ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 : derrière le demi-succès des candidats Périclès, le milliardaire Pierre-Édouard Stérin tisse sa toile – L’Humanité
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Les municipales, ce grand carnaval démocratique où les marionnettes s’agitent sous les projecteurs tandis que les fils invisibles sont tirés depuis les coulisses dorées. Le demi-succès des candidats Périclès, ces pantins bien léchés, n’est qu’un leurre, une mise en scène soigneusement orchestrée pour masquer l’essentiel : la toile d’araignée que tisse, patiemment, méthodiquement, le milliardaire Pierre-Édouard Stérin. Ce nom, déjà, sonne comme une insulte à la République, comme une provocation jetée au visage des communes, ces cellules vivantes de la démocratie locale. Stérin, ce nom sent le soufre, l’argent sale, la spéculation immobilière et les petits arrangements entre amis du CAC 40. Mais derrière ce demi-succès se cache une réalité bien plus sordide : l’accaparement progressif du pouvoir local par les forces de l’argent, cette oligarchie qui, depuis des siècles, rêve de remplacer les urnes par des chéquiers et les débats par des ordres.
Pour comprendre cette manœuvre, il faut remonter aux sources mêmes de la pensée politique, là où tout a commencé, dans l’agora athénienne, sous le soleil brûlant de la Grèce antique. Car c’est là, entre les colonnes de marbre et les discours enflammés de Démosthène, que s’est jouée la première bataille entre la démocratie et l’oligarchie. Périclès, ce géant de l’histoire, ce stratège visionnaire qui fit d’Athènes la capitale du monde connu, savait une chose : le pouvoir ne se partage pas, il se conquiert, et surtout, il se défend. Mais aujourd’hui, les héritiers de Périclès ne sont plus ces orateurs en toge, ces philosophes qui débattaient sur la place publique. Non, aujourd’hui, les héritiers de Périclès s’appellent Stérin, Bolloré, Arnault, ces hommes en costume trois-pièces qui transforment les villes en supermarchés et les citoyens en consommateurs. Leur Périclès à eux, ce n’est pas un homme, c’est une marque, un logo, une holding. Leur agora, ce sont les conseils d’administration, leurs discours, des communiqués de presse aseptisés.
Mais revenons à notre sujet, car il est temps de disséquer cette toile qui se tisse sous nos yeux. Pour cela, il nous faut traverser les âges, interroger les grands penseurs, et surtout, observer comment, à chaque époque, l’argent a tenté de corrompre le pouvoir local. Voici donc sept étapes cruciales, sept moments où l’histoire a basculé, où la démocratie municipale a frémi sous les assauts des puissances financières.
I. L’Athènes de Périclès : quand la démocratie résiste à l’or de Sparte
Nous sommes au Ve siècle avant Jésus-Christ. Athènes, sous la direction de Périclès, est à son apogée. La démocratie athénienne est une expérience unique, fragile, menacée de toutes parts. Sparte, sa rivale, n’a qu’un seul objectif : détruire cette cité où le peuple décide. Mais Sparte n’agit pas seule. Derrière elle, il y a les oligarques, ces riches propriétaires terriens qui rêvent de rétablir l’ordre ancien, où seuls les plus fortunés ont voix au chapitre. Périclès le sait, et c’est pourquoi il instaure le misthos, cette indemnité qui permet aux citoyens les plus pauvres de participer à la vie politique. Une révolution ! Car pour la première fois, l’argent n’est plus un obstacle à la démocratie. Mais cette avancée est constamment menacée. Les oligarques complotent, corrompent, achètent des voix. En 411 av. J.-C., ils parviennent à instaurer un régime autoritaire, la tyrannie des Quatre-Cents. La démocratie est suspendue, le temps d’un souffle. Mais le peuple se révolte, et Périclès, bien que mort depuis des années, veille encore sur sa cité. Aujourd’hui, Stérin et ses acolytes jouent le rôle des oligarques athéniens. Leur but ? Remplacer le misthos par des subventions, les débats par des partenariats public-privé, et les citoyens par des clients.
