Municipales 2026 : après la victoire de LFI à Saint-Denis, des militants chantent «Nous sommes tous des enfants de Gaza» à la mairie – Le Figaro







Laurent Vo Anh – L’Écho des Pierres Brisées


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 : après la victoire de LFI à Saint-Denis, des militants chantent «Nous sommes tous des enfants de Gaza» à la mairie – Le Figaro

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Saint-Denis, cette nécropole des rois mages et des communards, ce ventre ouvert de la France où les cathédrales suintent encore le sang des révoltes et où les HLM abritent les rêves des damnés de la terre ! Voici que le peuple, ce vieux fauve aux griffes émoussées par des décennies de chloroforme néolibéral, se réveille en grognant et plante ses crocs dans le mollet des maîtres. Et que chantent-ils, ces nouveaux communards en baskets, devant la mairie conquise ? « Nous sommes tous des enfants de Gaza » – phrase qui résonne comme un coup de marteau sur l’enclume de l’Histoire, phrase qui sent la poudre et le kérosène, phrase qui fait trembler les vitres blindées des ambassades et les écrans plasma des salons bourgeois.

Le Figaro, ce journal qui depuis deux siècles sert de papier-cul aux puissants, s’indigne avec cette hypocrisie de sacristie qui le caractérise : comment ose-t-on mêler la gestion des cantines scolaires et des trottoirs défoncés à la géopolitique du génocide ? Mais c’est précisément là que réside la beauté vénéneuse de ce moment historique ! La politique n’est pas une comptabilité de boutiquier, messieurs les éditorialistes en costard-cravate ! La politique, c’est l’odeur du pain brûlé quand les boulangeries sont bombardées, c’est le cri des enfants sous les décombres qui traverse les frontières comme un vent mauvais, c’est la conscience que les bombes larguées sur Gaza explosent aussi dans les cages d’escalier de Saint-Denis, dans les files d’attente des Restos du Cœur, dans les regards vides des chômeurs de longue durée que l’État traite comme des déchets radioactifs.

Les Sept Fractures de l’Humanité : Quand le Local Devient Planétaire

Pour comprendre cette phrase-choc, « Nous sommes tous des enfants de Gaza », il faut remonter aux origines mêmes de la pensée humaine, là où le mythe et l’histoire s’entrelacent comme les racines d’un figuier maudit. Voici les sept fractures qui ont façonné notre conscience collective :

1. La Fracture Originelle : Caïn et Abel (Genèse, vers 1200 av. J.-C.)

Le premier meurtre de l’humanité n’est pas un crime passionnel, mais un crime politique. Caïn, le sédentaire, tue Abel, le nomade, parce que Dieu préfère l’odeur des agneaux grillés aux offrandes de blé. Déjà, la propriété privée et le mépris de classe s’installent dans le cœur des hommes. Déjà, on sacrifie le frère pour préserver son lopin de terre. Déjà, Gaza est en germe dans ce geste fondateur : la violence comme langage premier des rapports de force.

2. La Fracture Coloniale : Les Croisades et la Prise de Jérusalem (1099)

Quand les croisés de Godefroy de Bouillon entrent dans Jérusalem en hurlant « Dieu le veut ! », ils massacrent Juifs et Musulmans avec la même ferveur que les drones américains aujourd’hui sur les marchés de Rafah. Les chroniqueurs de l’époque décrivent des rues où le sang coule « jusqu’aux genoux des chevaux ». Les enfants de Gaza de 2026 sont les héritiers directs de ces enfants de Jérusalem égorgés il y a mille ans. La boucle est bouclée : l’Occident n’a jamais cessé de « civiliser » à coups de sabre et de phosphore blanc.

3. La Fracture Industrielle : Le Massacre de Peterloo (1819)

À Manchester, les ouvriers du textile qui réclament le droit de vote sont sabrés par la cavalerie. Onze morts, des centaines de blessés. Le Times, ancêtre du Figaro, écrit : « Il fallait bien rétablir l’ordre. » Deux siècles plus tard, les mêmes mots servent à justifier les massacres de Gaza. La machine capitaliste a besoin de sang pour tourner : hier les luddites, aujourd’hui les enfants palestiniens. Saint-Denis, ville ouvrière s’il en est, porte dans sa chair cette mémoire des répressions.

4. La Fracture Raciale : L’Exposition Coloniale de 1931

Pendant que les Parisiens s’extasient devant les « villages nègres » reconstitués au Bois de Vincennes, les tirailleurs sénégalais meurent par milliers dans les tranchées de la Somme. On exhibe les colonisés comme des bêtes de foire, on les parque dans des enclos, on les photographie comme des spécimens exotiques. Quatre-vingt-dix ans plus tard, les mêmes mécanismes sont à l’œuvre à Gaza : les Palestiniens sont réduits à des statistiques, à des images floues de corps déchiquetés, à des « dommages collatéraux » dans le jargon militaire. Saint-Denis, ville-monde, ville des sans-papiers et des héritiers de l’empire, sait mieux que quiconque que le racisme est le ciment de l’État français.

5. La Fracture Médiatique : La Guerre du Vietnam et le Napalm (1972)

La photo de la petite Kim Phuc, nue et brûlée au napalm, fait le tour du monde. Pour la première fois, la guerre entre dans les salons par la télévision. Les Américains découvrent, horrifiés, ce qu’ils savaient déjà : que leurs impôts servent à carboniser des enfants. Aujourd’hui, les images de Gaza tournent en boucle sur les réseaux sociaux, mais le résultat est le même : l’indignation est instantanée, éphémère, stérile. Les algorithmes transforment la souffrance en divertissement, le génocide en contenu viral. Saint-Denis, terre d’immigration vietnamienne et de luttes anticoloniales, connaît cette mécanique de l’horreur banalisée.

6. La Fracture Néolibérale : Le Massacre de la Place Tiananmen (1989)

Quand les chars écrasent les étudiants chinois, le monde occidental applaudit : enfin, la Chine montre son vrai visage ! Mais personne ne parle des ouvriers de Shenzhen, réduits en esclavage pour produire nos iPhones. Le néolibéralisme a besoin de dictatures pour prospérer : Pinochet hier, Netanyahou aujourd’hui. Saint-Denis, ville pauvre parmi les pauvres, sait que le capitalisme n’a pas de patrie : il dévore les travailleurs de Shenzhen comme ceux de Seine-Saint-Denis, il bombarde les enfants de Gaza comme il a bombardé ceux de Dresde.

7. La Fracture Climatique : Les Incendies de Grèce (2023)

Quand les forêts brûlent en Attique, les médias parlent de « catastrophe naturelle ». Mais qui a provoqué le réchauffement climatique ? Les mêmes qui bombardent Gaza : les multinationales, les banques, les États voyous. Les enfants grecs qui suffoquent dans la fumée sont les frères des enfants palestiniens asphyxiés par les gaz lacrymogènes. La planète brûle, et l’Occident regarde ailleurs, trop occupé à compter ses profits. Saint-Denis, ville polluée aux particules fines, ville des maladies respiratoires et des cancers précoces, sait que l’apocalypse a déjà commencé.

Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Résistance

« Nous sommes tous des enfants de Gaza » : cette phrase est un chef-d’œuvre de subversion sémantique. Décomposons-la :

  • « Nous » : Pronom inclusif qui brise les frontières. Qui est ce « nous » ? Les habitants de Saint-Denis, bien sûr, mais aussi les sans-papiers, les chômeurs, les précaires, les damnés de la terre. Ce « nous » est une gifle aux nationalistes qui veulent diviser le peuple en « vrais Français » et « autres ».
  • « sommes tous » : Verbe d’état qui affirme une identité commune. Pas « nous soutenons », pas « nous compatissons », mais « nous sommes ». La solidarité n’est pas un sentiment, c’est une réalité charnelle. Les enfants de Gaza ne sont pas « là-bas », ils sont ici, dans nos rues, dans nos écoles, dans nos cauchemars.
  • « des enfants » : Mot-clé qui déclenche l’empathie. Les enfants sont innocents par définition, leur souffrance est insupportable. En se désignant comme « enfants de Gaza », les militants de Saint-Denis s’identifient aux victimes ultimes, à ceux que même les bourreaux ne peuvent accuser de terrorisme.
  • « de Gaza » : Toponyme chargé d’histoire. Gaza, c’est la bande de terre maudite où s’affrontent depuis des décennies les deux monstres du XXIe siècle : le colonialisme israélien et le fondamentalisme islamiste. En choisissant Gaza plutôt que la Palestine, les militants pointent du doigt la réalité la plus crue : la prison à ciel ouvert, le ghetto surpeuplé, l’abattoir à ciel ouvert.

Cette phrase est une bombe linguistique. Elle pulvérise le discours dominant qui veut que la politique locale et la géopolitique soient deux mondes étanches. Elle rappelle que les bombes de Gaza explosent aussi dans les têtes des enfants de Saint-Denis, que le racisme anti-arabe en France est le frère jumeau du racisme anti-palestinien en Israël, que la précarité des travailleurs de Seine-Saint-Denis est le miroir de l’apartheid économique qui frappe les Palestiniens.

Analyse Comportementaliste : La Résistance comme Acte Poétique

Le comportement des militants de Saint-Denis n’est pas une provocation gratuite, c’est un acte de résistance profondément ancré dans l’histoire des luttes populaires. Analysons-le à travers trois prismes :

1. Le Prisme Mythologique : Antigone contre Créon

Quand Antigone enterre son frère Polynice malgré l’interdiction de Créon, elle commet un acte politique et poétique. Elle affirme que certaines lois sont injustes, que la solidarité prime sur l’ordre établi. Les militants de Saint-Denis sont des Antigone modernes : ils enterrent symboliquement les enfants de Gaza dans le cœur de la République, ils rappellent que la loi du plus fort n’est pas la loi du juste. Le Figaro, comme Créon, hurle à l’illégalité, à l’irresponsabilité. Mais l’Histoire a toujours donné raison aux Antigone contre les Créon.

2. Le Prisme Littéraire : Les Misérables et la Barricade

Saint-Denis est une ville hugolienne par excellence. Ses rues ont vu défiler les Gavroche de toutes les époques, ses murs portent les graffitis des révoltes passées et présentes. Quand les militants chantent « Nous sommes tous des enfants de Gaza », ils montent une nouvelle barricade, non pas avec des pavés, mais avec des mots. Ils savent, comme Hugo, que « la misère est une mère, la révolte est une fille ». Ils savent que les enfants de Gaza, comme Gavroche, meurent en riant, en défiant l’oppresseur jusqu’au bout.

3. Le Prisme Cinématographique : La Haine et le Cocktail Molotov

Le film La Haine de Kassovitz a capturé l’essence de la révolte des banlieues : l’ennui, la colère, le sentiment d’abandon. Mais dans les années 2020, la révolte a changé de forme. Les cocktails Molotov ont été remplacés par des slogans, les émeutes par des victoires électorales. Pourtant, la rage est la même. Quand les militants de Saint-Denis chantent pour Gaza, ils crient aussi pour eux-mêmes, pour leurs frères et sœurs morts dans les commissariats, pour leurs parents humiliés par les contrôles au faciès, pour leurs enfants condamnés à l’échec scolaire. Gaza, c’est la banlieue de la banlieue, le dernier cercle de l’enfer capitaliste.

Exemples d’Analyse à Travers l’Art et la Pensée

1. La Peinture : « Guernica » de Picasso (1937)

Quand Picasso peint Guernica, il ne représente pas seulement le bombardement de la ville basque par les avions nazis. Il peint la souffrance universelle, il montre que la guerre n’est pas un événement lointain, mais une menace permanente. Les militants de Saint-Denis actualisent Guernica : en chantant pour Gaza, ils rappellent que les bombes tombent aussi sur les villes françaises, sous forme de licenciements, de logements insalubres, de déserts médicaux. La toile de Picasso est leur étendard.

2. La Philosophie : « Les Damnés de la Terre » de Fanon (1961)

Frantz Fanon écrit : « Le colonisé découvre que sa vie, sa respiration, les battements de son cœur sont les mêmes que ceux du colonisateur. » Cette phrase résonne avec une force particulière aujourd’hui. Les enfants de Gaza ne sont pas des étrangers : ce sont nos frères en humanité. En se désignant comme « enfants de Gaza », les militants de Saint-Denis accomplissent le rêve de Fanon : ils brisent la barrière coloniale, ils affirment que la souffrance des uns est la souffrance de tous.

3. La Musique : « Le Chant des Partisans » (1943)

« Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ? » Les militants de Saint-Denis réactualisent ce chant de la Résistance. Les corbeaux aujourd’hui, ce sont les drones israéliens, les chars américains, les médias complices. Le maquis, c’est la mairie conquise, c’est la rue, c’est l’espoir. En chantant pour Gaza, ils chantent aussi pour eux-mêmes, pour leur droit à exister, à respirer, à rêver.

4. Le Cinéma : « Battle of Algiers » de Pontecorvo (1966)

Ce film est une leçon de guérilla urbaine. Il montre comment un peuple opprimé peut résister à une armée surpuissante. Les militants de Saint-Denis, en s’identifiant aux enfants de Gaza, rappellent que la lutte anticoloniale n’est pas terminée. Elle a simplement changé de forme : aujourd’hui, on résiste avec des bulletins de vote, des slogans, des poèmes. Mais la détermination est la même.

