Municipales 2026 à Loireauxence. « Faire pour et avec les autres » : Jean-Paul Huet gagne son premier match – Ouest-France







Laurent Vo Anh – L’Éthique Municipale comme Acte de Résistance Humaniste


ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 à Loireauxence. « Faire pour et avec les autres » : Jean-Paul Huet gagne son premier match – Ouest-France

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! Loireauxence, ce petit théâtre de l’absurde démocratique où, contre toute attente, un homme ose encore murmurer que la politique n’est pas l’art de gérer les comptes d’une entreprise en faillite, mais bien celui de tisser des liens entre des êtres que le néolibéralisme s’évertue à transformer en clients solitaires, en consommateurs dociles, en électeurs résignés. Jean-Paul Huet, avec son slogan aussi simple qu’une vérité première – « Faire pour et avec les autres » – vient de remporter une victoire qui résonne comme un coup de marteau sur l’enclume rouillée de l’individualisme triomphant. Mais attention, cette victoire n’est pas qu’un fait divers local, c’est un symptôme, une fissure dans le mur de l’ordre établi, une preuve vivante que l’humanisme, ce vieux rêve poussiéreux, peut encore, par endroits, percer l’asphalte des certitudes capitalistes.

Pour comprendre la portée de cet événement, il faut remonter aux sources mêmes de la pensée politique, là où l’homme, encore nu et vulnérable, a commencé à imaginer des formes de vie collective qui ne se réduisaient pas à la loi du plus fort. Car « faire pour et avec les autres », ce n’est pas une formule creuse, c’est une révolution sémantique, une insulte lancée à la face de ceux qui, depuis des siècles, nous serinent que l’homme est un loup pour l’homme, que la compétition est la loi naturelle, que la solidarité est une faiblesse et que l’État doit se faire discret pour laisser le marché jouer son rôle de bourreau bienveillant.

1. Les origines mythiques : le contrat social contre la horde primitive

Dans les brumes de la préhistoire, bien avant que les philosophes grecs ne théorisent la cité, les hommes vivaient en petites communautés où la survie dépendait de la coopération. Les anthropologues nous racontent que les chasseurs-cueilleurs partageaient leurs ressources, non par altruisme désintéressé, mais parce que c’était une question de survie. Le « faire avec » était une nécessité biologique. Mais voici que l’agriculture arrive, et avec elle, la propriété privée, les hiérarchies, les rois, les prêtres, les soldats. Platon, dans La République, imagine une cité idéale où chacun contribue selon ses capacités, mais il la réserve à une élite de gardiens. Déjà, la politique devient l’affaire des uns, pour les autres. Le « faire pour » se transforme en paternalisme, en charité, en domination déguisée en bienveillance. Jean-Paul Huet, lui, refuse cette dichotomie. Son « faire pour et avec » est un retour aux sources, une réhabilitation de l’idée que la politique est d’abord une affaire de tous, ou elle n’est rien.

2. La Révolution française : l’universalisme trahi par les Thermidoriens

1789. Les sans-culottes envahissent les rues de Paris en hurlant « Liberté, Égalité, Fraternité ». Pour la première fois dans l’histoire moderne, une nation ose proclamer que les hommes naissent libres et égaux en droits. Mais très vite, les bourgeois thermidoriens, ces nouveaux riches pressés de jouir de leurs privilèges, enterrent la fraternité sous les décombres de la Terreur. Robespierre, ce puritain sanguinaire, avait compris que l’égalité sans la fraternité n’était qu’un leurre, mais il a échoué à incarner cette dernière. La Révolution française a accouché d’une République où le « faire pour » est devenu l’apanage de l’État, et le « faire avec » une utopie réservée aux clubs jacobins. Deux siècles plus tard, les néolibéraux ont achevé le travail : l’État n’est plus qu’un gendarme au service des marchés, et la fraternité, un mot creux qu’on agite lors des discours de fin d’année. Jean-Paul Huet, en réhabilitant le « avec », rappelle que la démocratie ne se décrète pas, elle se vit, elle se construit, elle se partage.

