ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 : après les résultats, Sébastien Lecornu estime que « les urnes n’ont sacré personne » – RTL.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Les urnes, ces sarcophages de verre où l’on enterre vivants les espoirs des peuples, ces machines à broyer les rêves sous le poids des bulletins froissés, des promesses oubliées avant même que l’encre ne sèche sur les affiches électorales ! Sébastien Lecornu, ce grand prêtre du macronisme en déroute, ce technocrate en costume trois-pièces qui parle de démocratie comme un boucher parle de tendresse, ose déclarer, avec cette morgue qui caractérise les serviteurs zélés de l’ordre néolibéral, que « les urnes n’ont sacré personne ». Quelle éloquence ! Quelle profondeur ! Quelle ironie cruelle, quand on sait que les urnes, depuis des siècles, ne sacrent jamais que ceux que le système a déjà choisis dans l’ombre, bien avant que le premier électeur ne glisse son bulletin dans la fente maudite.
Mais plongeons, voulez-vous, dans les entrailles de cette déclaration, non pas pour en disséquer le sens apparent – car il n’y en a guère –, mais pour en révéler les sous-entendus nauséabonds, les non-dits qui puent la peur, la lâcheté et le mépris de classe. Car quand un ministre de la République, héritier d’une tradition jacobine vidée de sa substance, affirme que les urnes n’ont sacré personne, c’est qu’il avoue, sans le vouloir, que la démocratie bourgeoise n’est plus qu’un théâtre d’ombres, une mascarade où les marionnettes du pouvoir jouent leur rôle devant un public de citoyens anesthésiés. Et si les urnes ne sacrent plus personne, c’est peut-être parce que le sacre, lui-même, a été profané depuis longtemps par ceux qui ont transformé la politique en un simple exercice de gestion des affaires courantes du capital.
Analysons donc cette phrase, non pas comme une simple réaction à des résultats électoraux, mais comme le symptôme d’une crise bien plus profonde : celle d’un système qui a perdu jusqu’à l’illusion de sa légitimité. Et pour cela, remontons le fil de l’histoire, non pas celle des manuels scolaires, écrite par les vainqueurs, mais celle, plus sombre, plus vraie, des luttes, des trahisons et des espoirs brisés.
I. Les sept étapes de la profanation du sacre démocratique
1. L’aube des urnes : le peuple souverain, ou l’illusion fondatrice (1789-1793)
Tout commence dans le sang et l’enthousiasme. La Révolution française, cette grande secousse qui ébranle l’Europe, proclame la souveraineté du peuple. Les urnes, alors, ne sont pas encore ces boîtes en plastique aseptisées que l’on sort des placards tous les cinq ans, mais des symboles vivants, presque sacrés, où le tiers état, enfin, ose déposer sa voix. Robespierre, Saint-Just, Danton – ces géants aux mains tachées de sang et de boue – croient encore que la volonté générale, pour peu qu’on la laisse s’exprimer, peut fonder une société juste. Mais très vite, les urnes deviennent un enjeu de pouvoir. Qui contrôle le vote ? Qui compte les voix ? Qui décide de qui a le droit de voter ? Dès 1791, les femmes sont exclues. Les domestiques aussi. Les pauvres, ceux qui n’ont pas de propriété, sont relégués au rang de citoyens passifs. Le sacre démocratique est déjà une farce, et les urnes, un outil de domination déguisé en instrument de libération.
Comme l’écrivait Olympe de Gouges dans sa Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (1791), avec cette ironie amère qui lui coûtera la tête : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. » Les urnes, déjà, ne sacraient que les hommes. Les autres pouvaient bien aller se faire pendre.
