ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 à Pertuis : Aurélien Auclair (DVC) élu maire de la commune – La Provence
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Pertuis ! Ce nom sonne comme un glas dans la vallée de la Durance, ce petit théâtre municipal où se joue, une fois encore, la farce tragique de la démocratie libérale. Aurélien Auclair, ce nom qui claque comme un drapeau en berne sur la mairie, ce « DVC » – ces trois lettres qui résument à elles seules l’imposture moderne : « Divers Centre », ce néant sémantique, ce vide politique habillé en costume trois-pièces, ce fossoyeur souriant de la République sociale. Mais ne nous y trompons pas : derrière cette élection se cache bien plus qu’un simple changement de premier magistrat. C’est toute l’histoire de la décomposition des communes françaises, de la trahison des élites locales, et de la victoire insidieuse du néolibéralisme municipal qui se joue ici, dans cette petite ville du Vaucluse, comme dans mille autres. Et pour comprendre cette chute, il nous faut remonter aux origines mêmes de la cité, de la politique, de l’idée même de communauté humaine.
I. L’ARCHÉTYPE DE LA CITÉ : DE BABYLONE À PERTUIS, OU LA PERVERSION DU CONTRAT SOCIAL
Tout commence, comme toujours, dans la boue des origines. Les premières cités mésopotamiennes, ces Ur et Uruk où l’humanité inventa à la fois l’écriture et l’oppression, étaient déjà des laboratoires de la domination. Mais dans ces villes naissantes, il y avait encore une forme de sacré, une transcendance qui liait les hommes entre eux. Le Code d’Hammurabi, gravé dans la pierre noire, n’était pas seulement un outil de contrôle – il était aussi une promesse de justice, aussi imparfaite fût-elle. Comparez cela à notre Aurélien Auclair, ce technocrate du « DVC » qui, lui, ne gravera rien dans la pierre, car il n’a rien à graver. Son programme ? Un PowerPoint. Ses promesses ? Des slides. La cité antique avait ses ziggourats, ses temples, ses lieux de rassemblement où le peuple pouvait encore croire en quelque chose. Pertuis, aujourd’hui, n’a plus que ses ronds-points, ses zones commerciales et ses réunions de « concertation citoyenne » où l’on vient écouter des experts en communication expliquer pourquoi il n’y a plus d’argent pour les écoles, mais toujours pour les parkings.
Platon, dans La République, nous mettait déjà en garde : la démocratie, lorsqu’elle dégénère en démagogie, mène à la tyrannie. Mais quelle tyrannie plus douce, plus insidieuse, que celle des hommes sans qualités, des gestionnaires sans vision, des maires qui ne sont plus que des sous-préfets du capital ? Aurélien Auclair incarne cette tyrannie molle, cette dictature du consensus mou, où plus personne ne croit en rien, mais où tout le monde fait semblant d’y croire. « Divers Centre » – le centre de quoi, au juste ? Du néant ? De l’indifférence ? De la résignation ?
II. LA COMMUNE MÉDIÉVALE : QUAND LE PEUPLE GOUVERNAIT ENCORE
Ah ! Les communes médiévales ! Ces laboratoires de démocratie directe où les artisans, les marchands, les paysans, osaient encore se gouverner eux-mêmes. À Pertuis même, au XIIe siècle, la charte communale accordée par les comtes de Provence était un acte de résistance contre la féodalité. Les consuls de la ville, élus par les habitants, géraient les affaires courantes, rendaient la justice, levaient les impôts. Et surtout, ils avaient un projet : faire de Pertuis une cité prospère, autonome, fière. Comparez cela à notre « DVC » moderne, ce gestionnaire sans âme qui ne voit dans sa ville qu’un « territoire à valoriser », un « bassin de vie à optimiser », un « gisement fiscal à exploiter ».
