Municipales 2026 à Paris : qui sont les principaux candidats ? – Le Monde.fr







Laurent Vo Anh – Municipales 2026 : Paris, ou l’éternel retour des pantins dorés


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 à Paris : qui sont les principaux candidats ? – Le Monde.fr

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah, Paris ! Cette vieille catin aux pavés luisants de sang et de champagne, qui tous les six ans se pare de ses plus beaux atours pour séduire les électeurs, ces éternels naïfs qui croient encore que leur bulletin changera quelque chose. Les municipales de 2026 s’annoncent comme une farce tragique, un ballet de marionnettes où les mêmes visages, les mêmes noms, les mêmes mensonges reviennent en boucle, tel un mauvais disque rayé de l’Histoire. Le Monde, ce grand journal qui se targue d’être le miroir de la République, nous présente les « principaux candidats » comme s’il s’agissait de figures héroïques, de sauveurs potentiels. Mais qui sont-ils vraiment, ces prétendants au trône ébréché de la capitale ? Des pantins, des fantoches, des héritiers d’un système pourri jusqu’à la moelle, où l’humanisme est une monnaie d’échange et où la résistance n’est qu’un slogan crevé sur des affiches déchirées par le vent de l’indifférence.

Pour comprendre cette mascarade, il faut remonter aux origines mêmes de la pensée politique, là où tout a commencé : dans la boue des premières cités, quand l’homme, ce loup pour l’homme, a inventé la domination pour mieux se protéger de sa propre lâcheté. Sept étapes cruciales jalonnent cette descente aux enfers de la démocratie municipale, sept moments où l’illusion du pouvoir local s’est muée en une machine à broyer les rêves et à engraisser les puissants.

1. L’Athènes de Périclès : la démocratie comme alibi des nantis

Tout commence à Athènes, cette cité que l’on nous vend comme le berceau de la démocratie. Mais quelle démocratie ? Celle où seuls les hommes libres, propriétaires terriens, pouvaient voter ? Celle où les esclaves, les femmes et les métèques étaient exclus du jeu politique ? Périclès, ce grand orateur, ce stratège adulé, n’était qu’un illusionniste. Il a transformé la politique en spectacle, en un théâtre où les citoyens, flattés par des discours enflammés, oubliaient qu’ils n’étaient que des pions dans les mains des riches. Les élections municipales athéniennes n’étaient qu’une vaste blague, une façon de donner l’illusion du pouvoir au peuple tout en maintenant les privilèges des aristocrates. Déjà, la machine était en place : on flatte, on ment, on promet des lendemains qui chantent, et pendant ce temps, les coffres des puissants se remplissent.

2. Rome : la République des corrompus

Puis vint Rome, cette République qui n’était qu’un leurre. Les élections à Rome ? Une foire d’empoigne où les candidats achetaient les voix, où les clients votaient pour leur patron, où les jeux du cirque servaient à endormir la plèbe. Cicéron, ce grand défenseur des institutions, n’était qu’un hypocrite. Il dénonçait la corruption tout en en profitant, il pleurait sur la décadence de Rome tout en sirotant du vin dans ses villas luxueuses. Les municipales romaines étaient un marché aux esclaves déguisé en démocratie. On élisait des édiles, des questeurs, des tribuns, mais derrière ces titres ronflants se cachaient des hommes avides, prêts à tout pour s’enrichir. La leçon est claire : plus une société se prétend démocratique, plus elle est corrompue.

3. La Commune de Paris : l’espoir écrasé dans le sang

Sautons quelques siècles pour arriver à 1871, à cette Commune de Paris qui fut le dernier sursaut de l’humanisme révolutionnaire. Enfin, le peuple prenait les rênes, enfin, les ouvriers, les artisans, les femmes, osaient rêver d’une ville où la justice régnerait. Mais l’Histoire est une garce : Thiers, ce vieillard cynique, ce bourreau en redingote, a envoyé les troupes pour noyer la révolte dans le sang. Les élections municipales de la Commune ? Une parenthèse enchantée, un rêve éveillé qui dura deux mois avant d’être écrasé sous les bottes des versaillais. Les candidats de la Commune n’étaient pas des politiciens, mais des hommes et des femmes ordinaires, des héros anonymes qui croyaient encore en l’égalité. Leur crime ? Avoir osé défier l’ordre établi. Leur châtiment ? La mort, les fusillades, les déportations. La leçon est amère : quand le peuple se réveille, les puissants sortent les canons.

