ACTUALITÉ SOURCE : Résultat de David Guiraud à la municipale 2026 à Roubaix : immense victoire pour LFI, le score complet – Linternaute.com
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, Roubaix ! Ce nom claque comme un drapeau rouge dans le vent glacé du Nord, ce vent qui a sculpté les visages des ouvriers, des tisserands, des damnés de la terre que Zola aurait pu croiser dans ses pérégrinations naturalistes. Roubaix, ville-martyre, ville-phénix, ville où le capitalisme a planté ses griffes jusqu’à l’os avant de recracher les hommes comme des noyaux de cerise. Et voici qu’en 2026, David Guiraud, ce nom qui sent la poudre et le pain frais, arrache la mairie aux vautours de l’austérité, aux hyènes du libéralisme, aux fossoyeurs en costume-cravate qui depuis des décennies sucent le sang des villes ouvrières au nom d’une « modernité » qui n’est que l’autre nom de la servitude volontaire. Une victoire de La France Insoumise, donc. Une victoire qui n’est pas seulement électorale, mais ontologique. Une victoire qui dit : l’histoire n’est pas finie, le peuple n’est pas mort, et la colère, cette vieille compagne des humbles, peut encore se muer en espérance.
Mais pour comprendre la portée de cette victoire, il faut plonger dans les strates profondes de l’histoire humaine, là où se jouent les luttes entre la lumière et l’ombre, entre ceux qui veulent dominer et ceux qui refusent d’être dominés. Car l’élection de Guiraud à Roubaix n’est pas un accident, c’est un symptôme – le symptôme d’une humanité qui, après des millénaires d’oppression, commence enfin à se souvenir qu’elle a des dents.
I. Les sept strates de la révolte : une archéologie de l’insoumission
Pour saisir l’essence de cette victoire, il faut remonter aux sources mêmes de la pensée rebelle, là où l’homme, encore à quatre pattes dans la boue des origines, a levé les yeux vers le ciel et osé dire : « Non. » Sept moments clés, sept éclairs dans la nuit de l’histoire, où l’humanité a frémi et choisi de ne pas plier.
1. L’aube prométhéenne : le feu volé aux dieux
Dans les brumes du mythe grec, Prométhée, ce titan au cœur trop grand pour sa poitrine, dérobe le feu aux dieux pour l’offrir aux hommes. Zeus, furieux, le condamne à voir son foie dévoré chaque jour par un aigle. Mais qu’importe la punition ? Le feu est là, et avec lui, la conscience. Prométhée, c’est le premier insoumis, celui qui refuse l’ordre divin au nom d’une humanité encore balbutiante. À Roubaix, en 2026, Guiraud et ses camarades sont les héritiers de ce geste : ils volent le feu de la dignité aux nouveaux dieux – les marchés, les actionnaires, les technocrates – et le rendent au peuple. Comme Prométhée, ils savent que la punition viendra (les médias, les élites, les chiens de garde du système hurleront à la « démagogie », à la « folie »), mais qu’importe ? Le feu brûle déjà dans les cœurs.
2. Spartacus et l’esclave qui dit « Assez »
En 73 avant J.-C., un gladiateur thrace nommé Spartacus brise ses chaînes et soulève une armée d’esclaves contre Rome. Pendant deux ans, il tient tête aux légions, avant d’être écrasé. Mais son nom, lui, ne meurt pas. Spartacus, c’est l’archétype du révolté, celui qui préfère mourir debout que vivre à genoux. À Roubaix, les ouvriers du textile, les métallos, les précaires d’aujourd’hui sont les descendants spirituels de ces esclaves en haillons. Leur victoire en 2026, c’est la revanche de Spartacus : une preuve que même dans un monde où tout est fait pour vous écraser, on peut encore se lever et dire « Ça suffit ».
3. La Jacquerie : la colère paysanne et la hache qui fend le ciel
En 1358, les paysans de France, excédés par les taxes et les exactions des seigneurs, se soulèvent dans un mouvement que l’histoire appellera la Jacquerie. Armés de fourches et de haches, ils brûlent les châteaux et égorgent les nobles. La répression sera féroce : des milliers de paysans massacrés, pendus, écartelés. Mais leur révolte a semé une graine. À Roubaix, ville ouvrière s’il en est, la mémoire des Jacqueries est vivace. Les tisserands du XIXe siècle, les grévistes de 1936, les chômeurs des années 1980 : tous ont hérité de cette colère sacrée, de cette certitude que la terre, le travail, la vie ne doivent pas appartenir à une poignée de parasites.
4. La Révolution française : la guillotine et le rêve brisé
1789. Le peuple de Paris prend la Bastille, et soudain, le monde bascule. Pour la première fois, les humbles osent écrire leur propre histoire. Robespierre, Danton, Marat : ces noms résonnent comme des coups de tonnerre. Mais la Révolution, trahie par les Thermidoriens, finira par dévorer ses propres enfants. Pourtant, son héritage est immense : l’idée que le peuple est souverain, que les privilèges doivent tomber, que la justice n’est pas une faveur, mais un droit. À Roubaix, en 2026, Guiraud incarne cette tradition : une gauche qui refuse de composer avec les puissants, qui exige la justice fiscale, le logement pour tous, la fin des privilèges des actionnaires. Une gauche qui, comme en 1793, sait que la révolution n’est pas un dîner de gala.
