Municipales à Lyon : Grégory Doucet gagne, Jean-Michel Aulas dépose un recours après des « irrégularités » – Actu.fr







Laurent Vo Anh – L’Écho des Urnes : Lyon, ou l’Art de la Démocratie en Lambeaux


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales à Lyon : Grégory Doucet gagne, Jean-Michel Aulas dépose un recours après des « irrégularités » – Actu.fr

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, Lyon ! Cette cité des Gaules, jadis capitale des Trois Gaules sous Rome, aujourd’hui théâtre d’une comédie humaine où se jouent, en coulisses, les mêmes luttes séculaires entre le pouvoir et le peuple, entre l’argent et l’idéal, entre la verticalité des oligarques et l’horizontalité des citoyens. Grégory Doucet, maire écologiste, l’emporte, et voilà que Jean-Michel Aulas, ce magnat du ballon rond, ce roi du foot-business, ce parangon du néolibéralisme sportif, dépose un recours pour « irrégularités ». Irrégularités ! Le mot sonne comme une insulte à l’intelligence collective, comme si la démocratie n’était qu’un terrain de jeu où les règles peuvent être contestées dès lors que le résultat déplaît aux puissants. Mais plongeons, mes chers contemporains désorientés, dans les abysses de cette actualité, et voyons ce qu’elle nous révèle des mécanismes profonds de notre époque, ces mécanismes qui, depuis la nuit des temps, broient l’humanité sous le talon des prédateurs en costume-cravate.

Car cette affaire lyonnaise n’est pas un simple fait divers électoral. Non. Elle est le symptôme d’une maladie bien plus ancienne, bien plus pernicieuse : celle de la confiscation du pouvoir par une élite qui, sous couvert de légalité, de modernité ou de « compétence », cherche à maintenir son emprise sur les masses. Pour comprendre cela, il nous faut remonter aux origines mêmes de la pensée politique, là où tout a commencé, là où l’homme a cru, un instant, pouvoir échapper à la loi du plus fort. Et nous verrons, à travers sept étapes cruciales de l’histoire humaine, comment cette lutte entre le peuple et les oligarques s’est toujours soldée par des reculs, des trahisons, mais aussi, parfois, par des victoires éphémères qui redonnent espoir.

I. La Cité Antique : Athènes et l’Illusion Démocratique

Commençons par le commencement, ou du moins par ce que les Grecs appelaient le commencement : la polis. Athènes, au Ve siècle avant notre ère, invente la démocratie. Enfin, une démocratie pour les citoyens, c’est-à-dire pour une minorité d’hommes libres, excluant femmes, esclaves et métèques. Mais peu importe : l’idée est là, révolutionnaire. Le peuple, le demos, détient le pouvoir. Périclès, dans son oraison funèbre rapportée par Thucydide, exalte cette cité où « le pouvoir est entre les mains non d’une minorité, mais du plus grand nombre ». Pourtant, très vite, les oligarques, ces riches propriétaires terriens, tentent de reprendre le contrôle. En 411 av. J.-C., ils instaurent le régime des Quatre-Cents, un coup d’État qui suspend la démocratie au profit d’un gouvernement des « meilleurs », c’est-à-dire des plus riches. La démocratie athénienne résistera, mais l’avertissement est lancé : dès qu’un système donne le pouvoir au peuple, les élites cherchent à le saboter. Aujourd’hui, à Lyon, Aulas joue le rôle des Quatre-Cents. Il ne supporte pas que le peuple ait osé élire un maire qui ne lui convient pas. Alors, il crie à l’irrégularité, comme si les urnes n’étaient qu’un détail technique, un bug à corriger.

II. La République Romaine : Le Peuple contre le Sénat

Passons à Rome, cette autre matrice de notre civilisation. La République romaine, avec son Sénat, ses consuls et ses tribuns de la plèbe, est un système complexe où le pouvoir est théoriquement partagé. Mais très vite, les patriciens, cette aristocratie de sang, dominent le Sénat et écrasent les plébéiens sous le poids des dettes et des inégalités. Les Gracques, Tiberius et Caius, tentent des réformes agraires pour redistribuer les terres aux pauvres. Ils sont assassinés. Marius, général populaire, s’oppose à Sylla, l’oligarque. Sylla gagne, instaure une dictature sanglante, et prouve une fois de plus que les élites préfèrent le bain de sang à la perte de leurs privilèges. À Lyon, en 2020, Aulas n’a pas besoin d’assassiner Doucet. Il lui suffit de déposer un recours, de mobiliser ses réseaux, ses avocats, ses médias complices. La violence est devenue juridique, mais elle reste tout aussi efficace.