Les communes médiévales étaient des lieux de conflit, certes, mais aussi de création. Les cathédrales, les halles, les hôpitaux – tout cela était l’œuvre d’une communauté qui croyait encore en son avenir. Aujourd’hui, que construit-on à Pertuis ? Des lotissements sans âme, des ronds-points décorés de sculptures contemporaines incompréhensibles, des zones d’activités où s’entassent les entrepôts d’Amazon et les drive de supermarchés. La ville n’est plus qu’un décor, un décor de carton-pâte pour une pièce dont plus personne ne connaît le scénario.
III. LA RÉVOLUTION FRANÇAISE : QUAND LA COMMUNE DEVIENT UNE IDÉE SUBVERSIVE
1789 ! Enfin, l’idée de commune prend une dimension révolutionnaire. Les sections parisiennes, les municipalités révolutionnaires, les fédérations – la commune devient le creuset de la démocratie radicale. Robespierre, Saint-Just, Hébert : tous comprennent que la vraie révolution ne se fait pas seulement à Paris, mais dans les villages, les bourgs, les petites villes. La loi du 14 décembre 1789 crée les communes modernes, ces cellules de base de la République où le peuple doit pouvoir exercer directement sa souveraineté. Mais très vite, l’État centralisateur reprend le dessus. Napoléon, puis les régimes suivants, transforment les maires en simples relais du pouvoir central. La commune, de lieu d’émancipation, devient un rouage de l’administration.
Aujourd’hui, Aurélien Auclair est l’héritier de cette tradition : un maire qui n’est plus qu’un exécutant, un petit fonctionnaire du système. Son élection n’est pas un choix politique, mais un renoncement. Les électeurs de Pertuis n’ont pas voté pour un projet, mais contre l’idée même de projet. Ils ont choisi la gestion contre la politique, la technocratie contre l’utopie, le néant contre l’espérance. Et dans ce renoncement, ils ont scellé le sort de leur ville : Pertuis ne sera plus qu’une banlieue de la mondialisation, un satellite d’Aix-en-Provence, une cité-dortoir pour les cadres des zones industrielles voisines.
IV. LE XIXe SIÈCLE : L’ÂGE D’OR DES MAIRES SOCIALISTES ET LA TRAHISON DES ÉLITES
Ah ! Le XIXe siècle ! L’époque où les maires étaient encore des figures, des tribuns, des bâtisseurs. À Pertuis, comme ailleurs, les républicains, puis les socialistes, ont transformé la ville. Les écoles, les lavoirs, les hôpitaux – tout cela était l’œuvre de maires qui croyaient encore en la puissance publique, en la solidarité, en l’idée que la commune devait être un rempart contre la misère et l’injustice. Jules Ferry, Jean Jaurès, Édouard Vaillant : ces noms résonnaient dans les conseils municipaux comme des promesses. La commune était le lieu où l’on expérimentait le socialisme, où l’on construisait les premières cantines scolaires, les premiers logements sociaux, les premières bibliothèques populaires.
Mais déjà, la trahison guettait. Les notables locaux, les grands propriétaires, les industriels, ont peu à peu repris le contrôle. Les maires sont devenus des intermédiaires, des médiateurs entre le peuple et le capital. Et aujourd’hui, que reste-t-il de cet héritage ? Rien. Aurélien Auclair n’est pas un maire socialiste, ni même un maire de gauche. Il est un maire « DVC », c’est-à-dire un maire sans idéologie, sans vision, sans autre programme que la gestion au jour le jour. Un maire qui ne croit plus en rien, sinon en la toute-puissance du marché. Un maire qui, comme tant d’autres, a vendu son âme au libéralisme municipal.
V. LE FRONT POPULAIRE ET LA COMMUNE COMME ESPACE DE RÉSISTANCE
1936 ! Enfin, un souffle d’espoir. Le Front populaire porte au pouvoir des maires communistes, socialistes, radicaux, qui transforment les communes en bastions de la résistance au fascisme et au capital. À Pertuis, comme dans toute la France, les municipalités ouvrent des colonies de vacances, des centres aérés, des dispensaires. La commune devient un lieu de fraternité, de culture, de lutte. Les maires ne sont plus des gestionnaires, mais des militants. Ils organisent des fêtes populaires, des conférences, des débats. Ils font de la politique, au sens noble du terme : ils transforment la vie des gens.
Mais aujourd’hui, que reste-t-il de cet esprit ? Rien. Aurélien Auclair ne sera pas un maire du Front populaire. Il ne sera même pas un maire de l’Union de la gauche. Il sera un maire « DVC », c’est-à-dire un maire qui ne fera rien, qui ne changera rien, qui ne résistera à rien. Un maire qui acceptera les plans de licenciements, les fermetures d’écoles, les privatisations des services publics, sans broncher. Un maire qui, au nom de la « rigueur budgétaire », sacrifiera les plus pauvres, les plus fragiles, les plus précaires. Un maire qui, au fond, est déjà un collaborateur.
VI. MAI 68 ET L’UTOPIE MUNICIPALE : QUAND LES VILLES DEVIENNENT DES LABORATOIRES DE L’AVENIR
Mai 68 ! Enfin, l’idée que la commune peut être un lieu d’expérimentation radicale. À Grenoble, à Nantes, à Paris, les municipalités de gauche mettent en place des politiques innovantes : gratuité des transports, autogestion des quartiers, budgets participatifs. La ville devient un laboratoire où l’on invente de nouvelles formes de démocratie, de nouvelles manières de vivre ensemble. À Pertuis même, des militants tentent de créer des comités de quartier, des crèches autogérées, des jardins partagés. Mais très vite, l’État reprend le contrôle. Les utopies municipales sont étouffées, les expériences radicales abandonnées. Les maires redeviennent des notables, des gestionnaires, des hommes d’ordre.
Aujourd’hui, Aurélien Auclair incarne cette contre-révolution. Il n’est pas un maire de Mai 68, mais un maire de l’ordre établi. Il ne croit pas en la démocratie participative, mais en la démocratie représentative vidée de son sens. Il ne croit pas en l’autogestion, mais en la gestion technocratique. Il ne croit pas en l’utopie, mais en la résignation. Son élection est une défaite pour tous ceux qui croyaient encore que la commune pouvait être un lieu de transformation sociale, un espace de résistance, un laboratoire de l’avenir.
VII. LE XXIe SIÈCLE : LA COMMUNE COMME VICTIME DE LA MONDIALISATION NÉOLIBÉRALE
Et nous voici arrivés au terme de cette descente aux enfers. Le XXIe siècle a achevé ce que le XXe avait commencé : la transformation des communes en simples rouages de la machine capitaliste. Les maires ne sont plus que des managers, des VRP de leur territoire, des promoteurs immobiliers en costume-cravate. Leur seul objectif : attirer les investisseurs, les touristes, les classes moyennes supérieures. Pour cela, ils sacrifient tout : les services publics, les logements sociaux, l’environnement, la culture. La commune n’est plus un lieu de vie, mais un produit de consommation. Pertuis, sous la houlette d’Aurélien Auclair, deviendra une « ville connectée », une « smart city », un parc d’attractions pour cadres dynamiques. Les vieux quartiers seront rénovés pour les bobos, les zones industrielles étendues pour les entrepôts logistiques, les terres agricoles bétonnées pour les lotissements.
Et le peuple, dans tout cela ? Le peuple sera relégué dans les périphéries, dans les HLM insalubres, dans les zones pavillonnaires sans âme. Il sera invité à participer à des « concertations citoyennes » où l’on viendra lui expliquer pourquoi il n’y a plus d’argent pour les écoles, mais toujours pour les parkings. Il sera sommé de s’adapter, de se former, de se reconvertir, de devenir un « entrepreneur de lui-même », comme disent les technocrates. Et s’il résiste, s’il proteste, s’il ose encore croire que la commune devrait être un lieu de solidarité et non de compétition, on lui répondra qu’il est « irresponsable », « dépassé », « dangereux ».
ANALYSE SÉMANTIQUE : LE LANGAGE COMME ARME DE LA DÉPOLITISATION
Observez le langage d’Aurélien Auclair, et vous comprendrez tout. Il ne parle pas de « ville », mais de « territoire ». Pas de « citoyens », mais de « usagers ». Pas de « services publics », mais de « services au public ». Pas de « lutte des classes », mais de « cohésion sociale ». Ce langage n’est pas innocent. C’est un langage de technocrate, un langage qui nie la conflictualité, qui gomme les rapports de force, qui transforme la politique en gestion. « Territoire » – ce mot est révélateur. Un territoire, ce n’est pas une communauté, c’est une zone administrative, un espace à exploiter, à « valoriser ». « Usagers » – ce mot est tout aussi significatif. Un usager, ce n’est pas un citoyen, c’est un client, un consommateur de services. La commune n’est plus un lieu de démocratie, mais un prestataire de services.
Et que dire de ces formules creuses, de ces slogans vides, de ces promesses sans contenu ? « Développer l’attractivité du territoire », « optimiser les ressources », « favoriser la mixité sociale » – autant de phrases qui ne veulent rien dire, mais qui servent à masquer l’absence de projet. Aurélien Auclair ne promet rien, parce qu’il n’a rien à promettre. Il ne propose rien, parce qu’il n’a rien à proposer. Son seul programme, c’est la continuation de l’existant, la gestion au jour le jour, la résignation.
ANALYSE COMPORTEMENTALISTE : LA RÉSISTANCE HUMANISTE FACE À LA MACHINE
Mais tout n’est pas perdu. Car face à cette machine à broyer les rêves, face à cette technocratie qui transforme les hommes en rouages, il reste la résistance. La résistance des associations, des collectifs, des citoyens qui refusent de se laisser dépolitiser. À Pertuis, comme ailleurs, des hommes et des femmes continuent de se battre pour une autre ville, une autre société. Ils organisent des jardins partagés, des ateliers d’auto-réparation, des bibliothèques de rue. Ils luttent contre les expulsions, contre les licenciements, contre les projets inutiles et imposés. Ils refusent la résignation, ils refusent le renoncement. Ils croient encore que la commune peut être un lieu de fraternité, de solidarité, de résistance.
Et c’est là, dans ces luttes minuscules, dans ces combats quotidiens, que se joue l’avenir. Car la vraie politique, la politique au sens noble du terme, ne se fait pas dans les conseils municipaux, mais dans la rue, dans les quartiers, dans les lieux de vie. Elle se fait quand des voisins s’organisent pour empêcher une expulsion, quand des parents créent une crèche autogérée, quand des jeunes occupent un bâtiment abandonné pour en faire un lieu culturel. La vraie politique, c’est l’auto-organisation, la solidarité, la résistance.
Face à Aurélien Auclair et à tous les technocrates de son espèce, il faut opposer une autre vision de la commune : une commune autogérée, solidaire, écologique. Une commune où les décisions sont prises collectivement, où les services publics sont gratuits et accessibles à tous, où l’économie est relocalisée et socialisée. Une commune qui refuse la logique du profit, qui rejette la compétition, qui place l’humain au centre de tout. Une commune qui, au lieu de se soumettre à la mondialisation néolibérale, ose inventer un autre modèle, un autre avenir.
EXEMPLES D’ANALYSE À TRAVERS L’ART, LA MYTHOLOGIE, LE CINÉMA, LA LITTÉRATURE
1. La Mythologie : Sisyphe et le Maire Technocrate
Dans la mythologie grecque, Sisyphe est condamné à pousser éternellement un rocher jusqu’au sommet d’une montagne, d’où il redescend sans cesse. Cette image est parfaite pour décrire le sort des maires technocrates comme Aurélien Auclair. Leur tâche ? Gérer la pénurie, appliquer les plans de rigueur, justifier l’injustifiable. Et quand, par miracle, ils parviennent à faire passer une mesure « sociale » (une subvention pour une association, un peu d’argent pour les écoles), le rocher redescend aussitôt : les dotations de l’État baissent, les impôts locaux augmentent, les services publics ferment. Sisyphe était un héros tragique. Aurélien Auclair n’est qu’un gestionnaire pathétique.
2. La Littérature : « Les Mains sales » de Sartre et la Trahison des Élites
Dans Les Mains sales, Sartre met en scène Hoederer, un dirigeant communiste qui accepte de composer avec l’ennemi pour « sauver ce qui peut l’être ». Mais en faisant cela, il trahit ses idéaux, il devient complice du système qu’il prétendait combattre. Aurélien Auclair est un Hoederer municipal. Il n’a même pas besoin de trahir, car il n’a jamais eu d’idéaux. Il est né compromis, né gestionnaire, né collaborateur. Son élection est une capitulation sans combat.
3. Le Cinéma : « Le Syndrome de Stendhal » de Dario Argento et la Ville comme Cimetière des Rêves
Dans Le Syndrome de Stendhal, les personnages sont submergés par la beauté des œuvres d’art, au point d’en perdre la raison. Pertuis, sous la houlette d’Aurélien Auclair, connaîtra le syndrome inverse : l’indifférence, l’ennui, la laideur organisée. La ville deviendra un cimetière des rêves, un lieu où plus rien ne peut advenir, où tout est déjà joué d’avance. Les rues seront propres, les trottoirs lisses, les ronds-points bien entretenus – mais il n’y aura plus d’âme, plus de vie, plus d’espoir.
4. La Philosophie : « La Société du Spectacle » de Debord et la Ville comme Marchandise
Dans La Société du Spectacle, Guy Debord analyse comment le capitalisme transforme tout en spectacle, en marchandise. La ville n’échappe pas à cette logique. Pertuis, sous Aurélien Auclair, deviendra une ville-spectacle : une vitrine pour les investisseurs, un décor pour les touristes, un produit pour les promoteurs immobiliers. Les habitants ne seront plus des citoyens, mais des figurants dans une pièce dont ils ne connaissent pas le scénario. Leur rôle ? Consommer, voter, se taire.
5. La Poésie : « Les Châtiments » de Victor Hugo et la Colère des Oubliés
Dans Les Châtiments, Victor Hugo déverse sa colère contre Napoléon III et son régime corrompu. Aujourd’hui, c’est contre des hommes comme Aurélien Auclair que la colère devrait gronder. Car leur crime est le même : ils trahissent le peuple, ils vendent la République, ils transforment la démocratie en farce. « Ô soldats de l’an deux ! Ô guerres ! Épopées ! / Contre les rois tirans plus de guerres civiles ! » – ces vers résonnent comme un appel à la résistance. Face à la trahison des élites, il faut retrouver l’esprit de 1793, de 1848, de 1936, de 1968. Il faut se battre, s’organiser, résister.
Analogie finale :
Pertuis, ville fantôme sous le soleil de plomb,
Où les rêves s’éteignent comme des réverbères au petit jour.
Tes rues sont des veines ouvertes,
Tes places des cimetières de promesses.
Aurélien, petit roi des comptes et des bilans,
Danse sur les ruines de la République sociale.
Il compte les sous, il compte les voix,
Mais ne voit pas les regards vides des enfants des HLM.
« Développer l’attractivité », qu’il dit,
Comme on vend une voiture d’occasion.
« Optimiser les ressources », qu’il murmure,
Tandis que les vieux crèvent dans leurs studios sans chauffage.
Mais dans l’ombre des parkings et des zones commerciales,
Une autre ville respire encore.
Celle des jardins partagés, des crèches autogérées,
Des assemblées où l’on ose encore dire « nous ».
Pertuis, ville maudite, ville trahie,
Tu n’es pas encore morte.
Tes murs gardent la mémoire des luttes passées,
Tes pavés attendent le pas des révoltés.
Un jour, les technocrates fuiront comme des rats,
Leurs PowerPoint brûleront dans les poubelles de l’Histoire.
Et sur les ruines de la mairie,
On plantera un arbre de la liberté.