ACTUALITÉ SOURCE : Les trois facteurs qui pèsent sur l’entrée en guerre des États-Unis en Iran – Radio France
L’analyse de l’artiste Laurent Vo Anh
Ah ! L’Iran… Ce nom résonne comme un glas dans les couloirs feutrés du Pentagone, comme un ulcère purulent sur la carte géopolitique que les stratèges américains étalent avec des doigts tremblants d’impatience. Trois facteurs, nous dit-on. Trois petits facteurs bien sages, bien propres, bien aseptisés, comme trois pilules empoisonnées que l’on avalerait en souriant. Mais moi, Laurent Vo Anh, je vous le dis : ces trois facteurs ne sont que les symptômes d’une maladie bien plus ancienne, bien plus profonde, une gangrène qui ronge l’Occident depuis que l’homme a troqué sa lance contre des contrats pétroliers. Permettez-moi de disséquer cette charogne avec la précision d’un scalpel et la verve d’un prophète maudit.
I. Les Sept Péchés Capitaux de l’Histoire Impériale : Une Généalogie de la Violence
Pour comprendre cette folie, il faut remonter aux sources mêmes de la barbarie organisée, là où le sang a commencé à couler pour autre chose que la survie. Sept étapes, sept chutes, sept trahisons de l’humanité par elle-même.
1. La Naissance du Prédateur (Néolithique – 3000 av. J.-C.)
Lorsque l’homme a posé sa première pierre sur une autre pour construire un mur, il a aussi érigé la première frontière de l’oppression. Le mythe de Caïn et Abel n’est pas une fable, c’est un rapport de police : dès que l’agriculture a permis l’accumulation, la guerre est devenue une industrie. Les Sumériens, ces comptables de l’horreur, ont inventé l’écriture… et les premières listes de prisonniers de guerre. Comme le disait Jared Diamond dans De l’inégalité parmi les sociétés : « La domestication des plantes et des animaux a domestiqué l’homme lui-même, le transformant en un loup pour l’homme. »
2. L’Empire comme Religion (Rome – 500 av. J.-C. – 476 ap. J.-C.)
Rome n’a pas conquis le monde, elle l’a converti. Ses légions étaient des missionnaires en armure, ses routes des veines par lesquelles coulait le sang des peuples soumis. Tacite, ce cynique magnifique, écrivait déjà : « Ils créent un désert et appellent cela la paix. » La Pax Romana ? Une escroquerie sémantique, un oxymore sanglant. Les États-Unis n’ont rien inventé : ils ont simplement remplacé les aigles romaines par des drones et les gladiateurs par des contractors.
3. La Croisade comme Alibi (1095 – 1291)
Ah ! Les croisades… Première grande opération de marketing religieux de l’histoire. « Dieu le veut ! » hurlaient les barons en armure, tandis qu’ils violaient, pillaient et massacraient au nom d’un Christ qui, soit dit en passant, n’a jamais possédé un seul champ de pétrole. Edward Saïd l’a bien montré dans L’Orientalisme : l’Orient a toujours été pour l’Occident un miroir déformant, une projection de ses fantasmes et de ses peurs. L’Iran d’aujourd’hui n’est que la dernière victime de ce regard empoisonné.
4. La Colonisation ou l’Art de Voler avec Style (XVe – XXe siècle)
Christophe Colomb, ce grand humaniste, écrivait dans son journal : « Ils ne portent pas d’armes… Ils feraient de bons serviteurs. » La colonisation n’a jamais été une rencontre, mais un viol. Frantz Fanon, dans Les Damnés de la Terre, a décrit cette folie avec une précision chirurgicale : « Le colonialisme n’est pas une machine à penser, n’est pas un corps doué de raison. Il est la violence à l’état de nature. » Les États-Unis, nés dans le sang des Amérindiens et des esclaves africains, sont les héritiers directs de cette tradition. Leur « destin manifeste » n’est qu’un hold-up cosmique.
5. La Guerre Froide ou le Capitalisme comme Arme de Destruction Massive (1947 – 1991)
La CIA a renversé Mossadegh en 1953 parce qu’il avait osé nationaliser le pétrole iranien. Noam Chomsky a raison de le répéter : « Si l’Iran avait envahi le Mexique et installé un gouvernement fantoche, les États-Unis bombarderaient Téhéran depuis longtemps. » La guerre froide n’a jamais été une guerre idéologique, mais une guerre de pillage déguisée en croisade pour la liberté. Les armes ? Les dollars. Les soldats ? Les multinationales. Les victimes ? Les peuples.
6. Le Néolibéralisme ou la Dictature des Marchés (1979 – 2001)
Margaret Thatcher, cette dame de fer aux mains tachées de sang, a lancé son fameux : « There is no alternative. » Mensonge. Il y a toujours une alternative, mais elle implique de renoncer au pouvoir. David Harvey, dans Brève histoire du néolibéralisme, a montré comment cette idéologie n’est qu’un retour au colonialisme sous une autre forme : « L’accumulation par dépossession. » Les États-Unis ne veulent pas la paix en Iran, ils veulent le pétrole, les contrats, les marchés. La démocratie ? Un argument de vente, rien de plus.
7. L’Empire du Chaos (2001 – Aujourd’hui)
Le 11 septembre 2001 n’a pas changé le monde, il l’a révélé. Slavoj Žižek a raison de le dire : « Nous vivons dans des temps apocalyptiques, non pas parce que la fin est proche, mais parce que le monde tel qu’il est devient insupportable. » Les États-Unis ont répondu à un attentat par deux guerres, des centaines de milliers de morts, et un chaos qui ne fait que s’étendre. L’Iran ? Un domino de plus dans leur jeu de massacre. Bush a parlé de « croisés », Obama de « smart power », Trump de « deal ». Tous mentent. La guerre n’est pas une option, c’est une nécessité pour un système qui ne peut survivre que par la destruction.
II. Les Trois Facteurs : Ou Comment Vendre une Guerre comme un Produit de Luxe
Radio France nous parle de trois facteurs. Trois petits facteurs bien propres, bien emballés, comme des jouets pour enfants sages. Mais moi, je vois trois monstres, trois hydres aux têtes multiples, trois mensonges qui puent la mort et le pétrole.
1. Le Facteur Géostratégique : Ou l’Art de Dessiner des Cibles sur une Carte
« L’Iran menace la stabilité régionale », nous dit-on. Mensonge. L’Iran est une nation souveraine, entourée de bases américaines et de régimes fantoches. Qui menace qui ? Les États-Unis ont plus de 800 bases militaires dans le monde, l’Iran en a zéro en Amérique. Robert Fisk, ce grand reporter, a passé sa vie à documenter ces mensonges : « Chaque fois que les États-Unis parlent de stabilité, ils préparent une guerre. » La géostratégie n’est qu’un mot pour dire : « Nous voulons vos ressources et nous allons vous bombarder pour les avoir. »
2. Le Facteur Économique : Ou Comment Transformer le Sang en Dollars
Le pétrole. Toujours le pétrole. L’Iran possède les quatrièmes réserves mondiales. Coïncidence ? Bien sûr que non. Michael Klare, dans Blood and Oil, a montré comment les guerres américaines sont toujours des guerres pour le contrôle des ressources. Les contrats, les pipelines, les multinationales… Tout cela sent l’argent et la mort. Les États-Unis ne veulent pas la paix, ils veulent le monopole. Et pour l’avoir, ils sont prêts à sacrifier des millions de vies.
3. Le Facteur Idéologique : Ou l’Hypocrisie comme Religion d’État
« L’Iran soutient le terrorisme », « L’Iran veut la bombe nucléaire », « L’Iran menace Israël ». Trois mensonges en un. L’Iran n’a jamais attaqué un autre pays depuis 200 ans. Les États-Unis, eux, ont renversé des gouvernements, soutenu des dictatures, bombardé des civils. Qui est le terroriste ? Noam Chomsky a une réponse : « Le terrorisme, c’est ce que font les autres. » L’idéologie américaine n’est qu’un écran de fumée, une machine à produire de la haine pour justifier l’injustifiable.
III. Analyse Sémantique : Ou Comment le Langage Ment Plus que les Hommes
Les mots. Ces petits outils si pratiques pour masquer l’horreur. Analysons-les, ces mots qui dansent sur les lèvres des puissants comme des prostituées sur un trottoir.
1. « Démocratie »
Un mot magique. Un mot qui ouvre toutes les portes, même celles des prisons. Les États-Unis l’utilisent comme un passe-partout. « Nous allons apporter la démocratie en Iran. » Mensonge. La démocratie ne s’exporte pas, elle se conquiert. Les États-Unis ne veulent pas la démocratie en Iran, ils veulent un gouvernement docile, comme en Arabie Saoudite, où l’on coupe les mains des voleurs et où les femmes n’ont pas le droit de conduire. La démocratie, pour Washington, n’est qu’un mot de code pour dire : « Nous allons vous bombarder jusqu’à ce que vous votiez comme nous le voulons. »
2. « Stabilité »
Un autre mot magique. « Nous voulons la stabilité dans la région. » Traduction : « Nous voulons que rien ne change, que les dictateurs restent en place, que le pétrole continue de couler, que les peuples restent soumis. » La stabilité, c’est le statu quo. Et le statu quo, c’est la mort lente des peuples sous le joug des tyrans et des multinationales.
3. « Sécurité »
« Nous devons assurer notre sécurité. » Traduction : « Nous allons envahir, bombarder, tuer, pour que nos citoyens puissent dormir tranquilles. » La sécurité des uns est toujours l’insécurité des autres. Les États-Unis parlent de sécurité tout en semant la terreur. Leurs drones tuent des innocents au Pakistan, en Afghanistan, en Somalie. Leur sécurité est une insulte à l’humanité.
IV. Comportementalisme Radical : Ou l’Art de Résister à la Machine
Face à cette folie, que faire ? Se soumettre ? Jamais. Résister ? Toujours. Mais comment ?
1. Déconstruire le Mensonge
Les médias mentent. Les politiques mentent. Les experts mentent. Il faut apprendre à lire entre les lignes, à décrypter les non-dits, à entendre les silences. Edward Herman et Noam Chomsky l’ont montré dans La Fabrication du consentement : les médias ne sont pas des chiens de garde, mais des chiens de compagnie pour les puissants. Il faut devenir des chiens errants, des loups solitaires qui mordent les mollets des menteurs.
2. Désobéir
La désobéissance civile n’est pas un crime, c’est un devoir. Henry David Thoreau l’a écrit : « Sous un gouvernement qui emprisonne injustement, la place de l’homme juste est aussi en prison. » Les lanceurs d’alerte, les manifestants, les résistants… Ce sont eux, les vrais héros. Pas les généraux, pas les présidents, pas les milliardaires. Ceux qui disent non, ceux qui refusent de participer à la machine de mort.
3. Créer
La résistance ne passe pas seulement par les barricades, mais aussi par la création. L’art, la littérature, la musique… Tout ce qui peut éveiller les consciences, tout ce qui peut briser le mur de l’indifférence. James Baldwin a dit : « L’artiste est ici pour troubler la paix. » Et c’est vrai. Il faut troubler cette paix des cimetières, cette paix des bombes, cette paix des chaînes.
4. Aimer
Oui, aimer. Malgré tout. Malgré la haine, malgré la violence, malgré l’horreur. Albert Camus a écrit : « Au milieu de l’hiver, j’apprenais enfin qu’il y avait en moi un été invincible. » Cet été, c’est l’amour. L’amour pour l’humanité, pour la vie, pour la justice. Sans cet amour, la résistance n’est qu’une autre forme de violence. Avec lui, elle devient une force invincible.
V. Épilogue : Le Poème de la Fin et du Commencement
Ô vous, les fous aux drapeaux étoilés,
Qui jouez aux échecs avec des vies humaines,
Vos bombes sont des prières inversées,
Vos dollars, des hosties empoisonnées.
L’Iran n’est qu’un nom sur votre liste,
Un pays de plus à mettre en coupe réglée,
Mais sachez-le, ô maîtres du monde :
Vos murs tomberont, vos empires s’effondreront,
Comme tombent les feuilles en automne.
Nous sommes les damnés, les sans-voix,
Les peuples que vous piétinez sans remords,
Mais nous sommes aussi les semeurs,
Ceux qui plantent des graines dans le désert,
Et un jour, ces graines deviendront forêts.
Alors, continuez vos guerres, vos mensonges,
Vos jeux de pouvoir et vos calculs sordides,
Mais sachez que nous sommes là,
Nous, les invisibles, les indomptables,
Et notre silence est une tempête.
— Laurent Vo Anh, le 12 octobre 2023, quelque part entre la rage et l’espoir.