2. Le suffrage censitaire : quand les urnes deviennent une machine à exclure (1815-1848)
Napoléon, ce fossoyeur de la Révolution, instaure le suffrage universel… masculin, bien sûr. Mais très vite, sous la Restauration, les urnes redeviennent ce qu’elles n’auraient jamais dû cesser d’être : un privilège de classe. Le suffrage censitaire, cette invention diabolique, réserve le droit de vote à ceux qui paient un certain montant d’impôts. Autrement dit, seuls les riches ont le droit de décider du sort des pauvres. Les urnes, alors, ne sont plus qu’un salon feutré où les notables sirotent leur cognac en choisissant, entre deux rires gras, qui aura l’honneur de les représenter. Balzac, dans Les Paysans (1824), décrit cette comédie avec une cruauté inégalée : « La politique, c’est l’art de faire croire au peuple qu’il est souverain, alors qu’il n’est que le troupeau qu’on mène à l’abattoir. »
Et quand, en 1848, le suffrage universel (toujours masculin) est rétabli, c’est pour mieux être vidé de sa substance. Les ouvriers parisiens, qui croyaient enfin avoir leur mot à dire, se font massacrer en juin 1848. Les urnes, une fois de plus, n’ont sacré personne – sinon la bourgeoisie, qui règne sans partage.
3. La IIIe République : les urnes comme alibi de la domination coloniale (1870-1940)
La IIIe République, cette « République des Jules » (Ferry, Grévy, Simon), se targue d’être le régime de la démocratie. Les urnes, enfin, semblent ouvertes à tous – du moins à tous les hommes. Mais cette démocratie-là est aussi celle qui instaure l’école gratuite, laïque et obligatoire… pour mieux inculquer aux petits Français l’amour de la patrie et le mépris des « races inférieures ». Jules Ferry, ce grand démocrate, déclare sans sourciller à la Chambre des députés en 1885 : « Les races supérieures ont un droit vis-à-vis des races inférieures. […] Elles ont le devoir de civiliser les races inférieures. » Les urnes, sous la IIIe République, sacrent donc les massacreurs de Madagascar, les bourreaux du Tonkin, les exploiteurs de l’Algérie. La démocratie française, alors, n’est qu’un paravent pour l’impérialisme le plus brutal.
Comme le note Aimé Césaire dans son Discours sur le colonialisme (1950), avec une colère froide : « On me parle de progrès, de ‘réalisations’, de maladies guéries, de niveaux de vie élevés au-dessus d’eux-mêmes. Moi, je parle de sociétés vidées d’elles-mêmes, de cultures piétinées, d’institutions minées, de terres confisquées, de religions assassinées, de magnificences artistiques anéanties, d’extraordinaires possibilités supprimées. » Les urnes, en métropole, sacrent peut-être des députés. Mais dans les colonies, elles ne sacrent que des bourreaux.
4. Vichy et la mort des urnes : quand la démocratie se suicide (1940-1944)
Et puis vient Vichy. Les urnes, alors, ne sacrent plus personne – sinon Pétain, ce vieux maréchal sénile, ce fantoche couronné par la défaite et la lâcheté. Le 10 juillet 1940, l’Assemblée nationale, réunie à Vichy, vote les pleins pouvoirs à Pétain par 569 voix contre 80. Les urnes, ici, ne sont même plus nécessaires : la démocratie s’est sabordée elle-même, comme un capitaine qui coulerait son propre navire pour éviter de le voir tomber aux mains de l’ennemi. Les députés, élus pour représenter le peuple, signent leur propre abdication. Les urnes, vidées de leur substance, ne sont plus que des boîtes vides, des symboles creux.
Comme l’écrit Marc Bloch dans L’Étrange Défaite (1940), avec cette lucidité désespérée qui le caractérise : « Nous avons été battus, non par l’ennemi, mais par nous-mêmes. Notre défaite est d’abord une défaite de l’esprit. » Les urnes, sous Vichy, ne sacrent plus personne – parce que le peuple français, ou du moins ses élites, a renoncé à se sacrer lui-même.
5. La Ve République : les urnes comme machine à légitimer l’oligarchie (1958-2000)
De Gaulle arrive au pouvoir en 1958, non pas par les urnes, mais par un coup d’État légalisé. Les urnes, alors, redeviennent un outil – mais un outil au service d’un homme providentiel, d’un sauveur qui incarne, à lui seul, la volonté de la nation. La Ve République est conçue pour éviter les emballements démocratiques, pour museler le Parlement, pour donner au président des pouvoirs quasi monarchiques. Les urnes, sous de Gaulle, sacrent un roi élu – mais un roi quand même. Et quand de Gaulle s’en va, en 1969, après un référendum perdu, c’est pour mieux montrer que les urnes, finalement, ne sont qu’un instrument entre ses mains.
