Municipales 2026. Sonia Malherbe présente sa liste « Agir ensemble pour un nouvel élan » à Isigny-sur-Mer – Ouest-France







Le Penseur Laurent Vo Anh – Municipales 2026 : L’Éternel Retour du Néant Local


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026. Sonia Malherbe présente sa liste « Agir ensemble pour un nouvel élan » à Isigny-sur-Mer – Ouest-France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Les municipales, ce grand carnaval des illusions perdues, ce théâtre de Guignol où l’on joue éternellement la même pièce avec des marionnettes interchangeables ! Isigny-sur-Mer, ce petit bout de terre normande perdu entre les marais et l’oubli, devient soudain l’épicentre d’une farce métaphysique où Sonia Malherbe, telle une nouvelle Jeanne d’Arc en tailleur Zara, brandit l’étendard d’un « nouvel élan » comme on agite un drapeau blanc devant l’inexorable marée de la médiocrité humaine. Mais qu’est-ce donc que cet « élan » ? Un mot, rien qu’un mot, un souffle de vent dans les voiles trouées de notre époque naufragée. Plongeons, voulez-vous, dans les abysses de cette mascarade électorale, et disséquons, avec la précision d’un scalpel rouillé, les sept strates de cette comédie humaine qui se joue, immuable, depuis que l’homme a troqué sa peau de bête contre le costume-cravate du petit fonctionnaire zélé.

I. Les Sept Âges de l’Illusion Municipale

1. L’Âge des Cavernes Démocratiques (Préhistoire – 500 av. J.-C.)
Dès que l’homme a posé son cul sur un rocher en grognant « Moi chef ! », la farce a commencé. Les premières « listes » étaient gravées à coups de massue sur les parois des grottes, et le « nouvel élan » consistait à voler les femmes du voisin. Platon, dans La République, se moquait déjà de ces petits rois de village qui croyaient gouverner l’univers en décidant de l’emplacement des latrines. « La démocratie, disait-il, c’est quand les chiens choisissent leur boucher. » À Isigny-sur-Mer, les chiens ont depuis longtemps abdiqué ; ils se contentent d’aboyer quand on leur jette un os en plastique.

2. L’Âge des Bourgs Fortifiés (Moyen Âge – 1789)
Les seigneurs locaux, ces Sonia Malherbe du XIIe siècle, promettaient « un nouvel élan » en échange de corvées et de dîmes. Machiavel, dans Le Prince, résumait la chose ainsi : « Les promesses électorales sont comme les fleurs des champs : belles en mai, fanées en juin. » À Isigny, les champs sont depuis longtemps bétonnés, mais les fleurs de rhétorique, elles, poussent toujours aussi drues. Les paysans, analphabètes mais pas idiots, savaient déjà que « Agir ensemble » signifiait en réalité « Se taire et payer ».

3. L’Âge des Lumières Éteintes (1789 – 1871)
La Révolution française, ce grand moment où l’on a remplacé les perruques poudrées par des bonnets phrygiens, a cru inventer la démocratie locale. Robespierre, avant de perdre sa tête, déclarait : « Le peuple est souverain, mais seulement quand il vote comme moi. » Les listes municipales sont devenues des listes de proscription déguisées. À Isigny, on a guillotiné symboliquement le dernier maire royaliste en 1793, et depuis, on se contente de l’enterrer sous une montagne de paperasse. Tocqueville, dans De la démocratie en Amérique, observait avec cynisme : « Les petites communes sont des écoles de despotisme où l’on apprend à obéir avant d’apprendre à penser. » Sonia Malherbe est-elle une despote ? Non, juste une institutrice qui a troqué sa règle en bois contre un micro.

4. L’Âge des Usines à Rêves (1871 – 1945)
L’industrialisation a transformé les villages en dortoirs pour ouvriers. Les maires sont devenus des contremaîtres en écharpe tricolore. Zola, dans Germinal, décrivait déjà ces petites mains qui se lèvent pour élire le patron : « La démocratie, c’est quand le loup choisit le berger. » À Isigny, les usines ont fermé, mais l’illusion persiste. « Agir ensemble » signifie désormais « Subir ensemble les plans de relance bidon et les subventions européennes qui fondent comme beurre au soleil ».

5. L’Âge du Béton et de l’Amnésie (1945 – 1989)
Les Trente Glorieuses ont enseveli les villages sous le macadam et les HLM. Les maires sont devenus des promoteurs immobiliers en costume trois-pièces. Debord, dans La Société du Spectacle, résumait : « Le pouvoir local n’est plus qu’un décor de théâtre où l’on joue la comédie du progrès. » À Isigny, on a construit des ronds-points inutiles et des zones commerciales qui se vident comme des verres de calvados après la messe. « Un nouvel élan » ? Plutôt un nouveau parking.

6. L’Âge du Virtuel et du Vide (1989 – 2020)
Avec Internet, les maires sont devenus des community managers. Les listes électorales se lisent comme des posts Facebook : pleins de likes, vides de sens. Baudrillard, dans Simulacres et Simulation, prophétisait : « Le politique n’est plus qu’un signe parmi d’autres dans le grand supermarché des idées. » À Isigny, Sonia Malherbe twitte son « nouvel élan » entre deux photos de camembert et un retweet de la préfecture. Les électeurs, eux, scrollent, indifférents, comme on zappe entre deux chaînes de télé-achat.

