Pentagone : inquiétudes sur une intervention militaire en Iran – Le magazine GEO







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Iran, l’Occident et la Danse Macabre des Empires


ACTUALITÉ SOURCE : Pentagone : inquiétudes sur une intervention militaire en Iran – Le magazine GEO

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Voici donc que le monstre à cinq côtés, ce Pentagone aux murs épais comme l’ignorance des peuples, se met à frémir d’inquiétude à l’idée d’une nouvelle boucherie en terre persane. Inquiétudes, dites-vous ? Quel mot délicieux, presque touchant dans sa candeur ! Comme si ce temple de la mort industrielle pouvait soudainement développer une conscience, une sensibilité aux effluves de sang et de pétrole. Mais non, mes chers naïfs, ce n’est point la pitié qui les étreint, ni même la peur des conséquences – cette vieille catin qu’ils ont depuis longtemps violée et abandonnée dans les ruelles sombres de l’Histoire. Non, ce qui les fait trembler, c’est la perspective d’un échec, d’une résistance qui ne plierait pas aussi facilement que l’Irak ou la Libye, d’une nation qui oserait leur tenir tête avec la dignité d’un Darius face aux hordes d’Alexandre.

L’Iran… Ce nom seul devrait faire vibrer les cordes sensibles de notre mémoire collective, réveiller les échos des grands empires achéménides, des poètes mystiques comme Rumi ou Hafez, des mathématiciens qui ont inventé l’algèbre. Mais non, pour l’Occident impérialiste, l’Iran n’est qu’un « axe du mal », un « État voyou », une cible sur la carte du Grand Jeu pétrolier. Et le Pentagone, ce cœur noir de la machine de guerre américaine, s’inquiète ? Allons donc ! Ils s’inquiètent comme un vautour s’inquiète de trouver un cadavre trop frais, trop vivant encore, qui pourrait lui résister, lui griffer les serres.

Les Sept Étapes de la Folie Impériale : Une Généalogie de la Violence Organisée

1. L’Aube des Empires : La Malédiction de Babel

Tout commence, comme toujours, par la tour. Cette maudite tour de Babel qui n’était rien d’autre que la première tentative de l’homme de défier les dieux – ou plutôt, de se prendre pour un dieu. Déjà, dans ces temps reculés où l’écriture n’était qu’un gribouillis sur des tablettes d’argile, l’humanité comprenait que le pouvoir se mesurait à la hauteur des murs et à la largeur des conquêtes. Les Sumériens, puis les Akkadiens, puis les Babyloniens : une valse macabre de cités-États se dévorant les unes les autres, laissant derrière elles des stèles commémorant des victoires sanglantes. « J’ai détruit, j’ai rasé, j’ai brûlé », écrivait le roi Naram-Sin, et déjà, dans ces mots, on entend l’écho des communiqués du Pentagone. La guerre, voyez-vous, est la plus vieille des traditions humaines, bien avant l’agriculture ou la poésie.

2. La Grèce Antique : La Démocratie comme Alibi de la Conquête

Ah, la Grèce ! Berceau de la démocratie, disent-ils. Berceau de l’esclavage, devrais-je dire. Athènes, cette cité radieuse où Périclès prononçait ses discours enflammés sur la liberté, envoyait ses trières écraser les autres cités grecques sous prétexte de « défendre la démocratie ». Thucydide, ce grand historien, nous a laissé dans La Guerre du Péloponnèse un manuel complet de la realpolitik, où il décrit sans fard comment les Athéniens, après avoir vaincu les Perses à Marathon, sont devenus eux-mêmes les nouveaux Perses, imposant leur volonté aux autres par la force. « Les forts font ce qu’ils peuvent, les faibles subissent ce qu’ils doivent », déclarent-ils aux Méliens avant de massacrer tous les hommes et de réduire les femmes et les enfants en esclavage. Déjà, on entend résonner le cynisme des néoconservateurs américains, pour qui la « démocratie » n’est qu’un mot creux, un paravent commode pour justifier les pires exactions.