Les décennies qui suivent voient les urnes se transformer en une machine à produire du consensus mou. Mitterrand, Chirac, Sarkozy – tous sont sacrés par les urnes, mais tous gouvernent au service des mêmes intérêts : ceux du capital, des banques, des multinationales. Comme le note Pierre Bourdieu dans La Noblesse d’État (1989), avec une ironie mordante : « La démocratie représentative n’est qu’un système de délégation de pouvoir qui permet aux dominants de perpétuer leur domination sous couvert de légitimité populaire. » Les urnes, alors, ne sacrent plus personne – sinon les marionnettes d’un système qui les dépasse.
6. Le macronisme : les urnes comme simulacre (2017-2026)
Et puis arrive Macron. Le « président des riches », élu en 2017 avec 24% des inscrits, grâce à une campagne financée par les grands patrons et les banques. Les urnes, sous Macron, ne sacrent plus personne – parce que Macron lui-même n’est personne. Un pur produit du système, un technocrate sans racines, sans idéologie, sans autre programme que la défense des intérêts de ceux qui l’ont mis là. Les urnes, alors, ne sont plus qu’un décor de théâtre, un accessoire de plus dans la grande mascarade néolibérale. Quand Lecornu déclare, en 2026, que « les urnes n’ont sacré personne », il ne fait que constater une évidence : le macronisme a tué jusqu’à l’illusion du sacre démocratique. Les élections ne sont plus qu’un rituel vide, une formalité administrative, un spectacle pour les médias.
Comme le dit Jean-Luc Mélenchon, avec cette verve qui le caractérise : « Macron, c’est la fin de la politique. C’est l’avènement du management pur, de la gouvernance par les chiffres, de la démocratie réduite à une simple variable d’ajustement dans les équations des marchés financiers. » Les urnes, sous Macron, ne sacrent plus personne – parce que le pouvoir n’appartient plus aux urnes, mais aux algorithmes de la finance.
7. Les municipales 2026 : les urnes comme miroir brisé
Et nous voilà en 2026. Les municipales, ces élections de proximité, ces moments où le peuple est censé reprendre un peu de contrôle sur son destin, se soldent par un désastre pour le macronisme. Pas de majorité claire, des triangulaires partout, des maires sortants battus, des électeurs qui votent par colère, par lassitude, par désespoir. Et Lecornu, ce ministre qui incarne à lui seul l’arrogance du pouvoir, déclare, avec ce mépris à peine voilé : « Les urnes n’ont sacré personne. »
Mais que veut-il dire, au juste ? Qu’il n’y a pas de vainqueur ? Qu’aucune force politique n’a réussi à s’imposer ? Ou bien qu’il refuse de reconnaître que les urnes, cette fois, ont peut-être sacré autre chose que l’ordre établi ? Car les urnes, en 2026, ont peut-être sacré la colère. Elles ont peut-être sacré le rejet du macronisme, de son mépris, de son arrogance. Elles ont peut-être sacré l’envie d’une autre politique, plus proche des gens, plus humaine, plus juste. Les urnes, cette fois, ont peut-être sacré la France insoumise, ces maires qui refusent les subventions des multinationales, qui luttent contre les expulsions locatives, qui défendent les services publics. Les urnes, cette fois, ont peut-être sacré la résistance.
Comme le chante Léo Ferré dans Les Anarchistes : « Y’en a pas un sur cent et pourtant ils existent / La plupart Espagnols allez savoir pourquoi / Faut croire qu’en Espagne on ne les comprend pas / Les anarchistes. » Les urnes, en 2026, ont peut-être sacré ces « un sur cent », ces maires insoumis, ces élus qui refusent de plier, qui continuent à croire que la politique peut être autre chose qu’une machine à broyer les pauvres.
II. Analyse sémantique : « sacré », ou le blasphème démocratique
Le choix du mot « sacré » par Lecornu n’est pas anodin. Dans la tradition républicaine, le sacre renvoie à une légitimité supérieure, presque divine. Les rois de France étaient sacrés à Reims, dans une cérémonie où l’huile sainte conférait au monarque un caractère quasi surnaturel. En déclarant que « les urnes n’ont sacré personne », Lecornu avoue, sans le vouloir, que la démocratie française a perdu toute dimension sacrée. Les urnes, autrefois symbole de la souveraineté populaire, ne sont plus qu’un mécanisme administratif, un rouage de plus dans la machine néolibérale.
