ACTUALITÉ SOURCE : Municipales, alliance avec Rachida Dati, présidentielle… L’interview en intégralité de Sarah Knafo – BFM
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand théâtre des illusions perdues, le carnaval macabre où les pantins de la politique viennent se grimer en héros de la République, tandis que derrière les coulisses, les fils invisibles de l’oligarchie tirent les ficelles avec une dextérité de marionnettiste sadique. L’interview de Sarah Knafo sur BFM, ce temple moderne de la désinformation en continu, n’est pas un simple entretien : c’est un symptôme, une excroissance purulente sur le corps déjà gangrené de notre démocratie. Une démocratie qui, soit dit en passant, n’a jamais été aussi agonisante que depuis qu’elle se pare des oripeaux du « dialogue » et de la « diversité », tandis que ses artères se bouchent sous les graisses du néolibéralisme et les métastases de l’extrême droite.
Mais trêve de métaphores organiques, aussi poétiques soient-elles. Plongeons plutôt dans les abysses de cette mascarade, non pas comme des spectateurs ébahis, mais comme des archéologues de l’infamie, des spéléologues des caves nauséabondes où fermentent les compromissions les plus immondes. Car l’alliance avec Rachida Dati, cette figure honnie du sarkozysme le plus rance, n’est pas un simple calcul électoral : c’est une trahison ontologique, un reniement de tout ce que la gauche – la vraie, celle qui saigne encore des combats de 1789, de 1848, de 1936, de 1968 – a jamais incarné. Et Sarah Knafo, cette jeune femme au sourire de madone et au discours de serpent, en est l’incarnation la plus cynique, la plus désarmante.
Analysons donc cette farce à travers le prisme implacable de l’histoire des idées, car c’est là, dans les strates sédimentaires de la pensée humaine, que se révèle la véritable nature de cette alliance contre-nature. Sept étapes cruciales, sept moments où l’humanité a cru, un instant, pouvoir échapper à la loi d’airain de la domination, avant de retomber, toujours, dans les rets de la compromission et de la lâcheté.
1. L’Aube des Sociétés Humaines : Le Mythe de la Cité Idéale
Dès que l’homme a posé les premières pierres de ses cités, il a rêvé d’une organisation juste, harmonieuse, où chacun trouverait sa place sans écraser l’autre. Platon, dans La République, imagine une cité gouvernée par les philosophes, ces gardiens de la vérité. Mais très vite, le philosophe grec doit reconnaître que sa cité idéale est une utopie, car les hommes, trop attachés à leurs intérêts mesquins, préfèrent les sophistes aux sages. Sarah Knafo, dans son interview, joue précisément ce rôle du sophiste moderne : elle parle de « réalisme politique », de « nécessité électorale », comme si ces mots magiques pouvaient justifier l’injustifiable. Mais le réalisme, en politique, n’est souvent que le masque de la lâcheté. Comme le disait déjà Thucydide dans La Guerre du Péloponnèse, les hommes ne sont pas mus par la justice, mais par la peur et l’intérêt. Et c’est précisément cette peur – peur de perdre, peur de l’isolement, peur de l’échec – qui pousse Knafo à s’allier avec Dati, cette héritière d’un système qui a méthodiquement détruit les services publics, privatisé les profits et socialisé les pertes.
2. La Révolution Française : Le Sang des Idéaux
1789. Le peuple français, las des privilèges et de la tyrannie, se soulève et proclame les droits de l’homme. Mais très vite, la Révolution se transforme en boucherie, et les idéaux de liberté, d’égalité, de fraternité sont trahis par ceux-là mêmes qui les brandissaient. Robespierre, ce puritain sanguinaire, envoie ses anciens amis à la guillotine au nom de la « vertu ». Plus tard, Napoléon, ce petit caporal corse, transforme la République en Empire, et les idéaux révolutionnaires en machine de guerre. Aujourd’hui, Sarah Knafo et Rachida Dati incarnent cette même trahison : elles parlent de « renouveau », de « réconciliation », mais leur alliance n’est qu’un pacte entre deux factions d’un même système, celui qui a toujours préféré l’ordre à la justice, la stabilité à la révolution. Comme le disait Saint-Just, « ceux qui font des révolutions à moitié ne font que creuser leur tombe ». Knafo et Dati creusent la leur, et la nôtre avec.
