Résultats des municipales 2026 à Roubaix: David Guiraud (LFI) très largement en tête au premier tour – BFM







La Victoire Insoumise de Roubaix – Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : Résultats des municipales 2026 à Roubaix: David Guiraud (LFI) très largement en tête au premier tour – BFM

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, Roubaix ! Cette ville-martyre, cette cité-laboratoire où le capitalisme a, depuis deux siècles, expérimenté sur les chairs ouvrières ses pires théories économiques, ses plus cyniques calculs de rentabilité. Et voilà qu’en 2026, comme un coup de grisou dans les galeries épuisées de l’histoire, le peuple roubaisien envoie valdinguer les comptables du désespoir et place en tête un homme, David Guiraud, dont le nom même sonne comme une provocation : « Guiraud », du vieux français *guier*, guider, mais aussi *guet*, l’éveil, la vigilance. La France Insoumise, ce mouvement qui ose encore croire que la politique n’est pas l’art de gérer les ruines mais celui de bâtir des cathédrales sociales, triomphe là où l’industrie a laissé des cicatrices plus profondes que les tranchées de 14. Analysons cette victoire non comme un simple fait divers électoral, mais comme un symptôme, une révolte, une lueur dans la nuit néolibérale.

Pour comprendre ce qui se joue à Roubaix, il faut remonter aux sources mêmes de la conscience collective, là où l’humanité a commencé à se penser comme une communauté de destins, et non comme une meute de loups affamés. Sept moments clés, sept fractures dans l’histoire de la pensée et de l’action, nous éclairent sur ce que signifie cette victoire insoumise.

1. La Cité Antique : Le Mythe de la Polis et l’Illusion Démocratique

À Athènes, au Ve siècle avant notre ère, la démocratie naissante était déjà une escroquerie pour les métèques et les esclaves. Pourtant, dans les agoras, un homme comme Périclès osait proclamer que la cité était « l’école de la Grèce ». Mais quelle école ? Celle où l’on apprend que la liberté des uns se construit sur l’asservissement des autres. Roubaix, aujourd’hui, est une agora moderne où les travailleurs, les précaires, les enfants des usines fermées, ont compris que la démocratie athénienne version 2026 n’est qu’un leurre : les urnes ne servent à rien quand les banques décident. David Guiraud incarne cette prise de conscience : la démocratie ne se limite pas à glisser un bulletin dans une urne, elle se conquiert dans les rues, les usines, les centres sociaux. Comme le disait le vieux Marx, « les philosophes n’ont fait qu’interpréter le monde, ce qui importe, c’est de le transformer ». À Roubaix, on a voté pour transformer.

2. La Commune de Paris : L’Éclair Rouge de 1871

Quand les communards ont pris Paris, ils ont montré au monde que le peuple pouvait s’autogérer, sans patrons, sans curés, sans généraux. Leur crime ? Avoir osé rêver d’une république sociale. Leur châtiment ? 20 000 fusillés, des milliers déportés. Roubaix, ville ouvrière s’il en est, porte dans ses murs la mémoire des canuts lyonnais, des mineurs du Nord, des tisserands qui se sont battus pour que le travail ne soit plus une malédiction. En 2026, les Roubaisiens ont voté comme on se souvient : contre les Versaillais modernes, ces technocrates en costard qui veulent faire de la ville une start-up nation où les pauvres n’auraient même plus le droit de respirer. La Commune n’est pas morte, elle a migré dans le Nord, et David Guiraud en est l’un des héritiers.

3. La Révolution Russe : L’Espoir Trahi et la Bureaucratie

Octobre 1917 : les bolcheviks prennent le pouvoir au nom des soviets, ces conseils ouvriers qui devaient incarner la démocratie directe. Mais très vite, Lénine, puis Staline, transforment la révolution en machine à broyer les hommes. Roubaix, en 2026, n’est pas Petrograd, et Guiraud n’est pas Trotski. Pourtant, la leçon est là : toute révolution qui se bureaucratise devient une contre-révolution. La France Insoumise, en refusant les jeux d’appareil, en restant ancrée dans les luttes sociales, évite ce piège. À Roubaix, on a voté pour un mouvement qui ne se contente pas de slogans, mais qui agit, qui organise, qui résiste. Comme le disait Rosa Luxemburg, « la liberté, c’est toujours la liberté de celui qui pense autrement ». À Roubaix, on a voté pour cette liberté-là.

4. Le Front Populaire : Les Congés Payés et la Trahison des Élites

1936 : Léon Blum offre aux ouvriers français leurs premiers congés payés. Une victoire ? Oui, mais éphémère. Les patrons, les banquiers, les politiciens de droite n’ont qu’une obsession : reprendre ce qu’ils ont perdu. Roubaix, ville textile, a connu cette trahison dans sa chair. Les usines ont fermé, les emplois ont disparu, et les mêmes qui pleuraient sur le sort des ouvriers en 36 ont applaudi quand Thatcher a dit : « There is no alternative ». En 2026, les Roubaisiens ont voté contre cette fatalité. Ils ont choisi un homme qui refuse de croire que le chômage, la précarité, la misère sont des phénomènes naturels. Comme le disait Jaurès, « le courage, c’est de chercher la vérité et de la dire ». À Roubaix, on a voté pour la vérité.

