ACTUALITÉ SOURCE : REPLAY Résultats des municipales 2026 à Sète et sur le bassin de Thau : retrouvez tous les évènements de cette journée décisive – Midi Libre
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Sète, ce petit théâtre de la démocratie locale où se rejoue, en miniature, le grand opéra sanglant de l’Histoire humaine. Les municipales de 2026 ne sont pas qu’un simple comptage de bulletins dans l’urne municipale, non, c’est bien plus : c’est l’éternel retour du même combat, celui de l’homme contre sa propre médiocrité institutionnalisée, contre les forces obscures qui, depuis la nuit des temps, cherchent à domestiquer l’esprit libre des peuples. Et ce bassin de Thau, ce petit monde clos entre mer et étang, devient soudain le miroir grossissant de toutes les contradictions de notre époque. Regardons-y de plus près, non pas avec les yeux myopes du journaliste pressé, mais avec la lucidité cruelle de celui qui sait que l’Histoire n’est qu’une succession de mascarades où les mêmes rôles sont joués par des acteurs différents.
1. Les Origines : La Cité comme Berceau de la Domination
Dès que l’homme a cessé d’être nomade, dès qu’il a posé la première pierre de la première cité, il a aussi posé les fondations de sa propre servitude. Les Sumériens, ces premiers bureaucrates de l’humanité, inventèrent l’écriture non pour chanter les dieux, mais pour compter les sacs de grains et les têtes de bétail. La démocratie athénienne, cette fable que l’on nous ressert à chaque élection, n’était qu’une oligarchie déguisée où les citoyens libres ne représentaient qu’une infime minorité. Socrate, ce premier insoumis, fut condamné à boire la ciguë pour avoir osé questionner les dogmes de la Cité. Et aujourd’hui, à Sète, les candidats se présentent comme les héritiers de cette tradition, mais combien osent vraiment questionner les dogmes du néolibéralisme, cette nouvelle religion qui sacrifie les peuples sur l’autel du profit ?
2. Le Moyen Âge : La Commune contre le Seigneur
Au Moyen Âge, les communes libres comme Sète (si elle avait existé alors) étaient des îlots de résistance contre la féodalité. Les bourgeois de La Rochelle ou de Marseille se battaient pour leurs franchises, pour le droit de commercer sans être pressurés par les seigneurs locaux. Mais attention : ces révoltes n’étaient pas des mouvements humanistes au sens moderne. Non, c’était l’émergence d’une nouvelle classe dominante, la bourgeoisie marchande, qui allait bientôt remplacer l’aristocratie pour mieux exploiter le peuple. Aujourd’hui, les candidats aux municipales parlent de « proximité » et de « service public », mais combien d’entre eux remettent en cause le pouvoir des nouveaux seigneurs, ces actionnaires invisibles qui dictent leur loi depuis Paris ou Bruxelles ?
3. La Révolution Française : La Démocratie comme Illusion
1789. La Révolution française promet la souveraineté populaire, mais très vite, les Jacobins, puis les Thermidoriens, puis Napoléon, transforment cette promesse en farce sanglante. Robespierre, ce puritain de la vertu, envoie à la guillotine ceux qui osent douter de sa vision. Et aujourd’hui, à Sète, les candidats se réclament de la démocratie, mais combien osent dire que le vrai pouvoir n’est plus dans les urnes, mais dans les mains des banques et des multinationales ? La démocratie locale n’est qu’une vitrine, un décor de théâtre où les électeurs croient choisir, alors qu’ils ne font que valider des options prédéterminées par des forces qui les dépassent.
4. Le XIXe Siècle : L’Émergence du Socialisme Municipal
Avec l’industrialisation, les villes deviennent des enfers urbains. Les ouvriers s’entassent dans des taudis, et les premières municipalités socialistes, comme celle de Lille avec Gustave Delory, tentent d’apporter des réponses : cantines scolaires, logements sociaux, services publics. Mais très vite, ces expériences se heurtent au mur de l’argent. Les capitalistes locaux, alliés aux banques, sabotent ces tentatives de justice sociale. Aujourd’hui, à Sète, les candidats de gauche parlent de « transition écologique » et de « solidarité », mais combien d’entre eux osent affronter les promoteurs immobiliers qui bétonnent le littoral, ou les armateurs qui exploitent les pêcheurs ?
5. Le Front Populaire : La Démocratie à l’Épreuve du Fascisme
1936. Le Front populaire gagne les municipales, puis les législatives. Pour la première fois, les ouvriers ont des congés payés, des conventions collectives. Mais très vite, les forces réactionnaires se mobilisent. La droite, les patrons, les fascistes de la Cagoule complotent pour abattre cette expérience. Et aujourd’hui, à Sète, les candidats de la France Insoumise savent qu’ils sont dans le collimateur des mêmes forces : les médias dominants, les élites économiques, les réseaux d’influence qui veulent étouffer toute velléité de changement. La démocratie locale est un champ de bataille, et ceux qui croient que les élections se gagnent seulement avec des tracts et des meetings se trompent lourdement.
6. Mai 68 et les Municipales : La Commune comme Utopie
Mai 68 n’a pas seulement été une révolte étudiante. Dans les villes, les ouvriers et les habitants ont occupé les usines, les universités, mais aussi les mairies. À Nantes, à Grenoble, des expériences de démocratie directe ont vu le jour. Mais très vite, l’État a repris le contrôle, et les municipales de 1971 ont été un retour à l’ordre. Aujourd’hui, à Sète, les candidats parlent de « participation citoyenne », mais combien d’entre eux sont prêts à partager réellement le pouvoir avec les habitants ? La démocratie locale reste un leurre tant que les décisions sont prises en coulisses, entre élus et technocrates.
