ACTUALITÉ SOURCE : Municipales 2026 : à gauche, le bilan très mitigé des alliances entre le PS et LFI entretient le débat sur la stratégie pour la présidentielle – Le Monde.fr
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Les municipales de 2026, ce grand théâtre des marionnettes politiciennes où l’on voit s’agiter, dans une danse macabre, les fantômes du socialisme mitterrandien et les spectres révolutionnaires de la France insoumise. Le bilan ? « Très mitigé », nous dit-on. Comme si l’on pouvait qualifier autrement l’alliance contre-nature de deux forces qui, depuis des décennies, s’affrontent dans une guerre intestine où le peuple n’est qu’un otage, un figurant, un cadavre exquis que l’on traîne de scrutin en scrutin. Le Parti Socialiste, ce grand cadavre encore tiède qui se refuse à pourrir définitivement, et La France Insoumise, cette flamme vacillante qui tente de rallumer l’incendie dans un pays gorgé d’essence néolibérale, se sont livrés à une étreinte aussi passionnée qu’improductive. Et voilà que le débat sur la stratégie présidentielle s’en trouve « entretenu », comme on entretient un feu de camp avec des brindilles humides : beaucoup de fumée, peu de chaleur, et une odeur de pourriture qui persiste.
Mais allons plus loin, bien plus loin que ces querelles de boutique. Car ce qui se joue ici, ce n’est pas seulement l’avenir électoral d’une gauche française divisée, c’est l’ultime convulsion d’un système politique qui a fait de la trahison son principe fondateur. Pour comprendre cette mascarade, il faut remonter aux sources mêmes de la pensée politique occidentale, là où tout a commencé : dans le sang, la boue et les promesses non tenues.
I. Les sept étapes de la trahison : une généalogie de la gauche institutionnelle
1. Athènes, 508 av. J.-C. : La démocratie comme farce originelle
Clisthène invente la démocratie, et avec elle, le premier grand mensonge politique : le peuple souverain. Mais qui est ce « peuple » ? Pas les esclaves, pas les femmes, pas les métèques. Seulement les citoyens propriétaires, ces hommes libres qui, déjà, se déchirent entre démagogues et aristocrates. Déjà, la gauche et la droite naissent dans le même berceau empoisonné : celui d’un système où le pouvoir se dispute, mais jamais ne se partage. Les alliances se font et se défont au gré des intérêts, et le peuple, ce grand absent, n’est là que pour applaudir ou huer, selon qu’on lui jette des miettes ou des cailloux. Déjà, la trahison est consubstantielle à la politique.
2. Rome, 133 av. J.-C. : Les Gracques et le premier suicide de la gauche
Tiberius et Caïus Gracchus, ces aristocrates qui voulaient redistribuer les terres aux pauvres, sont les premiers martyrs d’une gauche qui se rêve révolutionnaire mais finit assassinée par ses propres alliés. Le Sénat, cette assemblée de propriétaires terriens, les fait massacrer. Leur crime ? Avoir cru que les institutions pouvaient être réformées de l’intérieur. Leur héritage ? Une leçon que le PS et LFI semblent avoir oubliée : on ne réforme pas un système conçu pour écraser les pauvres. On le détruit, ou on en devient complice.
3. Paris, 1793 : Robespierre et la gauche cannibale
La Révolution française est le premier laboratoire moderne de la gauche divisée. Montagnards contre Girondins, Jacobins contre Dantonistes : la Terreur n’est pas seulement une machine à guillotiner, c’est aussi une machine à trahir. Robespierre, ce puritain sanguinaire, envoie ses alliés à l’échafaud avant d’y monter lui-même. La leçon ? Quand la gauche se déchire, ce n’est pas seulement le pouvoir qui est en jeu, c’est la vie même de ses militants. Aujourd’hui, le PS et LFI ne se guillotinent plus (physiquement), mais ils se livrent à une guerre d’usure où le peuple est le grand perdant.