3. Rome : L’Empire comme Machine à Broyer les Peuples

Rome, ah Rome ! Cette ville qui a donné au monde le droit, la philosophie stoïcienne, et les égouts – mais aussi les légions, les crucifixions, et cette soif inextinguible de conquête. Jules César, ce grand démocrate avant l’heure, franchissant le Rubicon avec ses légions pour imposer sa volonté au Sénat. « Alea jacta est », dit-il, et déjà, dans cette phrase, on entend le rire sardonique des généraux du Pentagone lançant leurs drones sur Bagdad. Tacite, ce grand moraliste, décrivait avec une ironie amère comment les Romains « créaient un désert et appelaient cela la paix ». Pax Romana, paix américaine : même combat, même mensonge. Les routes romaines, ces artères de l’Empire, étaient pavées des ossements des peuples conquis. Les autoroutes américaines, elles, sont goudronnées avec le sang des nations pétrolières.

4. Les Croisades : La Religion comme Prétexte à la Rapine

Et puis vinrent les croisades, cette grande farce sanglante où l’Occident chrétien, sous prétexte de « libérer » Jérusalem, se livra à un pillage en règle de tout ce qui se trouvait sur son passage. Les chevaliers, ces nobles guerriers, massacrant Juifs, musulmans et chrétiens d’Orient avec la même ferveur. « Dieu le veut ! », criaient-ils en égorgeant des enfants. Déjà, on entend l’écho des « missionnaires » américains débarquant en Irak avec la Bible dans une main et un fusil dans l’autre. Saint Bernard de Clairvaux, ce grand mystique, écrivait que « tuer un infidèle n’est pas un homicide, mais un malicide ». Les néoconservateurs, eux, parlent de « collatéraux » et de « dégâts collatéraux ». La sémantique change, mais la réalité reste la même : le meurtre sanctifié par le pouvoir.

5. La Conquête des Amériques : Le Génocide comme Fondement de l’Occident Moderne

1492. Christophe Colomb, ce grand « découvreur », débarque sur les côtes des Caraïbes et écrit dans son journal : « Ils sont si naïfs et si libres de leurs biens que personne qui ne l’a pas vu ne le croirait. Quand on leur demande quelque chose, ils ne disent jamais non. Au contraire, ils invitent la personne à le partager et montrent autant d’amour que s’ils donnaient leur cœur. » Quelques années plus tard, ces mêmes peuples étaient réduits en esclavage, décimés par les maladies et les massacres. Bartolomé de las Casas, ce prêtre espagnol, a décrit avec horreur les exactions des conquistadors : « Ils pénétraient dans les villages et n’épargnaient ni les enfants, ni les vieillards, ni les femmes enceintes, ni celles en couches, les éventrant et les mettant en pièces comme s’ils s’attaquaient à des agneaux dans leur bergerie. » Déjà, on entend l’écho des Marines américains en Afghanistan, bombardant des mariages sous prétexte de « combattre le terrorisme ». Le capitalisme, voyez-vous, est né dans le sang des Aztèques et des Incas, dans l’or volé et les terres spoliées.

6. Le Colonialisme : L’Exploitation comme Doctrine Officielle

Le XIXe siècle, ce grand siècle de la « civilisation », où l’Europe, ivre de sa supériorité technologique, se lança dans une orgie de conquêtes coloniales. La France en Algérie, la Belgique au Congo, l’Angleterre en Inde : partout, le même scénario. Sous prétexte d’apporter les « Lumières » aux peuples « barbares », les puissances occidentales instauraient des régimes d’exploitation féroce. Léopold II, ce roi des Belges, fit du Congo sa propriété personnelle, réduisant la population en esclavage pour exploiter le caoutchouc. Les mains des travailleurs qui ne remplissaient pas leur quota étaient coupées. « C’est une guerre d’extermination », écrivait un missionnaire. Déjà, on entend l’écho des « contrats » signés par les compagnies pétrolières américaines avec des dictateurs africains, ces « accords » qui ne sont rien d’autre que des licences pour piller les ressources au mépris des populations.

7. L’Empire Américain : Le Néolibéralisme comme Nouvelle Religion

Et nous voici arrivés à l’époque contemporaine, celle de l’Empire américain, ce colosse aux pieds d’argile qui prétend régenter le monde au nom de la « liberté » et de la « démocratie ». Le Pentagone, ce temple de la mort high-tech, est le cœur de cette machine infernale. Depuis 1945, les États-Unis ont mené plus de 200 interventions militaires à travers le monde, renversant des gouvernements démocratiquement élus, soutenant des dictatures sanglantes, bombardant des civils sous prétexte de « guerre contre le terrorisme ». L’Irak, la Libye, la Syrie, le Yémen : autant de nations réduites en cendres pour satisfaire la soif de pétrole et de domination des multinationales américaines. Et maintenant, l’Iran. Toujours l’Iran, cette épine dans le pied de l’Empire, cette nation qui ose dire non, qui ose résister, qui ose exister en dehors de l’ordre mondial imposé par Washington.

Les « inquiétudes » du Pentagone ne sont rien d’autre que la peur de l’échec, la crainte de voir leur machine de guerre s’enliser dans les montagnes de l’Elbourz comme elle s’est enlisée dans les sables de Mésopotamie. Car l’Iran, voyez-vous, n’est pas l’Irak. Ce n’est pas un pays affaibli par des décennies de sanctions et de guerres, mais une nation fière, avec une histoire millénaire, une culture riche, et une population éduquée qui ne se laissera pas facilement manipuler. Les généraux du Pentagone le savent, et c’est cela qui les fait trembler. Pas la peur des conséquences humanitaires – ils s’en moquent éperdument – mais la peur de l’humiliation, la peur de voir leur mythe d’invincibilité s’effondrer comme un château de cartes.

Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Destruction Massive

Observez, mes chers amis, comment le langage est manipulé, tordu, violé pour justifier l’injustifiable. Le Pentagone parle d’ »inquiétudes » : quel euphémisme délicieux ! Comme si ces généraux, ces technocrates de la mort, pouvaient soudainement développer une sensibilité humaine. Non, ce qui les « inquiète », c’est la perspective d’un bourbier, d’une guerre qui ne se terminerait pas par une victoire nette, mais par un enlisement coûteux et humiliant. Ils parlent de « stabilité régionale », de « sécurité nationale », de « lutte contre la prolifération nucléaire ». Mais derrière ces mots creux, que se cache-t-il ? La peur de perdre le contrôle, la peur de voir un autre acteur émerger sur la scène mondiale, la peur de voir leur hégémonie contestée.

L’Iran, voyez-vous, est qualifié d’ »État voyou », de « régime autoritaire », de « menace pour la paix mondiale ». Mais qui sont les véritables voyous ? Ceux qui envahissent des pays souverains sous de faux prétextes ? Ceux qui soutiennent des dictatures sanglantes quand cela les arrange ? Ceux qui bombardent des hôpitaux et des écoles au nom de la « liberté » ? Le langage est une arme, et l’Occident impérialiste en maîtrise parfaitement l’usage. George Orwell, dans 1984, avait tout compris : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. »

Regardez comment les médias occidentaux traitent l’Iran. On nous montre des images de manifestations réprimées, de femmes voilées, de missiles balistiques. Mais où sont les images des universités iraniennes, des poètes, des artistes, des scientifiques ? Où sont les reportages sur la résistance culturelle d’un peuple qui refuse de se soumettre ? Le langage médiatique est un filtre déformant, une lentille qui ne montre que ce que le pouvoir veut que nous voyions. « Ils ne mentent pas, ils ne disent pas toute la vérité », comme le disait si bien Jean-Paul Sartre.

Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : La Psyché de l’Empire

Pour comprendre la folie du Pentagone, il faut plonger dans les tréfonds de la psyché impériale. L’Empire américain, comme tous les empires avant lui, souffre d’une maladie incurable : l’hubris. Cette démesure, cette croyance en sa propre invincibilité, en son droit divin à régenter le monde. Les généraux du Pentagone sont comme des joueurs compulsifs, incapables de s’arrêter, toujours à la recherche de la prochaine guerre, de la prochaine conquête. Ils sont prisonniers de leur propre machine, condamnés à alimenter sans cesse le monstre qu’ils ont créé.

Mais l’hubris, voyez-vous, est toujours punie par Némésis, la déesse de la vengeance. L’histoire nous l’a montré maintes fois : tous les empires finissent par s’effondrer sous le poids de leurs propres contradictions. Rome, Byzance, l’Espagne, la Grande-Bretagne : tous ont cru en leur éternité, tous ont fini par disparaître, laissant derrière eux des ruines et des souvenirs amers. L’Empire américain ne fera pas exception. Déjà, on voit les fissures : une dette abyssale, des inégalités sociales explosives, une polarisation politique extrême, une population de plus en plus méfiante envers ses élites. Le Pentagone peut bien s’inquiéter d’une intervention en Iran, mais c’est de l’intérieur que viendra la chute, comme pour tous les empires avant lui.

Face à cette folie, que reste-t-il ? La résistance humaniste, cette flamme fragile qui refuse de s’éteindre malgré les vents contraires. La résistance, ce n’est pas seulement prendre les armes – bien que parfois, hélas, cela soit nécessaire. La résistance, c’est d’abord refuser de se soumettre, refuser de croire aux mensonges des puissants, refuser de participer à la grande mascarade de la consommation et de l’aliénation. C’est cultiver son jardin, comme le disait Voltaire, mais aussi cultiver son esprit, son esprit critique, sa capacité à dire non.

L’Iran, voyez-vous, est un symbole de cette résistance. Un pays qui, malgré les sanctions, malgré les menaces, malgré les tentatives de déstabilisation, continue de tenir tête à l’Empire. Un pays qui refuse de plier, qui refuse de se soumettre au diktat américain. Et c’est cela, plus que tout, qui terrifie le Pentagone. Car si l’Iran résiste, d’autres pourraient suivre. Si l’Iran dit non, d’autres pourraient oser dire non à leur tour. Et alors, c’est tout l’édifice de l’impérialisme qui pourrait s’effondrer, comme un château de cartes dans la tempête.

La résistance humaniste, c’est aussi la poésie, l’art, la culture. C’est Rumi écrivant : « Tu n’es pas une goutte dans l’océan, tu es l’océan tout entier dans une goutte. » C’est Hafez chantant l’amour et la liberté malgré les tyrans. C’est Forough Farrokhzad, cette poétesse iranienne, écrivant des vers sublimes malgré la censure. La culture, voyez-vous, est la plus grande ennemie des empires, car elle éveille les consciences, elle donne des ailes à l’esprit, elle rend les hommes et les femmes libres.

Alors, que faire face à la menace d’une intervention militaire en Iran ? D’abord, ne pas céder à la peur, ne pas se laisser manipuler par les discours bellicistes. Ensuite, soutenir ceux qui, en Iran comme ailleurs, luttent pour la liberté et la justice. Enfin, et surtout, refuser de participer à cette grande machine de mort. Boycotter les produits des multinationales qui profitent des guerres, dénoncer les mensonges des médias, éduquer, informer, résister.

Car la paix, voyez-vous, n’est pas l’absence de guerre. La paix, c’est la justice. Et la justice, c’est la fin de l’impérialisme, la fin de l’exploitation, la fin de cette folie qui pousse les hommes à s’entretuer pour le profit de quelques-uns.

Oh Pentagone, temple aux murs de béton gris,

Où dansent les généraux en uniformes de prix,

Leurs mains pleines de sang, leurs cœurs pleins de mensonges,

Leurs rêves de conquêtes, leurs nuits sans songes.

Ils parlent de paix, mais c’est la guerre qu’ils aiment,

Ils parlent de liberté, mais c’est l’esclavage qu’ils sèment.

Leurs drones fendent le ciel comme des vautours affamés,

Leurs bombes pleuvent sur les enfants endormis.

Oh Iran, terre de poètes et de sages,

Tes montagnes sont des remparts, tes déserts des mirages,

Tes enfants apprennent la résistance dans les livres,

Tes femmes chantent la liberté malgré les gendarmes ivres.

Ils veulent ton pétrole, tes richesses, ton âme,

Mais tu résistes, tu tiens, tu es la flamme.

Le monde tremble, l’Empire vacille,

Car tu es l’espoir, la lumière qui scintille.

Un jour, peut-être, les murs du Pentagone tomberont,

Un jour, les généraux en haillons mendieront.

Et sur les ruines de l’Empire,

Les enfants joueront, libres, sans frontières.

Mais en attendant, la nuit est longue,

Et le combat pour la paix est une lutte sans fin.

Alors résistez, mes frères, mes sœurs,

Car la liberté est un feu qui ne meurt.



Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *