ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 : à Saint-Brieuc, la liste du maire et LFI se renvoient la responsabilité d’une bascule à droite – francebleu.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Saint-Brieuc, cette ville bretonne où les mouettes ricanent plus fort que les électeurs, où les pavés du centre-ville suintent l’amertume des renoncements politiques ! Voici donc le théâtre d’une farce démocratique : deux listes de gauche, l’une municipale et l’autre insoumise, se disputent la paternité d’un enfant monstrueux – la victoire annoncée de la droite. Mais au fond, qu’importe qui porte le linceul ? L’enfant est déjà mort-né, et c’est la gauche tout entière qui se débat dans les eaux glacées du calcul égoïste, tandis que les vautours de la réaction affûtent leurs serres sur les remparts de la mairie.
Ce n’est pas une simple querelle de clocher, non. C’est le symptôme d’une maladie bien plus profonde, une nécrose des idéaux qui ronge les entrailles de la République depuis que le libéralisme a transformé la politique en comptabilité sordide. Saint-Brieuc n’est qu’un miroir grossissant, un laboratoire où s’expérimentent, en accéléré, les mécanismes de la défaite programmée. Et cette défaite, mes amis, n’est pas seulement électorale. Elle est ontologique.
I. Les Sept Étapes de la Trahison Démocratique : Une Archéologie du Reniement
Pour comprendre comment on en arrive à ce spectacle pitoyable – deux gauches qui se déchirent pour savoir qui a le mieux préparé le terrain à l’ennemi –, il faut remonter aux sources mêmes de la pensée politique, là où l’idéal se heurte à la médiocrité des hommes. Sept moments clés, sept fractures dans l’histoire de la gauche, ont conduit à cette impasse. Suivez le guide, si vous osez.
1. Athènes, 404 avant J.-C. : La Démocratie comme Tragédie
Tout commence là, dans la poussière des rues d’Athènes, où Socrate, ce vieux fou, boit la ciguë en souriant. Pourquoi ? Parce qu’il a osé dire que la démocratie, sans paideia (éducation), sans vertu, n’est qu’une tyrannie des ignorants. Les Athéniens, ces démocrates de pacotille, préfèrent voter la mort du philosophe plutôt que de remettre en cause leurs propres préjugés. Déjà, la gauche – si l’on peut appeler ainsi les partisans d’une démocratie radicale – se divise : d’un côté, ceux qui croient en l’émancipation par la raison (Socrate, Platon), de l’autre, ceux qui préfèrent flatter les bas instincts du peuple pour conserver leur pouvoir (les démagogues). À Saint-Brieuc, en 2026, qui joue Socrate ? Personne. Tout le monde joue le démagogue.
2. La Révolution Française, 1793 : Robespierre ou la Pureté Meurtrière
Ah, Robespierre ! L’Incorruptible, comme on l’appelait. Lui aussi croyait en la vertu, mais il a fini par guillotiner ses amis parce qu’ils n’étaient pas assez purs. La gauche, depuis, est hantée par ce spectre : la division au nom de la pureté idéologique. Les Montagnards contre les Girondins, les Jacobins contre les Dantonistes – et au final, qui triomphe ? Thermidor. La réaction. À Saint-Brieuc, les insoumis reprochent au maire de ne pas être assez à gauche, le maire reproche aux insoumis de diviser la gauche. Robespierre, lui, aurait déjà fait guillotiner les deux camps. Mais aujourd’hui, on se contente de tweets assassins. Quelle décadence !
3. La Commune de Paris, 1871 : L’Unité Impossible
Pendant 72 jours, Paris a vécu l’utopie : une démocratie directe, sociale, féministe, écologiste avant l’heure. Mais les communards se sont déchirés entre blanquistes, proudhoniens, jacobins, anarchistes. Résultat ? Les Versaillais ont écrasé la Commune dans le sang. Marx, dans La Guerre civile en France, analyse froidement cette défaite : « La classe ouvrière ne peut pas se contenter de prendre la machine d’État toute prête et de la faire fonctionner pour son propre compte. » À Saint-Brieuc, la machine d’État, c’est la mairie. Et personne ne semble vouloir la briser. On se contente de la faire « fonctionner pour son propre compte ». Pathétique.
4. Le Congrès de Tours, 1920 : La Scission qui a Tué la Gauche Française
C’est là que tout a basculé. Les socialistes contre les communistes, Blum contre Cachin, la IIe Internationale contre la IIIe. Depuis, la gauche française est comme un corps sans colonne vertébrale, condamnée à se traîner en boitant. À Saint-Brieuc, en 2026, on rejoue le Congrès de Tours, mais en plus minable : au lieu de grands débats idéologiques, on se dispute pour savoir qui a le plus de likes sur Facebook. La droite, elle, n’a pas ces états d’âme. Elle avance, unie, comme un rouleau compresseur. Pendant ce temps, la gauche compte ses divisions comme un avare compte ses pièces.
