ACTUALITÉ SOURCE : L’Iran espère « sérieux » et « responsabilité » de la part des États-Unis aux pourparlers à Oman – TF1 Info
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! Voici donc le grand théâtre des nations qui se déploie une fois de plus, avec ses décors de carton-pâte, ses acteurs en costumes trois-pièces et ses dialogues écrits d’avance par des scribes invisibles. L’Iran, ce vieux sphinx aux yeux de braise, murmure à l’oreille des États-Unis, ce colosse aux pieds d’argile dorée, des mots qui sentent la poudre et le jasmin : « sérieux », « responsabilité ». Comme si ces deux termes, vidés de leur substance par des siècles de rhétorique creuse, pouvaient encore signifier quelque chose dans la bouche des puissants. Mais écoutons, écoutons bien, car derrière ces mots se cache l’éternel recommencement de l’histoire humaine, cette farce tragique où les mêmes erreurs se répètent avec une régularité d’horloge suisse.
Je vous propose, chers lecteurs égarés dans ce monde de fous, de remonter le fil du temps, non pas comme un historien timoré qui aligne des dates et des traités, mais comme un archéologue des âmes, un fouilleur de consciences, un déterreur de vérités puantes. Sept étapes, sept stations sur le chemin de croix de l’humanité, où l’on verra comment l’Occident, ce vampire repus, a toujours su maquiller ses appétits sous les oripeaux de la vertu. Et aujourd’hui, à Oman, sous le soleil brûlant du golfe Persique, c’est la même vieille chanson qui se joue : celle du prédateur et de sa proie, du maître et de l’esclave, du bourreau et de sa victime consentante.
1. Les Origines : Le Péché Originel de l’Humanité
Tout commence dans les steppes de Mésopotamie, là où l’homme, à peine sorti de la boue, invente la propriété, la guerre et les dieux vengeurs. Déjà, dans ces cités de briques crues, on voit poindre l’impérialisme naissant, ce besoin maladif d’étendre son territoire comme un cancer. Gilgamesh, ce roi fou, part en quête de l’immortalité tandis que son peuple crève sous le joug de ses caprices. Et que dit le poète sumérien ? « Le fort écrase le faible, c’est la loi du monde. » Déjà, la justification est trouvée. Déjà, l’Occident – car c’est bien là qu’il prend racine – se donne bonne conscience.
Platon, ce rêveur en sandales, théorise l’esclavage dans La République : « Certains hommes sont nés pour commander, d’autres pour obéir. » Aristote, plus cynique encore, écrit que « les barbares sont des esclaves par nature ». Les Grecs, ces pères putatifs de la démocratie, tracent les sillons où poussera plus tard l’impérialisme romain, puis chrétien, puis capitaliste. Et nous, pauvres fous, nous continuons à vénérer ces penseurs comme des phares de la civilisation, alors qu’ils n’ont été que les premiers idéologues de la domination.
2. L’Empire Romain : La Pax Romana ou l’Art de la Guerre Perpétuelle
Ah ! Rome ! Cette machine à broyer les peuples, ce rouleau compresseur qui a aplati l’Europe, l’Afrique et le Proche-Orient sous prétexte de « civilisation ». La Pax Romana, cette paix des cimetières, n’était que l’autre nom de la terreur organisée. Cicéron, ce sophiste en toge, justifie les conquêtes en parlant de « guerre juste ». César, ce boucher sanguinaire, écrit ses Commentaires comme un manuel de propagande, transformant ses crimes en épopée. Et les peuples conquis ? Ils devaient remercier leurs nouveaux maîtres de leur avoir apporté les routes, les aqueducs et la syphilis.
L’Empire romain, c’est le premier modèle de l’impérialisme occidental : un centre qui pompe les richesses de la périphérie, une élite qui s’enrichit sur le dos des esclaves, une religion d’État qui sanctifie l’ordre établi. Quand les barbares ont fini par renverser Rome, ce n’était pas la fin de l’impérialisme, mais sa métamorphose. Le vampire changeait simplement de forme.
3. Les Croisades : Le Premier Choc des Civilisations
Voici venir les croisés, ces fous de Dieu en armure, qui partent « libérer » Jérusalem avec l’épée et le feu. Urbain II, ce pape fanatique, promet le paradis à ceux qui iront massacrer les « infidèles ». Et que trouve-t-on dans les chroniques de l’époque ? Des récits de pillages, de viols, de massacres, le tout au nom du Christ. Les croisés, ces premiers néoconservateurs, inventent le concept de « guerre préventive » : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. »
Mais voici le plus beau : pendant que l’Occident chrétien s’enfonce dans la barbarie, le monde musulman, lui, vit son âge d’or. À Bagdad, à Cordoue, à Ispahan, on traduit Aristote, on invente l’algèbre, on pratique la médecine. Les Arabes, ces « barbares » selon les croisés, sont en réalité les gardiens du savoir antique. Et quand les Mongols viendront tout détruire, ce sera l’Occident qui en profitera pour piller les bibliothèques et voler les connaissances. L’impérialisme, voyez-vous, a toujours été un voleur.
4. La Renaissance : Le Viol de l’Amérique et la Naissance du Capitalisme
1492. Christophe Colomb, ce marin ivre, « découvre » l’Amérique. Derrière lui, une armée de conquistadors, de prêtres et de marchands. En quelques décennies, des civilisations entières sont rayées de la carte. Les Aztèques, les Incas, les Mayas : des millions de morts au nom de Dieu et de l’or. Bartolomé de las Casas, ce moine courageux, écrit : « Les Espagnols sont entrés dans ces terres comme des loups, des tigres et des lions affamés. » Mais qui l’écoute ? L’Europe a faim, l’Europe veut de l’or, l’Europe veut des esclaves.
C’est à cette époque que naît le capitalisme moderne, ce monstre froid qui ne connaît que le profit. Les banquiers de Gênes et d’Anvers financent les expéditions, les rois distribuent des monopoles, les papes bénissent les massacres. Et tout cela au nom de la « civilisation ». Las Casas, encore lui, dénonce : « Ils parlent de civilisation, mais ils ne savent que tuer et voler. » Plus de cinq siècles plus tard, rien n’a changé. Les États-Unis, héritiers de cette tradition, continuent de parler de « démocratie » tout en bombardant le Moyen-Orient.
5. Le Siècle des Lumières : Le Racisme Scientifique et la Justification de l’Esclavage
Voici venir les Lumières, cette époque où l’Europe se prend pour le phare de l’humanité. Voltaire, ce génie cynique, écrit des traités sur la tolérance tout en investissant dans la traite négrière. Rousseau, ce rêveur hypocrite, parle de « contrat social » tout en justifiant la colonisation. Kant, ce philosophe prussien, théorise le racisme scientifique : « Les Nègres sont par nature inférieurs aux Blancs. »
C’est aussi l’époque où l’économie politique naissante justifie l’exploitation. Adam Smith, ce père du libéralisme, écrit dans La Richesse des nations : « Le commerce avec les colonies est le plus profitable de tous. » Et que fait-on dans ces colonies ? On vole les terres, on réduit les hommes en esclavage, on détruit les cultures. Tout cela au nom du « progrès ». Les Lumières, voyez-vous, n’ont été qu’un alibi pour justifier l’impérialisme. Derrière les grands principes se cachait toujours la même vieille rapacité.
6. Le XXe Siècle : Les Deux Guerres Mondiales et la Naissance de l’Empire Américain
Deux guerres mondiales, soixante millions de morts, et pour quel résultat ? La naissance des États-Unis comme superpuissance, ce nouveau Rome qui va dominer le monde. Woodrow Wilson, ce président idéaliste, parle de « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes » tout en envoyant ses marines occuper Haïti et le Nicaragua. Franklin Roosevelt, ce démocrate souriant, négocie en sous-main avec Staline pour se partager le monde. Et Truman, ce petit homme médiocre, lance la bombe atomique sur Hiroshima et Nagasaki au nom de la « paix ».