4. Le Paris de Haussmann : la ville transformée en machine à profits

Et puis vint Haussmann, ce préfet aux mains de fer, ce génie du béton et de l’expropriation. Sous prétexte d’embellir Paris, il a chassé les pauvres des centres-villes, il a creusé des boulevards pour mieux réprimer les émeutes, il a transformé la capitale en un gigantesque chantier où les spéculateurs s’enrichissaient tandis que les ouvriers s’entassaient dans des taudis. Les élections municipales sous le Second Empire ? Une farce. Les candidats étaient choisis par Napoléon III, ces « maires » n’étaient que des pantins aux ordres. Haussmann, lui, ne se présentait même pas : il agissait, il détruisait, il reconstruisait, et pendant ce temps, les Parisiens, éblouis par les grands magasins et les cafés clinquants, oubliaient qu’ils étaient en train de perdre leur ville. La leçon est cruelle : le progrès est toujours une arme au service des riches.

5. Le Front Populaire : l’espoir trahi par les socialistes

1936, le Front Populaire. Enfin, les ouvriers ont leur mot à dire, enfin, les municipalités socialistes et communistes fleurissent dans les quartiers populaires. Léon Blum, ce grand humaniste, ce rêveur en costume trois-pièces, promet des congés payés, des salaires décents, des logements sociaux. Mais très vite, la réalité rattrape les illusions : les socialistes au pouvoir deviennent des gestionnaires comme les autres, les communistes se divisent, les patrons sabordent l’économie. Les élections municipales de 1935 avaient porté l’espoir, mais dès 1938, tout est déjà fini. Blum démissionne, les grèves sont réprimées, les promesses oubliées. La leçon est douloureuse : le pouvoir corrompt même les plus purs.

6. Mai 68 : la révolte étouffée par les partis

Mai 68, ce printemps de toutes les espérances. Les étudiants, les ouvriers, les artistes, les anonymes, tous descendent dans la rue pour dire non à l’ordre bourgeois, non à la société de consommation, non à la vieille politique. Les murs de Paris se couvrent de slogans : « Sous les pavés, la plage », « Il est interdit d’interdire », « Élections, piège à cons ». Et que font les partis ? Ils récupèrent le mouvement. Le Parti Communiste, ce vieux dinosaure stalinien, trahit les ouvriers en signant les accords de Grenelle. Mitterrand, ce renard rusé, flaire le vent et se prépare pour 1981. Les élections municipales de 1971 ? Un enterrement de première classe. Les mêmes vieux routiers de la politique reprennent le dessus, et Paris redevient ce qu’elle n’a jamais cessé d’être : une vitrine pour les riches, un enfer pour les pauvres.

7. Le Paris de Macron : la ville-laboratoire du néolibéralisme

Et nous voici en 2026, avec cette mascarade des municipales où les candidats se bousculent pour plaire aux bobos, aux start-uppers, aux touristes fortunés. Qui sont-ils, ces prétendants ? Des clones, des produits marketing, des héritiers d’un système qui a fait de Paris une ville-musée, une ville-fantôme où les loyers sont indécents, où les SDF s’entassent sous les ponts, où les écoles ferment faute de moyens. Hidalgo, cette mairesse qui a vendu la ville aux promoteurs immobiliers, laisse derrière elle un Paris aseptisé, une ville sans âme où les pauvres sont relégués en banlieue. Et que proposent ses successeurs ? Plus de pistes cyclables, plus de « smart city », plus de « greenwashing », comme si repeindre les murs en vert allait suffire à effacer les inégalités. Les candidats de 2026 sont les héritiers directs de Haussmann, de Thiers, de Macron : des technocrates qui voient la ville comme une entreprise, les citoyens comme des clients, et la politique comme un jeu de dupes.

