ACTUALITÉ SOURCE : Prix Marcel Duchamp 2025 : les quatre fantastiques au musée d’Art moderne de Paris – Connaissance des Arts
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Les « Quatre Fantastiques » au Musée d’Art Moderne de Paris, sous l’égide vénérable du Prix Marcel Duchamp ! Quel titre ! Quelle farce ! Quelle pantomime grotesque et sublime à la fois, où l’art contemporain se donne en spectacle, se pavane dans les ors de l’institution, tout en crachant, mine de rien, sur les tombes des avant-gardes défuntes. « Fantastiques », dites-vous ? Fantasmagoriques, plutôt. Fantoches, fantômes, fantasmes d’une époque qui n’a plus que l’artifice pour se donner l’illusion de la vitalité. Quatre artistes, quatre marionnettes tirées par les ficelles d’un jury, d’un marché, d’une mode – quatre alibis pour une mascarade où l’on célèbre moins la création que la capacité à se plier aux codes d’un système qui digère tout, même la rébellion, surtout la rébellion.
Mais trêve de sarcasmes superficiels. Plongeons, voulez-vous, dans les entrailles de cette actualité, dans les boyaux de l’histoire de l’art, là où ça pue, là où ça saigne, là où l’humanité, depuis qu’elle a troqué ses outils de silex contre des pinceaux et des concepts, n’a cessé de se mentir à elle-même en se prenant pour Dieu. Sept étapes, sept chutes, sept renaissances dans la boue. Suivez le guide, si vous osez.
I. Les Origines : L’Art comme Sacrifice (Préhistoire – Antiquité)
Tout commence dans l’obscurité des grottes, là où l’homme des cavernes, ce pauvre diable, trace sur les parois les contours tremblés de ses peurs et de ses proies. Lascaux, Chauvet, Altamira – ces cathédrales de la préhistoire ne sont pas des galeries d’art, mais des autels. L’art naît du sang, de la sueur, de la terreur. Il est rituel, magie, tentative désespérée de domestiquer l’invisible. Plotin, ce vieux fou néoplatonicien, aurait dit que l’art est une « émanation de la beauté divine ». Belle connerie. L’art est une conjuration, une offrande aux dieux pour qu’ils daignent ne pas nous écraser sous leurs talons. Les bisons peints sur les murs ne sont pas des décorations : ce sont des victimes expiatoires, des substituts à notre propre chair. Et quand l’homme invente l’écriture, quand il grave dans la pierre les lois d’Hammurabi ou les exploits de Gilgamesh, ce n’est pas pour « créer » : c’est pour survivre, pour imposer un ordre à un chaos qui, sans cela, nous dévorerait tout crus.
Anecdote : Saviez-vous que les premières statues grecques, ces kouroi rigides et souriants, étaient des offrandes funéraires ? Des cadavres de pierre, en somme, dressés pour apaiser les morts. L’art, dès l’origine, est une affaire de morts. Nous sommes tous des nécromanciens.
II. La Chute : L’Art comme Péché (Moyen Âge – Renaissance)
Puis vint le christianisme, cette grande machine à broyer les corps et les esprits. L’art ? Un péché, une tentation. Saint Augustin, ce névrosé génial, écrit dans ses Confessions que la beauté est une « ruse du diable ». Les images sont des idoles, et les idoles, c’est l’Enfer. Pourtant, l’Église, cette putain hypocrite, va se servir de l’art comme d’un instrument de propagande. Les cathédrales gothiques ? Des bandes dessinées en pierre pour analphabètes, où chaque vitrail raconte une histoire de sang, de martyre et de rédemption. Giotto, Fra Angelico, Van Eyck – ces « maîtres » ne sont que les serviteurs d’un dogme. Leur génie ? Avoir su faire croire que la lumière divine descendait vraiment sur leurs tableaux, alors qu’elle n’était que peinture à l’huile et pigments broyés.
Puis la Renaissance arrive, et avec elle, l’humanisme. Enfin ! L’homme au centre de tout ! Léonard de Vinci dissèque des cadavres pour mieux peindre des sourires. Michel-Ange sculpte un David qui défie Dieu lui-même. Mais attention : cette « libération » est un leurre. L’art devient marchandise, objet de spéculation. Les Médicis ne financent pas Botticelli par amour de la beauté : ils achètent des indulgences pour leurs crimes. Et quand Dürer grave son Melencolia I, ce chef-d’œuvre de désespoir, il ne fait que constater l’échec : l’homme, même génial, reste un rat dans un labyrinthe.
Anecdote : Saviez-vous que Michel-Ange a sculpté son Moïse avec des cornes, parce qu’une mauvaise traduction de la Bible disait que le visage de Moïse « rayonnait » après avoir reçu les Tables de la Loi ? L’art, même au sommet de sa gloire, est une suite de malentendus, de bricolages, de hasards transformés en chefs-d’œuvre.