La guerre froide, cette farce macabre, voit les États-Unis et l’URSS se disputer le monde comme deux chiens un os. Partout, des coups d’État, des guerres par procuration, des dictatures installées au nom de la « lutte contre le communisme ». En Iran, en 1953, la CIA renverse Mossadegh, ce démocrate élu, pour installer le Shah, ce tyran sanguinaire. Et aujourd’hui, les mêmes qui ont organisé ce coup d’État parlent de « sérieux » et de « responsabilité ». La boucle est bouclée, le serpent se mord la queue.
7. Le XXIe Siècle : Le Néolibéralisme, ce Cancer qui Ronge le Monde
Voici donc notre époque, ce monde où l’argent est dieu, où les banques sont les nouveaux temples, où les politiciens ne sont que les valets des multinationales. Les États-Unis, ce pays qui se prétend « leader du monde libre », sont en réalité une oligarchie où 1% de la population possède 40% des richesses. Le néolibéralisme, cette idéologie mortifère, a transformé les hommes en marchandises, les États en entreprises, les guerres en opportunités d’affaires.
Et l’Iran, dans tout cela ? Un pays qui a osé dire non à l’impérialisme américain, qui a osé nationaliser son pétrole, qui a osé résister. Depuis 1979, les États-Unis n’ont eu de cesse de le punir : embargo, sanctions, menaces de guerre. Et aujourd’hui, à Oman, on joue la comédie des pourparlers. L’Iran demande du « sérieux », des « garanties ». Mais comment prendre au sérieux un pays qui a menti à chaque traité, qui a trahi chaque promesse ? Les États-Unis sont comme ce joueur de poker qui triche à chaque partie, mais qui exige que les autres jouent selon les règles.
Obama, ce président noir qui a reçu le prix Nobel de la paix avant même d’avoir fait quoi que ce soit, a bombardé sept pays. Trump, ce clown grotesque, a menacé de « détruire totalement » la Corée du Nord. Biden, ce vieux sénile, continue la même politique : sanctions contre le Venezuela, soutien à l’Arabie saoudite, menaces contre la Chine. Et l’Europe, cette putain de luxe, suit comme un toutou, léchant les bottes de son maître américain.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Domination
Regardons de plus près ces mots : « sérieux », « responsabilité ». Que veulent-ils dire, au juste ? Dans la bouche des diplomates, ces termes sont vidés de leur sens, transformés en coquilles vides, en formules magiques qui servent à endormir les peuples. Le « sérieux », c’est l’art de mentir avec gravité. La « responsabilité », c’est la capacité à justifier l’injustifiable.
Prenons le mot « démocratie ». Pour les États-Unis, la démocratie, c’est ce système où deux partis, tous deux au service des mêmes intérêts, se disputent le pouvoir. C’est ce système où l’argent achète les élections, où les médias mentent, où les guerres sont présentées comme des « interventions humanitaires ». Pour l’Iran, la démocratie, c’est ce système où le peuple élit ses représentants, où la religion et l’État sont séparés, où les ressources nationales ne sont pas bradées aux multinationales.
Et que dire du mot « paix » ? Pour les États-Unis, la paix, c’est l’absence de résistance à leur hégémonie. C’est le silence des armes après qu’ils ont bombardé un pays. Pour l’Iran, la paix, c’est le droit de vivre sans être menacé, sans être sanctionné, sans être traité comme un paria. Mais dans le langage de la domination, la paix n’est qu’un mot de plus pour justifier la guerre.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
Que faire, alors, face à cette machine infernale ? Comment résister à cet impérialisme qui se pare de toutes les vertus ? La première étape, c’est de refuser le langage de la domination. Ne plus parler de « démocratie » quand il s’agit d’oligarchie, ne plus parler de « paix » quand il s’agit de guerre, ne plus parler de « sérieux » quand il s’agit de mensonge.