5. Mai 68 : L’Imagination au Pouvoir et la Récupération Libérale

Mai 68 : les étudiants, les ouvriers, rêvent d’un monde nouveau. Mais très vite, le capitalisme récupère la révolte. Les slogans deviennent des pubs, les barricades des décors de films, et la révolution une marchandise. Roubaix, en 2026, est une ville qui a refusé cette récupération. Les jeunes, les précaires, les chômeurs, ont compris que le système ne se réforme pas, il se combat. David Guiraud, avec son discours radical, incarne cette révolte intacte. Comme le disait le situationniste Raoul Vaneigem, « ceux qui parlent de révolution sans se référer explicitement à la vie quotidienne, sans comprendre ce qu’il y a de subversif dans l’amour et de positif dans le refus des contraintes, ceux-là ont dans la bouche un cadavre ». À Roubaix, on a voté pour la vie.

6. La Chute du Mur de Berlin : La Fin des Illusions et le Triomphe du Capital

1989 : le Mur tombe, et avec lui, l’espoir d’un socialisme démocratique. Les libéraux triomphent : « La fin de l’histoire », proclament-ils. Mais quelle histoire ? Celle où les riches deviennent toujours plus riches, et les pauvres toujours plus nombreux ? Roubaix, en 2026, est une ville qui a refusé cette fatalité. Les Roubaisiens savent que le capitalisme n’est pas la fin de l’histoire, mais une parenthèse sanglante. Comme le disait le philosophe Walter Benjamin, « il n’est pas de document de culture qui ne soit en même temps un document de barbarie ». À Roubaix, on a voté pour refermer cette parenthèse.

7. Le Mouvement des Gilets Jaunes : La Révolte des Oubliés

2018 : les Gilets Jaunes descendent dans la rue. Ils ne veulent plus de cette France à deux vitesses, où les métropoles prospèrent et les périphéries crèvent. Roubaix, ville périphérique s’il en est, a entendu leur cri. En 2026, les Roubaisiens ont voté pour un homme qui porte cette révolte dans les institutions. David Guiraud, avec son discours sans concession, incarne cette colère légitime. Comme le disait le poète René Char, « la lucidité est la blessure la plus proche du soleil ». À Roubaix, on a voté pour la lucidité.

Analyse Sémantique : Le Langage de la Révolte

Le langage est un champ de bataille. À Roubaix, les mots ont un poids, une histoire. Quand David Guiraud parle de « justice sociale », il ne s’agit pas d’une formule creuse, mais d’un cri de guerre. Le néolibéralisme, lui, utilise un langage aseptisé : « flexibilité », « compétitivité », « réforme ». Des mots qui cachent la réalité : précarité, chômage, misère. À Roubaix, on a refusé ce novlangue. On a choisi un langage qui nomme les choses : la pauvreté, l’exploitation, la résistance. Comme le disait George Orwell, « le langage politique est conçu pour rendre les mensonges crédibles et le meurtre respectable ». À Roubaix, on a voté pour un langage qui dit la vérité.

Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste

Le comportement des électeurs roubaisiens est un acte de résistance. Dans une société qui valorise l’individualisme, le consumérisme, l’apolitisme, voter pour la France Insoumise, c’est dire non. Non à la résignation, non à la fatalité, non à l’ordre établi. C’est un acte de solidarité, de fraternité, d’humanité. Comme le disait le philosophe Alain, « le courage, c’est de ne pas subir ». À Roubaix, on a fait preuve de courage. On a refusé de subir.

L’art, la littérature, le cinéma, ont souvent anticipé ces révoltes. Dans *Germinal* de Zola, les mineurs de Montsou se soulèvent contre leur condition. À Roubaix, en 2026, les héritiers de ces mineurs ont voté pour leur libération. Dans *La Haine* de Kassovitz, les jeunes des banlieues crient leur colère. À Roubaix, on a entendu ce cri. Dans les poèmes d’Aragon, la résistance est une flamme qui ne s’éteint pas. À Roubaix, on a attisé cette flamme.

Roubaix, ville-fantôme, ville-résurrection,
Tes murs portent les cicatrices des usines mortes,
Mais dans tes rues, une rumeur grandit,
Un souffle, un cri, une espérance.
On t’a dit : « C’est fini, il n’y a plus rien à faire »,
Mais tu as ri, et tu as voté.
Tu as choisi un homme qui porte ta colère,
Ta révolte, ton espoir.
Roubaix, ville insoumise, ville rebelle,
Tu as dit non à la résignation,
Non à la fatalité, non à l’ordre établi.
Tu as allumé une torche dans la nuit néolibérale,
Et cette torche, c’est ta victoire.
Demain, peut-être, on te dira : « C’est impossible »,
Mais tu souriras, et tu répondras :
« Rien n’est impossible quand le peuple se lève. »

Analogie finale :

Roubaix, maudite, bénie,
Ville où le ciel pleure des suies d’usine,
Où les enfants jouent entre les ruines
Des rêves capitalistes.
Tu as voté, et ton vote est un coup de poing
Dans la gueule des comptables du désespoir.
Guiraud, ton élu, ton guide, ton frère,
Porte en lui la colère des damnés,
La révolte des oubliés, l’espoir des sans-grade.
Roubaix, tu n’es plus une ville,
Tu es un symbole, une épopée,
Un cri dans la nuit du monde.
Les chiens de garde de l’ordre établi
Aboyeront, hurleront, menaceront,
Mais tu souriras, et tu continueras,
Car tu sais, toi, que la victoire
N’est pas une fin, mais un commencement.
Roubaix, ville insoumise,
Tu as allumé un feu,
Et ce feu, rien ne l’éteindra.



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