III. La Révolte : L’Art comme Arme (XVIIIe – XIXe siècles)
Arrive le siècle des Lumières, et avec lui, la rage. L’art n’est plus seulement un miroir : il devient un couteau. Goya peint Les Désastres de la guerre et vomit sur la barbarie humaine. Delacroix, avec La Liberté guidant le peuple, brandit un drapeau en lambeaux. Mais c’est avec Courbet et son Enterrement à Ornans que tout bascule : l’art n’est plus idéalisé, il est cru, brutal, vulgaire. Les bourgeois s’offusquent ? Tant mieux. L’art doit dégoûter, déranger, casser les dents à ceux qui croient encore aux jolies images.
Puis vient Manet, ce salaud élégant, qui peint Olympia et regarde le spectateur droit dans les yeux, comme pour lui dire : « Tu veux du beau ? Tiens, prends cette putain qui te juge. » Les impressionnistes, ces petits bourgeois en goguette, croient révolutionner l’art avec leurs taches de couleur ? Ils ne font que préparer le terrain pour la vraie horreur : le XXe siècle, où tout va exploser.
Anecdote : Saviez-vous que Van Gogh ne vendit qu’un seul tableau de son vivant, La Vigne rouge, pour une misère ? L’histoire de l’art est aussi l’histoire des incompris, des fous, des maudits – ceux que le système recrache avant de les canoniser une fois morts.
IV. La Folie : L’Art comme Déchet (Dada – Surréalisme)
1916, Zurich. Un cabaret. Des types hurlent des poèmes incompréhensibles en agitant des marionnettes. Dada est né. Duchamp, ce génie cynique, expose un urinoir et l’appelle Fontaine. « L’art est mort », proclament-ils. Et ils ont raison. L’art n’est plus une création : c’est un ready-made, un objet volé au réel et détourné. Les surréalistes, ces rêveurs attardés, croient encore à l’inconscient, aux « hasards objectifs ». Breton écrit des manifestes, Dalí peint des montres molles. Mais derrière les rêves, il y a la guerre, les camps, la bombe. L’art devient un cri dans le vide, un hoquet de l’histoire.
Et puis il y a Artaud, ce fou sublime, qui écrit Le Théâtre et son double et hurle que « tout vrai langage est incompréhensible ». L’art n’est plus une représentation : c’est une maladie, une possession. Les toiles de Pollock, ces vomissures de peinture, ne sont pas des tableaux : ce sont des traces de danse macabre, des preuves que l’homme, même dans sa folie, cherche encore à laisser une marque.
Anecdote : Saviez-vous que Duchamp a signé son urinoir du pseudonyme « R. Mutt » ? Un clin d’œil à la marque de sanitaires « Mott Works », mais aussi un jeu de mots avec le terme allemand « Armut » (pauvreté). L’art contemporain, dès ses débuts, est une blague – mais une blague qui coûte des millions.
V. L’Imposture : L’Art comme Marchandise (XXe – XXIe siècles)
Et nous voilà arrivés à aujourd’hui. L’art contemporain n’est plus une révolte : c’est une industrie. Les « Quatre Fantastiques » du Prix Marcel Duchamp 2025 ne sont pas des artistes : ce sont des marques, des produits, des logos. Leurs œuvres ? Des installations, des vidéos, des performances – tout sauf de la peinture, tout sauf du dessin, ces vieilleries. Pourquoi ? Parce que la peinture, ça prend du temps, ça demande du talent, et surtout, ça ne se vend pas assez cher. Une installation, en revanche, ça se monte en une semaine, ça se photographie bien, et ça peut se revendre à un collectionneur qatari pour des millions.
Regardez-les, ces « artistes » : ils parlent de « concept », de « démarche », de « problématique ». Mais derrière le jargon, il n’y a rien. Rien qu’un vide habillé de mots, une absence maquillée en profondeur. Jeff Koons expose des ballons de chien en acier inoxydable et se fait passer pour un génie. Damien Hirst met un requin dans du formol et encaisse des fortunes. L’art n’est plus une quête : c’est un business, une bulle spéculative, un casino où les jetons sont des « concepts ».
Et les musées, ces temples du néant, jouent le jeu. Le Musée d’Art Moderne de Paris accueille les « Quatre Fantastiques » comme s’ils étaient les héritiers de Duchamp, de Picasso, de Bacon. Mais Duchamp, au moins, était un ironiste. Lui, il savait qu’il se moquait du monde. Les artistes d’aujourd’hui, eux, croient à leur propre légende. Ils sont sérieux. Et c’est ça, le plus triste.