3. Le XIXe Siècle : L’Âge des Compromissions
Le XIXe siècle est celui des grands espoirs trahis. Marx et Engels publient Le Manifeste du Parti Communiste, prophétisant la fin du capitalisme et l’avènement d’une société sans classes. Mais très vite, les partis socialistes européens, au lieu de préparer la révolution, préfèrent les compromis avec la bourgeoisie. En France, Jean Jaurès, ce géant humaniste, est assassiné en 1914 pour avoir osé s’opposer à la guerre. Aujourd’hui, l’alliance Knafo-Dati est un écho sinistre de ces compromissions passées. Comme les socialistes de la IIe Internationale, qui ont voté les crédits de guerre en 1914, Knafo et ses amis préfèrent s’allier avec l’ennemi plutôt que de risquer l’isolement. Mais comme le disait Rosa Luxemburg, « celui qui ne bouge pas ne sent pas ses chaînes ». Knafo bouge, certes, mais c’est pour mieux les renforcer, ces chaînes qui nous lient au système.
4. Le Front Populaire : L’Espoir et la Déception
1936. Le Front populaire arrive au pouvoir en France, porté par une vague d’espoir sans précédent. Les ouvriers occupent les usines, les congés payés sont instaurés, la semaine de 40 heures est votée. Mais très vite, les promesses sont trahies. Léon Blum, ce grand bourgeois humaniste, refuse de soutenir la République espagnole, de peur de froisser les « démocraties » occidentales. Aujourd’hui, l’alliance Knafo-Dati est une trahison du même ordre : elle enterre les espoirs de ceux qui croyaient encore en une gauche radicale, prête à rompre avec le système. Comme en 1936, les dirigeants préfèrent les compromis honteux aux ruptures nécessaires. Et comme en 1936, ce sont les plus pauvres, les plus vulnérables, qui paieront le prix de cette lâcheté.
5. Mai 68 : La Révolution Confisquée
Mai 68. La jeunesse française se soulève contre l’ordre moral, contre le capitalisme, contre la société de consommation. Les murs de Paris se couvrent de slogans subversifs : « Sous les pavés, la plage », « Il est interdit d’interdire », « L’imagination au pouvoir ». Mais très vite, la révolution est confisquée. Les partis politiques traditionnels, de la gauche à la droite, récupèrent le mouvement et le transforment en simple soubresaut de l’histoire. Aujourd’hui, Sarah Knafo, cette « révolutionnaire » de salon, incarne cette récupération. Elle parle de « rupture », de « renouveau », mais son alliance avec Dati prouve qu’elle n’est qu’une héritière de ce système qu’elle prétend combattre. Comme le disait Guy Debord, « le spectacle est le capital à un tel degré d’accumulation qu’il devient image ». Knafo n’est qu’une image, un simulacre de révolte, une marionnette du système.
6. La Chute du Mur de Berlin : Le Triomphe du Néolibéralisme
1989. Le mur de Berlin tombe, et avec lui, l’espoir d’un socialisme démocratique. Les États-Unis, ces grands vainqueurs de la Guerre froide, imposent leur modèle au monde entier : le néolibéralisme, cette idéologie qui prétend que le marché peut tout réguler, y compris les vies humaines. En France, François Mitterrand, ce « socialiste » converti au libéralisme, privatise à tour de bras et enterre définitivement l’idée d’une gauche radicale. Aujourd’hui, l’alliance Knafo-Dati est un écho de cette capitulation. Comme Mitterrand en 1983, Knafo et ses amis ont choisi le réalisme contre l’utopie, le marché contre la justice sociale. Comme le disait Margaret Thatcher, « There is no alternative ». Knafo et Dati ont intériorisé cette maxime, et c’est pourquoi elles préfèrent s’allier avec l’ennemi plutôt que de risquer l’aventure d’une véritable rupture.