7. L’Âge du Désastre et de la Farce (2020 – …)
Nous y voilà. L’époque où les maires sont des pompiers pyromanes, où « Agir ensemble » signifie « Se serrer les coudes pendant que le navire coule ». Naomi Klein, dans La Stratégie du Choc, expliquait comment les crises servent de prétexte à la spoliation. À Isigny, la crise, c’est la désertification, la montée des eaux, l’effondrement des services publics. Et que propose Sonia Malherbe ? Un « nouvel élan » ! Comme si on pouvait relancer un cadavre avec une piqûre d’adrénaline. Les électeurs, résignés, voteront par habitude, comme on va à la messe par peur de l’enfer.

II. Analyse Sémantique : Le Langage comme Opium du Peuple

« Agir ensemble pour un nouvel élan » : analysons cette phrase comme on dissèque un cadavre, avec dégoût et fascination. « Agir » : verbe d’action, vide de sens. Agir comment ? En signant des pétitions ? En partageant des posts ? En allant voter comme on va au supermarché, avec un cabas rempli d’illusions ? « Ensemble » : ce mot magique qui transforme la soumission en fraternité. Ensemble, oui, comme les moutons dans un troupeau, comme les lemmings qui se jettent du haut de la falaise. « Nouvel élan » : oxymore sublime. Un élan, par définition, est une impulsion, un mouvement. Mais « nouveau » ? Comme si l’ancien élan avait marché. Comme si, après des siècles de promesses non tenues, on allait enfin, cette fois-ci, y arriver. La langue politique est une langue morte, une momie que l’on exhibe pour impressionner les touristes.

George Orwell, dans Politics and the English Language, écrivait : « Le langage politique est conçu pour rendre le mensonge crédible et le meurtre respectable. » À Isigny, le meurtre est symbolique : on assassine l’espoir, on enterre l’avenir sous des slogans creux. Sonia Malherbe parle comme on remplit un formulaire Cerfa : avec la précision d’un automate et l’âme d’un fonctionnaire du diable.

III. Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste : Le Dernier Carré des Rêveurs

Face à cette mascarade, que faire ? Se soumettre, comme le bon électeur, la tête basse et le bulletin de vote à la main ? Ou résister, comme le dernier des Mohicans, avec la rage au ventre et le rire aux lèvres ? Le comportementalisme politique, cette science qui étudie comment on manipule les masses, nous enseigne que l’électeur est un rat de laboratoire : on lui donne des miettes de démocratie, et il court dans le labyrinthe en agitant son petit drapeau.

Mais il existe une résistance, une résistance humaniste, celle des fous, des poètes, des ivrognes qui refusent de jouer le jeu. Diogène, ce clochard céleste, cherchait un homme avec une lanterne en plein jour. À Isigny, il chercherait en vain un électeur lucide. Pourtant, c’est dans les marges, dans les interstices de cette comédie, que germe l’espoir. Pas l’espoir niais des slogans, mais l’espoir cynique de ceux qui savent que tout est perdu, et qui rient quand même.

La résistance, aujourd’hui, c’est de refuser le langage du pouvoir. C’est de parler vrai, même si personne n’écoute. C’est de dire, comme Céline (sans le nommer, bien sûr) : « La politique, c’est la mort qui danse en costume trois-pièces. » C’est de regarder Sonia Malherbe droit dans les yeux et de lui lancer : « Ton nouvel élan, ma chérie, c’est un pet dans un ouragan. »

Alors, que faire ? Rien. Ne rien voter. Ne rien attendre. Ne rien croire. Et pourtant, agir. Agir dans l’ombre, comme un ver dans le fruit, pourriant le système de l’intérieur. Agir en sabotant les machines à voter, en brûlant les tracts électoraux, en transformant les réunions publiques en happenings dadaïstes. Agir en riant, en hurlant, en dansant sur les ruines de cette démocratie de pacotille. Car la vraie résistance, voyez-vous, c’est de refuser de jouer le jeu. C’est de dire non, non et non, jusqu’à ce que le système s’effondre sous le poids de ses propres mensonges.

— Isigny, mon amour, mon désespoir,

Tes rues sont des veines où coule l’ennui,

Tes maisons des cercueils pour vivants encore,

Tes électeurs des spectres en costume gris.

Sonia, ô Sonia, prêtresse du néant,

Tu brandis ton « élan » comme un cierge éteint,

Tes promesses sont des bulles de savon,

Qui crèvent en silence sur le béton froid.

« Agir ensemble » ? Non, ma belle, non :

Crever ensemble, oui, dans l’indifférence,

Comme des rats dans un égout sans issue,

Comme des dieux sans fidèles, sans croyance.

Mais écoute, écoute le vent qui se lève,

C’est le rire des fous, des poètes maudits,

C’est le souffle de ceux qui refusent de vivre

Dans ton monde de carton, de mensonges jolis.

Isigny, je t’aime comme on aime un cancer,

Avec rage, avec haine, avec désespoir,

Car tu es le miroir de notre humanité,

Un miroir brisé où se reflète l’espoir.



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