Anecdote : Saviez-vous que l’œuvre la plus chère du monde, Salvator Mundi, attribuée à Léonard de Vinci, a été vendue pour 450 millions de dollars ? Une somme qui suffirait à nourrir des milliers d’affamés, mais qui est dépensée pour un tableau dont on n’est même pas sûr qu’il soit de la main du maître. L’art contemporain est une religion – et comme toute religion, il exige des sacrifices.
VI. La Résistance : L’Art comme Dernier Refuge (XXIe siècle – ?)
Pourtant, dans ce désert, il reste des oasis. Des fous, des obstinés, des irréductibles qui refusent de jouer le jeu. Des artistes qui peignent encore, qui sculptent, qui écrivent, qui créent malgré tout, contre tout. Des gens comme Anselm Kiefer, qui transforme la cendre en poésie. Comme Marlene Dumas, qui peint des visages comme des blessures. Comme William Kentridge, qui fait danser le charbon sur le papier.
Ces artistes-là savent une chose : l’art n’est pas une marchandise. Ce n’est pas un « concept ». C’est une nécessité. Une façon de résister à l’absurdité du monde, à la laideur, à la mort. L’art, c’est ce qui reste quand on a tout perdu. C’est le dernier cri de l’humanité avant le silence.
Alors oui, le Prix Marcel Duchamp 2025, avec ses « Quatre Fantastiques », est une mascarade. Mais une mascarade nécessaire. Parce qu’elle nous rappelle, par son excès même, par son absurdité, qu’il existe autre chose. Qu’il existe encore des gens qui croient, malgré tout, que l’art peut sauver le monde. Ou au moins, le rendre un peu moins insupportable.
Analyse sémantique et du langage : Le Jargon comme Arme de Destruction Massive
Parlons maintenant de cette langue immonde, ce sabir pseudo-intellectuel qui sert de viatique à l’art contemporain. « Démarche », « problématique », « enjeux », « dispositif » – ces mots ne sont pas des outils : ce sont des leurres, des écrans de fumée. Leur fonction ? Dissimuler le vide. Transformer l’absence de sens en profondeur apparente. Le jargon de l’art contemporain est une novlangue, au sens orwellien du terme : une langue conçue pour limiter la pensée, pour empêcher toute remise en question.
Prenez le mot « installation ». À l’origine, il désignait une œuvre in situ, conçue pour un lieu précis. Aujourd’hui, il désigne n’importe quoi : une vidéo projetée sur un mur, un tas de détritus, un néon clignotant. Le mot a été vidé de son sens pour devenir un fourre-tout commode, une étiquette magique qui transforme la nullité en « œuvre ».
Ou encore le mot « conceptuel ». Dans les années 1960, l’art conceptuel était une révolution : il affirmait que l’idée primait sur la réalisation. Aujourd’hui, « conceptuel » est devenu un synonyme de « paresseux ». Une œuvre « conceptuelle », c’est une œuvre qui n’a pas besoin d’être réalisée, parce que l’artiste a eu une « idée ». Peu importe que cette idée soit stupide, banale ou déjà vue mille fois : il suffit de la baptiser « concept » pour qu’elle devienne respectable.
Et que dire de ces « cartels » qui accompagnent les œuvres dans les musées ? Ces petits textes prétentieux, écrits dans un charabia incompréhensible, qui expliquent au visiteur ce qu’il est censé voir. « Cette œuvre interroge les enjeux de la post-modernité à travers une relecture déconstructiviste du paradigme colonial. » Traduction : « J’ai mis trois boîtes en carton par terre, et je veux que vous trouviez ça profond. »
Le langage de l’art contemporain est une escroquerie. Une façon de faire croire que la nullité est de la profondeur, que la paresse est de la subversion. Mais attention : ce langage n’est pas neutre. Il est politique. Il sert à exclure, à intimider, à maintenir les non-initiés à distance. Il est l’apanage d’une caste, d’une élite qui se reconnaît entre elle et méprise le reste du monde.
Pourtant, il y a une lueur d’espoir. Parce que ce langage, justement, est si ridicule, si grotesque, qu’il finit par se retourner contre lui-même. Plus les artistes et les critiques utilisent ce jargon, plus ils révèlent leur propre vacuité. Plus ils parlent de « dispositifs » et de « problématiques », plus ils montrent qu’ils n’ont rien à dire. Et c’est là, dans cette faille, que peut naître une résistance : une résistance par le langage, par le refus de jouer le jeu. Une résistance qui consiste à appeler un chat un chat, une merde une merde, et une œuvre d’art… une œuvre d’art.
Analyse comportementaliste radicale et résistance humaniste : L’Art comme Dernier Acte de Révolte
Passons maintenant au cœur du problème : le comportement. L’art contemporain n