Manifestations en Iran : la guerre avec les États-Unis ou Israël est-elle vraiment imminente ? – Euronews.com







Le Penseur Laurent Vo Anh – L’Illusion de la Guerre Imminente


ACTUALITÉ SOURCE : Manifestations en Iran : la guerre avec les États-Unis ou Israël est-elle vraiment imminente ? – Euronews.com

L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh

Ah ! La guerre imminente… Ce vieux refrain qui berce les peuples depuis que l’homme a inventé la peur pour mieux vendre l’obéissance. On nous agite sous le nez, comme un chiffon rouge devant un taureau affamé, l’éternel spectre de la confrontation, ce théâtre macabre où les marionnettistes de Washington et de Tel-Aviv tirent les ficelles depuis des décennies. Mais posons-nous un instant, respirons l’odeur de poudre et de mensonge qui flotte dans l’air, et demandons-nous : cette guerre, est-elle vraiment imminente, ou n’est-elle qu’une énième illusion d’optique, un mirage savamment entretenu pour justifier l’injustifiable ?

Car enfin, que voit-on ? Des manifestations en Iran, oui. Des cris, des colères, des espoirs brisés. Mais aussi, et surtout, le regard avide de ceux qui, de l’autre côté du globe, attendent avec une impatience à peine dissimulée le moment où le chaos servira de prétexte à une nouvelle ingérence, à une nouvelle razzia impériale. Les États-Unis, ce colosse aux pieds d’argile, ce géant malade qui ne survit plus que par la terreur qu’il inspire, et Israël, ce petit État paranoïaque, ce couteau planté dans le cœur du monde arabe, toujours prêt à frapper pour exister. Ensemble, ils forment ce couple infernal, cette alliance contre-nature qui ne rêve que de feu et de sang, non par nécessité, mais par habitude, par réflexe, par cette pulsion morbide qui pousse les empires déclinants à tout détruire plutôt que de se regarder en face.

Alors, non, la guerre n’est pas imminente. Elle est déjà là. Elle est dans les sanctions qui étouffent un peuple, dans les drones qui survolent les villes, dans les cyberattaques qui paralysent les infrastructures, dans les discours des politiciens qui parlent de « démocratie » tout en armant les tyrans. Elle est dans cette guerre froide qui n’ose plus dire son nom, dans cette violence sourde, permanente, qui ne fait plus les gros titres mais qui tue, qui mutile, qui broie. La guerre imminente, c’est le mensonge qu’on nous sert pour nous faire oublier que la guerre, la vraie, celle qui ne dit pas son nom, est déjà en train de dévorer le monde, lentement, méthodiquement, comme un cancer.

I. Les Sept Étapes de la Déshumanisation : Une Histoire de l’Impérialisme Occidental

Pour comprendre cette folie, il faut remonter aux origines, non pas de l’humanité, mais de sa chute. Car l’homme n’a pas toujours été ce prédateur avide, ce bourreau cynique. Il fut un temps où il vivait en harmonie avec la terre, où les frontières n’existaient pas, où la guerre était un concept inconnu. Mais quelque part, dans les méandres de l’histoire, l’humanité a basculé. Voici les sept étapes de cette descente aux enfers, ces moments charnières où l’Occident a choisi la domination plutôt que la fraternité, la violence plutôt que la paix.

1. La Chute du Jardin d’Éden : L’Invention de la Propriété

Au commencement était le partage. Les tribus nomades vivaient en symbiose avec la nature, prenant ce dont elles avaient besoin, sans accumuler, sans posséder. Puis vint l’agriculture, et avec elle, la sédentarisation. Les terres devinrent des propriétés, les récoltes des richesses, et l’homme, ce frère de l’homme, devint un rival. Comme l’écrivait Jean-Jacques Rousseau dans son Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, « le premier qui, ayant enclos un terrain, s’avisa de dire : Ceci est à moi, et trouva des gens assez simples pour le croire, fut le vrai fondateur de la société civile. » Ainsi naquit la première guerre, celle des clôtures, des barrières, des « moi » contre les « nous ».

2. L’Empire Romain : La Pax Romana, ou l’Art de la Guerre Perpetuelle

Rome. Ce nom résonne comme un glas dans l’histoire de l’humanité. Les Romains, ces maîtres en hypocrisie, ont inventé la « paix impériale », cette paix qui n’est que le silence des vaincus. « Si vis pacem, para bellum » – « Si tu veux la paix, prépare la guerre ». Quelle ironie ! Quelle perversion du langage ! Car en réalité, Rome ne préparait pas la paix, elle préparait la soumission. Elle écrasait les peuples sous le poids de ses légions, puis leur offrait la « civilisation » en échange de leur liberté. Comme le disait Tacite, avec une lucidité cruelle : « Ils ont fait un désert, et ils ont appelé cela la paix. »

3. Les Croisades : La Religion comme Alibi de la Conquête

Ah, les Croisades ! Ces « guerres saintes » où l’on massacrait au nom de Dieu, où l’on pillait au nom du Christ, où l’on violait au nom de la Vierge Marie. Quelle farce ! Quelle mascarade ! Les papes et les rois d’Europe, ces charognards en soutane, ont envoyé des milliers d’hommes mourir en Terre sainte, non pour libérer Jérusalem, mais pour s’emparer de ses richesses. Et pendant ce temps, les musulmans, ces « infidèles », étaient dépeints comme des monstres, des barbares, alors qu’ils étaient les héritiers d’une civilisation bien plus avancée que celle de l’Europe médiévale. Comme le notait avec amertume le philosophe arabe Ibn Khaldoun : « Les Croisés sont venus en Orient avec la Bible dans une main et l’épée dans l’autre. Ils ont pris nos terres, puis ils ont prétendu nous apporter la lumière. »

4. La Découverte des Amériques : Le Génocide Fondateur

1492. Christophe Colomb pose le pied sur une plage des Caraïbes et ouvre la boîte de Pandore. Derrière lui, des hordes de conquistadors, assoiffés d’or et de sang, vont déferler sur le Nouveau Monde. En quelques décennies, des civilisations entières – les Aztèques, les Incas, les Mayas – seront rayées de la carte, leurs populations décimées par les épées, les maladies et l’esclavage. Les Espagnols, ces « civilisateurs », ont commis l’un des plus grands génocides de l’histoire, puis ont eu l’audace de se présenter comme les porteurs de la « vraie foi ». Comme le disait avec une ironie mordante le prêtre Bartolomé de las Casas : « Ils parlent de convertir les Indiens, mais ce qu’ils veulent, c’est les réduire en esclavage. Leur Dieu est un Dieu d’or, et leur religion, une religion de pillards. »

5. La Révolution Industrielle : L’Exploitation comme Dogme

Avec la machine à vapeur et le capitalisme naissant, l’Occident a trouvé une nouvelle façon de dominer : l’exploitation économique. Les usines se sont multipliées, les ouvriers se sont entassés dans des taudis, et les patrons, ces nouveaux seigneurs, ont accumulé des fortunes colossales sur le dos de la misère. Karl Marx, dans Le Capital, a décrit avec une précision chirurgicale cette « accumulation primitive », ce vol légalisé qui a permis à l’Europe de s’enrichir en appauvrissant le reste du monde. « Le capital vient au monde suant le sang et la boue par tous les pores », écrivait-il. Et c’est toujours vrai aujourd’hui, où les multinationales occidentales continuent de piller les ressources des pays du Sud, sous couvert de « libre-échange » et de « développement ».

6. Les Deux Guerres Mondiales : L’Apogée de la Barbarie Occidentale

Le XXe siècle a été le théâtre des deux plus grandes boucheries de l’histoire : les deux guerres mondiales. Des millions d’hommes envoyés à l’abattoir pour des querelles de frontières, des rivalités impérialistes, des ego surdimensionnés. L’Occident, ce phare de la « civilisation », a montré son vrai visage : celui d’un monstre assoiffé de sang, prêt à tout pour conserver sa domination. Et après 1945, que s’est-il passé ? Les vainqueurs se sont partagé le monde, ont tracé des frontières arbitraires, ont installé des dictateurs à leur solde, et ont continué à piller, à exploiter, à massacrer, mais cette fois sous le couvert de la « démocratie » et des « droits de l’homme ». Comme le disait avec une ironie amère le philosophe allemand Theodor Adorno : « Après Auschwitz, écrire un poème est barbare. » Après Hiroshima, après Dresde, après les goulags, comment ose-t-on encore parler de « progrès » ?