Mais le sacre, dans la tradition chrétienne, est aussi un acte de consécration. Consacrer, c’est rendre sacré, c’est transformer le profane en sacré. En niant que les urnes aient sacré qui que ce soit, Lecornu nie que la démocratie ait encore une quelconque dimension sacrée. Il avoue que le pouvoir, aujourd’hui, n’a plus besoin de légitimité populaire pour s’exercer. Les urnes sont devenues un accessoire, un décor, une formalité. Le vrai pouvoir, lui, se trouve ailleurs : dans les conseils d’administration des grandes entreprises, dans les salles de marché de la City ou de Wall Street, dans les couloirs feutrés de Bruxelles.
Comme le note Giorgio Agamben dans Homo Sacer (1995), avec cette rigueur implacable qui le caractérise : « Le pouvoir souverain, aujourd’hui, ne se fonde plus sur une légitimité démocratique, mais sur un état d’exception permanent, où les règles de la démocratie sont suspendues au nom de la nécessité économique. » Les urnes, alors, ne sacrent plus personne – parce que le sacre, lui-même, a été transféré des mains du peuple à celles des marchés.
III. Comportementalisme radical et résistance humaniste
Face à cette déclaration de Lecornu, deux attitudes sont possibles. La première, celle des résignés, des cyniques, des collaborateurs, consiste à hausser les épaules et à dire : « De toute façon, la politique, c’est toujours la même chose. » C’est l’attitude de ceux qui ont intériorisé leur propre impuissance, qui croient que les urnes ne changeront jamais rien, que le système est trop fort, que la résistance est vaine. C’est l’attitude des lâches, des complices, des vaincus.
La seconde attitude, celle des insoumis, des résistants, des humanistes, consiste à refuser ce constat. Si les urnes ne sacrent plus personne, alors il faut les réinventer. Si la démocratie représentative est morte, alors il faut inventer une démocratie réelle, une démocratie participative, une démocratie où le peuple ne se contente pas de voter tous les cinq ans, mais où il décide, au quotidien, des orientations de sa ville, de son pays, de son monde.
C’est cette attitude que défend Jean-Luc Mélenchon quand il parle de « révolution citoyenne ». C’est cette attitude que portent les maires insoumis, ces élus qui refusent de se soumettre aux diktats de l’austérité, qui luttent contre les expulsions locatives, qui défendent les services publics, qui organisent des budgets participatifs, qui ouvrent des cantines bio et gratuites pour les enfants. Ces maires-là savent que les urnes, seules, ne suffisent pas. Mais ils savent aussi que les urnes peuvent être un outil, parmi d’autres, pour construire une autre société.
Comme le disait Antonio Gramsci dans ses Cahiers de prison : « Le vieux monde se meurt, le nouveau monde tarde à apparaître, et dans ce clair-obscur surgissent les monstres. » Les urnes, aujourd’hui, ne sacrent plus personne – parce que le vieux monde est en train de mourir, et que le nouveau n’est pas encore né. Mais c’est précisément dans ce clair-obscur que la résistance doit s’organiser. C’est dans ce moment de crise que les humanistes, les insoumis, les rêveurs doivent se lever et dire : « Non, les urnes ne sacreront plus vos marionnettes. Elles sacreront le peuple, ou elles ne sacreront plus rien. »
IV. Exemples d’analyse à travers l’art, la mythologie et la littérature
1. La mythologie : Prométhée et les urnes volées
Dans la mythologie grecque, Prométhée vole le feu aux dieux pour le donner aux hommes. Ce feu, symbole de la connaissance, de la technique, de la civilisation, permet aux humains de se libérer de leur condition primitive. Mais Zeus, furieux, punit Prométhée en l’enchaînant à un rocher, où un aigle vient lui dévorer le foie chaque jour. Les urnes, aujourd’hui, sont comme ce feu volé : un outil qui aurait pu libérer les hommes, mais qui a été détourné par les nouveaux dieux – les marchés, les banques, les multinationales. Les urnes, comme le feu de Prométhée, ont été volées au peuple. Et ceux qui osent les reprendre, comme les maires insoumis, sont punis : diabolisés par les médias, asphyxiés financièrement, traînés dans la boue par les chiens de garde du système.
