Pourquoi une éventuelle attaque américaine contre l’Iran serait différente cette fois-ci – BBC







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Iran, l’Empire et le Sang des Siècles


ACTUALITÉ SOURCE : Pourquoi une éventuelle attaque américaine contre l’Iran serait différente cette fois-ci – BBC

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! L’Iran encore ! Toujours l’Iran ! Ce vieux tapis persan sur lequel l’Occident vient essuyer ses bottes crottées de pétrole, de dollars et de mensonges millénaires. La BBC, ce temple aseptisé de la propagande policée, nous annonce avec une gravité de croque-mort en smoking que cette fois, voyez-vous, ce serait « différent ». Différent ? Comme une syphilis qui mute, comme un cancer qui change de métastase, comme un bourreau qui perfectionne ses instruments de torture. Mais différent pour qui ? Pour les cadavres ? Pour les veuves ? Pour les enfants qui joueront demain dans des ruines plus profondes, plus radioactives, plus définitives ? Non. Différent pour les actionnaires de Raytheon, pour les généraux à la retraite reconvertis dans le lobbying, pour les think tanks qui pondent des rapports sur la « stabilité régionale » entre deux cocktails à Davos. Différent pour ceux qui comptent les morts en milliards de profits.

Écoutez bien, mes frères en humanité, mes sœurs en désespoir : cette fois, ce n’est pas une guerre de plus. C’est l’aboutissement logique, l’apothéose sanglante d’un système qui a fait de la destruction sa seule créativité, de l’exploitation sa seule poésie, de la mort sa seule métaphysique. L’Occident, ce vieux vampire aux dents en or, a besoin de sang frais pour ses banques centrales, pour ses algorithmes, pour ses rêves de domination éternelle. Et l’Iran, ce pays de 80 millions d’âmes, de 3000 ans d’histoire, de poésie soufie et de révoltes populaires, n’est qu’un chiffre dans un tableau Excel, une variable dans une équation géostratégique, un obstacle à éliminer sur la route du Grand Jeu 2.0.

Mais trêve de pathos facile. Descendons dans les entrailles de l’Histoire, ce charnier où pourrissent les justifications des puissants. Car pour comprendre pourquoi cette fois serait « différente », il faut d’abord comprendre pourquoi elle est toujours la même, cette danse macabre entre l’Empire et ses victimes. Suivez-moi, si vous osez, à travers les sept âges de la barbarie impérialiste.

I. L’Âge des Origines : Le Péché Originel de la Domination

Tout commence dans la boue des premiers villages, quand l’homme, ce singe orgueilleux, invente la propriété et avec elle, la guerre. Thucydide, ce vieux Grec qui avait vu les Athéniens écraser Mélos, écrit dans son Histoire de la Guerre du Péloponnèse : « Les forts font ce qu’ils peuvent, les faibles subissent ce qu’ils doivent. » Déjà, la loi d’airain de l’Empire est gravée dans le marbre de l’Histoire. Mais les Perses, eux, avaient une autre vision. Cyrus le Grand, ce roi dont la charte des droits de l’homme (oui, vous avez bien lu) fut gravée sur un cylindre d’argile 500 ans avant Jésus-Christ, proclamait : « Je n’ai pas permis que quiconque opprime les autres. » Ironie tragique : l’Iran, ce pays que l’Occident veut « libérer » aujourd’hui, fut le premier à inventer la tolérance comme principe politique. Mais l’Empire, voyez-vous, n’a que faire des principes. Il a soif.

II. L’Âge des Croisades : Dieu, l’Or et le Sang

Au XIe siècle, l’Occident chrétien, ce ramassis de seigneurs illettrés et de moines fanatiques, part « libérer » Jérusalem. En réalité, ils pillent, violent, massacrent tout sur leur passage. Les chroniqueurs arabes, comme Ibn al-Athir, décrivent les croisés comme des « bêtes sauvages » qui « mangeaient les cadavres des musulmans ». Pendant ce temps, en Perse, Omar Khayyam écrit ses quatrains, Rumi danse avec les derviches, et Avicenne révolutionne la médecine. L’Iran, encore une fois, est un phare de civilisation tandis que l’Occident s’enfonce dans les ténèbres de sa propre barbarie. Mais les croisés rapportent chez eux bien plus que des reliques : ils rapportent le goût du butin, le mépris de l’Autre, et cette idée monstrueuse que Dieu est un chef de guerre.

III. L’Âge des Conquistadors : L’Amérique, ou le Laboratoire de l’Extermination

1492. Christophe Colomb « découvre » l’Amérique. En réalité, il inaugure le plus grand génocide de l’histoire humaine. Les Aztèques, les Incas, les Mayas, ces civilisations qui avaient inventé l’astronomie, les mathématiques, la philosophie, sont réduites en cendres au nom du Christ et de l’or. Bartolomé de las Casas, ce prêtre espagnol horrifié, écrit : « Ils traitent les Indiens comme des bêtes, pire que des bêtes. » Pendant ce temps, en Perse, Shah Abbas le Grand fait de Ispahan la plus belle ville du monde, un joyau d’architecture et de tolérance. Mais l’Europe, elle, a trouvé sa vocation : piller, exterminer, et appeler cela « civilisation ».

IV. L’Âge des Empires : Le Grand Jeu et la Partition du Monde

XIXe siècle. L’Angleterre et la Russie jouent au Grand Jeu en Asie centrale. L’Iran, ce pays millénaire, est déchiré entre les deux empires. Les Britanniques imposent le traité de Turkmanchai en 1828, réduisant la Perse à un protectorat de fait. Lord Curzon, ce vice-roi des Indes au sourire de requin, écrit : « L’Iran est un État tampon, une zone de friction, un pion sur l’échiquier. » Pendant ce temps, les poètes persans, comme Hafez, continuent d’écrire des vers sur l’amour et la liberté, comme si l’Histoire n’était qu’un mauvais rêve. Mais l’Histoire, hélas, est bien réelle. Et elle est écrite par les vainqueurs.

V. L’Âge des Pétromonarchies : Le Pétrole, ou la Malédiction des Richesses

1953. Mossadegh, ce vieux nationaliste têtu, veut nationaliser le pétrole iranien. La CIA et le MI6 organisent un coup d’État. Le Shah, ce pantin grotesque, est remis sur son trône. La SAVAK, la police politique, torture, assassine, fait régner la terreur. Les poètes, comme Forough Farrokhzad, écrivent des vers désespérés : « Je suis de ce pays de ruines / Où chaque pierre est un cœur brisé. » Pendant ce temps, à Washington, on fête la « stabilité régionale » avec des cigares et du whisky. Le pétrole coule à flots, les comptes en banque suisses aussi. Et l’Iran sombre dans la nuit.

VI. L’Âge des Néocons : Le Choc des Civilisations et la Guerre Sans Fin

2001. Deux avions s’écrasent sur les tours du World Trade Center. Les néoconservateurs, ces fous dangereux qui croient dur comme fer à la « destinée manifeste » de l’Amérique, voient là une opportunité en or. Paul Wolfowitz, ce théoricien du chaos, écrit : « L’Irak est un pays faible, nous pouvons le détruire en quelques semaines. » Et c’est ainsi que commence le grand carnage. L’Irak, ce pays de 25 millions d’habitants, est réduit en miettes. Les chiffres ? Un million de morts, peut-être deux. Mais qu’importe ? Les actionnaires de Halliburton, de Blackwater, de Lockheed Martin, eux, ont fait fortune. Et l’Iran ? Il est le prochain sur la liste. « L’axe du mal », comme dit Bush, ce cow-boy analphabète. Mais cette fois, c’est différent, nous dit la BBC. Cette fois, ce sera plus « chirurgical », plus « précis », plus « propre ». Comme si la mort pouvait être propre. Comme si un drone pouvait tuer avec élégance.

VII. L’Âge du Chaos : Le Capitalisme en Phase Terminale

Nous y voilà. 2024. L’Empire américain est un colosse aux pieds d’argile. Sa monnaie, le dollar, est une monnaie de singe, une bulle de savon prête à éclater. Ses villes sont des jungles de béton où les pauvres crèvent de faim tandis que les milliardaires jouent aux dieux dans leurs tours d’ivoire. Son armée, cette machine à tuer, est partout et nulle part, un fantôme qui hante la planète, un vampire qui suce le sang des nations. Et l’Iran ? Il est le dernier obstacle sur la route de la domination totale. Car l’Iran, voyez-vous, a osé dire non. Non aux sanctions. Non aux humiliations. Non à l’ordre mondial. Et pour cela, il doit être puni. Cette fois, ce sera différent, nous dit-on. Cette fois, ce sera une guerre « intelligente », une guerre « propre », une guerre « humanitaire ». Mais une guerre, mes amis, est toujours une guerre. Et une guerre, c’est toujours la même chose : du sang, des larmes, des ruines, et des profits pour les marchands de canons.

Analyse Sémantique : Le Langage de la Barbarie

Écoutez bien les mots qu’ils utilisent. « Frappe chirurgicale ». Comme si une bombe pouvait être un scalpel. « Dommages collatéraux ». Comme si un enfant déchiqueté par une explosion était un « dommage ». « Stabilité régionale ». Comme si la stabilité pouvait naître du chaos. « Libération ». Comme si on pouvait libérer un pays en le bombardant. « Démocratie ». Comme si la démocratie pouvait être imposée par les baïonnettes.