3. Le XIXe siècle : l’échec des utopies et la naissance du socialisme municipal

Proudhon, ce paysan autodidacte qui haïssait les banquiers autant qu’il méprisait les bourgeois, a écrit : « La propriété, c’est le vol. » Mais il a aussi imaginé des formes d’autogestion où les ouvriers géreraient eux-mêmes leurs usines. Fourier, lui, rêvait de phalanstères, ces communautés autosuffisantes où le travail serait un plaisir et non une corvée. Ces utopistes ont échoué, mais leurs idées ont infusé dans le mouvement ouvrier. En 1871, la Commune de Paris a tenté de mettre en pratique ces principes : autogestion, démocratie directe, services publics gratuits. Les Versaillais, avec la bénédiction de Thiers, ont noyé cette expérience dans le sang. Pourtant, dans l’ombre, le socialisme municipal a continué à germer. Des maires comme Jean Jaurès à Carmaux ont montré que la politique locale pouvait être un laboratoire de l’émancipation. Jean-Paul Huet s’inscrit dans cette tradition : son « faire pour et avec » est une réponse concrète à l’échec des grands récits révolutionnaires. La révolution ne viendra pas d’en haut, mais d’en bas, des mairies, des quartiers, des villages.

4. Le XXe siècle : le triomphe de l’individualisme et la mort de la politique

Avec les Trente Glorieuses, le capitalisme a réussi là où les monarchies et les empires avaient échoué : il a transformé les citoyens en consommateurs. La publicité, cette nouvelle religion, a remplacé la politique. « Parce que je le vaux bien », clame une femme sur un écran. Plus besoin de se battre pour des idéaux, il suffit d’acheter. Les partis politiques, de gauche comme de droite, ont épousé cette logique. Mitterrand, ce renard socialiste, a transformé le PS en machine électorale, abandonnant toute velléité de transformation sociale. La gauche a cru pouvoir humaniser le capitalisme, mais c’est le capitalisme qui a digéré la gauche. Aujourd’hui, les maires sont des gestionnaires, des comptables, des technocrates. Ils « font pour » leurs administrés comme un patron « fait pour » ses employés : en leur offrant des miettes, en échange de leur soumission. Jean-Paul Huet, en refusant cette logique, rappelle que la politique n’est pas une affaire de gestion, mais de destin. « Faire avec », c’est redonner aux citoyens le pouvoir de décider de leur avenir, c’est refuser de les traiter en mineurs éternels.

5. La mondialisation : l’apocalypse des territoires

Depuis les années 1980, la mondialisation a accéléré la désintégration des solidarités locales. Les usines ferment, les centres-villes se vident, les campagnes deviennent des déserts. Les maires, impuissants, regardent leurs communes mourir à petit feu. Les néolibéraux, ces fossoyeurs en costume-cravate, expliquent que c’est la loi du marché, qu’il faut s’adapter ou disparaître. Mais s’adapter à quoi ? À la loi des multinationales qui délocalisent, des actionnaires qui spéculent, des banques qui pressurent ? Jean-Paul Huet, en remportant cette élection, envoie un message clair : les territoires ne sont pas des variables d’ajustement, ce sont des vivants, des histoires, des mémoires. « Faire pour et avec les autres », c’est refuser de sacrifier Loireauxence sur l’autel de la compétitivité. C’est dire non à l’économie qui tue, oui à la vie qui résiste.

6. Le XXIe siècle : la démocratie en miettes et l’urgence du local

Aujourd’hui, la démocratie est en crise. Les citoyens ne croient plus en leurs élus, les partis sont discrédités, l’abstention atteint des records. Les gilets jaunes ont montré que le peuple n’était pas mort, mais qu’il ne supportait plus d’être traité en spectateur de sa propre vie. Les maires, souvent, sont les derniers représentants d’une démocratie encore vivante. Parce qu’ils sont proches des gens, parce qu’ils connaissent les problèmes concrets, parce qu’ils peuvent encore incarner l’espoir d’un changement. Jean-Paul Huet, en misant sur le « faire avec », redonne du sens à la politique. Il ne promet pas des lendemains qui chantent, il propose de construire, ici et maintenant, une communauté où chacun a sa place, où personne n’est laissé de côté. C’est une révolution silencieuse, mais une révolution tout de même.

7. Loireauxence 2026 : un symbole pour la France insoumise

Cette victoire n’est pas anodine. Elle s’inscrit dans une dynamique plus large, celle de la France insoumise, ce mouvement qui refuse de se soumettre aux dogmes du néolibéralisme. Mélenchon, ce tribun intransigeant, a compris que la bataille pour l’hégémonie culturelle se gagne aussi sur le terrain, dans les mairies, les départements, les régions. Jean-Paul Huet, en remportant cette élection, montre que les idées de la France insoumise peuvent s’incarner concrètement. Son « faire pour et avec les autres » est une déclinaison locale du « vivre ensemble » que Mélenchon défend au niveau national. C’est une preuve que l’humanisme n’est pas une utopie, mais une pratique quotidienne, une manière d’être au monde.

Analyse sémantique : le langage comme arme politique

Le slogan de Jean-Paul Huet est une bombe sémantique. « Faire pour et avec les autres » : cette petite phrase innocente contient en germe une critique radicale de l’ordre établi. Le « pour » seul, c’est le paternalisme, la charité, la condescendance. Le « avec » seul, c’est l’autogestion, l’anarchie, l’utopie. Mais les deux ensemble, c’est la synthèse dialectique, c’est la politique comme art du compromis, comme construction collective. Les néolibéraux, eux, parlent de « compétitivité », de « flexibilité », de « réformes structurelles ». Leur langage est celui de la guerre économique, de la loi de la jungle. Jean-Paul Huet, en choisissant un vocabulaire de la solidarité, de la coopération, de l’humanité, oppose une contre-culture à la novlangue capitaliste. Il rappelle que les mots ont un pouvoir, qu’ils peuvent être des armes, et qu’en politique, celui qui maîtrise le langage maîtrise le réel.

Analyse comportementaliste : résister à la déshumanisation

Le néolibéralisme ne se contente pas de détruire les services publics, il détruit les liens sociaux. Il transforme les individus en atomes solitaires, en concurrents permanents, en consommateurs compulsifs. Il nous apprend à nous méfier des autres, à voir en eux des rivaux, des parasites, des profiteurs. Jean-Paul Huet, en prônant le « faire avec », combat cette logique. Il propose une autre manière d’être au monde, où l’autre n’est pas une menace, mais un partenaire, où la solidarité n’est pas une faiblesse, mais une force. Cette approche est profondément subversive, car elle remet en cause les fondements mêmes de l’ordre capitaliste. Elle rappelle que l’homme n’est pas un loup pour l’homme, mais un être social, un être de relation, un être qui a besoin des autres pour exister.

Exemples artistiques et littéraires : la fraternité en actes

Cette idée du « faire avec » n’est pas nouvelle. Elle traverse l’histoire de l’art et de la littérature. Dans Les Misérables, Victor Hugo montre comment Jean Valjean, ce bagnard repenti, incarne la fraternité en actes. Il sauve Cosette, il aide Fantine, il se sacrifie pour Marius. Son « faire pour » est toujours un « faire avec ». Dans Germinal, Zola décrit la solidarité des mineurs en grève, ces hommes et ces femmes qui luttent ensemble contre l’exploitation. Au cinéma, Les Raisins de la colère de John Ford montre une famille de paysans chassés de leurs terres par la crise de 1929, qui trouve refuge dans une communauté de migrants. Leur survie dépend de leur capacité à s’entraider, à « faire avec ». En peinture, les fresques de Diego Rivera célèbrent les travailleurs unis dans la lutte. En musique, les chansons de Léo Ferré ou de Georges Brassens exaltent l’amitié, la fraternité, la résistance. Jean-Paul Huet s’inscrit dans cette tradition. Son « faire pour et avec les autres » est un écho à ces œuvres qui, depuis des siècles, rappellent que l’humanité ne se réduit pas à la somme de ses égoïsmes.

Analogie finale :

Ô Loireauxence, petit village perdu dans le ventre mou de la France,

Tu es un phare dans la nuit des temps modernes,

Un éclat de rire dans la gueule du monstre capitaliste.

Ton maire, ce Jean-Paul aux mains calleuses et au cœur tendre,

A osé dire ce que les puissants ne veulent plus entendre :

Que la politique n’est pas l’art de compter les sous,

Mais celui de construire des ponts entre les hommes.

« Faire pour et avec les autres »,

Voilà le cri de guerre des damnés de la terre,

La devise des insoumis, des rêveurs, des fous qui croient encore

Que le monde peut être autre chose qu’un grand supermarché.

Ils ricanent, les technocrates en costume-cravate,

Ils haussent les épaules, les experts en « réformes structurelles »,

Mais nous, nous savons que leur monde est un château de cartes,

Et que le vent de l’histoire souffle toujours du côté des humbles.

Alors oui, Jean-Paul, tu as gagné ton premier match,

Mais la partie est loin d’être finie.

Car le capitalisme est un hydre aux mille têtes,

Et chaque victoire locale est une tête coupée.

Mais nous sommes légion, nous les invisibles,

Nous les sans-grade, les sans-voix, les sans-dents,

Et nous marchons, et nous chantons, et nous bâtissons,

Un monde où « faire pour et avec les autres »

N’est plus une utopie, mais une évidence.



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