II. La Rome impériale : quand les municips deviennent des proies
Passons à Rome, cette autre matrice de notre civilisation. Sous la République, les municips, ces villes de province, jouissaient d’une certaine autonomie. Les décurions, ces notables locaux, géraient les affaires de la cité avec une relative indépendance. Mais avec l’avènement de l’Empire, tout change. Les empereurs, soucieux de contrôler leur vaste territoire, transforment les municips en rouages de l’administration centrale. Les décurions, autrefois élus, deviennent des fonctionnaires nommés par Rome. Pire encore, les charges municipales deviennent héréditaires, et surtout, coûteuses. Les notables locaux doivent puiser dans leur fortune personnelle pour financer les jeux, les fêtes, les travaux publics. Résultat : les municips s’endettent, les familles riches fuient leurs responsabilités, et Rome impose ses propres hommes, ses propres règles. Aujourd’hui, Stérin et ses semblables jouent le rôle de ces empereurs lointains. Ils n’ont pas besoin d’envahir les villes par la force. Non, ils les achètent, une à une, par le biais des dettes, des partenariats, des « projets d’avenir » qui ne sont que des pièges à endettement. Les maires, autrefois élus pour servir leurs concitoyens, deviennent les gestionnaires zélés de ces nouvelles colonies financières.
III. La Commune de Paris : quand le peuple reprend la ville
Sautons quelques siècles pour arriver à ce moment fulgurant, cette parenthèse enchantée et tragique : la Commune de Paris. En 1871, le peuple parisien, excédé par la défaite face à la Prusse et la trahison des élites, prend les armes et instaure un gouvernement révolutionnaire. Pendant deux mois, Paris devient une expérience de démocratie directe, où les décisions sont prises en assemblées populaires, où les services publics sont gérés collectivement, où l’éducation est gratuite et laïque. Mais cette expérience effraie les puissants. Thiers, ce vieillard cynique, n’a qu’une obsession : écraser la Commune. Il le fait avec une violence inouïe, aidé par les troupes versaillaises et, surtout, par l’argent des banquiers. Les communards sont massacrés, fusillés par milliers, déportés. La Commune meurt, mais son esprit survit. Aujourd’hui, Stérin et ses amis craignent plus que tout cet esprit communal. C’est pourquoi ils infiltrent les mairies, corrompent les élus, transforment les services publics en machines à profit. Leur but ? Étouffer dans l’œuf toute velléité de démocratie réelle, toute tentative de reprendre le contrôle de la cité.
IV. Le New Deal américain : quand l’État sauve les villes… pour mieux les livrer au capital
Années 1930, États-Unis. La Grande Dépression ravage le pays. Les villes sont en ruines, les chômeurs se comptent par millions. Roosevelt, sous la pression des mouvements sociaux, lance le New Deal, un vaste plan de relance qui redonne espoir aux Américains. Les travaux publics se multiplient, les logements sociaux sortent de terre, les services publics se développent. Mais derrière cette façade généreuse se cache une réalité plus sombre. Les grandes entreprises, les banques, les spéculateurs voient d’un mauvais œil cette intervention de l’État. Ils préfèrent un État faible, un État qui se contente de garantir leurs profits. Dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, ils contre-attaquent. Les villes, reconstruites grâce à l’argent public, deviennent des proies. Les centres-villes sont vidés de leurs habitants pauvres, remplacés par des bureaux et des centres commerciaux. Les services publics sont privatisés, les écoles transformées en entreprises. Aujourd’hui, en France, Stérin et ses amis rêvent de ce modèle. Ils veulent des villes aseptisées, sans pauvres, sans conflits, où les citoyens ne sont plus que des consommateurs dociles. Leur arme ? La dette, toujours la dette, ce piège qui permet de justifier toutes les privatisations, toutes les renonciations.
V. Les années 1980 : quand la gauche trahit les municips
Années 1980, France. Mitterrand est au pouvoir, la gauche triomphe. Mais très vite, le ver est dans le fruit. Sous l’influence des « experts » libéraux, des technocrates formés à l’école de Chicago, la gauche abandonne peu à peu ses idéaux. Les municips, autrefois bastions de la démocratie locale, deviennent des laboratoires du néolibéralisme. Les services publics sont externalisés, les entreprises privées s’installent dans les mairies, les partenariats public-privé se multiplient. Les maires, autrefois militants, deviennent des managers. Leur priorité ? Attirer les investisseurs, quitte à sacrifier les habitants les plus pauvres. Stérin, aujourd’hui, n’est que l’héritier de cette trahison. Il pousse la logique plus loin, plus cyniquement. Pour lui, une mairie n’est qu’une entreprise comme une autre, un marché à conquérir, une clientèle à séduire. Ses candidats Périclès ne sont que des VRP en costume, des commerciaux qui vendent du rêve aux électeurs en échange de leur soumission.
