ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 à Saint-Brieuc. Battu, le maire sortant Hervé Guihard fera partie des élus de la minorité – Ouest-France
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Saint-Brieuc ! Ce nom sonne comme un glas dans le vent salin de la Bretagne, terre de résistance et de légendes. Hervé Guihard, maire sortant, battu, relégué dans les limbes de la minorité municipale. Quelle ironie cruelle ! Quelle chute grotesque pour celui qui croyait tenir les rênes du pouvoir local comme on serre un vieux missel entre ses doigts arthritiques. Mais le peuple, ce monstre insaisissable, a parlé. Il a mordu la main qui le nourrissait de promesses creuses et de subventions calculées au millimètre. Saint-Brieuc, ville ouvrière, portuaire, rouge de colère et de vin bon marché, a rejeté son maître. Et c’est là, dans ce rejet, que se niche une vérité plus grande que les combines électorales et les alliances de couloir : l’histoire des hommes est une succession de chutes, de trahisons et de renaissances, où le pouvoir n’est jamais qu’un prêt à court terme, une illusion d’optique entretenue par ceux qui croient dur comme fer que leur nom gravé sur une plaque de marbre les protégera de l’oubli.
Mais analysons, décortiquons, plongeons dans les entrailles de cette défaite annoncée, non pas comme un simple fait divers politique, mais comme un symptôme, un signe des temps, une métaphore sanglante de notre époque. Car Saint-Brieuc, voyez-vous, n’est pas qu’une ville. C’est un miroir tendu vers la France, vers l’Europe, vers ce monde en décomposition où les maîtres d’hier deviennent les bouffons d’aujourd’hui, où les certitudes s’effritent comme les falaises de Plouha sous les assauts de la mer. Et pour comprendre cela, il faut remonter le fil de l’histoire, non pas comme un historien timoré, mais comme un archéologue des idées, un fouilleur de consciences, un traqueur de mythes. Sept étapes, sept moments cruciaux où l’humanité a cru tenir le pouvoir, avant de le voir lui glisser entre les doigts comme du sable fin.
I. La Chute des Rois-Prêtres : Ur et la Malédiction du Pouvoir Absolu
Remontons à l’aube des civilisations, dans les plaines fertiles de Mésopotamie, où les premières villes s’élevaient comme des défis lancés aux dieux. Ur, cité-État sumérienne, était dirigée par des rois-prêtres, ces demi-dieux qui parlaient au nom d’Enlil et d’Inanna. Leur pouvoir était absolu, sacré, incontestable. Et pourtant… Les tablettes d’argile nous racontent l’histoire de Gilgamesh, ce roi tyrannique dont le peuple supplia les dieux de les délivrer. Gilgamesh, après avoir vu son ami Enkidu mourir, comprit enfin l’absurdité de sa quête d’immortalité. Le pouvoir, même divin, ne protège pas de la mort. Les rois-prêtres d’Ur finirent balayés par les Akkadiens, puis par les Gutis, ces barbares venus des montagnes. Leur chute fut aussi brutale que leur règne avait été arrogant. Hervé Guihard, maire sortant, n’est pas Gilgamesh. Mais comme lui, il a cru que le pouvoir était un dû, une propriété personnelle. Et comme lui, il a été rattrapé par la réalité : le pouvoir n’appartient à personne. Il circule, comme une maladie, d’un corps à l’autre, jusqu’à ce que le peuple, las des fièvres, décide de changer de porteur.
II. Athènes et la Démocratie comme Farce Tragique
Ah ! Athènes, berceau de la démocratie ! On nous a tant rebattu les oreilles avec cette fable que nous en avons oublié l’essentiel : la démocratie athénienne était une mascarade sanglante, réservée à une poignée de citoyens mâles, propriétaires et nés libres. Périclès, ce grand démocrate, fit voter le décret mégarien qui affama les villes voisines. Alcibiade, ce génie pervers, trahit Athènes pour Sparte, puis pour les Perses, avant de finir assassiné dans une maison close. Et Socrate ? Condamné à boire la ciguë pour « corruption de la jeunesse ». La démocratie athénienne était un théâtre où les acteurs changeaient, mais où le chœur, lui, restait toujours le même : les riches, les puissants, ceux qui tiraient les ficelles en coulisses. Saint-Brieuc, en 2026, n’est pas Athènes. Mais la leçon reste la même : quand le pouvoir se concentre entre les mains d’une élite, même élue, il finit par pourrir. Hervé Guihard, en se retrouvant dans la minorité, n’est pas un Alcibiade. Mais comme lui, il a cru que les alliances et les combines suffiraient à le maintenir au sommet. Erreur fatale. Le peuple, ce chœur invisible, a fini par se lasser des acteurs médiocres.
