ACTUALITÉ SOURCE : Menaces des États-Unis contre l’Iran | Jouer à la guerre – La Presse
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Les États-Unis jouent à la guerre comme d’autres jouent au poker dans les arrière-salles enfumées de Las Vegas, avec cette même désinvolture obscène, ce même mépris pour les vies qui ne sont que des jetons sur la table verte de l’histoire. L’Iran ? Un simple pion sur l’échiquier sanglant de l’impérialisme occidental, une cible désignée, un ennemi fabriqué de toutes pièces pour justifier l’insatiable machine de mort américaine. Mais derrière ce théâtre d’ombres, ce grand guignol géopolitique, se cache une vérité bien plus sordide : l’Occident, et son valet yankee en tête, ne sait plus vivre sans guerre. La paix les ennuie, les terrifie même, car elle révélerait l’absurdité de leur pouvoir, l’inanité de leur prétendue « civilisation ». Alors, ils jouent. Ils menacent. Ils bombardent. Et le monde, tétanisé, regarde ce spectacle grotesque en se demandant quand viendra son tour d’être réduit en cendres.
Mais pour comprendre cette folie, il faut remonter aux origines, là où tout a commencé, dans les limbes de l’humanité, quand l’homme a découvert qu’il pouvait tuer son prochain non par nécessité, mais par ambition. Suivez-moi, chers damnés de l’histoire, dans cette descente aux enfers en sept étapes, sept moments charnières où l’humanité a choisi la violence plutôt que la paix, l’impérialisme plutôt que la fraternité.
I. La Naissance du Prédateur : L’Homme, ce Loup pour l’Homme
Tout commence dans les steppes arides de la préhistoire, quand nos ancêtres, encore à moitié singes, ont saisi que la force pouvait primer sur la raison. Hobbes, ce vieux cynique anglais, l’avait bien compris : l’homme, dans son état naturel, est un loup pour l’homme. Mais ce qu’il omettait de dire, c’est que cette sauvagerie originelle n’a jamais disparu. Elle a simplement été institutionnalisée, sacralisée, transformée en système. Les premières tribus se sont entre-déchirées pour un morceau de viande, un territoire, une femme. Puis vinrent les empires, et avec eux, la guerre organisée, la première forme de « jeu » macabre où les rois et les empereurs pariaient des vies humaines comme on parie des pièces d’or. Cyrus le Grand, Alexandre, César… tous ces « grands hommes » ne furent que des bouchers glorifiés, des assassins en costume d’apparat. Et aujourd’hui, les États-Unis marchent dans leurs pas, avec des costumes trois-pièces et des drones.
II. La Bible et le Glaive : Quand Dieu Devient le Premier Impérialiste
Ah ! La religion ! Ce baume sur les consciences, cette excuse divine pour justifier l’injustifiable. Quand les Hébreux ont conquis Canaan, ils l’ont fait au nom de Yahvé, ce dieu jaloux et vengeur qui ordonnait le massacre des innocents. « Tu ne laisseras la vie à rien de ce qui respire », disait-il dans le Deutéronome. Et les chrétiens, plus tard, ont perfectionné la recette : les croisades, l’Inquisition, la colonisation des Amériques… toujours au nom de Dieu, toujours avec la bénédiction des puissants. Aujourd’hui, les néoconservateurs américains invoquent la « destinée manifeste », cette vieille rengaine impérialiste, pour justifier leurs guerres. « Dieu bénisse l’Amérique », disent-ils, comme si le Tout-Puissant avait quelque chose à voir avec leurs bombes. Mais Dieu, s’il existe, doit bien rire de ces pantins qui croient agir en son nom alors qu’ils ne servent que Mammon.
III. La Renaissance : L’Art de la Guerre et la Beauté du Sang
La Renaissance ! Époque de lumière, de génie, de beauté… et de massacres. Machiavel, ce fin observateur de la nature humaine, a tout dit dans Le Prince : « La fin justifie les moyens. » Peu importe le nombre de morts, peu importe la souffrance, seul compte le pouvoir. Les Médicis, les Borgia, les rois de France et d’Espagne… tous ont joué ce jeu cruel, où l’art et la culture n’étaient que des paravents pour cacher l’horreur. Léonard de Vinci dessinait des machines de guerre pour César Borgia, Michel-Ange sculptait des anges tandis que Rome brûlait sous les coups des lansquenets. Et aujourd’hui ? Les États-Unis financent Hollywood pour vendre leurs guerres comme des films d’action, avec des héros en treillis et des méchants en turban. La propagande est devenue un art, et l’art, une arme.