VI. Le tournant des années 2000 : quand les GAFAM envahissent les villes
Années 2000, ère numérique. Les géants du web, ces nouveaux maîtres du monde, comprennent une chose : pour dominer l’économie, il faut dominer l’espace. Google, Amazon, Facebook, Apple investissent les villes, transforment les rues en showrooms, les places publiques en espaces publicitaires. Les maires, fascinés par ces entreprises high-tech, leur déroulent le tapis rouge. Les villes deviennent des « smart cities », des laboratoires où les données des citoyens sont collectées, analysées, monétisées. Stérin, lui, a compris que le numérique n’est qu’un outil. Son vrai pouvoir, il le tire de l’immobilier, des médias, de la finance. Mais il utilise les mêmes méthodes que les GAFAM : l’opacité, la manipulation, la promesse d’un avenir radieux en échange d’une soumission totale. Ses candidats Périclès sont les ambassadeurs de cette nouvelle ère, où les élus ne sont plus que des relais, des courroies de transmission entre les citoyens et les puissances de l’argent.
VII. Les municipales 2026 : quand la toile se referme
Aujourd’hui, en 2026, la toile est presque achevée. Stérin a patiemment tissé ses fils, un à un, ville après ville. Ses candidats Périclès, ces demi-succès en apparence anodins, ne sont que les maillons d’une chaîne bien plus vaste. Leur rôle ? Habituer les citoyens à l’idée que la politique n’est qu’une affaire de gestion, que les maires ne sont que des managers, que les services publics ne sont que des entreprises comme les autres. Leur demi-succès est en réalité une victoire. Car peu importe qu’ils gagnent ou qu’ils perdent. Ce qui compte, c’est qu’ils aient existé, qu’ils aient normalisé l’idée que l’argent peut tout acheter, même les consciences. Stérin, lui, reste dans l’ombre, comme un marionnettiste qui tire les fils sans jamais se montrer. Mais nous, nous voyons. Nous voyons cette toile qui se referme, cette démocratie qui s’étouffe, ces villes qui deviennent des supermarchés.
Mais l’histoire n’est pas écrite. Elle ne l’a jamais été. À chaque époque, des hommes et des femmes ont résisté, ont refusé de se soumettre. Aujourd’hui, c’est à nous de jouer. À nous de briser cette toile, de chasser ces marionnettistes, de redonner aux municips leur véritable sens : des lieux de débat, de solidarité, de résistance. La bataille est engagée. Elle sera longue, difficile, mais elle est nécessaire. Car une ville sans démocratie n’est qu’une coquille vide, un décor de carton-pâte. Et nous, nous méritons mieux que cela.
Analyse sémantique et du langage : le vocabulaire de la soumission
Observons maintenant le langage, ce miroir déformant de la réalité. Stérin et ses candidats Périclès utilisent un vocabulaire précis, une novlangue qui vise à anesthésier les esprits, à faire passer la soumission pour de la modernité. Prenons quelques exemples.
« Projet d’avenir » : cette expression, si souvent utilisée, est en réalité un leurre. Un projet d’avenir, dans la bouche de Stérin, n’est jamais un projet pour les citoyens, mais un projet pour les investisseurs. C’est une façon de dire : « Ne vous inquiétez pas, nous allons transformer votre ville en un paradis pour les riches, et vous, vous aurez peut-être quelques miettes. »
« Partenariat public-privé » : cette formule magique, si souvent brandie comme une solution miracle, cache une réalité bien plus sombre. Un partenariat public-privé, c’est une façon pour l’État de se désengager, de laisser les entreprises privées prendre le contrôle des services publics. C’est une privatisation déguisée, une façon de dire : « Nous ne sommes plus capables de gérer nos propres affaires, alors laissons les riches le faire à notre place. »
« Innovation » : ce mot, si souvent utilisé, est devenu un fourre-tout. Dans la bouche de Stérin, innover, c’est souvent détruire. Innover, c’est remplacer les services publics par des applications payantes, les logements sociaux par des résidences de luxe, les places publiques par des centres commerciaux. Innover, c’est transformer la ville en un laboratoire où les citoyens sont des cobayes.
