Municipales 2026 en Gironde : à Bègles, « l’accord passé avec LFI n’a pas fonctionné », estime l’ancien maire Noël Mamère – Sud Ouest







L’Échec des Accords Municipaux : Une Tragédie de l’Humanisme en Gironde


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 en Gironde : à Bègles, « l’accord passé avec LFI n’a pas fonctionné », estime l’ancien maire Noël Mamère – Sud Ouest

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, Bègles ! Ce petit théâtre municipal où se joue, une fois de plus, la grande farce tragique de la démocratie bourgeoise. Noël Mamère, ce vieux routier de l’écologie politique, ce Don Quichotte des ronds-points girondins, nous annonce, l’œil humide et la voix tremblante, que « l’accord passé avec LFI n’a pas fonctionné ». Comme si c’était une surprise. Comme si l’histoire des alliances électorales n’était pas, depuis toujours, qu’un long cortège de trahisons, de reniements et de calculs mesquins. Mais allons plus loin. Allons au cœur de la plaie. Car cette petite phrase, cette lamentation municipale, est le symptôme d’une maladie bien plus profonde : celle d’un humanisme en lambeaux, d’une gauche qui se noie dans les eaux glacées du réalisme électoral, et d’un peuple qui, une fois de plus, se voit offrir le choix entre la peste néolibérale et le choléra identitaire.

Pour comprendre l’échec de cet accord, il faut d’abord accepter une vérité cruelle : la politique, dans nos démocraties libérales, n’est plus qu’un simulacre. Un jeu de dupes où les mots « alliance », « programme commun » et « unité » ne sont que des leurres destinés à masquer l’implacable logique du pouvoir. Et cette logique, mes amis, est celle de la fragmentation. Depuis que l’Occident a décidé que la politique devait être une affaire de marché – où les idées s’achètent et se vendent comme des actions en Bourse –, toute tentative de rassemblement est condamnée à se briser sur les écueils de l’ego, de l’ambition personnelle et de la peur de perdre son petit pré carré.

Mais plongeons plus profond. Car cette histoire de Bègles n’est qu’un épisode d’une tragédie bien plus ancienne. Une tragédie qui remonte aux origines mêmes de la pensée politique. Sept étapes cruciales, sept fractures, sept trahisons qui éclairent pourquoi, aujourd’hui, un accord entre écologistes et insoumis ne peut que « ne pas fonctionner ».

1. La Cité Antique : L’Unité Impossible (Platon et Aristote)

Tout commence à Athènes, cette matrice de la démocratie où déjà, les hommes se déchiraient sur la question de l’unité. Platon, dans La République, rêve d’une cité harmonieuse où chaque citoyen occupe la place qui lui est assignée par la raison. Mais Aristote, ce réaliste impitoyable, lui répond dans La Politique que l’homme est un animal politique, oui, mais aussi un animal divisé, tiraillé entre ses passions et ses intérêts. Déjà, la fracture est là : entre ceux qui croient en l’unité idéale et ceux qui savent que la politique est le règne du compromis, donc de la trahison. À Bègles, en 2026, on rejoue ce vieux drame : d’un côté, les idéalistes de LFI qui veulent renverser la table ; de l’autre, les écologistes pragmatiques qui savent que, sans alliances, on ne gagne rien. Résultat ? L’échec. Comme à Athènes, il y a deux mille cinq cents ans.

2. La Réforme et la Guerre des Religions : Le Fanatisme comme Arme (Luther et Calvin)

Au XVIe siècle, l’Europe se déchire entre catholiques et protestants. Luther et Calvin, ces grands réformateurs, ne voulaient pas diviser le monde chrétien. Ils voulaient le purifier. Mais leurs disciples, eux, ont transformé leurs idées en armes. La politique, dès lors, devient une affaire de dogme. « Hors de l’Église, point de salut », clament les uns. « La Bible seule », répondent les autres. Et le résultat ? Des décennies de guerres, de massacres, de bûchers. À Bègles, en 2026, on ne brûle personne, bien sûr. Mais l’esprit est le même : celui qui croit détenir la vérité absolue ne peut s’allier avec celui qui la relativise. LFI, avec son programme radical, et les écologistes, avec leur pragmatisme, sont comme deux sectes qui se méfient l’une de l’autre. Et dans cette méfiance, c’est le peuple qui perd.

