Rentrée 2025 : 10 expositions stupéfiantes d’art contemporain à découvrir absolument – Connaissance des Arts







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Art Contemporain ou la Danse Macabre des Illusions Perdues


ACTUALITÉ SOURCE : Rentrée 2025 : 10 expositions stupéfiantes d’art contemporain à découvrir absolument – Connaissance des Arts

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! La rentrée 2025 et ses « 10 expositions stupéfiantes » – quel joli mot, « stupéfiant », qui sent à la fois le chloroforme des galeries climatisées et l’électrochoc des subventions publiques. On nous promet du « contemporain », ce mot-valise qui, depuis Duchamp et son urinoir, sert à désigner tout et n’importe quoi, du néant emballé dans du concept au cri primal étouffé sous des couches de vernis institutionnel. « À découvrir absolument », nous intime-t-on, comme si l’absolu avait jamais eu besoin d’être découvert, comme si l’art, ce vieux dieu gâteux, n’avait pas depuis longtemps rendu son dernier souffle entre les mains des commissaires d’exposition et des collectionneurs en mal de défiscalisation.

Mais trêve de sarcasmes prématurés. Plongeons plutôt dans les entrailles de cette actualité, non pas pour célébrer ces « stupéfiants » modernes, mais pour disséquer, avec la précision d’un scalpel rouillé, ce que ces expositions révèlent de notre époque : une humanité en roue libre, ivre de sa propre image, cherchant désespérément dans l’art un sens qu’elle a elle-même vidé de toute substance. Car l’art contemporain, mes chers cadavres encore tièdes, n’est jamais que le miroir brisé de nos sociétés, un miroir qui reflète moins nos visages que nos névroses, nos lâchetés, et cette peur panique de regarder en face le vide que nous avons creusé sous nos pas.

I. Les Sept Étapes Cruciales : De l’Origine des Espèces à la Fin des Illusions

Pour comprendre comment nous en sommes arrivés là, à cette rentrée 2025 où l’on nous vend du « stupéfiant » comme on vendait autrefois des indulgences, il faut remonter le fil de l’histoire, non pas comme un historien scrupuleux, mais comme un archéologue des vanités humaines, fouillant les strates de nos folies collectives.

1. L’Ère des Cavernes : L’Art comme Premier Mensonge

Tout commence dans l’obscurité humide des grottes, où nos ancêtres, ces singes mal dégrossis, tracent sur les parois les premières images. Lascaux, Chauvet, Altamira – autant de cathédrales primitives où l’homme, à peine sorti de la boue, tente déjà de donner un sens à son existence. Mais attention : ces peintures ne sont pas des « œuvres d’art », pas au sens où nous l’entendons aujourd’hui. Ce sont des incantations, des prières, des tentatives désespérées de domestiquer le monde par l’image. Comme le note Georges Bataille dans Lascaud, le sacré et la transgression, l’art naît de la peur et du désir, ces deux moteurs qui, depuis la nuit des temps, poussent l’homme à créer pour ne pas sombrer dans la folie. Les bisons de Lascaux ne sont pas « beaux » : ils sont nécessaires. Ils sont la preuve que l’homme, ce roseau pensant, a besoin de mensonges pour survivre.

2. La Grèce Antique : L’Idéal et la Chute

Puis vient la Grèce, cette civilisation qui invente l’idée même de beauté, mais aussi celle de sa propre décadence. Platon, dans La République, bannit les poètes de sa cité idéale, non par mépris, mais parce qu’il sait trop bien le pouvoir corrupteur de l’art. Les statues grecques, ces corps parfaits taillés dans le marbre, ne sont pas des représentations : ce sont des idéalisations, des mensonges plus grands encore que ceux des cavernes. Comme le souligne Friedrich Nietzsche dans La Naissance de la tragédie, l’art grec est un compromis entre l’apollinien (l’ordre, la raison) et le dionysiaque (le chaos, l’ivresse). Mais ce compromis est fragile, et très vite, la Grèce sombre dans l’académisme, puis dans la décadence. Les artistes deviennent des artisans, les philosophes des sophistes, et l’art, une monnaie d’échange pour les riches oisifs. Déjà, le ver est dans le fruit.