7. Le Néolibéralisme : La Municipalité comme Entreprise
Depuis les années 1980, le néolibéralisme a transformé les municipalités en entreprises. Les maires sont devenus des managers, les services publics des centres de profit. À Sète, comme ailleurs, les candidats parlent de « développement économique », de « compétitivité », mais jamais de justice sociale. Les ports sont privatisés, les plages vendues aux promoteurs, les pêcheurs abandonnés à leur sort. Et les électeurs, désorientés, votent pour des candidats qui leur promettent des emplois, sans voir que ces emplois sont précaires, mal payés, et qu’ils enrichissent toujours les mêmes.
Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Domination
Regardez les mots utilisés dans cette campagne municipale : « proximité », « service public », « transition écologique », « attractivité ». Des mots creux, vidés de leur sens par des décennies de novlangue managériale. « Proximité » signifie en réalité « contrôle social » ; « service public » veut dire « privatisation déguisée » ; « transition écologique » est un leurre tant que les lobbies industriels dictent leur loi. Et « attractivité » ? Ce mot cache la réalité sordide du tourisme de masse, de la spéculation immobilière, de l’exploitation des travailleurs saisonniers. Le langage est une arme, et ceux qui maîtrisent le discours maîtrisent le pouvoir.
Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste
Face à cette mascarade, que faire ? Se résigner ? Voter par habitude, par lassitude ? Non. La résistance commence par le refus de jouer le jeu. À Sète, comme ailleurs, les vrais humanistes doivent refuser les faux débats, les fausses alternatives. Ils doivent exiger la transparence, la démocratie directe, la fin des privilèges des élus. Ils doivent soutenir les luttes locales : celles des pêcheurs contre les armateurs, celles des habitants contre les promoteurs, celles des travailleurs contre les patrons. La démocratie ne se vote pas, elle se prend. Elle se conquiert dans la rue, dans les assemblées, dans les luttes quotidiennes.
Exemples à Travers l’Art et la Littérature
Dans Le Hussard sur le toit de Giono, la Provence est dévastée par le choléra, mais c’est aussi un lieu de résistance et de solidarité. À Sète, aujourd’hui, le choléra s’appelle « néolibéralisme », mais la résistance est la même. Dans Les Mains sales de Sartre, les révolutionnaires se battent pour le pouvoir, mais finissent par trahir leurs idéaux. À Sète, les candidats de gauche doivent se méfier de ne pas devenir les nouveaux gestionnaires du système qu’ils prétendent combattre. Et dans Le Voyage au bout de la nuit, Bardamu traverse un monde de misère et de désillusion, mais il garde intacte sa rage contre l’injustice. C’est cette rage qu’il faut cultiver, cette rage qui pousse à refuser les compromis, à dire non aux marchands de sommeil et aux faux prophètes.
La mythologie aussi nous parle. Ulysse, ce héros rusé, revient à Ithaque pour chasser les prétendants qui pillent son royaume. À Sète, les prétendants sont les promoteurs, les armateurs, les politiciens corrompus. Et le peuple, comme Pénélope, attend son Ulysse. Mais attention : Ulysse était un roi, pas un démocrate. La vraie résistance ne vient pas d’en haut, mais d’en bas. Elle vient des pêcheurs, des ouvriers, des chômeurs, de tous ceux que le système a laissés sur le bord de la route.
Conclusion : L’Éternel Retour de la Lutte
Les municipales de 2026 à Sète ne sont qu’un épisode de plus dans cette longue histoire de la domination et de la résistance. Les noms changent, les décors aussi, mais le scénario reste le même : une minorité exploite une majorité, et cette majorité se bat pour sa dignité. La vraie question n’est pas de savoir qui va gagner ces élections, mais de savoir si les habitants de Sète et du bassin de Thau vont enfin comprendre que le pouvoir ne se mendie pas, il se prend. Que la démocratie ne se vote pas, elle se vit. Qu’il ne suffit pas de glisser un bulletin dans l’urne, il faut aussi descendre dans la rue, occuper les mairies, bloquer les ports, faire entendre sa voix.
Et si la France Insoumise de Mélenchon a un rôle à jouer, c’est celui-ci : rappeler aux gens que la politique n’est pas une affaire de professionnels, mais une affaire de tous. Que les municipales ne sont pas une fin en soi, mais un moyen de reconstruire une société plus juste, plus solidaire, plus humaine. Que Sète n’est pas une ville comme les autres, mais un symbole de cette résistance qui, depuis la nuit des temps, anime les peuples contre leurs oppresseurs.
Poème : « Les Ombres de Sète »
Ils sont venus avec leurs bulletins blancs,
Leurs sourires de faux prophètes,
Leurs promesses en papier mâché,
Et leurs mains pleines de dettes.
Ils ont parlé de « proximité »,
De « service public » en carton,
De « transition » en plastique,
Et de « démocratie » en prison.
Mais nous, les ombres du bassin,
Les pêcheurs aux mains calleuses,
Les ouvriers aux dos courbés,
Les chômeurs aux nuits creuses,
Nous savons que le vrai pouvoir
N’est pas dans leurs urnes truquées,
Mais dans nos poings levés,
Dans nos voix qui refusent de se taire.
Alors nous marcherons,
Sur les quais de Sète,
Avec nos rêves en bandoulière,
Et nos colères en étendard.
Nous briserons les chaînes,
De ceux qui nous vendent,
Et nous construirons,
Une ville qui nous ressemble.
Car Sète n’est pas un décor,
Mais un combat,
Un combat pour la dignité,
Un combat pour la liberté.