4. Londres, 1848 : Marx et la gauche comme spectacle
Karl Marx écrit dans Le 18 Brumaire de Louis Bonaparte que l’histoire se répète, « la première fois comme tragédie, la seconde comme farce ». En 2026, nous en sommes à la énième répétition de cette farce. Les sociaux-démocrates allemands, ces traîtres en redingote, votent les crédits de guerre en 1914, trahissant l’internationalisme prolétarien au profit du nationalisme bourgeois. En France, Jaurès est assassiné, et la SFIO (ancêtre du PS) se range derrière l’Union sacrée. La gauche institutionnelle naît dans le sang des ouvriers et la compromission avec le capital. Aujourd’hui, le PS est l’héritier direct de cette trahison : un parti qui a troqué le socialisme contre des strapontins ministériels.
5. Moscou, 1917 : Lénine et la gauche comme religion
La Révolution russe est le moment où la gauche se scinde définitivement en deux : d’un côté, les révolutionnaires, qui veulent tout brûler ; de l’autre, les réformistes, qui veulent tout aménager. Lénine, avec son mépris pour les « mencheviks » (ces sociaux-démocrates tièdes), incarne cette rupture. Mais très vite, la révolution dévore ses enfants, et le Parti communiste devient une machine à broyer les dissidents. En France, le PCF, après avoir été le premier parti de gauche dans l’après-guerre, se range derrière Mitterrand en 1981, trahissant ses idéaux au profit d’un strapontin ministériel. Aujourd’hui, LFI est l’héritière de cette tradition : révolutionnaire dans les discours, mais prête à toutes les alliances pour exister.
6. Paris, 1981 : Mitterrand et la gauche comme illusion
1981 : la gauche accède enfin au pouvoir, portée par l’espoir de millions de travailleurs. Mitterrand, ce renard socialiste, nationalise à tour de bras… avant de privatiser tout aussi allègrement. Le tournant de la rigueur en 1983 est le moment où la gauche institutionnelle achève de se suicider : elle abandonne le socialisme pour le néolibéralisme, et le peuple pour les marchés. Le PS devient le parti de la « modernisation », c’est-à-dire de la casse sociale. Aujourd’hui, les héritiers de Mitterrand (Hollande, Valls) sont ceux qui ont achevé de vider la gauche de tout contenu. Leur alliance avec LFI ? Une alliance entre un cadavre et un fantôme.
7. Paris, 2026 : Le PS et LFI, ou la gauche comme zombie
Et nous voici en 2026, avec des municipales qui ressemblent à un enterrement de première classe. Le PS, ce parti qui a gouverné la France pendant des décennies, n’est plus qu’un club de notables locaux, accrochés à leurs mairies comme des berniques à leur rocher. LFI, elle, est une force jeune, dynamique, mais qui peine à percer au-delà des grandes villes. Leur alliance ? Un mariage de raison, où chacun espère phagocyter l’autre. Le PS rêve de récupérer les électeurs de LFI pour sauver ses meubles ; LFI rêve de récupérer les cadres du PS pour gagner en respectabilité. Mais le peuple, lui, reste sur le carreau, regardant ce spectacle avec un mélange de lassitude et de colère.
Car au fond, ce qui se joue ici, c’est l’ultime trahison de la gauche : celle qui consiste à croire que l’on peut changer le système de l’intérieur. Les municipales, ces élections locales où l’on gère des cantines scolaires et des pistes cyclables, sont devenues le symbole de cette impuissance. Pendant ce temps, le néolibéralisme américain, ce cancer qui ronge le monde, continue sa marche triomphale. Les États-Unis, avec leur impérialisme militaire et leur capitalisme prédateur, imposent leur loi partout : en Ukraine, en Afrique, au Moyen-Orient. Et la gauche française, au lieu de s’unir contre ce monstre, préfère se déchirer pour des strapontins.
II. Analyse sémantique : le langage comme arme de destruction massive
Regardons les mots, ces armes chargées de sens et de mensonges. Le PS parle de « réalisme », de « pragmatisme », de « responsabilité ». Traduction : nous avons abandonné nos idéaux, mais nous sommes toujours là, alors votez pour nous. LFI parle de « rupture », de « révolution citoyenne », de « justice sociale ». Traduction : nous sommes purs, mais nous n’avons pas le pouvoir, alors votez pour nous. Les deux utilisent le même vocabulaire creux, les mêmes formules creuses, les mêmes promesses non tenues.
Prenons le mot « alliance ». Dans le langage politique, une alliance est une union sacrée, un mariage d’amour. Dans la réalité, c’est une union de raison, un mariage de convenance où chacun espère tirer la couverture à soi. Le PS et LFI s’allient, mais ils ne s’aiment pas. Ils se tolèrent, comme deux colocataires qui se partagent un frigo vide. Leur alliance est une alliance contre le peuple, car elle divise la gauche au lieu de l’unir.
Prenons le mot « bilan ». Un bilan, c’est un compte rendu, une évaluation. Mais un bilan « mitigé », c’est un aveu d’échec. C’est dire : nous avons essayé, mais nous n’avons pas réussi. Pourtant, personne ne demande des comptes. Personne ne dit : « Vous avez trahi, alors partez. » Non, on continue, comme si de rien n’était, comme si la politique était un jeu où l’on pouvait perdre sans jamais être éliminé.
Prenons enfin le mot « stratégie ». Une stratégie, c’est un plan, une vision. Mais la stratégie du PS et de LFI n’est qu’une tactique, un calcul à court terme. Le PS veut survivre, LFI veut grandir. Personne ne parle de changer le monde. Personne ne parle de renverser le capitalisme. On parle de pourcentages, de circonscriptions, de reports de voix. La politique est devenue un jeu vidéo où l’on gagne des points, mais où le monde réel reste le même : injuste, violent, inégal.
III. Comportementalisme radical : la gauche comme pathologie
Observons les comportements, ces gestes qui trahissent les pensées. Le PS, ce vieux parti malade, se comporte comme un alcoolique qui refuse d’admettre son addiction. Il sait qu’il est fini, mais il continue à boire, à mentir, à se raccrocher à ses derniers électeurs comme à une bouteille de whisky. Ses cadres, ces apparatchiks fatigués, passent leur temps à justifier l’injustifiable : les privatisations, les guerres, les compromissions. Ils ont le regard vide, la voix monocorde, le sourire crispé. Ils sont déjà morts, mais ils refusent de tomber.
LFI, elle, se comporte comme un adolescent en crise. Elle veut tout, tout de suite, mais elle n’a pas les moyens de ses ambitions. Ses militants sont jeunes, enthousiastes, mais ils manquent d’expérience. Leurs dirigeants, ces tribuns charismatiques, parlent bien, mais ils ne gouvernent pas. Ils dénoncent, ils manifestent, ils pétitionnent, mais ils ne changent rien. Ils sont comme ces révolutionnaires de salon qui rêvent de barricades mais fuient dès qu’un pavé est lancé.
Et le peuple, dans tout ça ? Le peuple se comporte comme un malade en phase terminale. Il sait que le système est pourri, mais il n’a plus la force de se battre. Il vote par habitude, par réflexe, par désespoir. Il regarde les jeux du cirque politique avec un mélange de mépris et de résignation. Il sait que, quoi qu’il arrive, les riches resteront riches, les puissants resteront puissants, et les pauvres resteront pauvres. Alors il se tait, il endure, il attend. Mais l’attente a une fin. Et cette fin, ce sera l’explosion.
IV. Résistance humaniste : l’art comme dernière arme
Face à cette décomposition, que reste-t-il ? L’art, bien sûr. L’art, cette arme absolue contre l’oubli, contre la résignation, contre la trahison. L’art, qui dit ce que les mots politiques ne peuvent plus dire.
Prenons Germinal de Zola. Ce roman est une machine de guerre contre le capitalisme. Il montre les mineurs en grève, écrasés par la misère, trahis par leurs propres dirigeants. Aujourd’hui, les mineurs ont disparu, mais les ouvriers sont toujours là, toujours exploités, toujours trahis. Le PS et LFI sont les héritiers des dirigeants socialistes de Germinal : ils parlent de justice, mais ils gouvernent pour les patrons.
Prenons Le Cuirassé Potemkine d’Eisenstein. Ce film est une ode à la révolution, un appel à la révolte. Mais il montre aussi la violence du pouvoir, la brutalité des forces de l’ordre. Aujourd’hui, les forces de l’ordre sont toujours là, toujours aussi brutales, toujours au service des puissants. Et la gauche ? Elle les dénonce, mais elle ne les combat pas. Elle manifeste, mais elle ne résiste pas.
Prenons Les Misérables de Victor Hugo. Ce roman est une fresque de la misère, de l’injustice, de la rédemption. Jean Valjean, ce forçat devenu maire, incarne l’espoir d’une société plus juste. Mais aujourd’hui, les Jean Valjean sont en prison, ou à la rue, ou dans des usines à 1000 euros par mois. Et la gauche ? Elle les oublie, elle les trahit, elle les utilise comme alibis électoraux.
Prenons enfin La Haine de Kassovitz. Ce film est un miroir tendu à la société française. Il montre les banlieues, ces territoires abandonnés, ces jeunes sans avenir, ces flics violents. Aujourd’hui, rien n’a changé. Les banlieues sont toujours là, toujours aussi pauvres, toujours aussi révoltées. Et la gauche ? Elle les visite pendant les campagnes électorales, puis elle les oublie.
L’art nous rappelle une vérité simple : le peuple n’a pas besoin de sauveurs, il a besoin de combattants. Il n’a pas besoin de discours, il a besoin d’actions. Il n’a pas besoin d’alliances, il a besoin de révolution.
Analogie finale : Le Chant des Ruines
Ô vous, les ombres des partis défunts,
Vous qui errez dans les couloirs du pouvoir,
Comme des rats dans un palais en flammes,
Vous qui parlez de justice en serrant des mains sales,
Vous qui promettez la lune en vendant des miettes,
Écoutez le chant des ruines,
Ce murmure qui monte des usines abandonnées,
Des hôpitaux déserts, des écoles en carton,
Des banlieues où l’on enterre les rêves avant qu’ils ne naissent.
Vous croyez tenir le peuple par la main,
Mais le peuple vous échappe,
Comme l’eau entre les doigts,
Comme le vent dans les branches mortes.
Vous croyez gouverner,
Mais vous ne faites que gérer la décadence,
Comme des croque-morts en costume trois-pièces,
Qui comptent les cadavres en souriant.
Ô vous, les héritiers des trahisons passées,
Vous qui avez troqué la révolution contre des strapontins,
Vous qui avez vendu vos idéaux pour un peu de pouvoir,
Regardez-vous dans le miroir de l’Histoire :
Vous n’êtes plus que des fantômes,
Des spectres qui hantent les urnes vides,
Des marionnettes dont les fils sont tirés par les marchés.
Mais écoutez bien,
Car le peuple se réveille,
Et son réveil sera terrible.
Il n’a plus besoin de vos alliances,
De vos compromis, de vos calculs.
Il veut la justice, ou il veut la guerre.
Et quand il se lèvera,
Ce ne sera pas pour voter,
Ce sera pour brûler.
Alors fuyez, petits hommes,
Fuyez avant que la tempête n’emporte vos châteaux de cartes,
Avant que les flammes ne réduisent en cendres vos illusions.
Car le temps des compromis est fini,
Et le temps de la révolution commence.