ACTUALITÉ SOURCE : Paris : 6 expositions gratuites pour (re)découvrir les grands artistes de l’art moderne cet hiver – Connaissance des Arts
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
L’art moderne, voyez-vous, n’est pas né d’un coup de pinceau divin, mais d’une série de convulsions historiques, de crises métaphysiques et de trahisons esthétiques. Pour comprendre cette farce tragique, il faut remonter aux origines, là où tout a commencé à pourrir, là où l’homme a cru, dans sa folie, qu’il pouvait se passer de Dieu, de la nature, et même de lui-même. Sept étapes, sept chutes, sept renaissances avortées. Suivez le guide, mes chers cadavres en sursis.
1. La Chute : L’Homme Quitte le Paradis (ou Comment Tout a Commencé à Dégénérer)
Au commencement était le Verbe, et le Verbe était avec Dieu, et le Verbe était Dieu. Puis vint l’homme, ce singe mal dégrossi, qui décida que le Verbe était trop encombrant. Les grottes de Lascaux, voyez-vous, ne sont pas les premiers graffitis de l’humanité, mais bien les premiers cris d’une espèce qui réalise qu’elle est seule dans l’univers. Ces bisons peints à la hâte, ces mains en négatif sur la paroi humide, ce sont les premiers symptômes d’une angoisse existentielle. L’homme préhistorique, déjà, cherche à donner un sens à son néant. Il ne sait pas encore qu’il va passer les prochains millénaires à se cogner la tête contre les murs de sa propre conscience. « L’art est une blessure qui devient lumière », disait Georges Braque. Une blessure, oui, mais une lumière qui clignote comme un néon dans un bordel de troisième zone.
2. La Grèce Antique : L’Idéal et la Chiasse (ou l’Invention de la Beauté Malade)
Puis vinrent les Grecs, ces fous magnifiques qui inventèrent la beauté comme on invente une maladie vénérienne. Le Parthénon, ces colonnes qui se dressent vers le ciel comme des doigts accusateurs, ces statues qui semblent respirer alors qu’elles ne sont que pierre froide. Platon, dans son Banquet, nous explique que la beauté est une échelle vers le divin. Sauf que l’échelle est pourrie, et que le divin a déménagé sans laisser d’adresse. Les Grecs croyaient à l’harmonie, à la mesure, au juste milieu. Ils ne savaient pas encore que l’homme est un animal dysharmonique, un monstre de contradictions, un sac de tripes et de désirs inassouvis. « L’homme est la mesure de toute chose », proclamait Protagoras. Oui, et quelle mesure ! Celle d’un ivrogne qui trébuche dans les ruelles d’Athènes en vomissant son vin et ses illusions.
3. La Renaissance : Le Péché Originel du Capitalisme Culturel
Puis vint la Renaissance, cette grande foire aux vanités où l’homme redécouvrit qu’il pouvait être un dieu, à condition d’avoir les moyens. Florence, Venise, Rome : des villes transformées en galeries marchandes où l’on vendait des Madones comme on vend aujourd’hui des iPhones. Léonard de Vinci, ce génie universel, ce touche-à-tout de génie, qui disséquait des cadavres la nuit pour mieux peindre des sourires énigmatiques le jour. « La peinture est une poésie qui se voit », disait-il. Une poésie, oui, mais une poésie qui coûte cher, très cher. Les Médicis, ces banquiers mafieux, finançaient les arts comme on finance une guerre : pour asseoir leur pouvoir. L’art devint un instrument de domination, une arme de distraction massive. Et nous, pauvres hères, nous continuons à nous extasier devant La Joconde, ce tableau qui nous regarde avec le mépris d’une courtisane blasée.
4. Le Siècle des Lumières : L’Art au Service de l’Illusion Démocratique
Puis vint le XVIIIe siècle, ce siècle des Lumières qui croyait dur comme fer que la raison allait sauver le monde. Diderot, ce vieux bougon, rédigeait son Encyclopédie en rêvant d’un monde où tous les hommes seraient égaux, libres et frères. Sauf que l’art, lui, restait bien sagement dans les salons dorés, réservé à une élite qui s’ennuyait ferme. « Le beau est la splendeur du vrai », proclamait Baudelaire plus tard, mais quel vrai ? Celui des philosophes qui parlaient de liberté en sirotant du thé dans des salons chauffés, tandis que le peuple crevait de faim dans les ruelles insalubres ? L’art devint un divertissement, une distraction pour les riches oisifs. Les expositions, ces grands-messes laïques, étaient des prétextes pour se montrer, pour étaler sa culture comme on étale son argent. Rien n’a changé, mes amis. Aujourd’hui encore, on se presse dans les musées comme on se presse dans les magasins le premier jour des soldes.