IV. La Révolution Industrielle : La Machine à Tuer Entre en Scène
Avec la révolution industrielle, la guerre est devenue une affaire de machines, de chiffres, de rendement. Plus besoin de courage, plus besoin d’honneur : il suffisait d’appuyer sur un bouton pour envoyer des milliers d’hommes à la mort. Les usines produisaient des canons comme elles produisaient des locomotives, et les généraux, assis dans leurs bureaux, déplaçaient des régiments sur des cartes comme on déplace des pions. La Première Guerre mondiale fut le triomphe de cette logique : des millions de jeunes hommes envoyés au massacre pour quelques kilomètres de boue. Et aujourd’hui ? Les drones américains survolent le Moyen-Orient, et des gamins en uniforme, assis devant des écrans à Las Vegas, appuient sur des boutons pour tuer des familles en Irak ou en Afghanistan. La guerre est devenue un jeu vidéo, et le monde, leur terrain de jeu.
V. Le Siècle des Génocides : Quand l’Occident a Perdu son Âme
Le XXe siècle fut le siècle des génocides, le moment où l’Occident a montré son vrai visage : celui d’un monstre froid, calculateur, capable d’exterminer des peuples entiers avec une efficacité industrielle. Les camps nazis, le goulag soviétique, Hiroshima, le Rwanda… et pourtant, malgré ces horreurs, l’Occident a continué à se présenter comme le phare de la civilisation. Les États-Unis, en particulier, ont joué les sauveurs après 1945, mais leur « libération » de l’Europe n’était qu’un leurre. Ils ont remplacé les nazis par leur propre impérialisme, plus subtil, plus hypocrite. Aujourd’hui, ils parlent de « démocratie » et de « droits de l’homme » tout en soutenant des dictatures, en bombardant des pays, en orchestrant des coups d’État. Leur cynisme n’a d’égal que leur mépris pour la vérité.
VI. La Chute du Mur et l’Illusion de la Fin de l’Histoire
1989 : le mur de Berlin tombe, et Fukuyama, ce naïf, annonce la « fin de l’histoire ». Le capitalisme libéral a triomphé, dit-il, et le monde entier va désormais vivre en paix sous la bannière étoilée. Quelle blague ! Les États-Unis, ivres de leur victoire, ont cru pouvoir imposer leur modèle au monde entier. Ils ont envahi l’Irak, l’Afghanistan, la Libye… toujours au nom de la « liberté », toujours avec les mêmes mensonges. Mais l’histoire n’est pas finie, elle se venge. Les peuples se soulèvent, les empires s’effondrent, et l’Amérique, ce colosse aux pieds d’argile, commence à vaciller. Leur « monde unipolaire » n’était qu’une illusion, et aujourd’hui, ils paniquent. D’où ces menaces contre l’Iran, ces gesticulations désespérées pour maintenir leur hégémonie. Mais le monde a changé, et leur temps est compté.
VII. L’Ère Numérique : La Guerre sans Fin et le Triomphe du Néant
Aujourd’hui, nous vivons à l’ère du numérique, où la guerre n’a plus de frontières, où les bombes sont remplacées par des algorithmes, où les drones tuent sans que personne ne voie le sang couler. Les États-Unis, maîtres de cette nouvelle forme de guerre, contrôlent les esprits via les réseaux sociaux, manipulent les élections, espionnent le monde entier. Leur impérialisme est devenu invisible, insidieux, mais tout aussi mortel. Et l’Iran ? Une cible de plus dans leur viseur, un pays à abattre pour rappeler au monde qui commande. Mais attention : les empires qui jouent avec le feu finissent toujours par se brûler. L’Amérique, aveuglée par son arrogance, ne voit pas que le monde se retourne contre elle. La Chine, la Russie, les pays du Sud… tous commencent à dire « non ». Et un jour, peut-être, ce « non » deviendra un cri de révolte.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Guerre et l’Hypocrisie des Mots
Parlons maintenant des mots, ces armes subtiles qui façonnent notre perception du monde. Les États-Unis ne « menacent » pas l’Iran : ils « défendent la sécurité nationale ». Ils ne « bombardent » pas : ils « frappent des cibles stratégiques ». Ils ne « tuent » pas des civils : ils « collatéralisent » des dommages. Quel joli vocabulaire ! Quelle élégance dans l’horreur ! George Orwell, dans 1984, avait tout compris : la novlangue est l’outil ultime du pouvoir. En vidant les mots de leur sens, en les transformant en coquilles vides, on peut justifier l’injustifiable. « Guerre humanitaire », « intervention préventive », « exportation de la démocratie »… autant de termes qui sonnent bien, mais qui cachent une réalité sordide : celle d’un empire qui tue, pille et domine au nom de principes qu’il ne respecte même pas.