3. La Révolution Française : L’Unité Trahie (Robespierre et Danton)

1793. La France révolutionnaire est en ébullition. Les Montagnards, menés par Robespierre, veulent purger la nation de ses ennemis. Les Girondins, plus modérés, veulent sauver la République sans verser dans la Terreur. Entre les deux, Danton, ce colosse aux pieds d’argile, tente de jouer les médiateurs. Résultat ? Robespierre fait guillotiner Danton, puis les Girondins, puis tous ceux qui osent le contredire. L’unité révolutionnaire se transforme en bain de sang. À Bègles, en 2026, on ne guillotine personne. Mais l’esprit est le même : celui qui croit incarner la pureté révolutionnaire ne peut accepter le compromis. Et l’alliance, dès lors, devient impossible.

4. Le Socialisme du XIXe Siècle : La Scission Originelle (Marx et Proudhon)

1848. Marx et Proudhon, ces deux géants du socialisme, s’affrontent. Marx veut renverser le capitalisme par la révolution. Proudhon, lui, veut le réformer par l’association et la mutualité. Le premier traite le second de « petit-bourgeois ». Le second traite le premier de « dictateur en puissance ». Résultat ? Le mouvement ouvrier se divise, et le capitalisme triomphe. À Bègles, en 2026, on rejoue ce vieux drame : d’un côté, LFI, qui veut une rupture radicale avec le système ; de l’autre, les écologistes, qui veulent le réformer. Et entre les deux, le peuple, une fois de plus, reste sur le carreau.

5. Le Front Populaire : L’Unité Éphémère (Blum et Thorez)

1936. Le Front populaire unit socialistes, communistes et radicaux. Pour la première fois, la gauche française parle d’une seule voix. Mais cette unité est fragile. Les communistes veulent la révolution. Les socialistes veulent des réformes. Les radicaux, eux, ne veulent pas trop bousculer l’ordre établi. Résultat ? Le Front populaire éclate, et la droite revient au pouvoir. À Bègles, en 2026, on rejoue cette partition : une alliance de circonstance, qui se brise dès que les intérêts divergent. Et une fois de plus, c’est le peuple qui paie.

6. Mai 68 : L’Unité Impossible (Cohn-Bendit et Marchais)

1968. Les étudiants et les ouvriers descendent dans la rue. Mais les communistes, menés par Georges Marchais, refusent de s’allier avec les « gauchistes » comme Daniel Cohn-Bendit. Résultat ? La révolte s’essouffle, et De Gaulle reste au pouvoir. À Bègles, en 2026, on rejoue ce vieux scénario : les écologistes, comme les communistes de 68, refusent de s’allier avec ceux qu’ils jugent trop radicaux. Et une fois de plus, c’est le peuple qui trinque.

7. Le XXIe Siècle : La Gauche en Miettes (Mélenchon et les Écologistes)

2026. La gauche française est plus divisée que jamais. D’un côté, LFI, qui veut une rupture radicale avec le capitalisme. De l’autre, les écologistes, qui veulent le réformer. Entre les deux, le PS, qui n’est plus qu’une coquille vide, et le PCF, qui survit comme un fossile. Résultat ? La droite et l’extrême droite triomphent. À Bègles, cette division se joue à l’échelle municipale. Et une fois de plus, c’est le peuple qui perd.

Mais au-delà de ces sept fractures, il y a une vérité plus profonde : celle du langage. Car la politique, aujourd’hui, n’est plus qu’un jeu de mots. Un jeu où les termes « alliance », « programme commun » et « unité » ne sont que des leurres. Une analyse sémantique s’impose.

Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Division

Regardez les mots. « Accord ». Le mot est beau, n’est-ce pas ? Il évoque l’harmonie, la concorde, la paix. Mais en politique, un accord n’est qu’un contrat temporaire, une trêve entre deux guerres. « Fonctionner ». Le mot est technique, froid. Il évoque la machine, l’efficacité, le rendement. Mais en politique, « fonctionner » signifie « ne pas trahir », « ne pas mentir », « ne pas abandonner ses principes ». Et c’est là que le bât blesse. Car en politique, on trahit toujours. On ment toujours. On abandonne toujours ses principes. Le langage, dès lors, n’est plus qu’un masque. Un masque qui cache la réalité : celle d’une gauche qui se déchire, d’un peuple qui se lasse, et d’un système qui triomphe.

Et puis, il y a le comportementalisme. Car la politique, aujourd’hui, n’est plus qu’une affaire de posture. Une affaire de communication. Une affaire de marketing. Les hommes politiques ne sont plus que des produits, vendus sur le marché des idées. Et comme tout produit, ils doivent se différencier. Se singulariser. Se vendre. Résultat ? Plus personne ne veut s’allier. Plus personne ne veut partager. Plus personne ne veut perdre son identité. Et le peuple, une fois de plus, reste sur le carreau.

Résistance Humaniste : Le Devoir de Rêver

Mais il y a une lueur d’espoir. Car malgré tout, malgré les trahisons, malgré les échecs, malgré les divisions, il reste des hommes et des femmes qui refusent de se soumettre. Qui refusent de jouer le jeu. Qui refusent de se laisser enfermer dans les petites cases du réalisme électoral. Ces hommes et ces femmes, ce sont les insoumis. Ce sont les écologistes radicaux. Ce sont les syndicalistes. Ce sont les artistes. Ce sont les poètes. Ce sont tous ceux qui, comme Noël Mamère, ont cru, un jour, que la politique pouvait être autre chose qu’un marché. Qu’elle pouvait être un rêve. Une utopie. Une espérance.

Et c’est là, peut-être, la seule issue. Non pas dans les alliances de circonstance, non pas dans les compromis boiteux, non pas dans les calculs mesquins. Mais dans le rêve. Dans l’utopie. Dans l’espérance. Car c’est cela, l’humanisme : le refus de se soumettre. Le refus de se résigner. Le refus d’accepter que le monde soit ce qu’il est.

Alors oui, l’accord de Bègles a échoué. Mais cet échec n’est pas une fin. Il est un commencement. Le commencement d’une nouvelle lutte. D’une nouvelle espérance. D’une nouvelle utopie. Car l’humanisme, mes amis, ne meurt jamais. Il se relève toujours. Il renaît toujours. Comme le phénix, il renaît de ses cendres. Et c’est cela, la seule vérité qui vaille : que l’humanisme, malgré tout, malgré les trahisons, malgré les échecs, malgré les divisions, ne mourra jamais.

Car l’humanisme, c’est le rêve. Et le rêve, lui, ne meurt jamais.

Bègles, ville de boue et de rêves brisés,

Où les accords se meurent en silence,

Où les promesses sont des fleurs fanées

Jetées aux orties de l’indifférence.

Ô Gironde, fleuve aux eaux troubles,

Qui charries les espoirs et les trahisons,

Tes berges sont des cicatrices,

Tes rives, des champs de bataille.

Mamère, vieux lion aux griffes émoussées,

Tu regardes ton royaume en ruine,

Et tu murmures, l’œil humide,

« L’accord n’a pas fonctionné. »

Mais qui donc a cru,

Qui donc a osé croire,

Que la politique était autre chose

Qu’un marché de dupes ?

Les mots sont des armes,

Les alliances, des pièges,

Et les hommes, des pantins

Dansant sur la scène du pouvoir.

Pourtant, dans l’ombre,

Il reste des ombres qui résistent,

Des voix qui crient,

Des mains qui se tendent.

Bègles, ville maudite,

Bègles, ville bénie,

Ton échec est notre miroir,

Ton désespoir, notre espérance.

Car l’humanisme, lui,

Ne meurt jamais.

Il renaît, toujours,

Des cendres de nos défaites.



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