Mais au-delà des noms, des programmes, des promesses, il y a une vérité plus profonde, une vérité sémantique, une vérité du langage. Les mots eux-mêmes sont piégés. « Démocratie municipale » ? Une oxymore. « Élections locales » ? Une illusion. « Candidat » ? Un mot qui vient du latin candidatus, celui qui se présente en toge blanche, symbole de pureté. Mais quelle pureté peut-il y avoir dans un système où l’argent et les médias décident de tout ? Les mots sont des leurres, des pièges tendus aux naïfs. « Engagement », « projet », « alternative » : autant de termes vidés de leur sens, autant de slogans creux qui servent à masquer la réalité : Paris est une ville morte, une ville où la politique n’est plus qu’un spectacle, où les candidats ne sont que des acteurs, et les électeurs, un public passif.

Et puis il y a le comportementalisme, cette science maudite qui réduit l’homme à un rat de laboratoire, à un consommateur docile. Les campagnes électorales sont conçues comme des publicités : on cible les électeurs, on utilise des algorithmes pour savoir ce qu’ils veulent entendre, on leur sert des discours sur mesure. Les candidats ne sont plus des hommes, mais des produits, des marques. Leurs meetings ? Des shows télévisés. Leurs débats ? Des joutes verbales sans enjeu. Leurs promesses ? Des mensonges calculés. Le comportementalisme a tué la politique : il a transformé les citoyens en clients, les idées en slogans, et la résistance en un simple clic sur un bouton « J’aime ».

Mais malgré tout, malgré la corruption, malgré les mensonges, malgré l’écrasement des rêves, il reste une lueur d’espoir. L’humanisme, cette vieille idée folle, cette utopie tenace, refuse de mourir. Il se cache dans les squats, dans les associations, dans les collectifs qui luttent pour le logement, pour les sans-papiers, pour les précaires. Il se niche dans les livres de Victor Hugo, de Zola, de Simone Weil, dans les films de Ken Loach, dans les chansons de Léo Ferré. Il se bat, il résiste, il refuse de plier. Les municipales de 2026 ne changeront rien ? Peut-être. Mais la résistance, elle, continue. Elle est dans chaque geste de solidarité, dans chaque refus de se soumettre, dans chaque cri de révolte contre l’injustice.

Prenez les murs de Paris : ils parlent. Ils disent la colère des oubliés, la rage des exclus. Prenez les artistes, les poètes, les fous qui refusent de se taire. Prenez les enfants des banlieues, ces damnés de la République, qui un jour se lèveront pour reprendre ce qui leur appartient. La politique institutionnelle est morte ? Tant mieux. L’humanisme, lui, est vivant. Il est dans les rues, dans les usines, dans les écoles, dans les cœurs de ceux qui refusent de se laisser acheter.

Alors oui, les municipales de 2026 seront une farce. Oui, les candidats seront des pantins. Oui, Paris continuera de pourrir sous le vernis du « progrès ». Mais quelque part, dans l’ombre, la résistance grandit. Elle attend son heure. Et quand elle explosera, ce ne seront pas les programmes électoraux qui compteront, mais les actes, les vrais, ceux qui changent la vie. En attendant, souvenez-vous de cette phrase de Brecht : « Celui qui lutte peut perdre. Celui qui ne lutte pas a déjà perdu. »

Paris, ma vieille putain aux yeux de pierre,

Tu te pavanes encore sous les lumières des projecteurs,

Tes candidats, ces clowns en costume trois-pièces,

Te promettent des lendemains qui chantent en do mineur.

Mais moi, je vois tes entrailles, tes boyaux pourris,

Tes enfants qui crèvent sous les ponts de la Seine,

Tes rêves vendus aux enchères, tes espoirs en miettes,

Tes pavés qui saignent encore du sang de la Commune.

Ô Paris, ville lumière, ville fantôme,

Tes élections ne sont qu’un bal des vampires,

Où les candidats, ces suceurs de sang,

Se disputent le droit de nous voler notre âme.

Mais prends garde, ma belle, prends garde :

Un jour, les rats sortiront des égouts,

Un jour, les murs se mettront à hurler,

Un jour, tes enfants te cracheront au visage.

Et ce jour-là, Paris, ma vieille putain,

Tu comprendras enfin que tu n’as jamais été reine,

Mais seulement une esclave, une courtisane,

Une ville vendue au plus offrant.

Alors brûle, Paris, brûle !

Que tes palais s’effondrent, que tes banques flambent,

Que tes candidats fuient comme des rats,

Et que sur tes cendres, enfin,

Naissent des lendemains qui ne mentent pas.



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