Personnalités politiques et culturelles, transactions financières et échanges intimes… L’affaire Epstein éclabousse aussi la France – Le Parisien







La Chute des Idoles – Laurent Vo Anh


ACTUALITÉ SOURCE : Personnalités politiques et culturelles, transactions financières et échanges intimes… L’affaire Epstein éclabousse aussi la France – Le Parisien

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la France ! Toujours cette putain de France qui croit encore aux contes de fées, aux vertus républicaines, à la grandeur de ses élites. Toujours cette même France qui s’indigne quand le miroir lui renvoie une image trop crue, trop vraie, trop sale. L’affaire Epstein, ce n’est pas une affaire, c’est un symptôme. Un symptôme monstrueux, obscène, qui révèle l’abcès purulent de notre époque : l’alliance contre-nature entre le pouvoir, l’argent et la chair, cette sainte trinité moderne qui a remplacé Dieu, la Patrie et la Famille.

Regardons cela en face, sans fard, sans ces lunettes roses que l’on nous a tant serinées de porter. Sept étapes, sept chutes, sept révélations qui jalonnent l’histoire humaine et qui trouvent dans cette affaire leur paroxysme grotesque.

1. La Chute Originelle : Le Pouvoir comme Perversion
Dès l’aube de l’humanité, le pouvoir a été une affaire de domination. Pas de la domination noble, non, celle qui s’exerce sur les corps, sur les esprits, sur les âmes. Les rois, les pharaons, les empereurs : tous ont compris que pour régner, il fallait posséder. Posséder les terres, posséder les richesses, posséder les femmes. Epstein, ce n’est pas un monstre, c’est un héritier. Un héritier de cette tradition millénaire où le pouvoir se mesure à l’aune de ce que l’on peut prendre, violer, corrompre. La seule différence, c’est qu’aujourd’hui, on appelle cela du « réseautage ».

2. La Renaissance : L’Art comme Monnaie d’Échange
La Renaissance, cette époque bénie où l’on a cru que l’homme pouvait s’élever par l’esprit. Quelle blague ! Les Médicis, les Borgia, les papes : tous des mécènes, tous des prédateurs. L’art, la culture, la beauté : tout cela n’a jamais été que des instruments de pouvoir. Epstein, lui, a compris que pour acheter une âme, il fallait d’abord acheter un tableau, une sculpture, une réputation. Les artistes, les intellectuels, ces idiots utiles qui croient encore que leur talent les protège. Comme si le génie immunisait contre la corruption. Comme si Rimbaud n’avait pas fini marchand d’armes en Abyssinie.

3. Les Lumières : La Raison comme Alibi
Ah, les Lumières ! Cette époque où l’on a cru que la raison allait tout sauver. Que le progrès allait purifier l’humanité. Quelle naïveté ! Les philosophes parlaient de liberté, d’égalité, de fraternité, mais ils fermaient les yeux sur les bordels de Paris, sur les enfants vendus, sur les femmes traitées comme du bétail. Epstein, c’est l’héritier de cette hypocrisie. Il a compris que pour corrompre, il fallait d’abord séduire. Offrir des livres, des idées, des débats. Faire croire à ses proies qu’elles sont intelligentes, libres, choisies. Et puis, une fois qu’elles sont dans la nasse, leur montrer la vraie nature du pouvoir : brutale, animale, sans pitié.

4. La Révolution Industrielle : L’Argent comme Dieu
Avec la révolution industrielle, l’argent est devenu le nouveau dieu. Plus besoin de légitimité divine, plus besoin de noblesse de sang : il suffisait d’avoir des usines, des banques, des actions. Epstein, ce financier véreux, ce proxénète en costume trois-pièces, c’est le produit parfait de cette époque. Il a compris que l’argent achète tout : les corps, les consciences, les lois. Il a compris que dans un monde où tout se monnaye, la morale n’est qu’une variable d’ajustement. Une variable que l’on peut effacer d’un trait de plume, d’un virement bancaire.

5. Le XXe Siècle : La Technologie comme Arme de Soumission
Le XXe siècle, ce siècle de folie, où l’on a cru que la technologie allait nous libérer. Epstein, lui, a compris que la technologie était une arme. Une arme pour espionner, pour manipuler, pour contrôler. Les caméras cachées, les enregistrements, les dossiers : tout cela, c’est l’arsenal du pouvoir moderne. Plus besoin de bourreaux, plus besoin de cachots. Il suffit d’un disque dur, d’un serveur, d’une menace bien placée. Et hop ! Plus de résistance, plus de révolte. Juste des marionnettes qui dansent au rythme des fils invisibles de la finance et de la peur.

6. La Mondialisation : Le Réseau comme Prison
La mondialisation, cette grande illusion d’un monde sans frontières. Epstein, ce cosmopolite, ce citoyen du monde, a compris que la mondialisation était une prison dorée. Un réseau où tout le monde est connecté, où tout le monde dépend de tout le monde, où personne ne peut plus échapper à personne. Les avions privés, les îles privées, les comptes offshore : tout cela, ce sont les barreaux de la prison globale. Une prison où les gardiens sont des banquiers, où les clés sont des codes secrets, où les condamnés sont des millions d’anonymes qui croient encore à la liberté.

7. Le XXIe Siècle : La Transparence comme Mensonge
Nous vivons à l’ère de la transparence, nous dit-on. Tout est visible, tout est accessible, tout est traçable. Quelle farce ! Epstein, ce maître des ombres, a compris que la transparence n’était qu’un leurre. Un leurre pour faire croire que le pouvoir est sous contrôle, que les puissants sont responsables, que la justice est impartiale. Mais derrière les écrans, derrière les algorithmes, derrière les discours, il y a toujours la même réalité : celle d’un système pourri jusqu’à la moelle, où les prédateurs se partagent les proies sous l’œil complice des institutions.