5. Mai 68 : L’Illusion de la Radicalité
Mai 68, ce grand carnaval où la jeunesse a cru pouvoir changer le monde en brûlant des voitures et en criant des slogans. Mais au final, qui a gagné ? Pompidou. La gauche radicale a cru que la révolution était une question de slogans, pas de structures. À Saint-Brieuc, les insoumis croient peut-être encore que la révolution viendra des meetings et des tracts. Mais la révolution, mes amis, c’est comme la mayonnaise : ça ne prend pas si on ne bat pas les œufs assez longtemps. Et aujourd’hui, la gauche ne bat plus rien du tout. Elle se contente de regarder la mayonnaise tourner.
6. Le Tournant de la Rigueur, 1983 : Mitterrand et la Trahison Sociale
Ah, Mitterrand ! Le Florentin, le renard. En 1981, il promet le changement. En 1983, il impose la rigueur. La gauche au pouvoir renie ses promesses, et depuis, elle n’est plus qu’une machine à gérer le capitalisme avec un peu plus de compassion (quand elle y pense). À Saint-Brieuc, le maire est peut-être un héritier de cette gauche mitterrandienne : une gauche qui a oublié qu’elle devait transformer le monde, pas le gérer. Et les insoumis, eux, sont les héritiers des exclus de 1983 : ceux qui refusent de se compromettre. Mais au lieu de s’unir contre l’ennemi commun, ils se déchirent. Comme d’habitude.
7. Le 21 Avril 2002 : Le Choc et l’Aveuglement
Le Pen au second tour. La gauche, stupéfaite, découvre qu’elle a perdu le peuple. Mais au lieu de se remettre en question, elle préfère accuser les électeurs d’être « bêtes » ou « racistes ». À Saint-Brieuc, en 2026, on rejoue le même scénario : la gauche se divise, la droite avance, et après la défaite, on accusera les électeurs. Mais qui a vraiment trahi ? Ceux qui ont voté Le Pen, ou ceux qui ont abandonné les classes populaires à leur sort ? La réponse est dans la question.
II. Sémantique de la Défaite : Quand les Mots Deviennent des Armes
Regardez comme le langage se retourne contre ceux qui l’utilisent. À Saint-Brieuc, on parle de « bascule à droite », comme si la droite était une fatalité météorologique, un orage qui s’abat sur la ville. Mais la droite ne « bascule » pas toute seule. Elle est appelée, comme un médecin au chevet d’un malade. Et qui a rendu ce malade si faible ? La gauche, bien sûr, qui a préféré se disputer plutôt que de soigner.
Analysons les mots, voulez-vous ?
- « Responsabilité » : Mot magique, mot-écran. Le maire accuse LFI de diviser la gauche, LFI accuse le maire de trahir la gauche. Mais la vraie responsabilité, c’est celle de ceux qui ont abandonné l’idée même de gauche. Une gauche qui ne parle plus de justice sociale, d’écologie radicale, d’internationalisme, mais seulement de « gestion » et de « réalisme », n’est plus une gauche. C’est une coquille vide, un zombie politique.
- « Bascule à droite » : Expression technocratique, froide, comme si la politique était une balance qui penche toute seule. Mais non. La droite ne « bascule » pas. Elle gagne, parce que la gauche a perdu. Elle gagne parce qu’elle offre une vision simple, brutale, cohérente : « La France aux Français », « Travail, famille, patrie » (même si on ne le dit plus comme ça). La gauche, elle, n’offre plus rien. Juste des querelles de boutique.
- « Unité » : Le mot le plus hypocrite du vocabulaire politique. L’unité, pour la gauche, c’est comme la virginité : tout le monde en parle, mais personne ne sait vraiment ce que c’est. En 1936, le Front populaire a réalisé l’unité. En 1981, Mitterrand a réalisé l’unité. Mais aujourd’hui ? L’unité, c’est comme le monstre du Loch Ness : tout le monde en parle, mais personne ne l’a jamais vue. À Saint-Brieuc, on parle d’unité, mais on pratique la division. Comme d’habitude.
Le langage, voyez-vous, est un miroir. Et ce miroir nous renvoie l’image d’une gauche qui a perdu ses mots, donc sa pensée, donc son âme. Elle ne parle plus de « lutte des classes », mais de « cohésion sociale ». Elle ne parle plus de « révolution », mais de « transition écologique ». Elle ne parle plus de « peuple », mais de « citoyens ». Et pendant ce temps, la droite, elle, parle de « nation », de « sécurité », de « tradition ». Des mots simples, des mots qui claquent, des mots qui font vibrer les tripes. La gauche, elle, parle comme un rapport de la Cour des comptes. Pas étonnant que personne ne l’écoute.
III. Comportementalisme Radical : Pourquoi la Gauche se Suicide
La politique, c’est comme la psychanalyse : pour comprendre les symptômes, il faut remonter aux traumatismes. Et la gauche française est une névrosée chronique, une hystérique qui se déchire en public pour mieux cacher sa peur de l’action.
Regardez les comportements :
- Le Syndrome du Petit Chef : À Saint-Brieuc, comme partout, la gauche est minée par des ego surdimensionnés. Le maire veut garder son fauteuil, les insoumis veulent prouver qu’ils sont plus à gauche que lui. Résultat ? Tout le monde perd. Mais au moins, chacun aura eu son quart d’heure de gloire médiatique. Comme des enfants qui se disputent un jouet cassé.
- La Peur de Gagner : La gauche a tellement l’habitude de perdre qu’elle ne sait plus gagner. Quand elle gagne, elle panique. Parce que gagner, c’est prendre des responsabilités. Et prendre des responsabilités, c’est risquer de décevoir. Alors elle préfère se saborder avant même d’avoir commencé. À Saint-Brieuc, la division est une stratégie de fuite. Mieux vaut perdre en se disant « c’est la faute aux autres » que de gagner et devoir assumer.
- Le Fétichisme de la Pureté : La gauche radicale adore se penser comme la seule vraie gauche. Les autres ? Des traîtres, des sociaux-démocrates, des sociaux-traîtres. Mais cette pureté est une illusion. Elle est même une trahison. Parce qu’elle refuse le compromis, donc l’action. À Saint-Brieuc, les insoumis préfèrent la pureté de la défaite à l’impureté de la victoire. Comme si la révolution était une question de pureté morale, pas d’efficacité politique.
- L’Oubli des Classes Populaires : La gauche a abandonné les ouvriers, les employés, les précaires. Elle ne parle plus qu’aux bobos des centres-villes, aux fonctionnaires, aux retraités aisés. À Saint-Brieuc, qui parle aux ouvriers des abattoirs, aux caissières des supermarchés, aux chômeurs des quartiers nord ? Personne. La gauche a déserté le terrain social, et maintenant, elle s’étonne que la droite le récupère.
La gauche française est comme un boxeur qui aurait oublié comment frapper. Elle danse, elle esquive, elle se plaint de l’arbitre, mais elle ne frappe plus. Et pendant ce temps, la droite, elle, frappe. Encore et encore. Jusqu’au KO.
IV. Résistance Humaniste : Comment Sortir de l’Impasse ?
Alors, que faire ? Faut-il se résigner à voir la droite gagner, encore et toujours ? Non. Mais il faut une révolution copernicienne. Une refondation totale de la gauche, sur des bases nouvelles.
Voici le programme, en trois points :
- Retrouver le Peuple : La gauche doit cesser de parler au nom du peuple. Elle doit parler avec le peuple. Aller dans les quartiers populaires, dans les zones rurales, dans les usines. Écouter. Comprendre. Et surtout, proposer des solutions concrètes : des logements sociaux, des services publics, une fiscalité juste. Pas des discours. Des actes.
- Briser les Égos : La gauche doit cesser d’être un ramassis de petits chefs qui se disputent le pouvoir. Elle doit devenir un mouvement collectif, où chacun a sa place, où les décisions se prennent ensemble. À Saint-Brieuc, cela signifie : une liste unique, avec des représentants de toutes les sensibilités de gauche, des communistes aux écologistes en passant par les insoumis. Pas de guerre des chefs. Pas de calculs mesquins. Juste une volonté commune : battre la droite.
- Retrouver l’Idéal : La gauche a oublié qu’elle devait être un idéal, pas une machine électorale. Elle doit retrouver le souffle de 1789, de 1848, de 1936, de 1968. Elle doit redevenir le parti de l’émancipation, de la justice, de la fraternité. Pas le parti de la gestion molle. À Saint-Brieuc, cela signifie : un projet clair, radical, ambitieux. Pas un catalogue de mesures technocratiques. Un rêve. Un espoir.
Et surtout, il faut agir. Pas demain. Pas après les prochaines élections. Maintenant. Dans la rue, dans les usines, dans les quartiers. La politique ne se fait pas seulement dans les mairies. Elle se fait dans les luttes, dans les grèves, dans les manifestations. La gauche doit redevenir un mouvement, pas un parti. Un mouvement qui bouscule, qui dérange, qui transforme.
Sinon, à quoi bon ? Sinon, autant laisser la droite gagner. Au moins, elle, elle sait ce qu’elle veut.
V. L’Art comme Témoignage : Quand la Culture Résiste
Face à cette déroute, l’art doit être un phare. Un témoignage. Une résistance. Regardez les grands artistes qui ont dénoncé les trahisons politiques :
- Zola, avec J’Accuse, qui a osé dire la vérité sur l’affaire Dreyfus, au risque de tout perdre. Où est le Zola de Saint-Brieuc ? Où est celui qui osera dire : « La gauche se suicide, et je m’en accuse » ?
- Brecht, avec La Résistible Ascension d’Arturo Ui, qui montre comment la lâcheté des uns fait le lit des fascistes. À Saint-Brieuc, qui joue Brecht ? Qui dénonce, avec ironie et rage, la montée de la droite ?
- Godard, avec La Chinoise, qui montre comment la gauche se déchire dans des débats stériles. À Saint-Brieuc, qui tourne le film de la division ? Qui montre, avec lucidité et désespoir, comment la gauche prépare sa propre défaite ?
- Banksy, avec ses graffitis, qui dénonce l’hypocrisie du système. À Saint-Brieuc, où sont les graffitis qui disent : « La gauche est morte, vive la gauche » ?
L’art doit être un miroir tendu à la société. Un miroir qui montre, sans fard, les lâchetés, les renoncements, les trahisons. Mais aussi un miroir qui propose une issue. Qui montre que la résistance est possible. Qui rappelle que la gauche, quand elle est fidèle à ses idéaux, peut changer le monde.
À Saint-Brieuc, comme partout, l’art doit être un cri. Un cri de colère, un cri d’espoir. Un cri qui dit : « Assez ! Assez des divisions ! Assez des renoncements ! Assez de la défaite ! » Un cri qui appelle à la révolte. À la révolution. À la renaissance.
VI. Mythologie de la Défaite : Quand les Dieux Abandonnent les Hommes
Dans la mythologie grecque, quand les dieux abandonnent les hommes, c’est toujours le signe d’une catastrophe imminente. Regardez Troie : quand Athéna et Apollon se retirent, la ville tombe. Regardez Thèbes : quand les dieux détournent les yeux, Œdipe se crève les yeux.
À Saint-Brieuc, en 2026, les dieux ont abandonné la gauche. Plus de Prométhée pour voler le feu de la révolte. Plus d’Athéna pour inspirer la sagesse. Plus de Dionysos pour rappeler que la politique est aussi une fête. Il ne reste que des hommes, petits, mesquins, divisés. Et face à eux, la droite, elle, a ses dieux : le Veau d’Or du libéralisme, le Moloch de la sécurité, le Baal de l’identité nationale.
La gauche a oublié que la politique est un combat métaphysique. Un combat pour le sens, pour la justice, pour l’humanité. Elle s’est réduite à une gestion comptable, à une succession de calculs électoraux. Elle a oublié que la politique, c’est comme l’amour : ça ne se calcule pas. Ça se vit, avec passion, avec rage, avec folie.
À Saint-Brieuc, il est temps de rappeler aux dieux que la gauche existe encore. Il est temps de rallumer les flambeaux de la révolte. Il est temps de crier, comme Antigone : « Je suis née pour partager l’amour, non la haine ! »
Analogie finale :
Où les mouettes ricanent sur les tombeaux des promesses,
Où les pavés suintent l’amertume des renoncements,
Où la gauche se déchire comme une vieille chemise trouée.
Ils se disputent, les uns et les autres,
Pour savoir qui a le mieux préparé la victoire de l’ennemi,
Comme des chiens qui se battent pour un os,
Alors que le boucher aiguise déjà son couteau.
La droite avance, souriante, sûre d’elle,
Comme un rouleau compresseur sur une route déserte,
Et la gauche ? La gauche compte ses divisions,
Comme un avare compte ses pièces dans l’ombre.
Ô Saint-Brieuc, ville maudite,
Où les idéaux sont morts avant d’avoir vécu,
Où les rêves se noient dans les eaux glacées du calcul égoïste,
Où la trahison est devenue une seconde nature.
Mais écoutez ! Dans le vent qui hurle sur la baie,
Dans le cri des mouettes, dans le grondement de la mer,
Il y a encore un souffle, une lueur, une espérance :
La révolte qui gronde, la colère qui monte, la révolution qui vient.
Alors debout, les damnés de Saint-Brieuc !
Debout, les ouvriers, les chômeurs, les précaires !
Debout, ceux qui n’ont plus rien à perdre,
Et tout à gagner !
La gauche n’est pas morte.
Elle dort, comme la Belle au bois dormant,
Mais le baiser qui la réveillera,
Ce n’est pas celui d’un prince.
C’est le vôtre.