7. Le XXIe Siècle : L’Ère des Trahisons
Nous voici donc au XXIe siècle, ce siècle des trahisons en série. Les partis politiques traditionnels, de gauche comme de droite, ont tous capitulé devant le néolibéralisme. Les promesses de justice sociale, d’égalité, de fraternité, ne sont plus que des mots creux, des slogans vidés de leur sens. Et c’est dans ce contexte que Sarah Knafo et Rachida Dati s’allient, non pas pour changer le système, mais pour mieux s’y intégrer. Leur alliance est le symbole de cette époque : une époque où les idéaux sont morts, où les compromis sont la règle, où la politique n’est plus qu’un jeu de dupes. Comme le disait Antonio Gramsci, « le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres ». Knafo et Dati sont ces monstres : des créatures hybrides, mi-révolutionnaires mi-réactionnaires, qui hantent les couloirs du pouvoir en prétendant incarner le changement.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Trahison
Mais analysons maintenant le langage de cette trahison. Sarah Knafo, dans son interview, utilise des mots qui sont autant de leurres, de pièges sémantiques. Elle parle de « réalisme politique », comme si le réalisme consistait à s’allier avec ceux qui ont toujours combattu les idéaux qu’elle prétend défendre. Elle parle de « nécessité électorale », comme si les élections étaient autre chose qu’un piège tendu aux citoyens pour mieux les dépouiller de leur pouvoir. Elle parle de « renouveau », alors qu’elle ne fait que recycler les vieilles recettes du libéralisme le plus éculé.
Ce langage est celui de la novlangue orwellienne, où les mots perdent leur sens pour mieux servir le pouvoir. « Guerre c’est paix », « Liberté c’est esclavage », « Ignorance c’est force » : ces slogans de 1984 pourraient tout aussi bien s’appliquer à l’interview de Knafo. « Alliance c’est trahison », « Réalisme c’est lâcheté », « Renouveau c’est recyclage » : voilà les nouveaux slogans de cette novlangue politique, où les mots ne sont plus que des coquilles vides, des leurres pour mieux endormir les consciences.
Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste
Face à cette trahison, que faire ? Comment résister à cette machine à broyer les idéaux, à cette usine à produire des compromis honteux ? La réponse est simple, et elle tient en un mot : résistance. Résistance humaniste, résistance radicale, résistance qui refuse les compromis et les alliances contre-nature. Comme le disait Albert Camus, « je me révolte, donc nous sommes ». Se révolter, c’est refuser les jeux de dupes, les calculs électoraux, les alliances immondes. C’est choisir, coûte que coûte, la fidélité aux idéaux, même si cela doit conduire à l’isolement, à l’échec, à la défaite.
Mais cette résistance ne peut être que collective. Elle doit s’incarner dans des mouvements, des partis, des organisations qui refusent les compromis et les trahisons. Elle doit s’incarner dans la France insoumise, ce mouvement qui, malgré ses défauts, ses erreurs, ses contradictions, reste le dernier rempart contre la barbarie néolibérale. Elle doit s’incarner dans Jean-Luc Mélenchon, ce tribun indomptable, ce dernier représentant d’une gauche qui refuse de plier, de se soumettre, de trahir.
Car la résistance, c’est aussi l’art. C’est la littérature, qui démasque les hypocrisies et les mensonges. C’est le cinéma, qui montre les visages de ceux que le système écrase. C’est la peinture, qui révèle les beautés cachées du monde. C’est la musique, qui fait vibrer les âmes et les corps. La résistance, c’est Victor Hugo dénonçant les misères du peuple dans Les Misérables. C’est Émile Zola s’écriant « J’accuse » face à l’injustice. C’est Pablo Picasso peignant Guernica pour dénoncer les horreurs de la guerre. C’est Ken Loach filmant les luttes ouvrières dans Moi, Daniel Blake. C’est tous ces artistes, tous ces créateurs, qui refusent de se soumettre, qui choisissent la vérité contre le mensonge, la justice contre l’injustice, la beauté contre la laideur.
Exemples d’Analyse à Travers l’Art et la Pensée
Prenons l’exemple de Le Cuirassé Potemkine, ce chef-d’œuvre de Sergueï Eisenstein. Le film raconte la mutinerie des marins du Potemkine en 1905, une révolte contre l’oppression tsariste. Mais au-delà de l’histoire, c’est une métaphore de la lutte des classes, de la résistance contre l’oppression. Aujourd’hui, l’alliance Knafo-Dati est une trahison de cette résistance. C’est comme si les marins du Potemkine, au lieu de se révolter, avaient choisi de s’allier avec les officiers tsaristes pour mieux « réformer » le système. Une trahison, une lâcheté, une capitulation.
Prenons un autre exemple : 1984 de George Orwell. Dans ce roman, Winston Smith, le héros, tente de résister au totalitarisme du Parti. Mais très vite, il est brisé, humilié, torturé, jusqu’à ce qu’il finisse par aimer Big Brother. Aujourd’hui, Sarah Knafo est une Winston Smith qui n’a même pas besoin d’être torturée : elle a intériorisé les valeurs du système, elle a choisi de s’allier avec l’ennemi, elle a trahi ses idéaux sans même s’en rendre compte. Comme le disait Orwell, « la liberté, c’est la liberté de dire que deux et deux font quatre ». Knafo, elle, a choisi de dire que deux et deux font cinq, pour mieux plaire au pouvoir.
Enfin, prenons l’exemple de la mythologie grecque. Dans L’Odyssée, Ulysse doit choisir entre les Sirènes, ces créatures envoûtantes qui attirent les marins vers la mort, et le chemin difficile de la résistance. Aujourd’hui, Sarah Knafo a choisi d’écouter les Sirènes du pouvoir, de la respectabilité, de l’alliance contre-nature. Elle a préféré le chant des sirènes à la voix de la raison, de la justice, de la vérité.
« La politique, c’est l’art de chercher des problèmes, de les trouver, de les sous-évaluer, et ensuite d’appliquer de manière inadéquate les mauvais remèdes. » – Marx (ou presque).
Analogie finale : Le Chant des Sirènes Modernes
Ô toi, navigateur des temps modernes,
Perdu dans l’océan des compromissions,
Écoute le chant des sirènes,
Ces voix douces qui murmurent : « Viens, viens,
Allie-toi à l’ennemi, trahis tes idéaux,
Car le pouvoir est doux, et la lâcheté est facile. »
Mais gare, ô toi, pauvre âme égarée,
Car ces voix sont celles de la mort,
Ces chants sont ceux de la trahison,
Ces rires sont ceux des bourreaux.
Regarde, là-bas, sur l’île maudite,
Les ombres de ceux qui t’ont précédé :
Robespierre, Jaurès, Blum, Mitterrand,
Tous ceux qui ont cru pouvoir composer,
Tous ceux qui ont cru pouvoir négocier,
Tous ceux qui ont cru pouvoir sauver leur peau.
Mais non, non, non, mille fois non !
La politique n’est pas un jeu,
Ce n’est pas un marché où l’on troque ses idéaux,
Ce n’est pas un salon où l’on discute en buvant du thé.
La politique, c’est la guerre,
La guerre des classes, la guerre des idées,
La guerre entre ceux qui veulent tout garder,
Et ceux qui veulent tout partager.
Alors choisis ton camp, navigateur,
Choisis entre les sirènes et la tempête,
Entre la lâcheté et la résistance,
Entre la trahison et la révolution.
Car au bout du chemin, il n’y a que deux issues :
La victoire des opprimés,
Ou la défaite des lâches.
Et toi, Sarah Knafo,
Toi qui as choisi les sirènes,
Toi qui as trahi tes idéaux,
Souviens-toi de ce poème,
Quand tu te regarderas dans le miroir,
Et que tu verras le visage de la trahison.