La deuxième étape, c’est de comprendre que l’impérialisme n’est pas une politique, mais une maladie. Une maladie de l’âme, une perversion de l’esprit. Les États-Unis ne sont pas un pays, mais une idéologie : celle du profit à tout prix, de la domination à tout prix, de la destruction au nom du « progrès ». Et cette idéologie, comme un virus, contamine tout ce qu’elle touche. L’Europe, ce vieux continent fatigué, n’est plus qu’une colonie américaine, un vassal qui obéit sans réfléchir.
La troisième étape, c’est de construire des alternatives. L’Iran, malgré ses défauts, malgré son gouvernement parfois autoritaire, montre une voie : celle de la résistance. Résistance à l’impérialisme, résistance au néolibéralisme, résistance à la culture de la mort. D’autres pays suivent cet exemple : la Chine, la Russie, le Venezuela, Cuba. Des pays qui refusent de plier le genou, qui refusent de devenir des colonies.
Mais attention : résister ne signifie pas tomber dans le piège du nationalisme. L’Iran, la Chine, la Russie ont aussi leurs démons, leurs inégalités, leurs oppressions. La résistance doit être humaniste, ou elle n’est qu’une autre forme de tyrannie. Elle doit viser la justice sociale, l’égalité, la liberté. Elle doit refuser à la fois l’impérialisme américain et le fanatisme religieux, à la fois le capitalisme sauvage et le totalitarisme d’État.
Enfin, la quatrième étape, c’est de ne jamais oublier que l’histoire n’est pas écrite d’avance. Les empires tombent, les tyrans meurent, les idéologies s’effondrent. Rome n’est plus qu’un tas de ruines, l’Union soviétique a disparu, les États-Unis, malgré leur puissance, sont un colosse aux pieds d’argile. Leur déclin a déjà commencé : crises économiques, guerres perdues, société fracturée. Le XXIe siècle sera peut-être celui de leur chute, comme le XXe a été celui de leur apogée.
Mais pour que cette chute soit créatrice et non destructrice, il faut que les peuples se réveillent. Il faut que les Iraniens, les Américains, les Européens, les Africains, les Asiatiques comprennent qu’ils ont un ennemi commun : cette idéologie qui transforme les hommes en machines à produire et à consommer, qui transforme les nations en champs de bataille, qui transforme la planète en désert.
La résistance, voyez-vous, n’est pas une question de pays, mais une question d’humanité. C’est une question de choix : choisir la vie plutôt que la mort, la solidarité plutôt que l’égoïsme, la vérité plutôt que le mensonge. Et ce choix, chacun doit le faire, chaque jour, dans ses actes, dans ses paroles, dans ses pensées.
Ô vous, les ombres d’Oman,
Sous le soleil qui brûle les mensonges,
Vous parlez de paix, de sérieux,
Mais vos mots ne sont que des couteaux rouillés.
L’Iran, ce vieux lion aux griffes usées,
Demande des garanties, des promesses,
Mais l’Amérique, cette putain en costume trois-pièces,
Ne sait que mentir et trahir.
Ô vous, les maîtres du monde,
Vos mains sont pleines de sang et de dollars,
Vos discours sentent la poudre et le pétrole,
Vos sourires cachent des bombes.
Mais écoutez, écoutez bien,
Le vent du désert murmure une vérité :
Vos empires sont des châteaux de cartes,
Vos dieux sont des idoles de boue.
Un jour, les peuples se lèveront,
Un jour, les chaînes se briseront,
Un jour, le soleil brillera pour tous,
Et vos ombres n’auront plus de place.
Alors, à Oman, sous ce ciel impassible,
Souvenez-vous de ce poème,
Car il est l’écho de l’avenir,
Le chant des hommes libres.