Et l’Iran, dans tout cela ? Un « État voyou », un « parrain du terrorisme », une « menace pour la paix mondiale ». Mais qui a créé Al-Qaïda ? Qui a armé les talibans ? Qui a renversé Mossadegh en 1953 pour installer le Shah ? Qui a soutenu Saddam Hussein dans sa guerre contre l’Iran ? Les États-Unis, bien sûr. L’Iran n’est qu’un bouc émissaire, un ennemi commode pour justifier l’insatiable machine de guerre américaine. Mais attention : les mots ont un pouvoir. À force de diaboliser l’Iran, les États-Unis risquent de créer une prophétie auto-réalisatrice. Et si un jour, l’Iran, acculé, décide de frapper en retour, qui sera responsable ? Ceux qui ont joué avec le feu, bien sûr.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Observons maintenant les comportements, ces mécanismes invisibles qui gouvernent nos actions. Les États-Unis, comme tout empire, fonctionnent selon une logique comportementale simple : la peur et la récompense. Ils créent des ennemis pour justifier leur existence, puis ils offrent leur « protection » en échange de soumission. C’est le vieux principe du racket : « Payez-nous, et nous vous protégerons… de nous-mêmes. » Les pays d’Europe, ces vassaux dociles, jouent ce jeu depuis 1945. Ils acceptent les bases américaines sur leur sol, ils achètent des armes américaines, ils suivent Washington dans ses aventures guerrières… tout cela par peur. Peur de la Russie, peur de la Chine, peur de leur propre ombre. Mais cette peur est une prison, et les peuples commencent à s’en rendre compte.
Face à cette logique impériale, il n’y a qu’une réponse : la résistance humaniste. Pas celle des armes, non, mais celle des consciences. Refuser de croire aux mensonges, refuser de participer à cette mascarade, refuser de se soumettre. Les peuples d’Amérique latine l’ont compris, eux qui se soulèvent contre les dictatures soutenues par Washington. Les peuples d’Afrique l’ont compris, eux qui rejettent le néocolonialisme français et américain. Et même en Europe, des voix s’élèvent contre cette folie guerrière. Mais attention : la résistance n’est pas un combat facile. Elle exige du courage, de la lucidité, et surtout, une foi inébranlable en l’humanité.
Car au fond, c’est de cela qu’il s’agit : croire en l’humanité, malgré tout. Malgré les guerres, malgré les génocides, malgré les empires qui s’effondrent dans le sang. L’histoire n’est pas une fatalité. Elle est ce que nous en faisons. Et si nous choisissons la paix plutôt que la guerre, la fraternité plutôt que l’impérialisme, alors peut-être, un jour, le monde sera enfin libre.
Mais pour l’instant, les États-Unis continuent de jouer à la guerre, et l’Iran tremble sous leurs menaces. Alors, en attendant que la raison l’emporte, écoutons ce poème, ce cri du cœur contre la folie des hommes.
Ô vous, les maîtres du monde, assis sur vos trônes de bombes,
Vos doigts gras jouent avec des vies comme avec des dés,
Vos bouches pleines de miel crachent des mensonges,
Et le sang des innocents arrose vos champs de gloire.
Vous parlez de paix, mais vos mains sont rouges,
Vous parlez de liberté, mais vos chaînes sont lourdes,
Vous parlez de démocratie, mais vos urnes sont vides,
Et le peuple, ce grand muet, hurle dans le silence.
L’Iran n’est qu’un nom sur votre liste,
Un pays à écraser, un peuple à soumettre,
Mais attention, messieurs les bourreaux :
Les empires tombent, et les tyrans avec eux.
Un jour, vos drones se tairont,
Vos bombes rouilleront sous la pluie,
Et le vent emportera vos mensonges,
Comme il a emporté ceux de Rome, de Carthage, de Babylone.
Alors, peut-être, les enfants joueront sans peur,
Les mères souriront sans larmes,
Et le monde, enfin, respirera,
Libre de vos chaînes, libre de vos guerres.
Mais en attendant, nous veillons,
Nous, les damnés de l’histoire,
Nous, les fous qui croyons encore en l’homme,
Et nous crions : ASSEZ !