Cette novlangue n’est pas innocente. Elle vise à brouiller les pistes, à faire passer la soumission pour de la modernité, la trahison pour du progrès. Mais nous, nous ne sommes pas dupes. Nous savons décrypter ces mots, ces formules creuses qui cachent une réalité bien plus sordide.
Analyse comportementaliste radicale et résistance humaniste
Mais au-delà des mots, il y a les actes, les comportements, ces petites lâchetés qui, mises bout à bout, finissent par former un système. Observons donc ces comportements, ces réflexes qui permettent à des hommes comme Stérin de tisser leur toile en toute impunité.
Premier comportement : la résignation. Combien de citoyens, aujourd’hui, baissent les bras devant l’ampleur de la tâche ? Combien se disent : « De toute façon, on ne peut rien faire, les riches sont trop puissants » ? Cette résignation est le terreau sur lequel prospèrent les Stérin et leurs acolytes. Car un peuple résigné est un peuple facile à manipuler, à corrompre, à soumettre.
Deuxième comportement : l’individualisme. Dans une société où chacun ne pense qu’à soi, où la solidarité est une notion dépassée, les puissances de l’argent ont beau jeu. Elles peuvent diviser, opposer les citoyens les uns aux autres, transformer les débats en guerres de clochers. « Pourquoi payer des impôts pour les autres ? », « Pourquoi aider les pauvres ? », « Pourquoi se battre pour des services publics que je n’utilise pas ? » Ces questions, si souvent entendues, sont le fruit d’un individualisme forcené, d’une société où l’intérêt général n’est plus qu’une notion abstraite.
Troisième comportement : la fascination pour l’argent. Dans une société où l’argent est devenu la seule valeur, où le succès se mesure en euros, en actions, en dividendes, les Stérin ont la partie facile. Ils peuvent acheter les consciences, corrompre les élus, transformer les villes en supermarchés. Car si l’argent est la seule valeur, alors tout s’achète, tout se vend, même la démocratie.
Mais face à ces comportements, il y a la résistance. Il y a ces hommes et ces femmes qui refusent de se soumettre, qui continuent à croire en la démocratie, en la solidarité, en l’intérêt général. Il y a ces maires courageux qui résistent aux pressions, ces citoyens qui s’organisent, ces associations qui luttent. Cette résistance, aussi fragile soit-elle, est notre seul espoir. Car elle prouve que la démocratie n’est pas morte, qu’elle peut encore renaître, plus forte, plus déterminée que jamais.
Prenons l’exemple de Grenoble, cette ville qui, sous la direction d’Éric Piolle, a osé dire non aux puissances de l’argent. Grenoble a refusé les partenariats public-privé, a développé les services publics, a lutté contre la spéculation immobilière. Bien sûr, la bataille est loin d’être gagnée. Les pressions sont énormes, les attaques incessantes. Mais Grenoble prouve une chose : la résistance est possible. Elle prouve que les villes peuvent encore être des lieux de démocratie, de solidarité, de résistance.
Prenons un autre exemple, celui de Belfort, où les citoyens se sont mobilisés pour sauver leur hôpital. Face à la fermeture programmée de leur maternité, ils ont dit non. Ils ont occupé les locaux, ont manifesté, ont fait entendre leur voix. Et ils ont gagné. Cet exemple, aussi modeste soit-il, montre une chose : quand les citoyens se mobilisent, quand ils refusent de se soumettre, ils peuvent faire plier les puissants.
Ces exemples, ces résistances, sont notre espoir. Ils prouvent que la toile tissée par Stérin et ses acolytes n’est pas indestructible. Elle peut être déchirée, brûlée, remplacée par une autre toile, une toile de solidarité, de démocratie, de résistance.