5. Le XIXe Siècle : La Naissance de la Modernité (ou l’Art Devient Fou)
Puis vint le XIXe siècle, ce siècle de fer et de sang, où l’art décida de devenir fou. Les impressionnistes, ces révolutionnaires en chapeau melon, peignaient la lumière comme on attrape des papillons avec un filet troué. Monet, ce vieux myope, alignait ses Nymphéas comme un jardinier fou qui aurait perdu le sens des proportions. « Je peins ce que je vois, pas ce que les autres veulent que je voie », disait-il. Belle déclaration d’indépendance, sauf que les autres, justement, ne voulaient plus voir. L’art devint une affaire de perception, de subjectivité, de folie. Van Gogh, ce génie maudit, se trancha une oreille pour prouver qu’il était vivant. Gauguin s’enfuit à Tahiti pour fuir la civilisation, mais il emporta avec lui ses démons et ses préjugés. L’art moderne naquit dans la douleur, dans la révolte, dans le sang. Et nous, pauvres spectateurs, nous continuons à admirer ces toiles comme on admire les cicatrices d’un suicidé.
6. Le XXe Siècle : L’Art Devient une Farce (ou le Triomphe du Néant)
Puis vint le XXe siècle, ce siècle de cauchemar où l’art décida de se moquer de nous. Duchamp exposa un urinoir et le baptisa Fontaine. Picasso découpa des visages comme on découpe un poulet. Pollock jeta de la peinture sur des toiles comme un enfant en crise de nerfs. « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art », disait Robert Filliou. Belle pirouette, mais qui ne cache pas l’essentiel : l’art moderne est devenu une farce, un jeu de dupes, une escroquerie intellectuelle. Les musées se transformèrent en supermarchés de la culture, où l’on vend des idées comme on vend des lessives. « Tout est art », proclamèrent les dadaïstes. Oui, et tout est merde aussi, comme le disait si élégamment leur ami Céline. L’art moderne, c’est l’histoire d’une humanité qui a perdu ses repères, qui a troqué ses dieux contre des ready-made, ses mythes contre des installations éphémères. Et nous, pauvres gogos, nous continuons à applaudir, à admirer, à croire que tout cela a un sens.
7. Le XXIe Siècle : L’Art dans l’Ère du Vide (ou le Triomphe du Néant Numérique)
Et nous voici au XXIe siècle, ce siècle de l’hyperconnexion et de la solitude absolue. Les expositions gratuites de Paris, ces six occasions de (re)découvrir les grands artistes de l’art moderne, ne sont que des leurres, des mirages dans le désert de notre culture. Nous vivons à l’ère du numérique, où l’art se consomme comme un fast-food, où les musées sont des parcs d’attractions pour touristes en mal de selfies. « L’art est une monnaie qui n’a plus cours », disait Jean Baudrillard. Il avait raison. Aujourd’hui, l’art est une marchandise comme une autre, un produit de consommation courante, un divertissement pour les masses. Les expositions gratuites, ces appâts jetés à la populace, ne sont que des leurres pour nous faire croire que la culture est accessible, que l’art est vivant. Mais l’art est mort, mes amis. Il est mort étouffé sous le poids de son propre néant, asphyxié par l’indifférence générale. Nous ne sommes plus que des zombies culturels, errant dans les couloirs des musées en cherchant désespérément un sens qui n’existe plus.
Analyse Sémantique : Le Langage de l’Illusion
Parlons maintenant du langage, ce grand manipulateur, ce maître illusionniste. Le titre de l’article est un chef-d’œuvre de cynisme : « Paris : 6 expositions gratuites pour (re)découvrir les grands artistes de l’art moderne cet hiver ». Décomposons cette phrase comme on dissèque un cadavre.
« Paris » : un nom qui sent le croissant chaud et le cliché touristique. Paris, ville lumière, ville amour, ville des arts. Sauf que Paris est aussi une ville de misère, de solitude, de désillusion. Mais peu importe, car le nom seul suffit à évoquer le rêve, l’illusion, la promesse d’une expérience esthétique transcendante.
« 6 expositions gratuites » : le mot gratuit est un piège à cons. Rien n’est gratuit dans ce monde, surtout pas la culture. Ces expositions sont gratuites parce qu’elles sont financées par des mécènes, des sponsors, des institutions qui ont tout intérêt à ce que le peuple croie que l’art est accessible. La gratuité est une illusion, un leurre pour attirer les masses, pour donner l’illusion d’une démocratisation de la culture. Mais la culture, mes amis, n’a jamais été démocratique. Elle est élitiste, exclusive, réservée à ceux qui ont le temps, l’argent et l’éducation pour la comprendre.
« (re)découvrir » : ce petit préfixe entre parenthèses est un chef-d’œuvre de manipulation. Il sous-entend que nous avons déjà découvert ces artistes, que nous les connaissons, que nous les aimons. Sauf que la plupart d’entre nous ne les ont jamais vraiment découverts. Nous les avons survolés, effleurés, comme on effleure un livre sans jamais l’ouvrir. (Re)découvrir, c’est une invitation à croire que nous allons enfin comprendre, enfin saisir l’essence de l’art moderne. Mais c’est une illusion, une promesse vide. Nous ne redécouvrirons rien, car nous n’avons jamais rien découvert.
« les grands artistes de l’art moderne » : l’adjectif grands est un jugement de valeur, une affirmation gratuite. Qui décide qu’un artiste est grand ? Les critiques, les institutions, les marchands d’art ? Les grands artistes de l’art moderne sont ceux qui ont su se vendre, se faire connaître, se faire accepter par le système. Les autres, les maudits, les incompris, sont relégués aux oubliettes de l’histoire. L’art moderne est une machine à broyer les rêves, un système qui récompense la conformité et punit la rébellion.
« cet hiver » : cette précision temporelle est une astuce pour créer un sentiment d’urgence, de rareté. « Venez maintenant, ou vous raterez l’occasion ! » Sauf que l’art moderne n’est pas une denrée périssable. Il est là, toujours là, comme un cadavre qui refuse de pourrir. Ces expositions seront remplacées par d’autres, puis par d’autres encore. L’hiver passera, mais l’illusion restera.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Face à cette mascarade, que faire ? Faut-il se résigner, accepter que l’art moderne ne soit plus qu’un produit de consommation, une distraction pour les masses ? Faut-il jouer le jeu, visiter ces expositions gratuites en hochant la tête d’un air entendu, comme si nous comprenions quelque chose à ces toiles qui ne veulent plus rien dire ? Ou faut-il résister, refuser de participer à cette farce, tourner le dos à ces musées qui ne sont plus que des mausolées pour une culture morte ?
La résistance, voyez-vous, commence par un acte de rébellion individuelle. Il ne s’agit pas de boycotter les musées, de brûler les livres d’art, de cracher sur les toiles des grands maîtres. Non, la résistance commence par un refus : le refus de croire que l’art est une marchandise, le refus de se laisser berner par les illusions de la culture officielle. Il s’agit de regarder ces toiles, ces sculptures, ces installations avec un œil neuf, avec un esprit critique, avec une méfiance salutaire. Il s’agit de se demander : « Qu’est-ce que cela me dit ? Qu’est-ce que cela me fait ressentir ? Est-ce que cela a encore un sens, ou est-ce que je ne suis qu’un consommateur passif dans un supermarché de la culture ? »
La résistance, c’est aussi un acte de création. L’art n’est pas mort, il est simplement devenu clandestin. Il se cache dans les ruelles sombres, dans les ateliers de fortune, dans les esprits rebelles qui refusent de se soumettre aux diktats de la mode et du marché. Créer, c’est résister. Peindre, écrire, sculpter, filmer, c’est dire non à l’uniformité, non à la médiocrité, non à la résignation. L’art véritable n’est pas dans les musées, il est dans les marges, dans les interstices, dans les failles du système.
Enfin, la résistance passe par une reconquête du langage. Les mots