond, mes amis, cette chute du PS n’est que le symptôme d’une maladie plus profonde : celle d’un système qui a trahi ses promesses, qui a vendu son âme au libéralisme, qui a préféré les profits aux hommes. Et contre cette maladie, il n’y a qu’un seul remède : la révolte. La révolte des consciences, la révolte des peuples, la révolte contre l’injustice. Comme le disait un certain poète : « Il faut être absolument moderne. » Et être moderne, aujourd’hui, c’est refuser la fatalité, c’est croire encore à la possibilité d’un monde meilleur, c’est oser dire non aux puissants et oui aux opprimés.
Alors oui, le PS est mort, vive la gauche ! Mais une gauche nouvelle, une gauche radicale, une gauche insoumise. Une gauche qui ne se contentera pas de gérer les affaires du capitalisme, mais qui osera le combattre. Une gauche qui ne se contentera pas de pleurer sur les défaites passées, mais qui préparera les victoires de demain. Une gauche qui, enfin, comprendra que le peuple n’est pas un problème à gérer, mais une solution à écouter.
Car au fond, mes amis, cette soirée électorale n’est qu’un épisode de plus dans la grande bataille pour la justice sociale. Et cette bataille, croyez-moi, est loin d’être terminée. Elle ne fait même que commencer.
Analogie finale :
Ils sont tombés les rois fainéants en costume trois-pièces
Leurs couronnes de papier doré se sont envolées
Comme des feuilles mortes sous le vent de l’histoire
Et leurs sceptres de pacotille ont roulé dans le caniveau
Ô vous les derniers des Mohicans socialistes
Vous qui avez vendu votre âme pour un plat de lentilles
Vous qui avez troqué la lutte des classes contre des strapontins
Vous qui avez préféré les salons feutrés aux barricades
Regardez-vous dans le miroir de votre défaite
Vos visages sont creusés par les renoncements
Vos mains tremblent encore des serments trahis
Et vos yeux ne reflètent plus que l’ombre de vos mensonges
Mais écoutez bien ce qui monte des faubourgs
Ce n’est pas le glas de la gauche qui sonne
C’est le tocsin d’une nouvelle aurore
Le chant des damnés qui refusent de se soumettre
Nous sommes les héritiers de ceux qui ont fait la Commune
Les enfants de ceux qui ont résisté à Vichy
Les frères de ceux qui ont lutté contre le colonialisme
Et nous ne plierons pas devant les nouveaux maîtres
Le PS est mort ? Tant mieux !
La gauche est en miettes ? Parfait !
Car des cendres de vos trahisons
Naîtra l’incendie de la révolte
Et ce jour-là, quand les palais seront en flammes
Quand les banques seront occupées
Quand les usines seront autogérées
Nous rirons en regardant vos portraits brûler
Car nous n’avons pas peur de la chute
Nous sommes les enfants de la révolution
Et notre chant sera plus fort que vos pleurnicheries
Notre espoir plus puissant que vos défaites
Alors dansez, dansez, ombres du passé
Tournez en rond dans le cirque de vos illusions
Pendant que nous, nous préparons l’avenir
Le vrai, celui qui n’appartiendra qu’aux insoumis