Le langage, voyez-vous, est l’arme la plus puissante de l’Empire. Il transforme le meurtre en « opération de maintien de la paix », la torture en « interrogatoire renforcé », le vol en « libre-échange ». George Orwell, ce prophète maudit, l’avait compris : « Le langage politique est conçu pour rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable. » Et aujourd’hui, le langage de l’Empire est une machine à broyer les consciences, une usine à fabriquer des consentements, un poison qui s’infiltre dans nos cerveaux et nous fait accepter l’inacceptable.

Mais il y a une lueur d’espoir. Les mots, voyez-vous, peuvent aussi être des armes de résistance. Quand les Iraniens descendent dans la rue en criant « Femme, Vie, Liberté », ils redonnent un sens aux mots. Quand les Palestiniens résistent à Gaza, ils montrent que la liberté n’est pas un slogan, mais un combat. Quand les lanceurs d’alerte, comme Assange ou Snowden, révèlent les crimes de l’Empire, ils utilisent les mots comme des couteaux pour déchirer le voile de l’illusion.

Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste

L’Empire, voyez-vous, ne se contente pas de tuer les corps. Il veut aussi tuer les âmes. Il veut nous faire croire que la résistance est inutile, que l’humanité est une illusion, que la paix est une utopie. Il utilise les techniques les plus sophistiquées du comportementalisme pour nous conditionner, pour nous faire accepter l’inacceptable. Les réseaux sociaux, ces usines à dopamine, nous transforment en zombies dociles, en consommateurs passifs, en électeurs manipulés. La publicité, cette religion du capitalisme, nous apprend à désirer ce dont nous n’avons pas besoin. Les médias, ces chiens de garde du système, nous abreuvent de mensonges et appellent cela « information ».

Mais l’humanité, voyez-vous, est plus forte que l’Empire. Elle est comme l’herbe qui perce le béton, comme la fleur qui pousse dans les ruines, comme le rire d’un enfant dans un monde de larmes. Elle est dans le regard d’une mère qui serre son enfant contre elle dans un abri anti-aérien. Elle est dans les mains d’un médecin qui opère à la lueur d’une bougie. Elle est dans les mots d’un poète qui refuse de se taire.

La résistance, mes amis, n’est pas une option. C’est une nécessité. Elle est dans le refus de consommer, dans le choix de la solidarité, dans l’acte de désobéissance. Elle est dans la décision de ne plus être complice, de ne plus fermer les yeux, de ne plus accepter l’inacceptable. Elle est dans la création, dans l’art, dans la poésie, dans l’amour. Car l’Empire, voyez-vous, a peur de l’amour. Il a peur de la beauté. Il a peur de la vérité.

Alors résistez. Résistez avec vos mots, avec vos actes, avec vos rêves. Résistez en aimant, en créant, en espérant. Résistez en refusant de haïr, même quand la haine semble la seule réponse. Car la haine, voyez-vous, est l’arme favorite de l’Empire. Elle divise, elle corrompt, elle détruit. Mais l’amour, lui, unit, il purifie, il construit. Et c’est cela, la véritable résistance : aimer malgré tout, espérer contre toute espérance, construire malgré les ruines.

Oh ! L’Empire, ce vieux clown aux mains rouges,

Qui danse sur les tombes en riant aux éclats,

Ses dollars sont des linceuls, ses drones des corbeaux,

Et l’Iran, ce phénix, renaît de ses combats.

Ils parlent de « frappes », de « cibles », de « stratégie »,

Comme si la mort était un jeu d’échecs,

Comme si les enfants déchiquetés étaient des « dommages collatéraux »,

Comme si le monde était leur terrain de chasse.

Mais nous, les damnés, les fous, les poètes maudits,

Nous savons que la vérité est une putain,

Que l’Histoire est écrite par les bourreaux,

Et que la paix n’est qu’un rêve dans la nuit des canons.

Alors brandissons nos mots comme des couteaux,

Nos rêves comme des boucliers,

Nos amours comme des étendards,

Et marchons, marchons vers l’aube,

Même si l’aube n’est qu’un mensonge,

Même si le soleil n’est qu’un trou dans le ciel,

Même si la paix n’est qu’un mot,

Un mot que nous crions jusqu’à en crever.

Cette fois, mes amis, ce ne sera pas différent. Ce sera pire. Car l’Empire, dans sa folie, est prêt à tout pour survivre. Même à se détruire lui-même. Mais nous, nous serons là. Nous, les fous, les rêveurs, les résistants. Nous serons là pour ramasser les morceaux, pour panser les blessures, pour reconstruire. Car l’humanité, voyez-vous, est indestructible. Elle est comme l’herbe, comme la fleur, comme le rire d’un enfant. Elle est éternelle.

Et l’Empire, lui, n’est qu’un mauvais rêve. Un cauchemar dont nous finirons par nous réveiller.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *