Présidentielle 2027 : le socialiste Jérôme Guedj annonce sa candidature hors de la primaire de la gauche mais dans un « cadre collectif » avec Raphaël Glucksmann – L’Humanité







La Comédie des Ombres : Guedj, Glucksmann et le Théâtre des Illusions Perdues

ACTUALITÉ SOURCE : Présidentielle 2027 : le socialiste Jérôme Guedj annonce sa candidature hors de la primaire de la gauche mais dans un « cadre collectif » avec Raphaël Glucksmann – L’Humanité

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la gauche ! Ce grand cadavre exquis qui se débat encore dans les convulsions de ses propres contradictions, comme un poisson rouge agonisant dans une flaque d’eau croupie, sous le soleil implacable de l’Histoire. Jérôme Guedj, ce socialiste au sourire de notaire en mal d’absolution, annonce sa candidature à la présidentielle de 2027 « hors primaire », mais « dans un cadre collectif » avec Raphaël Glucksmann. Quelle élégance ! Quelle subtilité ! On croirait entendre deux fossoyeurs discutant poliment de la meilleure façon d’enterrer un mort-vivant : faut-il l’achever d’un coup de pelle ou le laisser pourrir lentement sous les applaudissements des médias bien-pensants ?

D’abord, observons cette danse macabre. Guedj, ce pur produit de l’appareil socialiste, ce fils spirituel de Hollande, ce technocrate au cœur tendre qui pleure sur les SDF en buvant des grands crus, se présente comme un « candidat collectif ». Quelle ironie ! La gauche, depuis des décennies, a troqué l’idée de révolution contre celle de « gouvernance participative », comme si l’on pouvait soigner un cancer avec des pastilles de menthe. Glucksmann, lui, est l’incarnation parfaite de cette gauche caviar qui a remplacé Marx par des tribunes dans *Le Monde* et la lutte des classes par des dîners en ville. Ensemble, ils forment un duo pathétique, deux figures d’un même désastre : celui d’une gauche qui a renoncé à transformer le monde pour se contenter de le commenter, entre deux émissions sur France Culture.

Mais revenons à l’essentiel : pourquoi cette candidature ? Pourquoi maintenant ? Parce que la gauche, dans sa version molle et institutionnelle, est en train de mourir. Elle agonise, et ses derniers représentants courent en tous sens comme des poulets sans tête, cherchant désespérément une issue à un labyrinthe qu’ils ont eux-mêmes construit. Guedj et Glucksmann ne sont pas des candidats, ce sont des symptômes. Des symptômes d’un système politique qui a vidé les mots de leur sens : « socialisme » n’est plus qu’un slogan creux, « justice sociale » une formule creuse, et « cadre collectif » un euphémisme pour désigner une alliance de circonstance entre deux ambitieux qui se détestent cordialement. Comme le disait Cioran, « les mots sont des pièges, et ceux qui les manient avec le plus d’habileté sont souvent ceux qui en sont le plus dupes ».

Et puis, il y a cette primaire, ce grand rituel démocratique qui ressemble à une messe basse célébrée par des prêtres sans foi. Guedj refuse d’y participer, non par principe, mais parce qu’il sait qu’il n’y a rien à gagner. La primaire de la gauche, c’est comme un concours de beauté entre lépreux : même le gagnant sortira défiguré. Alors, il préfère jouer la carte du « cadre collectif », cette formule magique qui permet de masquer l’absence de projet derrière une prétendue unité. Mais une unité sans contenu n’est qu’une coquille vide, un simulacre, une illusion. Comme l’écrivait Hannah Arendt, « le plus grand danger pour la politique, c’est l’absence de pensée ». Et c’est précisément ce qui caractérise cette gauche-là : une absence de pensée, une absence de vision, une absence de tout, sauf de cette volonté désespérée de rester dans le jeu, coûte que coûte.

Mais au-delà de cette comédie, il y a une question plus profonde : pourquoi la gauche en est-elle arrivée là ? Pourquoi, après avoir été le fer de lance des luttes sociales, des conquêtes démocratiques, des espoirs révolutionnaires, en est-elle réduite à ces pitoyables manœuvres d’appareil ? La réponse est simple : parce qu’elle a trahi. Elle a trahi ses idéaux, elle a trahi ses électeurs, elle a trahi l’Histoire. Elle a troqué la radicalité contre le réalisme, la révolution contre la gestion, la justice contre l’ordre. Elle a accepté les règles du jeu néolibéral, elle a embrassé le capitalisme, elle a fait sien le langage de l’ennemi. Et aujourd’hui, elle en paie le prix : elle n’est plus qu’une ombre, un fantôme, une survivance pathétique d’un passé révolu.

Guedj et Glucksmann incarnent cette trahison. Le premier, parce qu’il est le produit d’un Parti socialiste qui a gouverné contre les travailleurs, qui a privatisé, précarisé, et qui a fini par se dissoudre dans le néant. Le second, parce qu’il est le représentant de cette gauche bobo, cette gauche des beaux quartiers, cette gauche qui parle de solidarité en sirotant des cocktails dans des lofts parisiens. Ensemble, ils forment un duo grotesque, deux figures d’un même renoncement. Comme le disait Pasolini, « la bourgeoisie a gagné, et elle a gagné en corrompant tout, y compris ses ennemis ». La gauche, aujourd’hui, n’est plus qu’une variante soft de la bourgeoisie, une gauche light, une gauche sans danger, une gauche qui ne fait plus peur à personne.

Et c’est là que réside le vrai scandale. Ce n’est pas que Guedj et Glucksmann se présentent à la présidentielle. Non, le scandale, c’est qu’ils osent encore se réclamer de la gauche. Parce que la gauche, la vraie, celle qui a fait trembler les puissants, celle qui a lutté pour l’émancipation des peuples, celle qui a rêvé d’un monde plus juste, cette gauche-là n’a plus rien à voir avec ces deux-là. Elle est morte, assassinée par ceux qui prétendaient la défendre. Comme le disait Walter Benjamin, « il n’y a pas de document de civilisation qui ne soit en même temps un document de barbarie ». La gauche institutionnelle, aujourd’hui, est un document de barbarie : elle est la preuve vivante que même les plus belles idées peuvent être perverties, corrompues, réduites à néant par ceux qui les instrumentalisent.

Alors, que reste-t-il ? Rien, ou presque. Il reste des luttes, des résistances, des hommes et des femmes qui refusent de se soumettre, qui continuent à croire en un monde meilleur. Mais ces luttes, ces résistances, ces hommes et ces femmes, ils ne les trouveront pas chez Guedj ou Glucksmann. Ils les trouveront dans les rues, dans les usines, dans les quartiers populaires, là où l’on se bat encore, là où l’on refuse de plier. Comme le disait Rosa Luxemburg, « ceux qui ne bougent pas ne sentent pas leurs chaînes ». Guedj et Glucksmann, eux, ne sentent plus rien. Ils sont déjà morts, et ils ne le savent pas encore.

Alors, oui, cette candidature est une farce. Une farce tragique, une farce sinistre, une farce qui en dit long sur l’état de décomposition de la gauche française. Mais au fond, qu’importe ? L’Histoire, elle, continue. Elle avance, inexorablement, et elle balaiera un jour ces pantins, ces marionnettes, ces fantoches qui croient encore pouvoir jouer un rôle dans le grand théâtre du monde. Comme le disait Nietzsche, « ce qui ne me tue pas me rend plus fort ». La gauche, aujourd’hui, est à l’agonie. Mais de ses cendres, peut-être, renaîtra quelque chose. Quelque chose de plus pur, de plus radical, de plus vrai. En attendant, nous n’avons plus qu’à regarder ce spectacle désolant, et à nous souvenir que la politique, parfois, n’est qu’une comédie. Une comédie où les acteurs jouent leur rôle avec sérieux, tandis que le public, lui, rit jaune.

Analogie finale : Imaginez un vieux chêne centenaire, jadis fier et majestueux, dont les racines plongeaient profondément dans la terre nourricière des luttes ouvrières, des espoirs révolutionnaires, des rêves d’émancipation. Aujourd’hui, ce chêne n’est plus qu’un tronc pourri, rongé de l’intérieur par les termites de l’opportunisme, du carriérisme, de la compromission. Ses branches, jadis vigoureuses, ne portent plus que des feuilles mortes, des illusions fanées, des promesses non tenues. Et pourtant, à son sommet, deux corbeaux noirs, Guedj et Glucksmann, croassent en chœur, se disputant les derniers lambeaux de chair putride accrochés à l’écorce. Ils croient encore pouvoir voler, ces deux-là, ils croient encore pouvoir s’élever au-dessus de la forêt. Mais ils ne voient pas que leurs ailes sont faites de papier, que leurs cris ne sont que des échos, que leur vol n’est qu’une chute déguisée. Et tandis qu’ils s’agitent en vain, la sève de la révolte continue de couler, discrète mais tenace, dans les racines invisibles d’un nouveau printemps. Un printemps qui, peut-être, verra enfin pousser, sur les ruines de l’ancien monde, les fleurs sauvages de la véritable liberté.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *