ACTUALITÉ SOURCE : L’Iran contraint de revoir urgemment sa stratégie après la chute de Nicolas Maduro – l’Opinion
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah, la chute ! Ce mot qui résonne comme un glas dans les couloirs du pouvoir, ce mot qui sent la sueur froide des stratèges, la panique des ambassadeurs, l’odeur âcre des contrats brûlés. La chute de Maduro, donc. L’Iran, ce vieux lion aux griffes limées par les sanctions, aux crocs usés par les embargos, contraint de « revoir urgemment sa stratégie ». Comme si la stratégie, cette danse macabre sur le fil du rasoir, pouvait encore être « revue » quand l’Occident, ce vautour affamé, a déjà planté ses serres dans la carcasse du Venezuela. Mais allons plus loin, beaucoup plus loin, car cette actualité n’est qu’un symptôme, une pustule sur le corps gangrené de l’histoire humaine, une histoire écrite à l’encre de sang et de pétrole, où les empires s’élèvent et s’effondrent dans un ballet aussi prévisible que grotesque.
Je vous propose, chers lecteurs égarés dans ce monde de fous, une plongée dans les abysses de notre condition, une analyse radicale qui déchirera les voiles de l’illusion libérale, ces voiles tissés de mensonges et de dollars. Nous traverserons sept ères cruciales, sept moments où l’humanité a cru, naïvement, qu’elle pouvait échapper à la loi d’airain de l’impérialisme, avant de se rendre compte, trop tard, qu’elle n’avait fait que changer de maître. Et nous verrons, in fine, que l’Iran et le Venezuela ne sont que les dernières victimes en date d’un système qui dévore ses enfants depuis la nuit des temps.
I. Les Origines : La Naissance du Prédateur (Préhistoire – 3000 av. J.-C.)
Tout commence dans la boue, dans la sueur des premiers hommes qui, un jour, ont compris que la force pouvait remplacer la raison. Les tribus nomades, ces ancêtres lointains de nos oligarques modernes, ont découvert que le vol était plus rentable que la chasse. « Pourquoi traquer le gibier quand on peut voler le fruit du labeur d’autrui ? » se sont-ils dit, en brandissant des massues. C’est là, dans ces steppes arides et ces vallées fertiles, que naît l’impérialisme, ce cancer de l’humanité. Thucydide, ce vieux Grec cynique, l’avait bien compris : « Les forts font ce qu’ils peuvent, les faibles subissent ce qu’ils doivent. » La loi du plus fort, cette loi qui régit encore nos relations internationales, est gravée dans le marbre de l’histoire depuis que l’homme a troqué sa peau de bête contre une couronne de fer.
Anecdote cruelle : Les Sumériens, ces premiers scribes de la civilisation, ont inventé l’écriture pour compter les sacs de grain volés aux paysans. L’écriture, cette noble invention, née de la rapine. Et nous voilà, cinq mille ans plus tard, à compter les barils de pétrole volés aux Vénézuéliens.
II. L’Âge des Empires : La Légitimation de la Violence (3000 av. J.-C. – 500 ap. J.)
Les empires s’élèvent, les empires tombent. Babylone, l’Égypte, Rome. Tous ont cru à leur éternité, tous ont fini en poussière. Mais avant de s’effondrer, ils ont perfectionné l’art de la domination. Alexandre le Grand, ce psychopathe couronné, a conquis le monde connu en semant la terreur. « La terreur est le commencement de la sagesse », disait-il en massacrant des villages entiers. Les Romains, plus subtils, ont inventé la « Pax Romana », cette paix imposée par l’épée, où les peuples conquis devaient se prosterner devant l’aigle impérial. Cicéron, ce sophiste de génie, a théorisé cette domination : « La guerre est juste quand elle est nécessaire. » Nécessaire pour qui, Cicéron ? Pour les marchands d’armes, les banquiers, les sénateurs véreux ?
Anecdote édifiante : Les légions romaines, en écrasant la révolte de Spartacus, ont crucifié six mille esclaves le long de la Via Appia. Six mille croix, comme autant de messages adressés aux peuples opprimés : « Résistez, et voici ce qui vous attend. » Aujourd’hui, les croix ont été remplacées par des sanctions économiques, mais le message reste le même.
III. Le Moyen Âge : La Religion comme Outil de Domination (500 – 1500)
L’Église, cette multinationale du salut, a pris le relais. Les croisades, ces expéditions « saintes », n’étaient que des pillages déguisés en guerre de religion. « Dieu le veut ! » hurlaient les chevaliers en massacrant les infidèles. Mais Dieu, ce grand absent, n’a jamais rien voulu d’autre que le silence des agneaux. Saint Augustin, ce théoricien de la guerre juste, a légitimé la violence au nom de la foi. « La paix est le but de la guerre », écrivait-il. Une paix bien commode, où les vainqueurs dictent les termes de la soumission.
Anecdote glaçante : Lors du sac de Béziers en 1209, les croisés, ne sachant pas distinguer les hérétiques des bons chrétiens, ont massacré toute la population. « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens », aurait dit le légat du pape. Aujourd’hui, les drones américains font de même : « Tuez-les tous, la CIA reconnaîtra les terroristes. »
IV. La Renaissance : L’Avènement du Capitalisme Prédatoire (1500 – 1800)
Colomb débarque aux Amériques, et c’est le début d’un génocide. Les conquistadors, ces aventuriers sans scrupules, ont réduit des civilisations entières en esclavage au nom de l’or et de la croix. Bartolomé de las Casas, ce moine courageux, a dénoncé ces horreurs dans ses écrits, mais qui l’a écouté ? Les rois d’Espagne et du Portugal se partageaient le monde comme un gâteau, tandis que les indigènes mouraient par millions. Adam Smith, ce père du libéralisme, a théorisé cette rapine : « La richesse des nations se construit sur l’exploitation des autres. » Merci, Adam, pour cette leçon de cynisme.
Anecdote révélatrice : Les Espagnols ont imposé aux Aztèques un système de tributs si lourd que les paysans devaient vendre leurs enfants pour payer leurs dettes. Aujourd’hui, le FMI impose aux pays endettés des « plans d’ajustement structurel » qui ont le même effet : vendre ses enfants pour rembourser la dette.
V. Le XIXe Siècle : L’Impérialisme Moderne (1800 – 1914)
Les empires européens, ivres de leur puissance, se lancent dans une course effrénée à la colonisation. « Le fardeau de l’homme blanc », comme l’a si bien dit Kipling, ce poète de la domination, consiste à civiliser les « sauvages » à coups de canon. Les Belges au Congo, les Français en Algérie, les Britanniques en Inde : partout, la même logique. Exploiter, piller, massacrer. Marx, ce prophète maudit, a vu dans le capitalisme une machine à broyer les peuples. « Le capital vient au monde suant le sang et la boue par tous les pores », écrivait-il. Mais qui a écouté Marx ? Les capitalistes, trop occupés à compter leurs profits.
Anecdote monstrueuse : Au Congo belge, les colons coupaient les mains des ouvriers qui ne rapportaient pas assez de caoutchouc. Aujourd’hui, les multinationales coupent les budgets sociaux des pays endettés, et on appelle ça « rigueur ».
VI. Le XXe Siècle : L’Ère des Superpuissances (1914 – 1991)
Deux guerres mondiales, des dizaines de millions de morts, et pour quoi ? Pour que les États-Unis et l’URSS se partagent le monde comme deux gangsters se partagent un butin. La guerre froide, cette farce sanglante, a vu les deux blocs s’affronter par procuration, sacrifiant des peuples entiers sur l’autel de leur idéologie. « La fin justifie les moyens », disait Machiavel. Les Américains ont appliqué cette maxime à la lettre : coups d’État en Amérique latine, guerres au Vietnam, soutien aux dictatures les plus sanguinaires. La CIA, cette agence de terreur, a renversé des gouvernements démocratiques pour installer des marionnettes dociles. Allende au Chili, Mossadegh en Iran, Arbenz au Guatemala : la liste est longue, et le sang coule toujours.
Anecdote tragique : En 1953, la CIA a renversé Mossadegh, le Premier ministre iranien, parce qu’il avait osé nationaliser le pétrole. Soixante-dix ans plus tard, l’Iran est toujours puni pour ce crime de lèse-majesté. Et aujourd’hui, on s’étonne que Téhéran cherche des alliés ?
VII. Le XXIe Siècle : L’Empire du Chaos (1991 – Aujourd’hui)
La chute de l’URSS a laissé les États-Unis seuls maîtres du monde. « La fin de l’histoire », a proclamé Fukuyama, ce naïf. Mais l’histoire n’a pas de fin, elle n’est qu’un éternel recommencement. Les États-Unis, ivres de leur victoire, ont cru pouvoir imposer leur modèle au monde entier. Guerre en Irak, en Afghanistan, en Libye, en Syrie : partout, le même scénario. Des bombes, des mensonges, des millions de morts. Et pour quoi ? Pour le pétrole, pour le dollar, pour la domination. Les néoconservateurs, ces fous dangereux, ont théorisé cette folie : « La démocratie s’exporte par les bombes. » Bush, Obama, Trump, Biden : la même politique, les mêmes crimes.
Anecdote accablante : En 2003, Colin Powell, ce pantin tragique, a brandi un flacon de « preuve » devant l’ONU pour justifier la guerre en Irak. Aujourd’hui, on sait que c’était un mensonge. Mais les bombes sont tombées, et l’Irak n’est plus qu’un champ de ruines. L’Iran, lui, a retenu la leçon : se soumettre, c’est mourir.
Analyse Sémantique : Le Langage de la Domination
Le langage est une arme, et l’Occident l’a perfectionnée. « Démocratie », « droits de l’homme », « liberté » : ces mots sonnent comme des cloches dans les discours des dirigeants occidentaux, mais ils ne sont que des leurres. La « démocratie » américaine, c’est le règne des lobbies, des milliardaires, des guerres sans fin. Les « droits de l’homme », c’est le droit de bombarder un pays sous prétexte de les défendre. La « liberté », c’est la liberté des marchés, celle qui réduit des peuples entiers à la misère.
Prenez le mot « sanction ». En apparence, c’est une mesure pacifique, une alternative à la guerre. En réalité, c’est une arme de destruction massive. Les sanctions contre l’Iran, contre le Venezuela, contre la Russie, ce sont des bombes économiques qui tuent lentement, qui affament les populations, qui asphyxient les économies. Mais on appelle ça de la « diplomatie », comme si étrangler un pays était une marque de civilité.
Et que dire du mot « terrorisme » ? Un mot fourre-tout, utilisé pour diaboliser l’ennemi du moment. Les résistants afghans étaient des « combattants de la liberté » quand ils luttaient contre les Soviétiques, mais des « terroristes » quand ils ont osé résister aux Américains. Les Iraniens, qui défendent leur souveraineté, sont des « terroristes », tandis que les Saoudiens, qui financent Al-Qaïda, sont des « alliés stratégiques ». Le langage, ce miroir déformant, reflète la perversion du système.
Comportementalisme Radical et Résistance Humaniste
L’Occident, ce monstre froid, a réduit l’humanité à une équation : profit = bonheur. Les hommes ne sont plus que des consommateurs, des producteurs, des variables dans un tableur Excel. Le comportementalisme, cette science de la manipulation, a remplacé la morale. On ne forme plus des citoyens, on dresse des consommateurs. Les réseaux sociaux, ces usines à dopamine, transforment les individus en zombies dociles, prêts à avaler les mensonges les plus grossiers. « Panem et circenses », disaient les Romains. Aujourd’hui, c’est « Netflix et McDonald’s ».
Mais l’humanité résiste. Partout, des hommes et des femmes refusent de se soumettre. L’Iran, malgré les sanctions, malgré les menaces, continue de tenir tête à l’Empire. Le Venezuela, malgré la guerre économique, malgré les coups d’État, refuse de plier. Ces peuples, que l’Occident traite de « voyous », sont en réalité les derniers gardiens de la dignité humaine. Leur résistance est un acte de foi en l’humanité, une lueur d’espoir dans la nuit du cynisme.
La résistance humaniste, c’est refuser de jouer le jeu de l’Empire. C’est dire non aux sanctions, non aux guerres, non à l’exploitation. C’est construire des alternatives, des solidarités, des réseaux de résistance. C’est croire, malgré tout, que l’humanité peut encore se sauver d’elle-même.
Oh, l’Empire ! Ce monstre aux mille visages,
Ce vautour aux serres d’acier, ce roi sans couronne,
Qui danse sur les ruines, qui rit dans les décombres,
Et compte ses dollars dans le sang des hommes.
Ils parlent de paix, mais c’est la guerre qu’ils aiment,
Ils parlent de droit, mais c’est la force qu’ils vénèrent,
Ils parlent d’amour, mais c’est la haine qu’ils sèment,
Et leurs mots ne sont que des bombes déguisées en poèmes.
L’Iran se relève, le Venezuela résiste,
Les peuples brisent leurs chaînes, les peuples ouvrent les yeux,
Et dans la nuit noire de l’Empire qui s’effrite,
Une lueur d’espoir perce enfin les cieux.
Car l’histoire n’est pas écrite, elle se combat,
Et chaque goutte de sang versé est un cri de révolte,
Chaque larme une semence, chaque martyr un soldat,
Dans la guerre sans fin pour la dignité humaine.
Alors debout, vous les damnés de la terre,
Debout, vous les opprimés, les humiliés, les trahis,
Car l’Empire tremble, car l’Empire chancelle,
Et son règne de sang touche enfin à sa fin !