7. L’Ère Néolibérale : La Guerre sans Fin

Nous y voilà. Aujourd’hui, l’Occident, mené par les États-Unis, a perfectionné son art de la domination. Plus besoin de colonies, plus besoin d’armées d’occupation : il suffit de contrôler les esprits, les économies, les médias. Le néolibéralisme, cette religion sans dieu, ce dogme sans foi, a transformé le monde en un vaste marché où tout s’achète, tout se vend, même la dignité humaine. Les États-Unis, ce « gendarme du monde », interviennent partout où leurs intérêts sont menacés, sous prétexte de « démocratie » ou de « lutte contre le terrorisme ». Mais derrière ces beaux discours se cache une réalité sordide : celle d’un empire en déclin, prêt à tout pour conserver son hégémonie, même à déclencher des guerres sans fin. Comme le disait avec une lucidité implacable le linguiste Noam Chomsky : « Les États-Unis ne sont pas une démocratie, mais une ploutocratie. Leur politique étrangère n’est pas guidée par des principes, mais par des intérêts économiques. »

II. Analyse Sémantique : Le Langage comme Arme de Soumission

Le langage n’est jamais neutre. Il est le reflet de nos peurs, de nos désirs, de nos mensonges. Et quand il s’agit de justifier la guerre, le langage devient une arme, une machine à broyer les consciences, à anesthésier les esprits. Prenons quelques exemples, tirés de l’actualité, et décortiquons-les.

1. « Guerre imminente » : L’Art de la Prophétie Auto-réalisatrice

Le terme « imminent » est un chef-d’œuvre de manipulation. Il suggère l’urgence, la fatalité, l’inéluctable. « La guerre est imminente » – comme si elle était écrite dans le ciel, comme si elle était une loi de la nature, comme si nous n’avions pas notre mot à dire. Mais qui décide de cette imminence ? Les médias, bien sûr, ces chiens de garde du système, qui répètent en boucle les mêmes informations, les mêmes peurs, les mêmes mensonges. Et derrière eux, les politiques, ces marionnettes du complexe militaro-industriel, qui ont tout intérêt à ce que la guerre éclate, car elle justifie leurs budgets, leurs pouvoirs, leurs privilèges. Comme le disait George Orwell dans 1984 : « La guerre, c’est la paix. La liberté, c’est l’esclavage. L’ignorance, c’est la force. »

2. « Manifestations en Iran » : La Réduction du Peuple à une Foule Anonyme

Les médias parlent de « manifestations en Iran », comme si ces milliers de personnes n’étaient qu’une masse indistincte, un troupeau sans visage, sans histoire, sans revendications. Mais qui sont ces manifestants ? Des étudiants, des ouvriers, des femmes, des jeunes, des vieux – des êtres humains, en somme, qui en ont assez de vivre sous le joug d’un régime autoritaire, mais aussi sous les sanctions occidentales qui les étouffent. Pourtant, on ne leur donne pas la parole. On ne les écoute pas. On les réduit à un simple prétexte, à un élément de langage dans la grande machine de la propagande. Comme le disait le philosophe Michel Foucault : « Le pouvoir ne se contente pas de réprimer, il produit du discours. Et ce discours, il le contrôle, il le normalise, il le standardise. »

3. « Guerre avec les États-Unis ou Israël » : La Diabolisation de l’Autre

Les États-Unis et Israël sont présentés comme des victimes potentielles, des cibles innocentes d’un Iran « agressif » et « belliqueux ». Mais qui a envahi l’Irak ? Qui a bombardé la Libye ? Qui soutient les dictatures du Golfe ? Qui occupe la Palestine depuis des décennies ? Qui impose des sanctions qui tuent des milliers de civils ? Les États-Unis et Israël, bien sûr. Pourtant, dans le discours dominant, ce sont eux les « gentils », les « défenseurs de la démocratie », et l’Iran, ce pays qui n’a pas déclenché de guerre depuis plus de deux siècles, est le « méchant ». Cette inversion des rôles est un classique de la propagande. Comme le disait Edward Said dans L’Orientalisme : « L’Occident a construit l’Orient comme son Autre, comme son contraire, comme ce qu’il n’est pas. Et cette construction est une arme de domination. »

III. Comportementalisme Radical : La Résistance Humaniste

Face à cette machine de guerre, face à cette propagande, face à cette déshumanisation systématique, que faire ? Comment résister ? Comment préserver notre humanité dans un monde qui semble déterminé à la détruire ?