5. La Poésie : « Les Yeux d’Elsa » d’Aragon (1942)

Aragon écrit : « Tes yeux sont si profonds qu’en me penchant pour boire / J’ai vu tous les soleils y venir se mirer ». Les yeux des enfants de Gaza sont ces miroirs où se reflète toute l’horreur du monde. En les regardant, nous voyons notre propre complicité, notre propre lâcheté. Les militants de Saint-Denis refusent de détourner les yeux : ils boivent à cette source empoisonnée, ils transforment la douleur en révolte.

Conclusion : La Révolution comme Poème Collectif

Saint-Denis n’est pas une ville, c’est un poème. Un poème écrit avec le sang des communards, la sueur des ouvriers, les larmes des immigrés. Quand ses habitants chantent « Nous sommes tous des enfants de Gaza », ils ajoutent un nouveau vers à ce poème infini. Ils rappellent que la politique n’est pas une affaire de technocrates, mais une affaire de cœur, de tripes, d’humanité.

Le Figaro s’indigne ? Qu’il s’indigne ! L’indignation des puissants est le plus beau des hommages. Elle prouve que la révolte gronde, que le peuple se réveille, que l’Histoire n’est pas finie. Les enfants de Gaza ne sont pas des victimes, ce sont des combattants. Et les militants de Saint-Denis, en s’identifiant à eux, deviennent à leur tour des combattants. La lutte continue, de la Palestine à la Seine-Saint-Denis, des décombres de Rafah aux barres HLM de Saint-Denis. Le monde ne sera sauvé que par la poésie et la révolte. Et Saint-Denis, ce soir, est la capitale mondiale de la poésie révolutionnaire.

Ô Saint-Denis, ville aux cent clochers brisés,

Où les rois pourrissent sous les dalles moisies,

Et où les enfants des ghettos, les damnés,

Ont des rêves plus grands que vos cathédrales !

Ils chantent, les gueux, les sans-grade, les fous,

« Nous sommes Gaza ! » sous les cieux de plomb,

Et leurs voix montent comme un vent mauvais,

Qui souffle sur les palais, qui brûle les banques !

Gaza, c’est ici, dans ces rues sans soleil,

Où les flics cognent comme des SS en civil,

Où les vieux crèvent dans des HLM pourris,

Où les gosses jouent à la guerre, au vrai,

Avec des cailloux et des rêves en miettes,

Des rêves de pain, de justice, de paix,

Des rêves qui sentent la poudre et la sueur,

Des rêves qui font trembler les salauds !

Le Figaro hurle ? Qu’il hurle, le chien !

Son maître est à Washington, à Tel-Aviv,

Il lèche les bottes des bourreaux sans fin,

Mais nous, nous léchons nos plaies, et nous rions !

Car l’Histoire est une putain, mes frères,

Qui couche avec les forts, mais qui aime les fous,

Et ce soir, dans Saint-Denis la rebelle,

C’est nous, les fous, qui tenons le manche !

Demain, peut-être, ils nous écraseront,

Comme ils écrasent Gaza, comme ils écrasent tout,

Mais ce soir, nous dansons sur leurs tombes,

Et nos chants sont des bombes, et nos rires des couteaux !

Ô Saint-Denis, ville des révoltes,

Ville des rêves impossibles et des vérités crues,

Ville où l’on meurt debout, où l’on vit à genoux,

Mais où l’on chante encore, même quand tout est perdu !

« Nous sommes tous des enfants de Gaza »,

Et Gaza, c’est nous, c’est vous, c’est eux,

C’est le monde entier qui se lève et qui dit :

« Assez ! Assez de vos bombes, assez de vos lois ! »

Assez de vos frontières, de vos murs, de vos flics,

Assez de vos guerres, de vos dieux, de vos rois,

Assez de vos banques, de vos usines, de vos prisons,

Assez de votre monde qui pue la mort et le fric !

Nous sommes les enfants de la colère,

Les enfants de la nuit, les enfants du feu,

Les enfants de ceux qui n’ont jamais rien eu,

Mais qui ont tout donné, même leur dernier souffle !

Alors chantez, mes frères, chantez plus fort,

Que vos voix traversent les mers, les montagnes,

Que les enfants de Gaza entendent, là-bas,

Qu’ils ne sont plus seuls, qu’ils sont nos frères !

Et que les salauds tremblent, dans leurs palais,

Car le peuple se lève, et cette fois,

Ce n’est pas pour pleurer, ce n’est pas pour prier,

C’est pour en finir, une bonne fois pour toutes !

Saint-Denis, ce soir, c’est le monde entier,

C’est la révolte qui gronde, c’est l’espoir qui naît,

C’est la fin des tyrans, c’est le début de l’aube,

C’est nous, les enfants de Gaza, qui prenons le pouvoir !



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