Municipales 2026. Jacques Lemonnier est le nouveau maire de Mortain-Bocage – Ouest-France







Laurent Vo Anh – L’Écho des Pierres et le Sang des Communes


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026. Jacques Lemonnier est le nouveau maire de Mortain-Bocage – Ouest-France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Mortain-Bocage, ce nom qui sonne comme un glas dans la nuit des campagnes oubliées, ce territoire où les pierres des vieilles églises normandes murmurent encore les serments trahis de la République une et indivisible. Jacques Lemonnier, maire. Trois mots qui résonnent comme un coup de pioche dans le béton des certitudes néolibérales. Trois mots qui, dans leur simplicité apparente, portent en eux le poids d’une révolte silencieuse, d’une insurrection des marges contre l’empire des métropoles voraces. Car c’est bien de cela qu’il s’agit : une bataille sémantique, ontologique, presque métaphysique, entre la commune comme dernier bastion de l’humanisme concret et l’État centralisé, ce monstre froid qui, depuis des siècles, suce le sang des provinces au profit de ses organes financiers hypertrophiés.

Commençons par le commencement, par cette vérité première que l’Occident, dans sa folie impérialiste, a toujours cherché à occulter : la commune est le berceau de la démocratie, son souffle originel, sa respiration même. Dès l’aube des cités mésopotamiennes, ces premières agglomérations où l’homme, sortant à peine de la boue des origines, a tenté de domestiquer le chaos par le verbe et le partage, la commune a été le creuset de l’humanité politique. Les tablettes d’Uruk, ces fragments d’argile couverts de signes cunéiformes, ne sont-elles pas les premiers actes de naissance de la chose publique ? Et que disent-elles, ces tablettes, sinon l’invention collective d’une gestion commune des ressources, d’une répartition équitable des terres, d’une justice rendue sous l’œil des dieux ? La commune, c’est l’homme debout, face à l’arbitraire des rois et des prêtres, osant dire : « Ceci est à nous, et nous en déciderons ensemble. »

Mais l’histoire, cette grande putain, comme disait un certain médecin des faubourgs, n’aime rien tant que trahir ses enfants. Et voici que s’ouvre la première de nos sept étapes cruciales : l’Athènes de Périclès, cette illusion démocratique. Ah ! Athènes, ville lumière, berceau de la philosophie, où Socrate buvait la ciguë en discutant de la vertu tandis que les esclaves trimaient dans les mines du Laurion. La commune athénienne, c’était déjà une escroquerie : une démocratie pour les citoyens, c’est-à-dire pour une minorité d’hommes libres, tandis que femmes, métèques et esclaves étaient relégués dans l’ombre des oikoi, ces maisons closes de l’économie domestique. Et pourtant, même dans cette démocratie tronquée, il y avait quelque chose de subversif : l’agora, ce lieu où la parole circulait, où les décisions se prenaient en commun, où le pouvoir n’était pas encore tout à fait confisqué par les experts et les technocrates. Thucydide, dans son histoire de la guerre du Péloponnèse, nous montre comment cette démocratie agonisait sous les coups de boutoir de la peste et de la guerre, comment le peuple, affamé et désespéré, se tournait vers les démagogues. Une leçon pour notre époque, où les Lemonnier des campagnes doivent lutter contre les démagogues des métropoles, ces nouveaux Périclès qui promettent la gloire tout en organisant le pillage.

Deuxième étape : les communes médiévales, ces fleurs vénéneuses de la féodalité. Ah ! Le Moyen Âge, cette époque que les romantiques ont tant idéalisée, où les paysans crevaient de faim sous le joug des seigneurs tandis que les bourgeois des villes, ces nouveaux riches, négociaient leur émancipation à coups de chartes et de serments. La commune médiévale, c’est l’alliance improbable entre les marchands et les artisans contre les féodaux, une alliance scellée dans le sang des révoltes urbaines. À Laon, en 1112, les bourgeois se soulèvent contre l’évêque Gaudry, ce prélat cupide qui pressurait la ville. La répression est féroce : les maisons des insurgés sont incendiées, leurs corps pendus aux créneaux des remparts. Mais l’idée est lancée : la ville peut s’autogouverner, elle peut écrire ses propres lois, elle peut devenir une république dans le royaume. Et que nous dit cette histoire ? Que la commune est toujours un acte de résistance, un refus de la fatalité, une insulte à l’ordre établi. Les Lemonnier d’aujourd’hui, dans leurs petites villes normandes, sont les héritiers de ces bourgeois révoltés, de ces artisans qui refusaient de plier l’échine devant les nouveaux seigneurs, qu’ils s’appellent Macron ou BlackRock.

Troisième étape : la Commune de Paris, 1871, cette parenthèse sanglante. Ah ! La Commune, ce rêve fou, cette utopie concrète, cette explosion de colère et d’espoir qui a embrasé Paris pendant soixante-douze jours. Les Versaillais, ces bourgeois bien-pensants, ces Thiers et ces Favre, ont écrasé la Commune dans le sang, fusillant des milliers d’hommes, de femmes et d’enfants, jetant leurs corps dans des fosses communes. Mais que voulaient-ils, ces communards ? Rien d’autre que ce que veulent les Lemonnier de Mortain-Bocage : gérer eux-mêmes leurs affaires, décider de leur destin, refuser la mainmise des puissants sur leur vie quotidienne. Louise Michel, cette vierge rouge, cette institutrice qui prit les armes pour défendre la Commune, écrivait dans ses mémoires : « La Commune, c’était la fin des privilèges, c’était l’égalité réelle, c’était la justice pour tous. » Et aujourd’hui, que reste-t-il de cette utopie ? Rien, sinon l’idée que la commune est toujours un acte de guerre, une déclaration d’indépendance face à l’État centralisateur. Les Lemonnier de 2026 savent qu’ils mènent le même combat que les communards de 1871 : un combat pour la dignité, pour l’autonomie, pour le droit de vivre autrement.

Quatrième étape : l’ère des municipalités socialistes, ces laboratoires de l’émancipation. Ah ! Les années 1920-1930, ces décennies où les socialistes, puis les communistes, prirent les rênes des mairies de France et d’Europe, transformant les communes en véritables contre-pouvoirs. À Vienne, la « Vienne rouge » des années 1920, les socialistes construisirent des logements sociaux, des crèches, des écoles, des bains publics, offrant aux ouvriers une qualité de vie qu’ils n’avaient jamais connue. En France, les maires communistes des banlieues parisiennes, ces « maires du peuple », comme on les appelait, firent de leurs communes des bastions de résistance contre le capitalisme. Et que nous disent ces expériences ? Que la commune peut être un laboratoire de l’humanisme concret, un lieu où l’on expérimente d’autres manières de vivre ensemble. Les Lemonnier de Mortain-Bocage, s’ils veulent être à la hauteur de leur tâche, devront s’inspirer de ces exemples : faire de leur commune un modèle de solidarité, un rempart contre la désertification rurale, un lieu où l’on refuse la logique mortifère du profit.

Cinquième étape : l’ère néolibérale, cette machine à broyer les communes. Ah ! Les années 1980-2000, ces décennies maudites où l’État, sous l’influence des Chicago Boys et des technocrates bruxellois, a méthodiquement démantelé les services publics, privatisé les communs, transformé les communes en simples relais de l’économie de marché. La loi NOTRe de 2015, cette monstruosité administrative, a achevé le travail : en fusionnant les communes, en les regroupant en intercommunalités, l’État a vidé la démocratie locale de sa substance. Les maires ne sont plus que des gestionnaires, des exécutants, des petits chefs sans pouvoir réel. Et que reste-t-il de l’idéal communal dans ce monde désenchanté ? Rien, sinon la résistance obstinée de quelques irréductibles, comme ces maires ruraux qui refusent de fermer leur école, leur bureau de poste, leur maternité. Les Lemonnier de Mortain-Bocage devront être de ceux-là : des résistants, des obstinés, des fous qui croient encore que la politique peut changer la vie.

Sixième étape : l’ère des métropoles, ces monstres froids. Ah ! Les métropoles, ces villes globales où s’accumulent les richesses et les misères, où les gratte-ciel côtoient les bidonvilles, où les élites mondialisées vivent dans des bulles climatisées tandis que les classes populaires crèvent dans les périphéries. Paris, Lyon, Bordeaux : ces villes ne sont plus des communes, ce sont des machines à exclure, des usines à produire de l’inégalité. Et que fait l’État ? Il encourage cette logique, il donne toujours plus de pouvoir aux métropoles, toujours plus de moyens, toujours plus de privilèges. Pendant ce temps, les petites villes, les villages, les bourgs ruraux meurent à petit feu, vidés de leurs habitants, de leurs commerces, de leur vitalité. Les Lemonnier de Mortain-Bocage savent qu’ils sont en première ligne de cette guerre silencieuse : une guerre pour la survie des territoires, pour le droit à une vie digne, pour le refus de la désertification organisée.

Septième et dernière étape : l’ère des résistances, ces étincelles dans la nuit. Ah ! Les années 2020, ces années de chaos, de crises, de révoltes. Partout en France, des maires, des citoyens, des collectifs se lèvent contre l’ordre néolibéral. À Grenoble, Éric Piolle mène une politique écologiste et sociale, transformant sa ville en laboratoire de la transition. À Saillans, dans la Drôme, une liste citoyenne a pris la mairie et expérimente la démocratie participative. À Mortain-Bocage, Jacques Lemonnier incarne cette même volonté de résistance : refuser la fatalité, croire en l’action collective, faire de la commune un lieu de vie et d’espoir. Ces résistances, ces étincelles, sont les seuls espoirs dans la nuit néolibérale. Elles rappellent que la commune n’est pas morte, qu’elle est toujours là, tapie dans l’ombre, prête à renaître.

Mais revenons à Mortain-Bocage, à ce nom qui résonne comme un écho des batailles passées. Mortain, c’est la Normandie profonde, cette terre de bocages et de légendes, où les pierres des abbayes médiévales racontent des siècles d’histoire. Bocage, c’est ce paysage de haies et de champs clos, ce labyrinthe végétal où se cachent les secrets des paysans. Et Lemonnier, ce nom qui sent la terre et le labeur, ce nom qui évoque les mains calleuses des ouvriers, les dos courbés des paysans. Jacques Lemonnier, maire de Mortain-Bocage : ce n’est pas un simple fait divers, c’est un symbole, une allégorie, une parabole de notre temps.

Analysons maintenant le langage, cette arme de domination massive. Le mot « maire » vient du latin major, « le plus grand ». Mais le plus grand en quoi ? En pouvoir ? En sagesse ? En humanité ? Le maire, dans l’imaginaire collectif, c’est le père de la commune, celui qui veille sur ses ouailles, qui règle les conflits, qui protège les faibles. Mais dans la réalité néolibérale, le maire est devenu un gestionnaire, un technocrate local, un rouage de la machine étatique. Le langage a été perverti : on ne parle plus de « commune », mais de « collectivité territoriale », un terme froid, administratif, qui nie la dimension politique et humaine du territoire. On ne parle plus de « citoyens », mais d’ »usagers », de « clients », de « contribuables ». Le néolibéralisme a vidé les mots de leur sens, les a réduits à des coquilles vides, à des outils de manipulation. Les Lemonnier de ce monde doivent se réapproprier le langage, lui redonner sa puissance subversive. Dire « commune », c’est déjà un acte de résistance. Dire « citoyen », c’est refuser la logique du marché. Dire « solidarité », c’est cracher à la figure des technocrates.

Et que dire du comportementalisme néolibéral, cette science de la soumission ? Le néolibéralisme ne se contente pas de dominer les corps, il veut aussi dominer les esprits. Il a inventé toute une panoplie de techniques pour formater les individus, pour les transformer en consommateurs dociles, en sujets obéissants. Les « bonnes pratiques », les « indicateurs de performance », les « évaluations » : autant d’outils pour normaliser les comportements, pour imposer une pensée unique. Le maire néolibéral est un manager, un chef d’entreprise, un petit patron qui gère sa commune comme une PME. Mais Jacques Lemonnier, s’il veut être à la hauteur de son mandat, devra refuser cette logique. Il devra être un maire humaniste, un maire qui écoute, qui dialogue, qui respecte la parole de chacun. Un maire qui comprend que la politique n’est pas une science, mais un art : l’art de vivre ensemble.