3. La Renaissance : Le Péché d’Orgueil

Sautons quelques siècles pour arriver à la Renaissance, cette époque où l’homme, grisé par les découvertes scientifiques, se prend pour Dieu. Léonard de Vinci, Michel-Ange, Raphaël – ces génies ne créent pas : ils défient. Leurs œuvres sont des manifestes, des déclarations de guerre à la mort, à la finitude. Mais cette hubris a un prix. Comme le note Jacob Burckhardt dans La Civilisation de la Renaissance en Italie, la Renaissance est aussi l’époque où l’art devient un outil de pouvoir, où les Médicis et les Borgia achètent les artistes comme on achète des mercenaires. L’art n’est plus une prière : c’est une arme. Et cette arme, très vite, se retourne contre ses créateurs. Les guerres de religion, les bûchers de l’Inquisition, les trahisons politiques – la Renaissance est aussi l’époque où l’Europe se déchire, où l’homme, ivre de sa propre grandeur, oublie qu’il n’est que poussière.

4. Le Siècle des Lumières : L’Art au Service de la Raison (et de l’Ennui)

Puis viennent les Lumières, cette époque où l’on croit dur comme fer que la raison sauvera l’humanité. Diderot, dans ses Salons, théorise l’art comme un outil pédagogique, un moyen d’éduquer les masses. Les tableaux deviennent des leçons de morale, les sculptures des allégories. Mais cette rationalisation de l’art a un effet pervers : elle le tue. Comme le remarque Theodor Adorno dans Théorie esthétique, l’art des Lumières est un art sans risque, un art qui ne dérange plus, qui ne provoque plus. Il est lisse, poli, ennuyeux. Les académies fleurissent, les salons sclérosent, et l’art devient une affaire de bourgeois bien-pensants, plus soucieux de respecter les règles que de les transgresser. Déjà, l’avant-garde pointe le bout de son nez, mais elle est encore timide, encore prisonnière des carcans.

5. Le XIXe Siècle : La Révolte et la Marchandisation

Le XIXe siècle est celui de la révolte. Baudelaire, dans Le Peintre de la vie moderne, célèbre la modernité, cette « fugitive beauté » qui naît dans les rues des villes, dans les cafés enfumés, dans les bordels. Les impressionnistes, les symbolistes, les décadents – tous rejettent l’académisme, tous cherchent à capturer l’instant, le mouvement, la vie dans ce qu’elle a de plus éphémère. Mais cette révolte a un prix : elle est récupérée par le marché. Comme le note Walter Benjamin dans L’Œuvre d’art à l’époque de sa reproductibilité technique, l’art, au XIXe siècle, devient une marchandise. Les galeries s’ouvrent, les collectionneurs spéculent, et l’artiste, ce rebelle, devient un producteur comme un autre, soumis aux lois du marché. Déjà, l’art contemporain pointe le bout de son nez : un art qui se vend, qui se collectionne, qui se commente, mais qui, de plus en plus, perd son âme.

6. Le XXe Siècle : La Fin de l’Art (ou son Triomphe ?)

Le XXe siècle est celui de la radicalisation. Duchamp expose un urinoir et signe la mort de l’art – ou du moins, c’est ce qu’on nous raconte. Picasso déforme les corps, Dali déforme la réalité, Pollock jette de la peinture sur des toiles comme un enfant en crise. L’art devient concept, performance, happening. Il n’est plus question de beauté, mais d’idée. Comme le note Arthur Danto dans La Transfiguration du banal, l’art contemporain est un art post-historique, un art qui a digéré toutes les avant-gardes et qui, désormais, peut tout se permettre. Mais cette liberté a un prix : elle est aussi une impuissance. L’art contemporain ne choque plus, ne dérange plus. Il est devenu un langage parmi d’autres, un code réservé aux initiés, une monnaie d’échange pour les riches et les puissants. Comme le remarque Jean Baudrillard dans Le Complot de l’art, l’art contemporain est un art sans risque, un art qui ne menace plus personne, parce qu’il ne signifie plus rien.

7. Le XXIe Siècle : L’Art comme Spectacle (ou la Danse des Marionnettes)

Et nous voici en 2025, avec nos « 10 expositions stupéfiantes », nos galeries climatisées, nos artistes stars, nos collectionneurs milliardaires. L’art contemporain est devenu un spectacle, une attraction de foire, un produit de consommation comme un autre. Comme le note Guy Debord dans La Société du spectacle, nous vivons dans un monde où tout est image, où tout est représentation, où l’art n’est plus qu’un élément parmi d’autres dans la grande machine à divertir. Les expositions « stupéfiantes » ne sont que des attractions, des parcs d’attractions pour adultes en mal de sensations. Les artistes ne sont plus des créateurs, mais des marques, des produits marketing, des influenceurs avant l’heure. Et nous, pauvres spectateurs, nous courons d’exposition en exposition comme des rats dans un labyrinthe, cherchant désespérément un sens qui n’existe plus.