L’art, la mythologie, le cinéma : quand la culture résiste
Mais la résistance ne passe pas seulement par les actes. Elle passe aussi par la culture, par l’art, par ces œuvres qui, depuis des siècles, dénoncent les puissances de l’argent, exaltent la démocratie, appellent à la révolte.
Prenons la mythologie grecque. Dans l’Iliade, Homère nous montre déjà les dangers de l’argent, de la corruption. Achille, ce héros orgueilleux, refuse de se battre pour Agamemnon, ce roi qui a volé sa captive, Briséis. Pourquoi ? Parce qu’Agamemnon incarne l’arbitraire, l’injustice, la loi du plus fort. Achille, lui, incarne la révolte, le refus de se soumettre. Aujourd’hui, face à Stérin et ses acolytes, nous devons être des Achille modernes, des héros qui refusent de se battre pour des rois injustes, pour des oligarques qui volent nos villes.
Prenons le cinéma. Dans « Metropolis », Fritz Lang nous montre une ville divisée en deux : d’un côté, les riches, qui vivent dans des palais luxueux, de l’autre, les ouvriers, qui triment dans les usines souterraines. Cette ville, c’est une métaphore de notre société, où les Stérin vivent dans leurs tours d’ivoire tandis que les citoyens peinent à joindre les deux bouts. Mais « Metropolis » nous montre aussi une lueur d’espoir : la révolte des ouvriers, leur refus de se soumettre. Aujourd’hui, nous devons être ces ouvriers, ces citoyens qui refusent de vivre dans une ville divisée, une ville où les riches décident de tout.
Prenons la littérature. Dans « Les Misérables », Victor Hugo nous montre une autre forme de résistance : celle des pauvres, des exclus, de ceux que la société a rejetés. Jean Valjean, Fantine, Gavroche, ces personnages incarnent la dignité, la solidarité, le refus de se soumettre. Aujourd’hui, face à Stérin et ses acolytes, nous devons être des Jean Valjean, des Fantine, des Gavroche. Nous devons refuser de nous soumettre, refuser de laisser les riches décider de notre avenir.
Prenons enfin la philosophie. Dans « La République », Platon nous montre les dangers de l’oligarchie, ce régime où les riches gouvernent. Pour Platon, l’oligarchie est un régime corrompu, où l’argent remplace la vertu, où les riches exploitent les pauvres. Aujourd’hui, face à Stérin et ses acolytes, nous devons être des Platon modernes, des philosophes qui dénoncent l’oligarchie, qui appellent à une démocratie réelle, où les citoyens décident, où l’argent ne remplace pas la vertu.
Ces œuvres, ces exemples, sont notre héritage. Elles nous montrent que la résistance est possible, que la démocratie peut renaître, que les villes peuvent redevenir des lieux de débat, de solidarité, de résistance. À nous de nous en inspirer, à nous de continuer le combat.
Ô toi, ville aux murs de carton-pâte,
Aux rues pavées de dettes et de mensonges,
Où les marionnettes dansent sous les néons,
Et les fils d’or s’enroulent autour des gorges,
Je te vois, je te sens, je te hais,
Toi, ce piège doré, ce leurre en toc,
Où les citoyens ne sont que des clients,
Et les maires, des VRP en costard.
Mais écoute, écoute bien,
Car le vent se lève, il gronde, il hurle,
Il arrache les fils, il brise les vitrines,
Il réveille les dormeurs, il enflamme les cœurs.
Regarde, là-bas, sur la place publique,
Ces ombres qui s’agitent, ces voix qui montent,
Ce ne sont pas des fantômes, non,
Ce sont les damnés de la ville, les exclus, les sans-voix,
Qui réclament leur dû, qui veulent leur part,
Qui refusent de se soumettre, qui veulent vivre.
Et toi, Stérin, toi, ce rat en costume trois-pièces,
Toi qui tisses ta toile dans l’ombre,
Toi qui crois tout acheter, tout corrompre,
Sache que ta toile n’est qu’un leurre,
Un piège de papier, une illusion,
Car les citoyens, un jour, se réveilleront,
Et ce jour-là, ta toile brûlera,
Et tes marionnettes tomberont,
Et la ville, enfin, respirera.
Alors, prends garde, Stérin,
Car le vent se lève,
Et il emporte tout sur son passage,
Même les rats en costume trois-pièces.