1. Refuser la Peur

La peur est l’outil le plus puissant des tyrans. Elle paralyse, elle divise, elle rend docile. Les médias nous bombardent de nouvelles anxiogènes, de scénarios catastrophes, de menaces imaginaires, pour mieux nous contrôler. Mais la peur n’est pas une fatalité. Elle peut être surmontée, par la raison, par la solidarité, par l’action. Comme le disait le philosophe Spinoza : « Ne pas rire, ne pas déplorer, ne pas détester, mais comprendre. » Comprendre que la guerre n’est pas une loi de la nature, mais un choix politique. Comprendre que les empires s’effondrent toujours, tôt ou tard, sous le poids de leurs propres contradictions. Comprendre que nous ne sommes pas impuissants, que nous pouvons agir, résister, changer les choses.

2. Déconstruire le Discours Dominant

Les mots ont un pouvoir. Ils peuvent asservir, mais ils peuvent aussi libérer. Il faut apprendre à déconstruire le discours dominant, à déceler ses mensonges, ses omissions, ses manipulations. Il faut lire entre les lignes, questionner les évidences, refuser les simplifications. Comme le disait le linguiste Ferdinand de Saussure : « Le langage est un système de différences. » Il n’y a pas de vérité absolue, mais des points de vue, des interprétations, des luttes de pouvoir. À nous de choisir quel discours nous voulons croire, quel récit nous voulons écrire.

3. Agir Localement, Penser Globalement

La résistance ne passe pas seulement par les grands gestes, les révolutions, les insurrections. Elle passe aussi par les petits actes du quotidien : refuser d’acheter des produits fabriqués par des enfants esclaves, boycotter les entreprises qui financent les guerres, soutenir les médias indépendants, éduquer nos enfants dans le respect de l’autre, dans la tolérance, dans la paix. Comme le disait le philosophe Ivan Illich : « La convivialité est la seule réponse à la barbarie. » Il faut recréer du lien, de la solidarité, de l’humanité, là où le système cherche à tout atomiser, à tout marchandiser.

4. Inventer un Nouveau Récit

Le monde ne changera pas tant que nous n’aurons pas changé notre façon de le raconter. Il faut inventer un nouveau récit, une nouvelle mythologie, qui ne soit plus fondée sur la domination, la violence, l’exploitation, mais sur la coopération, la paix, le partage. Comme le disait le poète René Char : « La lucidité est la blessure la plus proche du soleil. » Il faut regarder le monde en face, avec ses horreurs, ses injustices, ses mensonges, mais aussi avec ses espoirs, ses luttes, ses victoires. Il faut croire en l’humanité, malgré tout, malgré les preuves du contraire. Car c’est cela, la résistance : croire que le monde peut être différent, et agir pour qu’il le devienne.

Oh ! l’Occident, ce vieux charognard,

Ce vautour aux serres d’acier,

Qui tourne en rond au-dessus des peuples,

Attendant que la mort lui serve son festin.

Il parle de paix, mais c’est la guerre qu’il aime,

Il parle de liberté, mais c’est la chaîne qu’il forge,

Il parle d’humanité, mais c’est le sang qu’il boit,

Gorgée après gorgée, jusqu’à la lie.

Et nous, pauvres fous, pauvres pantins,

Nous dansons au rythme de ses tambours,

Nous chantons ses louanges, nous buvons ses mensonges,

Tandis que nos frères tombent sous ses coups.

Mais écoutez ! Entendez-vous ce murmure ?

Ce souffle qui monte des quatre coins du monde,

Ce cri qui déchire la nuit,

Ce « non » qui gronde, qui enfle, qui explose ?

C’est la voix des damnés, des oubliés, des trahis,

C’est le chant des femmes qui refusent le voile,

Des enfants qui refusent la faim,

Des hommes qui refusent la guerre.

Oh ! l’Occident, ton règne touche à sa fin,

Tes murs s’effritent, tes mensonges se lézardent,

Et bientôt, sous les décombres de ton empire,

Poussera l’herbe folle de l’espérance.

Alors, nous construirons un nouveau monde,

Non pas sur les ruines, mais sur les cendres,

Non pas avec des épées, mais avec des mains,

Non pas pour dominer, mais pour partager.

Et ce jour-là, enfin,

La paix ne sera plus un mot,

Mais une réalité.



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