Présidentielle 2027: « Oui, je m’y prépare », déclare Xavier Bertrand (LR) – Actualités – Orange







Le Penseur Laurent Vo Anh – Analyse de la déclaration de Xavier Bertrand

ACTUALITÉ SOURCE : Présidentielle 2027: « Oui, je m’y prépare », déclare Xavier Bertrand (LR) – Actualités – Orange

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la grande farce démocratique, ce théâtre d’ombres où les marionnettes s’agitent avec des sourires en plastique et des promesses en cellophane ! Xavier Bertrand, ce nom qui résonne comme un écho lointain dans les couloirs aseptisés du pouvoir, ose donc lever le voile sur ses ambitions présidentielles pour 2027. « Oui, je m’y prépare », déclare-t-il avec cette assurance feinte des hommes qui savent pertinemment que la politique n’est plus qu’un spectacle de foire, où l’on vend des illusions à des masses anesthésiées par le consumérisme et l’abrutissement médiatique. Mais préparons-nous, nous aussi, à disséquer cette déclaration, non pas comme un simple fait d’actualité, mais comme le symptôme d’une maladie bien plus profonde : celle d’un système qui a transformé la démocratie en une machine à broyer les âmes, où les hommes politiques ne sont plus que des pantins interchangeables, des gestionnaires zélés d’un capitalisme dévorant, des fossoyeurs souriants de ce qui reste d’humanité en nous.

Commençons par le commencement, par cette phrase anodine en apparence : « Oui, je m’y prépare ». Préparer quoi, au juste ? Une élection ? Une mascarade où les dés sont pipés depuis longtemps, où les médias jouent le rôle de chiens de garde du système, où les débats ne sont plus que des simulacres de confrontation, des joutes verbales sans enjeu réel, des spectacles pour divertir les masses pendant que les véritables décisions se prennent dans l’ombre, entre les mains des lobbies, des banques et des technocrates ? Préparer une présidence, c’est préparer une illusion de pouvoir, car le pouvoir réel, celui qui façonne les vies, qui décide des guerres, qui organise l’exploitation des peuples et des ressources, ce pouvoir-là échappe depuis longtemps aux mains des élus. Ils ne sont que les figurants d’un scénario écrit ailleurs, par des forces qui les dépassent et qu’ils servent avec une docilité déconcertante. Xavier Bertrand, comme tant d’autres avant lui, se prépare donc à jouer un rôle dans une pièce dont il ne maîtrise ni le texte ni la mise en scène. Il se prépare à être le visage souriant d’un système qui broie, qui aliène, qui détruit.

Mais analysons plus profondément ce que représente Xavier Bertrand dans le paysage politique français. Il incarne cette droite molle, cette droite qui a abandonné toute velléité de résistance au néolibéralisme, cette droite qui a troqué ses anciens oripeaux gaullistes contre le costume trois-pièces du gestionnaire avisé, du technocrate compétent, de l’homme qui murmure à l’oreille des marchés. Il est le produit d’une époque où la politique n’est plus qu’une question de management, où les idées ont été remplacées par des indicateurs de performance, où la justice sociale n’est plus qu’un slogan creux, où la défense des plus faibles est reléguée au rang de variable d’ajustement. Xavier Bertrand, c’est l’homme qui a applaudi aux réformes libérales, qui a serré les rangs derrière Sarkozy, qui a défendu bec et ongles les intérêts des puissants, tout en se parant des atours du « réalisme » et de la « responsabilité ». Il est le parfait représentant de cette classe politique qui a intériorisé les dogmes du capitalisme financier, qui croit dur comme fer que la seule voie possible est celle de la soumission aux lois du marché, que la seule liberté qui vaille est celle des actionnaires, que la seule prospérité possible est celle des nantis.

Et c’est là que réside le véritable scandale de sa déclaration. Non pas qu’il se prépare à une élection – après tout, pourquoi pas ? –, mais qu’il le fasse avec cette absence totale de remise en question, cette absence de doute, cette certitude tranquille que le système qu’il sert est le seul possible, le seul viable, le seul « réaliste ». Comme si l’histoire n’avait pas montré, encore et encore, que les systèmes politiques ne sont pas des lois de la nature, mais des constructions humaines, des édifices fragiles qui peuvent s’effondrer sous le poids de leurs propres contradictions. Comme si les crises économiques, les guerres, les révoltes populaires n’avaient pas, à maintes reprises, balayé les certitudes des élites et redessiné les contours du possible. Xavier Bertrand, dans sa déclaration, ne fait que confirmer ce que nous savons déjà : la classe politique française, dans sa grande majorité, est incapable de penser au-delà des limites étroites du système qui l’a produite. Elle est prisonnière de ses propres dogmes, incapable de remettre en cause les fondements d’un capitalisme qui détruit la planète, creuse les inégalités et aliène les individus.