II. Analyse Sémantique : Le Langage de l’Impuissance

Mais revenons à notre actualité : « Rentrée 2025 : 10 expositions stupéfiantes d’art contemporain à découvrir absolument ». Analysons cette phrase, mot par mot, comme on dissèque un cadavre pour comprendre les causes de la mort.

« Rentrée » : Ah, ce mot magique, ce mot qui sent la craie et les cahiers neufs, qui évoque les promesses de septembre, les bonnes résolutions, les nouveaux départs. Mais en 2025, que reste-t-il de cette innocence ? La rentrée est devenue un rituel vide, une routine, une façon de se rassurer en se disant que tout continue, que tout est normal. Pourtant, rien n’est normal. Le monde brûle, les inégalités explosent, les guerres font rage, et nous, nous parlons de « rentrée ». Comme si l’art pouvait encore sauver quoi que ce soit.

« 10 expositions » : Le chiffre est important. Dix, c’est le nombre des commandements, des doigts de la main, des plaies d’Égypte. C’est un nombre symbolique, un nombre qui donne l’illusion de la complétude, de la perfection. Mais ces dix expositions ne sont que des gouttes d’eau dans l’océan de la production artistique contemporaine. Elles sont choisies, sélectionnées, mises en avant par des commissaires, des critiques, des institutions. Elles ne représentent rien, sinon les goûts d’une élite, les caprices d’un marché, les lubies d’un système.

« Stupéfiantes » : Voici le mot-clé, le mot qui résume à lui seul l’imposture de l’art contemporain. « Stupéfiant » – ce mot qui évoque la drogue, l’ivresse, l’évasion. Comme si l’art devait être une substance, un produit qui nous fait planer, qui nous arrache à la réalité. Mais l’art, le vrai, n’a jamais été un stupéfiant. Il a été une prière, un cri, une révolte. Aujourd’hui, il n’est plus qu’un produit de consommation, une distraction pour riches oisifs. « Stupéfiant » – le mot est révélateur : il avoue, sans le vouloir, que l’art contemporain n’est plus qu’un leurre, une illusion, un mensonge.

« Art contemporain » : Cette expression, aujourd’hui, est un oxymore. L’art, par définition, est intemporel. Il transcende les époques, les modes, les systèmes. Le contemporain, lui, est éphémère, soumis aux caprices du temps, aux fluctuations du marché. L’art contemporain est une contradiction dans les termes, un monstre hybride, mi-art, mi-marchandise. Comme le note Heidegger dans L’Origine de l’œuvre d’art, l’art est ce qui ouvre un monde, ce qui révèle la vérité de l’être. Mais l’art contemporain, lui, n’ouvre rien : il referme, il enferme, il étouffe. Il est le symptôme d’une époque qui a perdu le sens du sacré, du mystère, de l’éternel.

« À découvrir absolument » : Cette injonction est la plus cynique de toutes. Elle sous-entend que ces expositions sont indispensables, qu’elles contiennent une vérité, une révélation. Mais qui décide de ce qui est « absolument » à découvrir ? Les institutions, les médias, les marchands ? L’art contemporain n’est plus une quête, une aventure, une exploration : c’est un produit, un package, une expérience clé en main. « À découvrir absolument » – comme on dit « à consommer sans modération ». Mais l’art, le vrai, ne se consomme pas : il se vit, il se souffre, il se combat.

III. Comportementalisme Radical : La Résistance Humaniste (ou l’Art de Cracher dans la Soupe)

Face à cette mascarade, que faire ? Faut-il se résigner, accepter que l’art soit devenu un produit comme un autre, une distraction pour les riches, un hochet pour les puissants ? Faut-il baisser les bras et courir, comme des moutons bien dressés, vers ces « 10 expositions stupéfiantes » ? Non. La résistance est encore possible, mais elle doit être radicale, impitoyable, sans compromis.

D’abord, il faut refuser le spectacle. Ne plus jouer le jeu des institutions, des galeries, des foires d’art. Ne plus courir après les « événements », les « happenings », les « performances ». L’art contemporain est un cirque, et nous en sommes les clowns. Il est temps de descendre de la piste, de briser les miroirs, de cesser de nous regarder nous-mêmes avec des yeux ébahis.

Ensuite, il faut retrouver le sens du sacré


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