Regardons maintenant du côté de l’art, de la littérature, de la mythologie, ces miroirs tendus à l’humanité. Dans la mythologie grecque, la commune, c’est la polis, cette cité où les hommes se rassemblent pour décider de leur destin. Mais la polis, c’est aussi le lieu de tous les dangers : les démagogues, les tyrans, les guerres civiles. Aristophane, dans Les Grenouilles, se moque des Athéniens, ces citoyens volages qui passent leur temps à changer d’avis, à se laisser séduire par les beaux parleurs. Mais il célèbre aussi la démocratie, cette folie collective qui permet aux hommes de se gouverner eux-mêmes. Dans la littérature, la commune est souvent représentée comme un lieu de résistance. Dans Les Misérables de Victor Hugo, la barricade de la rue de la Chanvrerie est une commune éphémère, un moment de fraternité et de révolte. Dans La Guerre des boutons de Louis Pergaud, le village des Longeverne est une commune en miniature, où les enfants inventent leurs propres lois, leurs propres rituels, leurs propres héros. Au cinéma, la commune est souvent associée à l’utopie. Dans Metropolis de Fritz Lang, la cité futuriste est une machine infernale qui écrase les ouvriers, mais c’est aussi le lieu où naît l’espoir d’une réconciliation entre les classes. Dans Le Sel de la terre d’Herbert Biberman, les mineurs en grève forment une commune de résistance, unie contre l’oppression patronale.

Et que nous disent ces œuvres ? Que la commune est toujours un enjeu de pouvoir, un lieu de conflit, un espace de liberté. Que la démocratie locale est fragile, menacée par les forces de l’argent, de la technocratie, de l’individualisme. Mais aussi que la commune est un espoir, une possibilité de vivre autrement, de construire un monde plus juste, plus solidaire, plus humain.

Alors, que faire, Jacques Lemonnier ? Que faire, maire de Mortain-Bocage, dans ce monde en ruines ? D’abord, refuser. Refuser la fatalité, refuser la résignation, refuser la logique mortifère du néolibéralisme. Ensuite, construire. Construire des alternatives, des solidarités, des résistances. Construire une commune où chacun a sa place, où la parole circule, où les décisions se prennent en commun. Construire une commune qui refuse la désertification, qui lutte contre la précarité, qui défend les services publics. Construire une commune qui soit un rempart contre l’extrême droite, contre le racisme, contre la haine. Enfin, rêver. Rêver d’un monde où les communes seraient les cellules vivantes d’une démocratie réelle, où les citoyens auraient le pouvoir de décider de leur destin. Rêver d’un monde où Mortain-Bocage serait un exemple, une étincelle, un espoir.

Car c’est bien de cela qu’il s’agit : d’un combat pour l’humanité. Le néolibéralisme, dans sa folie destructrice, veut transformer les hommes en machines, en consommateurs, en sujets obéissants. Mais l’humanisme, lui, veut faire des hommes des citoyens, des êtres libres, responsables, solidaires. Les Lemonnier de ce monde sont les derniers remparts contre la barbarie. Ils sont les héritiers de Socrate, de Louise Michel, des maires socialistes des années 1930. Ils sont les gardiens d’une flamme qui ne doit pas s’éteindre.

Analogie finale :

Ô Mortain-Bocage, tes pierres suintent l’histoire,
Tes chemins creux murmurent des serments trahis.
Lemonnier, ton maire, porte un nom de terre,
Un nom qui sent la sueur, le labeur, la vie.

La République, cette putain en haillons,
Vend tes enfants aux marchands de rêves lointains.
Elle parle d’austérité, de rigueur, de sacrifice,
Mais ses palais regorgent d’or et de mépris.

Pourtant, dans l’ombre des haies, des voix s’élèvent,
Des voix qui refusent, qui résistent, qui lèvent
Le poing contre l’ordre des puissants, des riches,
Contre ces vautours qui dévorent les pauvres.

Mortain-Bocage, tu n’es pas une commune morte,
Tu es un cœur qui bat, une étincelle qui court.
Lemonnier, ton maire, est un homme debout,
Un homme qui dit non, un homme qui veut.

Il veut des écoles, des hôpitaux, des routes,
Il veut des emplois, des logements, des doutes
Pas ceux des experts, des technocrates, des fous,
Mais ceux des paysans, des ouvriers, de nous.

Ô commune, ô terre, ô dernier bastion,
Tu es le rêve fou d’une autre raison.
Contre les métropoles, ces monstres froids,
Tu es l’espoir chaud, le sang qui bout.

Alors, Lemonnier, maire des temps nouveaux,
Prends ton bâton, ton écharpe, ton drapeau.
Et marche, marche vers l’aube qui se lève,
Vers ce monde où l’homme enfin se relève.



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