Analyse Sémantique : Le Langage du Pouvoir
Regardons les mots, ces petits soldats du pouvoir. « Réseautage », « mécénat », « relations publiques » : autant de termes qui masquent la réalité sordide des échanges. « Échanges intimes », quelle belle expression pour parler de viol, de prostitution, de traite des êtres humains. Le langage est une arme, une arme pour euphémiser, pour édulcorer, pour rendre acceptable l’inacceptable. Epstein et ses complices le savaient. Ils parlaient de « dîners mondains », de « soirées exclusives », de « rencontres culturelles ». Comme si les mots pouvaient laver les crimes, comme si le vocabulaire pouvait purifier les actes.

Et puis, il y a ces silences, ces non-dits, ces blancs dans les discours. Les médias parlent de « l’affaire Epstein », mais jamais de « l’affaire des élites », de « l’affaire du système ». Parce que le système, c’est eux. Le pouvoir, c’est eux. Et un pouvoir ne se suicide pas. Il se protège, il se camoufle, il se perpétue. Même quand il est acculé, même quand les preuves s’accumulent, il trouve toujours un bouc émissaire, un fusible, un Epstein. Un homme seul, un monstre isolé, pour que le reste du troupeau puisse continuer à brouter en paix.

Comportementalisme Radical : La Résistance Humaniste
Face à cette machine infernale, que faire ? Se taire ? Se soumettre ? Se résigner ? Non. La résistance, la vraie, commence par le refus. Le refus de participer, le refus de collaborer, le refus de fermer les yeux. Mais attention : la résistance n’est pas une posture, ce n’est pas un slogan, ce n’est pas un hashtag. La résistance, c’est un acte. Un acte quotidien, obstiné, dangereux.

Il faut d’abord refuser le langage du pouvoir. Appeler un chat un chat, un viol un viol, un proxénète un proxénète. Il faut refuser les euphémismes, les circonlocutions, les faux-semblants. Il faut parler vrai, même si cela dérange, même si cela blesse, même si cela isole.

Il faut ensuite refuser les idoles. Ces hommes et ces femmes que l’on nous présente comme des modèles, comme des génies, comme des saints. Il faut les regarder en face, sans admiration, sans crainte, sans respect. Il faut voir leur humanité, avec ses faiblesses, ses lâchetés, ses perversions. Il faut les désacraliser, les démythifier, les ramener à leur juste valeur : celle d’êtres humains, ni plus ni moins.

Il faut enfin refuser le système. Ce système qui produit des Epstein, des Weinstein, des Balkany. Ce système qui récompense la prédation, qui encourage la corruption, qui punit l’honnêteté. Il faut le combattre, non pas avec des armes, non pas avec de la violence, mais avec des actes. Des actes de désobéissance civile, des actes de solidarité, des actes de vérité.

La résistance, c’est aussi l’art. L’art qui dérange, qui provoque, qui révèle. L’art qui montre l’envers du décor, qui expose les plaies, qui hurle les vérités. L’art qui refuse la compromission, qui rejette la censure, qui embrasse la liberté. L’art, cette dernière forteresse de l’humanité, quand tout le reste a été corrompu, vendu, détruit.

Mais attention : la résistance n’est pas une croisade. Ce n’est pas une guerre sainte contre les méchants, contre les puissants, contre les corrompus. La résistance, c’est d’abord un travail sur soi. Un travail pour rester humain, dans un monde qui cherche à nous déshumaniser. Un travail pour garder les yeux ouverts, quand tout nous pousse à les fermer. Un travail pour garder le cœur battant, quand tout nous pousse à le glacer.


NOCTURNE DES IDOLES CHUTANTES

Je les ai vus, les rois sans couronne,
Les dieux en costume trois-pièces,
Les anges aux ailes de banque,
Danser sur le cadavre des rêves.

Ils parlaient de culture, de lumière,
De progrès, d’avenir radieux,
Mais leurs mains sentaient le soufre,
Leurs sourires cachaient des crocs.

Ils achetaient des vierges en solde,
Des enfants en promo, des âmes en lot,
Et les revendant au poids de l’or,
Dans leurs îles sans lois, sans mémoire.

Ô France, ma vieille putain,
Toujours prête à vendre son corps,
Son âme, son honneur,
Pour un peu de gloire, un peu d’or.

Tes élites, tes artistes, tes penseurs,
Tes politiques, tes banquiers,
Tous complices, tous coupables,
Tous agenouillés devant le Veau.

Mais dans l’ombre, quelque part,
Un enfant rit, un poète écrit,
Un vieux fou hurle sa vérité :
« Le roi est nu ! Le roi est mort ! »

Et moi, je ris aussi, je ris jaune,
De voir ton ciel si bleu, si pur,
Taché de sang, de sperme, de boue,
Tes étoiles vendues aux enchères.

Un jour, peut-être, un jour lointain,
Quand les idoles seront tombées,
Quand les masques seront brisés,
On verra enfin ton vrai visage.

Ce jour-là, France, ma vieille putain,
Tu n’auras plus de clients,
Plus de courtisans, plus de flatteurs,
Plus que ton silence et tes ruines.

Et dans ce silence, dans ces ruines,
Peut-être naîtra quelque chose,
Un souffle, une étincelle, un rêve,
Un monde où l’homme sera homme.



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