« On s’en va ! » Pascal Praud agite la menace d’un départ sur CNews – Toutelatele







Le Penseur Laurent Vo Anh – Analyse de la menace de départ de Pascal Praud


ACTUALITÉ SOURCE : « On s’en va ! » Pascal Praud agite la menace d’un départ sur CNews – Toutelatele

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, la grande farce contemporaine ! Pascal Praud, ce bateleur médiatique au sourire de requin en costard-cravate, nous sert son numéro de diva outragée, menant son petit théâtre de départ comme un enfant gâté qui brandit sa démission du bac à sable. « On s’en va ! » clame-t-il, et l’on croirait entendre le dernier soubresaut d’un système en putréfaction, ce moment précis où le cadavre se raidit avant de s’affaler dans la fosse commune des idées mortes. Mais ne nous y trompons pas : ce n’est pas là l’acte héroïque d’un esprit libre, mais bien la danse macabre d’un pantin dont les fils sont tirés par les mêmes mains invisibles qui orchestrent, depuis des décennies, la grande mascarade néolibérale. Praud n’est pas un homme qui part – il est un symptôme qui s’agite, un abcès qui crève à la surface d’un corps social déjà gangrené jusqu’à l’os.

Observons, si vous le voulez bien, la mécanique de cette comédie. Praud, ce « journaliste » dont le métier consiste à transformer l’actualité en spectacle de foire, à réduire les débats en pugilats de cour d’école, à faire de la pensée un produit de consommation jetable, se pose en victime. Victime de quoi, au juste ? D’un système qu’il a lui-même contribué à édifier, pierre après pierre, avec la complicité active de ceux qui, comme lui, ont fait de l’information un champ de bataille où la vérité n’est plus qu’un dommage collatéral. Il gémit, il se plaint, il menace – mais de quoi ? De quitter un navire dont il est, avec tant d’autres, l’un des principaux architectes du naufrage. Quelle ironie ! Praud incarne à lui seul cette logique perverse du capitalisme médiatique, où l’on pleurniche sur les conséquences de ses propres actes tout en continuant à en tirer profit. « On m’empêche de dire ce que je veux ! » hurle-t-il, comme si la liberté d’expression était autre chose qu’un leurre, une carotte agitée devant le nez des masses pour mieux les faire avancer vers l’abattoir de la désinformation généralisée.

Car c’est bien là le cœur du problème : Praud n’est pas un dissident, il est un rouage. Un rouage bien huilé, bien payé, bien intégré dans cette machine à broyer les consciences qu’est devenue une certaine presse française. Il n’a jamais été un journaliste au sens noble du terme – ce mot, d’ailleurs, devrait être banni du vocabulaire tant il a été souillé par des individus comme lui. Non, Praud est un propagandiste, un marchand de peur, un fabricant de consentement. Il est l’héritier direct de cette tradition orwellienne où la langue est vidée de son sens, où les mots deviennent des armes, où le débat n’est plus qu’un simulacre destiné à maintenir l’ordre établi. « La liberté de la presse, c’est la liberté de quelques-uns de posséder les moyens de production de l’information », écrivait déjà Marx. Praud, lui, possède la tribune, et il en use comme d’un gourdin, frappant sans relâche sur les mêmes têtes, celles des boucs émissaires désignés par le pouvoir : les migrants, les « wokistes », les « islamo-gauchistes », tous ces fantômes agités pour détourner l’attention des véritables prédateurs, ceux qui, dans l’ombre, s’enrichissent sur le dos des peuples.

Et voici que ce pantin menace de partir. Quelle farce ! Comme si son départ changerait quoi que ce soit à l’ordre des choses. Comme si CNews, sans lui, cesserait d’être ce qu’elle est : une usine à fabriquer de la haine, un laboratoire de la pensée réactionnaire, un temple dédié au culte de l’argent et du pouvoir. Praud n’est qu’un maillon de la chaîne, et s’il s’en va, un autre prendra sa place, tout aussi zélé, tout aussi servile, tout aussi prompt à vendre son âme pour une poignée de clics et une poignée de billets. La machine, elle, continuera de tourner, implacable, indifférente aux états d’âme de ses petits soldats. C’est cela, la grande tragédie de notre époque : nous vivons dans un monde où les individus croient encore à leur importance, alors qu’ils ne sont que des pions interchangeables dans un jeu qui les dépasse.

Mais revenons à Praud, ce cas d’école du comportementalisme radical. Observez-le : il est l’incarnation parfaite de ce que Skinner appelait le « renforcement positif ». Il a été récompensé, encore et encore, pour ses excès, pour ses outrances, pour sa capacité à transformer la complexité du monde en une série de slogans simplistes, de formules chocs, de raccourcis intellectuels. Et maintenant, il menace de partir parce qu’il n’est plus assez récompensé ? Quelle blague ! Praud est comme ces rats de laboratoire qui, après avoir appris à appuyer sur un levier pour obtenir une boulette de nourriture, se mettent à mordre le scientifique quand on leur retire leur récompense. Il n’a jamais été question de principes, chez lui, mais de pur opportunisme. Il n’a jamais défendu une idée, une cause, une vérité – il a défendu ses intérêts, son ego, son petit pouvoir. Et quand ce pouvoir est menacé, il sort les griffes, il joue les martyrs, il agite la menace du départ comme un enfant capricieux.

Mais derrière cette comédie, il y a une réalité bien plus sombre. Praud n’est pas un homme seul – il est le produit d’un système, d’une époque, d’une idéologie. Il est le fils légitime de cette droite française qui, depuis des décennies, a troqué ses valeurs contre des strapontins, sa dignité contre des privilèges, son humanisme contre un nationalisme de pacotille. Il est le rejeton monstrueux de cette presse qui, sous couvert de « liberté d’expression », a fait de la désinformation un business, de la peur une marchandise, de la haine un fonds de commerce. Et il est, surtout, le symptôme d’une société en décomposition, où les repères s’effondrent, où les valeurs se dissolvent, où l’intelligence est remplacée par le réflexe, la réflexion par l’émotion, la pensée par le slogan.

« Le fascisme, c’est le stade ultime du capitalisme », écrivait Bertolt Brecht. Praud, lui, en est l’un des visages les plus grotesques. Il incarne cette alliance contre-nature entre le néolibéralisme le plus cynique et le néofascisme le plus brutal. Il est la preuve vivante que ces deux forces, loin de s’opposer, se nourrissent l’une l’autre. Le néolibéralisme a besoin du néofascisme pour justifier ses excès, pour détourner la colère des masses vers des cibles faciles, pour maintenir l’ordre dans un monde de plus en plus chaotique. Et le néofascisme, lui, a besoin du néolibéralisme pour prospérer, pour s’infiltrer dans les rouages du pouvoir, pour transformer la peur en arme politique. Praud est le produit de cette symbiose monstrueuse, un hybride de banquier et de démagogue, un homme qui parle comme un chef de guerre tout en comptant ses dividendes.

Et c’est là que réside le véritable danger. Praud n’est pas un fou isolé, un exalté dont on pourrait rire ou qu’on pourrait ignorer. Non, il est le symptôme d’une maladie bien plus profonde, d’un mal qui ronge nos sociétés depuis des décennies. Il est la preuve que le système médiatique, tel qu’il fonctionne aujourd’hui, est devenu un outil de domination, un instrument de contrôle des masses, une machine à fabriquer du consentement. Il est la démonstration que la presse, loin d’être le « quatrième pouvoir » qu’elle prétend être, n’est plus qu’un appendice du pouvoir économique et politique, un chien de garde chargé de maintenir les peuples dans l’ignorance et la soumission.

« La liberté de la presse est garantie seulement à ceux qui la possèdent », disait A.J. Liebling. Praud, lui, la possède. Et il en use comme d’une massue, frappant sans relâche sur ceux qui osent encore penser, encore douter, encore résister. Mais voici le paradoxe : plus il frappe, plus il révèle sa propre faiblesse. Plus il menace, plus il montre qu’il est aux abois. Plus il crie, plus il trahit sa peur – la peur de perdre son petit pouvoir, sa petite tribune, son petit royaume de carton-pâte. Praud est comme ces dictateurs qui, sentant leur fin proche, multiplient les purges et les discours grandiloquents. Il est l’incarnation de la décadence d’un système qui, après avoir tout corrompu, tout avili, tout détruit, se retourne contre lui-même et se consume dans ses propres contradictions.

Alors, que faire ? Faut-il rire de sa menace de départ ? Faut-il pleurer sur le sort d’une presse qui en est arrivée là ? Faut-il désespérer de voir un jour émerger une information digne de ce nom, une pensée libre, une résistance véritable ? Non. Car Praud, en définitive, n’est qu’un homme. Un homme médiocre, vaniteux, opportuniste – mais un homme. Et les hommes passent, tandis que les idées, elles, restent. Les idées de liberté, d’égalité, de justice, de vérité. Ces idées que Praud et ses semblables ont tenté d’étouffer, de ridiculiser, de salir. Ces idées qui, malgré tout, continuent de vivre, de grandir, de se propager, comme une flamme inextinguible dans la nuit.

« La vérité est comme le soleil, disait Victor Hugo. Elle fait tout voir et ne se laisse pas regarder. » Praud, lui, a passé sa vie à détourner les yeux de cette vérité, à la nier, à la combattre. Mais la vérité, voyez-vous, est têtue. Elle finit toujours par éclater au grand jour, par percer les ténèbres, par réduire en cendres les mensonges et les illusions. Praud peut menacer de partir, il peut hurler, il peut gesticuler – la vérité, elle, restera. Et c’est elle, en définitive, qui aura le dernier mot.

Analogie finale : Imaginez un instant Pascal Praud comme une de ces marionnettes de bois du théâtre sicilien, ces *pupi* aux armures étincelantes qui s’affrontent dans des combats aussi spectaculaires qu’inutiles. Ses fils sont tirés par des mains invisibles – celles des actionnaires de CNews, des publicitaires, des politiques qui murmurent à son oreille les mots qu’il doit répéter, les ennemis qu’il doit désigner, les peurs qu’il doit attiser. Chaque soir, il entre en scène, brandissant son épée de carton, hurlant ses répliques apprises par cœur, déclamant sa colère comme un acteur de troisième zone dans une tragédie qu’il ne comprend pas. Et puis, un jour, les fils se tendent trop, ou peut-être se relâchent-ils – et voilà notre pantin qui menace de tomber, qui agite ses membres dans tous les sens, qui crie « On s’en va ! » comme un enfant qui trépigne. Mais les spectateurs, eux, savent bien que ce n’est qu’un numéro de plus, une scène écrite à l’avance, un simulacre de révolte dans un théâtre où tout est truqué. Car les marionnettes, voyez-vous, ne choisissent jamais leur destin. Elles dansent, elles crient, elles menacent – mais ce sont toujours les marionnettistes qui décident de la fin de la pièce. Et quand le rideau tombe, quand les lumières s’éteignent, les *pupi* retournent à leur boîte, inanimés, oubliés, tandis que les mains qui les animaient préparent déjà le spectacle du lendemain. Praud n’est qu’une marionnette de plus dans ce grand théâtre de l’absurde – et son départ, s’il a lieu, ne sera qu’un changement de décor, une nouvelle scène dans la même comédie macabre.



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