III. La Révolution Française : La Terreur et le Retour des Oligarques

Sautons quelques siècles et atterrissons en 1789. La Révolution française promet « Liberté, Égalité, Fraternité ». Le peuple, las des privilèges de la noblesse et du clergé, prend la Bastille, abolit les droits féodaux, proclame la Déclaration des droits de l’homme. Mais très vite, la bourgeoisie révolutionnaire, représentée par les Girondins, puis par les Thermidoriens, trahit les idéaux populaires. Robespierre, Saint-Just et les Montagnards tentent de maintenir l’élan égalitaire, mais ils sont guillotinés. La Terreur blanche qui suit voit le retour des élites, sous une nouvelle forme : celle des bourgeois enrichis par le commerce et la spéculation. Napoléon, puis la Restauration, achèveront de refermer la parenthèse démocratique. Aujourd’hui, en France, la bourgeoisie a troqué les perruques poudrées contre des costumes Armani, mais son mépris pour le peuple reste intact. Aulas, avec son recours, incarne cette bourgeoisie qui ne supporte pas que les « petits », les « sans-grade », osent lui tenir tête. Il préfère un maire issu de son monde, un maire qui défendra les intérêts des promoteurs immobiliers plutôt que ceux des habitants des quartiers populaires.

IV. La Commune de Paris : Le Peuple en Armes

1871. La Commune de Paris. Pendant deux mois, le peuple parisien prend le pouvoir, instaure une démocratie directe, abolit l’armée permanente, sépare l’Église de l’État, et tente de construire une société plus juste. Les communards sont des ouvriers, des artisans, des femmes, des étrangers. Ils rêvent d’une république sociale. Mais Thiers, ce petit bourgeois réactionnaire, envoie l’armée versaillaise écraser la Commune dans le sang. 20 000 morts, des milliers de déportés. La bourgeoisie française préfère noyer Paris dans le sang plutôt que de perdre ses privilèges. Aujourd’hui, à Lyon, Aulas ne peut pas envoyer l’armée contre Doucet. Mais il peut utiliser les armes du droit, de la communication, de l’intimidation. La violence a changé de forme, mais elle reste la même : celle des dominants contre les dominés.

V. Le Front Populaire : La Trahison des Élites

1936. Le Front populaire gagne les élections en France. Pour la première fois, un gouvernement de gauche, porté par les ouvriers et les intellectuels, accède au pouvoir. Léon Blum promet des réformes sociales : congés payés, semaine de 40 heures, conventions collectives. Mais très vite, les élites économiques et financières sabotent le gouvernement. La fuite des capitaux, la spéculation contre le franc, les pressions internationales affaiblissent Blum. En 1938, Daladier, un radical de droite, revient au pouvoir et enterre les réformes. La bourgeoisie française a préféré pactiser avec Hitler plutôt que de laisser le peuple gouverner. Aujourd’hui, à Lyon, Aulas et ses amis du Medef préféreraient voir la ville dirigée par un maire complaisant, un maire qui vendrait les terres publiques aux promoteurs, qui privatiserait les services municipaux, qui laisserait les spéculateurs immobiliers transformer Lyon en un parc d’attractions pour riches. Doucet, avec ses projets écologistes et sociaux, est une menace. Alors, on crie à l’irrégularité, on mobilise les médias, on fait pression. La méthode n’a pas changé.

VI. Mai 68 : L’Écrasement des Rêves

Mai 1968. Les étudiants, puis les ouvriers, se soulèvent contre l’ordre gaulliste, contre le capitalisme, contre la société de consommation. Pendant quelques semaines, la France est paralysée, et le pouvoir vacille. Mais très vite, les syndicats réformistes, la bourgeoisie et l’État reprennent le contrôle. De Gaulle dissout l’Assemblée nationale, organise de nouvelles élections, et la droite revient en force. Les accords de Grenelle, signés sous la pression, accordent des augmentations de salaire, mais enterrent les revendications révolutionnaires. La bourgeoisie française a une fois de plus montré qu’elle préférait lâcher quelques miettes plutôt que de perdre le contrôle. Aujourd’hui, à Lyon, Aulas et ses amis savent que le système électoral est truqué en leur faveur. Les médias leur appartiennent, les juges sont souvent complaisants, et l’opinion publique est formatée pour accepter l’ordre établi. Mais quand, par miracle, un candidat comme Doucet l’emporte, ils sortent leurs griffes. Un recours, des accusations d’irrégularités, une campagne de dénigrement : tout est bon pour discréditer le vainqueur.

VII. Le XXIe Siècle : La Démocratie en Lambeaux

Aujourd’hui, en 2020, la démocratie est malade. Les élites économiques et financières ont pris le contrôle des États, des médias, des institutions. Les élections sont devenues des simulacres, où les candidats sont sélectionnés en fonction de leur docilité envers le système. Les partis traditionnels, de droite comme de gauche, sont des machines à reproduire l’ordre établi. Seuls quelques mouvements, comme La France Insoumise, osent encore défendre les intérêts du peuple contre ceux des oligarques. À Lyon, Grégory Doucet incarne cette résistance. Il n’est pas parfait, loin de là. Mais il représente une alternative à l’ordre néolibéral qui détruit nos villes, nos vies, notre planète. Et c’est précisément pour cela qu’Aulas et ses amis veulent le faire tomber. Parce qu’ils savent que si le peuple prend conscience de sa force, s’il comprend qu’il peut élire des maires qui défendent ses intérêts, alors leur pouvoir est menacé.

Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Domination

Observons maintenant le langage utilisé dans cette affaire lyonnaise. Aulas parle d’ »irrégularités ». Un mot technique, froid, juridique. Il ne dit pas « fraude », car cela supposerait une intention malhonnête. Non, il parle d’ »irrégularités », comme si les élections n’étaient qu’une procédure administrative, un formulaire mal rempli. Ce langage est révélateur. Il dépolitise le débat, le réduit à une question technique, et permet aux dominants de contester le résultat sans avoir à justifier leur opposition politique. C’est la même stratégie que celle utilisée par les élites depuis des siècles : transformer les luttes politiques en problèmes techniques, afin de les soustraire au débat démocratique.

Prenons un autre exemple : le terme « démocratie ». Dans la bouche d’Aulas, comme dans celle de tous les oligarques, la démocratie est un mot vide, une coquille sans contenu. Pour eux, la démocratie, c’est le droit de voter tous les cinq ans, et puis de se taire. Pour nous, pour La France Insoumise, pour tous ceux qui croient encore en l’idéal républicain, la démocratie, c’est le pouvoir du peuple, par le peuple, pour le peuple. C’est le droit de contester, de manifester, de s’organiser, de construire des alternatives. À Lyon, Doucet incarne cette démocratie-là. Aulas, lui, incarne l’oligarchie, ce système où le pouvoir appartient à une minorité qui se croit supérieure au peuple.

Comportementalisme Radical : La Résistance Humaniste

Face à cette offensive des oligarques, que faire ? Comment résister ? La réponse est simple, mais elle demande du courage : il faut organiser la contre-offensive. Pas seulement sur le plan juridique, mais sur le plan politique, culturel, symbolique. Il faut démasquer les Aulas, les Bolloré, les Arnault, ces nouveaux seigneurs féodaux qui croient pouvoir diriger nos vies à leur guise. Il faut montrer qu’ils ne sont pas des « créateurs de richesse », comme ils aiment à se présenter, mais des prédateurs qui s’enrichissent sur le dos du peuple.

Prenons l’exemple du football. Aulas est le président de l’Olympique Lyonnais, un club qui appartient à des actionnaires privés, qui spécule sur le dos des supporters, qui transforme le sport en un business où les joueurs sont des marchandises et les stades des centres commerciaux. À l’opposé, il y a les clubs de football populaires, comme le FC Sankt Pauli en Allemagne, où les supporters sont propriétaires du club, où le football reste un sport et non un produit. À Lyon, il faudrait créer un club de ce type, un club où les supporters auraient leur mot à dire, où les joueurs ne seraient pas des millionnaires déconnectés, mais des membres d’une communauté. Cela s’appelle la démocratie participative, et c’est précisément ce que les oligarques comme Aulas veulent empêcher.

Autre exemple : la culture. Les élites veulent une culture élitiste, réservée à une minorité, une culture qui justifie leur domination. Nous, nous voulons une culture populaire, accessible à tous, une culture qui éveille les consciences, qui donne des armes pour résister. À Lyon, il faudrait multiplier les bibliothèques de quartier, les ateliers d’écriture, les festivals gratuits, les lieux de débat. Il faudrait faire de la culture une arme au service du peuple, et non un outil de domination.