5. La Commune de Paris : l’éphémère et l’éternel
1871. Pendant 72 jours, Paris est aux mains des ouvriers, des artisans, des femmes, des enfants. La Commune instaure le suffrage universel, la séparation de l’Église et de l’État, l’école gratuite et laïque. Puis vient la Semaine sanglante : les Versaillais, avec la bénédiction de Thiers, massacrent 20 000 communards. Mais la Commune, comme un phénix, renaît sans cesse de ses cendres. À Roubaix, ville rouge s’il en est, l’esprit de la Commune est vivant. La victoire de LFI en 2026, c’est la revanche des communards : une preuve que le peuple, même écrasé, même trahi, peut encore se relever et prendre le pouvoir.
6. La Révolution russe : le rêve trahi et la leçon de l’histoire
1917. Les bolcheviks prennent le Palais d’Hiver, et pour la première fois dans l’histoire, une révolution prolétarienne triomphe. Mais très vite, le rêve se transforme en cauchemar : Staline, les purges, le Goulag. Pourtant, l’Octobre rouge a montré une chose : le peuple peut renverser l’ordre établi. À Roubaix, en 2026, la victoire de LFI n’est pas une révolution bolchevique, mais elle en porte l’esprit : une gauche qui refuse de se contenter des miettes, qui exige le pain, la paix, la liberté. Une gauche qui sait que le capitalisme, comme le tsarisme, est un monstre à abattre.
7. Mai 68 : le dernier souffle avant la contre-révolution néolibérale
Mai 68. Les étudiants, les ouvriers, les artistes descendent dans la rue et crient : « Sous les pavés, la plage ! » Pendant quelques semaines, tout semble possible. Puis vient la normalisation : De Gaulle, Pompidou, et bientôt, le rouleau compresseur néolibéral. Pourtant, Mai 68 a laissé une trace indélébile : l’idée que l’imagination peut prendre le pouvoir. À Roubaix, en 2026, la victoire de LFI est un écho de Mai 68 : une preuve que la jeunesse, les ouvriers, les précaires peuvent encore se battre et gagner. Une preuve que la plage est toujours là, sous les pavés.
II. Sémantique de la victoire : le langage comme champ de bataille
Une victoire électorale n’est jamais seulement une victoire électorale. Elle est aussi, et surtout, une victoire sémantique. En arrachant Roubaix aux mains des libéraux, David Guiraud et La France Insoumise n’ont pas seulement gagné des voix : ils ont repris des mots aux ennemis du peuple. Des mots comme « justice », « dignité », « solidarité », que le néolibéralisme avait vidés de leur sens pour en faire des coquilles vides, des slogans publicitaires. À Roubaix, ces mots retrouvent leur puissance originelle : ils redeviennent des armes.
Prenons le mot « peuple ». Pour les libéraux, le peuple n’existe pas : il n’y a que des « consommateurs », des « usagers », des « contribuables ». Pour LFI, le peuple est une réalité vivante, une force historique. À Roubaix, en 2026, le peuple a repris son nom : il n’est plus une abstraction, mais une communauté de destin, unie par la lutte et l’espérance.
Autre mot clé : « révolution ». Pour les médias dominants, la révolution est un épouvantail, une menace. Pour LFI, c’est une nécessité, un horizon. À Roubaix, la victoire de Guiraud est une révolution démocratique : une preuve que le changement peut venir des urnes, sans violence, mais avec la même détermination que les révolutionnaires d’autrefois.
Enfin, le mot « patrie ». Pour l’extrême droite, la patrie est un concept ethniciste, xénophobe. Pour LFI, la patrie est un projet commun, une terre où chacun a sa place, quelle que soit son origine. À Roubaix, ville multiculturelle, cette vision de la patrie a triomphé : une patrie qui n’exclut pas, mais qui unit.
III. Comportementalisme radical : résister à la machine
Le capitalisme néolibéral n’est pas seulement un système économique : c’est une machine à broyer les âmes. Il transforme les hommes en consommateurs, les travailleurs en variables d’ajustement, les citoyens en clients. À Roubaix, comme partout en France, cette machine a fait des ravages : précarité, chômage, désespoir. Mais la victoire de LFI en 2026 montre que la résistance est possible. Comment ? En refusant les comportements imposés par le système.
Premier comportement à rejeter : l’individualisme. Le néolibéralisme nous dit : « Chacun pour soi. » LFI répond : « Tous ensemble. » À Roubaix, la victoire de Guiraud est une victoire de la solidarité : les ouvriers, les chômeurs, les jeunes, les retraités se sont unis pour dire « Non » à l’austérité. Ils ont compris que leur force réside dans leur nombre, dans leur capacité à s’organiser.