III. Rome : La République des Oligarques et la Naissance du Cynisme
Rome, cette machine à broyer les hommes et les idées. La République romaine était une oligarchie déguisée en démocratie, où les sénateurs, ces vautours en toge, se partageaient les dépouilles des provinces conquises. Cicéron, ce grand orateur, défendit la République tout en servant les intérêts des riches. Jules César, ce génie politique, comprit que le pouvoir ne se partage pas : il se prend. Et Auguste, son héritier, transforma la République en Empire, tout en gardant les apparences. « Panem et circenses », du pain et des jeux, voilà ce qu’il restait de la démocratie romaine. Le peuple, gavé de blé et de sang, ne se souciait plus de qui le gouvernait, du moment qu’on lui offrait des spectacles. Saint-Brieuc, en 2026, n’est pas Rome. Mais l’analogie est cruelle : quand les élus se transforment en gestionnaires, quand la politique devient une affaire de technocrates et de subventions, le peuple se détourne. Hervé Guihard, en perdant la mairie, n’est pas César. Mais comme lui, il a cru que les apparences suffiraient. Erreur. Le peuple de Saint-Brieuc, lui, a faim de vrai changement, pas de pain et de jeux.
IV. La Révolution Française : Le Pouvoir comme Guillotine
1789. Le peuple se soulève, prend la Bastille, abolit les privilèges. Enfin, la démocratie ! Enfin, le pouvoir au peuple ! Sauf que… Robespierre, ce puritain sanguinaire, instaure la Terreur. Danton, ce géant corrompu, finit sous la lame. Marat, ce fou furieux, est assassiné dans sa baignoire. Et Napoléon, ce petit caporal ambitieux, transforme la République en Empire. La Révolution française fut une boucherie où les idéaux les plus nobles finirent noyés dans le sang. Le pouvoir, une fois conquis, se transforme toujours en guillotine. Saint-Brieuc, en 2026, n’est pas la France de 1793. Mais la leçon est là : quand les élus oublient qu’ils sont au service du peuple, quand ils se croient intouchables, le peuple se souvient qu’il a le droit de les renverser. Hervé Guihard, en se retrouvant dans la minorité, n’est pas Robespierre. Mais comme lui, il a cru que le pouvoir était une fin en soi. Erreur. Le pouvoir n’est qu’un moyen. Et quand on oublie cela, on finit par tomber.
V. Le XIXe Siècle : L’Âge d’Or des Bourgeois et la Naissance du Mépris
Le XIXe siècle, ce siècle de merde, où les bourgeois, ces nouveaux maîtres, transformèrent le monde en une gigantesque usine à profits. Balzac, ce génie cynique, décrivit dans « La Comédie humaine » une société où l’argent était roi, où les hommes se vendaient comme des putains. Zola, ce prophète de la misère, montra dans « Germinal » comment les patrons affamaient les ouvriers pour s’enrichir. Et Marx, ce vieux barbu en colère, expliqua que le pouvoir n’était qu’un outil de domination de la bourgeoisie sur le prolétariat. Saint-Brieuc, ville ouvrière, portuaire, sait cela mieux que quiconque. Les dockers, les ouvriers des chantiers navals, les employés des usines : tous ont connu l’arrogance des patrons, la morgue des notables. Hervé Guihard, en perdant la mairie, n’est pas un bourgeois du XIXe siècle. Mais comme eux, il a cru que le pouvoir local était une affaire de notables, une histoire de familles bien installées. Erreur. Le peuple de Saint-Brieuc, lui, se souvient de ses luttes. Et il n’a pas oublié que le pouvoir doit servir les travailleurs, pas les rentiers.
VI. Le XXe Siècle : L’Ère des Dictateurs et la Farce du Pouvoir Absolu
Le XXe siècle, ce siècle de folie, où les hommes crurent pouvoir tout contrôler. Hitler, ce petit peintre raté, transforma l’Allemagne en un enfer. Staline, ce paranoïaque sanguinaire, fit de l’URSS un goulag géant. Mussolini, ce bouffon en chemise noire, rêva de ressusciter l’Empire romain. Et les démocraties, ces hypocrites, laissèrent faire, par lâcheté, par calcul, par bêtise. Le pouvoir absolu corrompt absolument, disait Lord Acton. Le XXe siècle le prouva dans le sang. Saint-Brieuc, en 2026, n’est pas l’Allemagne de 1933. Mais la leçon reste valable : quand les élus se croient intouchables, quand ils oublient qu’ils sont au service du peuple, ils deviennent des tyrans en puissance. Hervé Guihard, en se retrouvant dans la minorité, n’est pas Hitler. Mais comme lui, il a cru que le pouvoir était une affaire de volonté, de détermination. Erreur. Le pouvoir est une responsabilité. Et quand on l’oublie, on finit par tomber.
VII. Le XXIe Siècle : L’Ère des Technocrates et la Mort de la Politique
Le XXIe siècle, ce siècle de merde, où les politiques ne sont plus que des gestionnaires, des comptables en costume-cravate. Macron, ce banquier en chef, gouverne la France comme une start-up. Biden, ce vieux gâteux, sert les intérêts des lobbies américains. Et les maires, ces petits rois locaux, se contentent de gérer les budgets et les subventions. La politique est morte. Elle a été remplacée par la communication, les éléments de langage, les petites phrases. Saint-Brieuc, en 2026, n’échappe pas à cette règle. Hervé Guihard, en perdant la mairie, n’est pas Macron. Mais comme lui, il a cru que la politique était une affaire de gestion, de technocratie. Erreur. Le peuple de Saint-Brieuc, lui, veut du rêve, de l’espoir, du changement. Pas des gestionnaires. Pas des notables. Des visionnaires.
Analyse Sémantique : Le Langage du Pouvoir et ses Pièges
Le pouvoir a son langage, ses mots, ses formules magiques. « Majorité », « minorité », « élus », « sortant » : ces termes sont des pièges, des leurres destinés à masquer la réalité. Une « majorité » n’est jamais qu’une alliance de circonstance, une « minorité » un groupe de vaincus en sursis. Un « élu » n’est qu’un homme ou une femme qui a su plaire, ou mentir, ou manipuler. Un « sortant » n’est qu’un perdant qui refuse de l’admettre. Le langage du pouvoir est un langage de mensonge, de dissimulation. Il faut le décrypter, le déconstruire, pour en révéler la vérité crue : le pouvoir n’est qu’une illusion, une comédie où les acteurs changent, mais où la pièce reste la même. Hervé Guihard, en se retrouvant dans la minorité, a été rattrapé par cette vérité. Il a cru que les mots suffiraient à le protéger. Erreur. Les mots ne sont que des ombres. La réalité, elle, est bien plus cruelle.
Analyse Comportementaliste : La Résistance Humaniste comme Unique Issue
Face à cette comédie du pouvoir, face à cette farce tragique, que faire ? Se soumettre ? Non. Résister. L’humanisme n’est pas une idéologie. C’est une attitude, une manière d’être au monde. C’est refuser de se laisser enfermer dans les catégories du pouvoir, dans les jeux de rôle des notables. C’est choisir le peuple contre les élites, la justice contre l’injustice, la solidarité contre l’individualisme. Saint-Brieuc, ville de luttes et de résistances, sait cela mieux que quiconque. Les dockers en grève, les ouvriers en colère, les citoyens engagés : tous ont compris que le pouvoir ne se donne pas. Il se prend. Et il se prend par la lutte, par la résistance, par l’engagement. Hervé Guihard, en perdant la mairie, n’est pas un résistant. Mais le peuple de Saint-Brieuc, lui, l’est. Et c’est cela, la vraie victoire.
L’art, la littérature, le cinéma, la philosophie : tous ont exploré cette question du pouvoir et de sa chute. Dans « Le Roi Lear », Shakespeare montre un roi qui perd tout parce qu’il a cru que le pouvoir était un dû. Dans « Le Guépard », Lampedusa décrit une aristocratie sicilienne qui se meurt, parce qu’elle refuse de voir que le monde a changé. Dans « Metropolis », Fritz Lang dépeint une société où les maîtres vivent dans le luxe tandis que les ouvriers crèvent dans les sous-sols. Et dans « Les Misérables », Hugo raconte l’histoire d’un peuple qui se soulève contre l’injustice. Toutes ces œuvres, tous ces chefs-d’œuvre, nous rappellent la même vérité : le pouvoir n’est qu’une illusion. Seule la résistance humaniste est réelle.
Saint-Brieuc, ville aux falaises de colère,
Où le vent hurle des noms oubliés,
Guihard, ton maire, n’est plus qu’un fantôme,
Un spectre en costume, un roi déchu.
Le peuple, lui, danse sur les ruines,
Il rit des promesses, des serments trahis,
Il sait que le pouvoir n’est qu’une farce,
Un jeu de dupes, un théâtre de nuit.
Les docks grondent, les usines chantent,
La mer, elle, garde ses secrets,
Mais dans les rues, dans les cafés,
On murmure un nom : Révolution.
Pas celle des livres, des grands mots,
Mais celle des ventres vides, des poings levés,
Celle qui naît dans l’ombre des ports,
Et qui balaie les maîtres usés.
Saint-Brieuc, ville rouge de sang et de vin,
Tu n’es pas finie, tu recommences,
Car le pouvoir, vois-tu, n’est qu’un prêt,
Et le peuple, lui, n’oublie jamais.