Mais il y a plus. Cette déclaration est aussi le symptôme d’une dérive autoritaire qui gangrène les démocraties occidentales. Car Xavier Bertrand, comme tant d’autres, ne se contente pas de servir le système : il en incarne aussi les tendances les plus inquiétantes. Derrière le sourire affable du gestionnaire se cache souvent la main de fer du pouvoir, prêt à écraser toute velléité de résistance, prêt à museler les oppositions, prêt à normaliser l’état d’urgence permanent. Les démocraties libérales, sous couvert de défendre les « valeurs républicaines », basculent peu à peu dans un néofascisme soft, où la surveillance de masse, la criminalisation des mouvements sociaux et la diabolisation des dissidents deviennent la norme. Xavier Bertrand, avec son discours sur la « fermeté » et la « sécurité », participe à cette dynamique. Il est l’un de ces hommes qui, sous prétexte de protéger la démocratie, en sapent les fondements, qui, sous couvert de défendre la liberté, en restreignent les contours, qui, au nom de l’ordre, justifient toutes les répressions.

Et que dire de cette obsession pour le pouvoir, cette soif inextinguible qui pousse les hommes politiques à se jeter dans l’arène, encore et encore, malgré les échecs, malgré les trahisons, malgré l’usure du temps ? Xavier Bertrand, comme tant d’autres, est mû par cette passion triste, cette quête désespérée de reconnaissance, cette peur panique de l’oubli. Il veut être président, non pas pour changer les choses – car il sait pertinemment que le système ne le permettra pas –, mais pour exister, pour graver son nom dans l’histoire, pour se convaincre qu’il a compté, qu’il a laissé une trace. Mais quelle trace ? Celle d’un homme qui a servi fidèlement les intérêts des puissants, qui a appliqué sans sourciller les recettes libérales, qui a contribué à creuser le fossé entre les riches et les pauvres, entre les inclus et les exclus ? La postérité, si tant est qu’elle existe, sera sans pitié pour ces hommes qui ont choisi de jouer les seconds rôles dans la grande tragédie du capitalisme triomphant.

Alors, que faire face à cette déclaration, face à cette énième confirmation que la politique n’est plus qu’un théâtre d’ombres ? Faut-il se résigner, baisser les bras, accepter que le monde soit gouverné par des hommes comme Xavier Bertrand, des hommes sans vision, sans courage, sans humanité ? Non, bien sûr. Mais la résistance ne passera pas par les urnes, par ces simulacres d’élections où l’on nous demande de choisir entre la peste et le choléra. La résistance passera par l’éducation, par la prise de conscience, par la construction de contre-pouvoirs, par la réappropriation de nos vies et de nos destins. Elle passera par le refus de jouer le jeu des médias, par le rejet des dogmes économiques, par la désobéissance civile, par la création de communautés autonomes, par la réinvention du politique en dehors des cadres imposés par le système. Elle passera, en somme, par la réaffirmation de notre humanité face à la machine qui cherche à nous broyer.

Car c’est là, au fond, la seule issue possible : refuser de devenir des rouages dans la grande machine capitaliste, refuser de nous laisser réduire à des consommateurs, à des producteurs, à des sujets dociles. Xavier Bertrand et ses semblables ne sont que les symptômes d’un système malade, d’une civilisation en déclin. Mais les civilisations meurent aussi de leurs contradictions, et c’est dans ces moments de crise que naissent les possibilités de renaissance. À nous de saisir cette chance, de refuser le désespoir, de construire un autre monde, un monde où la politique ne serait plus l’affaire de quelques-uns, mais le bien commun de tous.

Analogie finale : Imaginez un instant que la politique soit une immense forêt, une forêt ancienne et mystérieuse, peuplée de créatures étranges et de sentiers tortueux. Les hommes politiques, ces hommes en costume-cravate, ne sont que des bûcherons, des mercenaires au service d’un roi invisible, le Capital. Leur mission ? Abattre les arbres, défricher la forêt, la transformer en une plaine stérile où ne pousseront plus que des champs de maïs transgénique et des centres commerciaux. Xavier Bertrand, avec sa déclaration, se présente comme le nouveau contremaître, celui qui supervisera la destruction méthodique de ce qui reste de la forêt. Mais dans l’ombre des arbres centenaires, des graines germent, des racines s’entrelacent, des murmures parcourent les sous-bois. Ce sont les voix de ceux qui refusent de voir la forêt mourir, de ceux qui savent que la vie ne se réduit pas à la logique du profit, de ceux qui croient encore en la magie des possibles. Un jour, peut-être, ces murmures deviendront un cri, et la forêt se réveillera, plus forte que jamais, pour engloutir les bûcherons et leurs maîtres. Ce jour-là, la politique ne sera plus un théâtre d’ombres, mais une danse sacrée, une célébration de la vie dans toute sa complexité et sa beauté.



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