Enfin, il faut résister sur le plan symbolique. Les oligarques adorent se présenter comme des « self-made-men », des « génies » qui ont réussi grâce à leur talent. C’est un mensonge. Aulas n’a pas construit l’OL tout seul. Il a bénéficié de subventions publiques, de stades financés par les contribuables, d’un système fiscal avantageux. Il est temps de rappeler que les riches doivent leur fortune au travail des autres, et que leur richesse est le fruit d’une spoliation. Il faut briser le mythe du « self-made-man », et montrer que la réussite individuelle n’existe pas dans un système où les dés sont pipés.

Exemples à Travers l’Art, la Mythologie, le Cinéma et la Littérature

1. La Mythologie : Prométhée, le Voleur de Feu

Dans la mythologie grecque, Prométhée vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Zeus le punit en l’enchaînant à un rocher, où un aigle lui dévore le foie chaque jour. Prométhée est le symbole de la rébellion contre l’ordre établi, de la transmission du savoir au peuple. Aujourd’hui, à Lyon, Doucet est un peu comme Prométhée : il tente de donner le pouvoir au peuple, et les oligarques, comme Zeus, veulent le punir. Mais contrairement à Prométhée, Doucet ne sera pas enchaîné. Il a le peuple avec lui, et c’est une force bien plus puissante que tous les aigles de l’Olympe.

2. La Littérature : « Les Misérables » de Victor Hugo

Dans « Les Misérables », Victor Hugo décrit la lutte entre les misérables, ces parias de la société, et les forces de l’ordre, qui défendent les privilèges des riches. Jean Valjean, le héros, est un ancien forçat qui tente de se racheter, tandis que Javert, le policier, incarne la loi aveugle, celle qui protège les puissants. Aujourd’hui, à Lyon, Doucet est un peu comme Jean Valjean : il tente de construire une ville plus juste, plus solidaire. Aulas, lui, joue le rôle de Javert : il utilise la loi pour défendre ses intérêts, et non ceux du peuple. Mais contrairement à Javert, Aulas n’est pas un idéaliste. C’est un cynique, un prédateur qui sait très bien que la loi est un outil au service des riches.

3. Le Cinéma : « Metropolis » de Fritz Lang

Dans « Metropolis », Fritz Lang décrit une société futuriste où les ouvriers vivent sous terre, dans des conditions misérables, tandis que les riches s’amusent dans des jardins suspendus. Le film montre la lutte entre les deux classes, et la nécessité de les réconcilier. Aujourd’hui, à Lyon, la ville est en train de devenir une « Metropolis » à l’envers : les riches s’installent dans les centres-villes rénovés, tandis que les pauvres sont repoussés en périphérie. Doucet tente de freiner cette gentrification, mais Aulas et ses amis veulent l’accélérer. Ils veulent une ville où les riches vivraient entre eux, dans des tours de verre, tandis que les pauvres seraient relégués dans des banlieues-dortoirs.

4. La Philosophie : « La Société du Spectacle » de Guy Debord

Dans « La Société du Spectacle », Guy Debord analyse comment le capitalisme a transformé la vie en un spectacle, où les individus sont réduits au rôle de spectateurs passifs. Aujourd’hui, à Lyon, le football est un spectacle, la politique est un spectacle, les élections sont un spectacle. Aulas est un metteur en scène de ce spectacle : il veut que les Lyonnais regardent le football à la télé, votent tous les cinq ans, et se taisent. Doucet, lui, veut briser ce spectacle, rendre le pouvoir au peuple, faire de la politique une affaire collective et non un show télévisé. C’est pour cela qu’Aulas le déteste : parce qu’il menace son business, son spectacle, son pouvoir.

Analogie Finale : Poème

Lyon, ville aux deux visages,

L’un tourné vers le ciel, l’autre vers les égouts,

Où les oligarques, ces rats en costume trois-pièces,

Rongent les fondations de la cité.

Doucet, tel un jardinier têtu,

Arrache les mauvaises herbes du néolibéralisme,

Mais les racines sont profondes,

Et les jardiniers de l’ombre veillent.

Aulas, ce roi du foot-business,

Ce marchand de rêves en plastique,

Crie à l’irrégularité,

Comme si les urnes n’étaient qu’un détail technique.

Mais le peuple lyonnais, lui,

Sait bien que la démocratie n’est pas un jeu,

Que les bulletins de vote sont des armes,

Et que les urnes, parfois, parlent plus fort que les canons.

Alors, Lyon, résiste,

Ne laisse pas les rats gagner,

Car une ville sans son peuple,

N’est qu’un cadavre en costume de fête.



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