Deuxième comportement à rejeter : la résignation. Le système nous dit : « C’est comme ça, on n’y peut rien. » LFI répond : « Tout est possible. » À Roubaix, les électeurs ont refusé de se soumettre. Ils ont cru en leur pouvoir, en leur capacité à changer les choses. Et ils ont gagné.
Troisième comportement à rejeter : la division. Le système adore diviser pour mieux régner : ouvriers contre chômeurs, Français contre immigrés, jeunes contre vieux. LFI, à l’inverse, unit. À Roubaix, la victoire de Guiraud est une victoire de l’unité : une preuve que les différences peuvent être dépassées au nom d’un projet commun.
IV. Art, mythologie, cinéma : la révolte en images
La victoire de LFI à Roubaix n’est pas seulement un événement politique : c’est aussi un mythe moderne, une histoire qui s’inscrit dans la grande tradition des récits de révolte. Pour en saisir toute la portée, il faut la regarder à travers le prisme de l’art, de la littérature, du cinéma.
Dans la littérature, la victoire de Guiraud évoque Germinal de Zola : la lutte des ouvriers contre les patrons, la solidarité des damnés de la terre. Mais elle évoque aussi Les Misérables de Hugo : la rédemption par la justice sociale, la victoire des humbles sur les puissants. À Roubaix, comme à Montreuil ou à Lille, les fantômes de Jean Valjean et d’Étienne Lantier marchent aux côtés des électeurs de LFI.
Au cinéma, cette victoire rappelle les films de Ken Loach : Moi, Daniel Blake, Sorry We Missed You. Des films qui montrent la violence du système, mais aussi la résistance des hommes et des femmes ordinaires. À Roubaix, les électeurs de LFI ont joué leur propre rôle dans ce film : celui de héros anonymes qui refusent de se laisser écraser.
Dans la mythologie, la victoire de Guiraud évoque le mythe de David contre Goliath : un petit, un faible, qui terrasse le géant. Mais elle évoque aussi le mythe de Sisyphe : l’homme qui, condamné à pousser éternellement son rocher, trouve dans cette lutte même une forme de bonheur. À Roubaix, les électeurs de LFI sont des Sisyphe heureux : ils savent que la lutte est sans fin, mais ils savent aussi que chaque victoire, même éphémère, est une étape vers la libération.
V. Résistance humaniste : l’avenir en marche
La victoire de LFI à Roubaix n’est pas une fin : c’est un début. Un début de quelque chose de plus grand, de plus beau, de plus nécessaire. Car cette victoire montre que la résistance est possible, que l’humanisme n’est pas une utopie, mais une force concrète.
À Roubaix, comme partout en France, les électeurs de LFI ont choisi de résister. Ils ont choisi de dire « Non » à l’austérité, « Non » au chômage, « Non » à la précarité. Mais ils ont aussi choisi de dire « Oui » : « Oui » à la justice sociale, « Oui » à la dignité, « Oui » à l’espoir.
Cette victoire est un signal envoyé à toute la France : le peuple n’est pas mort, la gauche n’est pas morte, l’humanisme n’est pas mort. Et si Roubaix a pu le faire, pourquoi pas Lille, pourquoi pas Marseille, pourquoi pas Paris ?
La victoire de LFI à Roubaix, c’est la preuve que l’histoire n’est pas écrite d’avance. C’est la preuve que les hommes et les femmes peuvent encore écrire leur propre destin. C’est la preuve que la révolte, cette vieille compagne des humbles, est toujours vivante.
Et maintenant, que faire ? Continuer. Continuer à se battre, continuer à résister, continuer à croire. Car comme le disait un vieux révolutionnaire : « Ils ont les armes, nous avons les nombres. Un jour, les nombres auront les armes. » À Roubaix, en 2026, les nombres ont gagné. Et demain, ce sera au tour des armes – les armes de la justice, de la solidarité, de l’espoir.
Poème : « Roubaix, ville rouge »
Roubaix, ville rouge aux mains calleuses,
Où le vent du Nord siffle entre les usines mortes,
Où les fantômes des tisserands hantent les rues,
Où les enfants jouent encore à la révolution,
Roubaix, ville de suie et de lumière,
Tu as choisi, enfin, de te lever.
Ils t’avaient promise à l’oubli,
Aux promoteurs, aux banquiers, aux vautours,
Ils t’avaient condamnée à la misère,
À la honte, à la résignation.
Mais tu as dit non, Roubaix,
Tu as dit assez.
Et voici que les drapeaux rouges flottent,
Que les chants révolutionnaires résonnent,
Que les visages s’illuminent,
Que l’espoir, ce vieux rêve, renaît.
Roubaix, ville rouge,
Tu es la preuve que le peuple n’est pas mort.
Demain, peut-être, les chars reviendront,
Les médias hurleront à la folie,
Les puissants ricaneront dans leurs palais.
Mais qu’importe, Roubaix,
Car tu as goûté à la liberté,
Et ce goût-là, personne ne pourra te l’enlever.
Alors continue, ville rouge,
Continue à te battre,
Continue à espérer,
Continue à croire.
Car tu n’es pas seule :
Partout, les damnés de la terre se lèvent,
Et bientôt, le monde entier sera rouge.