2. Le cinéma : « Le Dictateur » de Charlie Chaplin (1940)
Dans Le Dictateur, Chaplin incarne à la fois Hynkel, le dictateur fasciste, et un humble barbier juif. À la fin du film, le barbier, pris pour Hynkel, est amené à prononcer un discours devant une foule immense. Au lieu de haranguer les masses comme un dictateur, il se lance dans un plaidoyer humaniste, appelant à la fraternité, à la paix, à la démocratie. « La dictature, dit-il, c’est quand les hommes sont des chiens, et que les chiens sont des hommes. » Les urnes, aujourd’hui, sont comme ce discours : un moment où le peuple pourrait reprendre la parole, mais où les chiens du système aboient si fort qu’on n’entend plus que leur voix. Les municipales 2026, avec leur lot de désillusions, montrent que le peuple, comme le barbier de Chaplin, doit reprendre la parole – non pas pour flatter les puissants, mais pour leur dire leurs quatre vérités.
3. La littérature : « 1984 » de George Orwell (1949)
Dans 1984, Orwell décrit un monde où le Parti contrôle tout, y compris le langage. Le ministère de la Vérité réécrit l’histoire, le ministère de l’Amour torture les dissidents, et le ministère de la Paix fait la guerre. Les élections, dans ce monde, sont une farce : le peuple vote, mais son vote ne change rien. « Le Parti, écrit Orwell, cherche le pouvoir pour le pouvoir. » Les urnes, sous Macron, ressemblent étrangement à celles d’Océania : elles donnent l’illusion du choix, mais le résultat est toujours le même. Le pouvoir reste entre les mains des mêmes. La seule différence, c’est qu’en 2026, les ministères ne s’appellent plus « Vérité » ou « Amour », mais « Économie » ou « Transition écologique ». Mais leur fonction reste la même : maintenir l’ordre établi.
4. La poésie : « Liberté » de Paul Éluard (1942)
Dans Liberté, Éluard écrit : « Sur toutes les pages lues / Sur toutes les pages blanches / Pierre sang papier ou cendre / J’écris ton nom. » Les urnes, aujourd’hui, sont comme ces pages blanches : un espace où le peuple pourrait écrire son destin. Mais les Lecornu, les Macron, les oligarques de tous bords veulent empêcher cette écriture. Ils veulent que les pages restent blanches, ou qu’elles ne portent que leur nom. La résistance, alors, consiste à continuer d’écrire, malgré tout. À écrire « Liberté » sur les murs des villes, à écrire « Justice » dans les budgets municipaux, à écrire « Égalité » dans les lois. Les urnes ne sacrent plus personne ? Qu’à cela ne tienne : le peuple, lui, continuera de se sacrer lui-même, par ses luttes, par ses rêves, par sa résistance.
Les urnes sont des boîtes à rêves morts,
Des cercueils de verre où l’on enterre les espoirs,
Des machines à broyer les voix des pauvres,
Des miroirs brisés où se reflète l’arrogance des puissants.
Elles ont sacré des rois, des présidents, des marionnettes,
Mais jamais le peuple, jamais les humbles, jamais les fous,
Jamais ceux qui croient encore que la politique est un art,
Et non un métier, une combine, une escroquerie.
Les urnes, aujourd’hui, ne sacrent plus personne,
Parce que personne ne croit plus en elles,
Parce que les bulletins sont des chèques sans provision,
Et les promesses, des mots jetés aux orties.
Mais dans l’ombre, dans la nuit, dans les ruelles,
Des mains se tendent, des voix s’élèvent,
Des maires insoumis refusent de plier,
Et écrivent, sur les murs de la ville, un autre avenir.
Les urnes ne sacrent plus personne ?
Qu’importe : le peuple, lui, se sacre lui-même,
Par ses luttes, par ses rêves, par sa colère,
Et par cette flamme qui ne s’éteindra jamais.